11 août 2017

Nouvelles estivales

Coucou!

Je sais, je me fais rare ces temps-ci. J'ai soudainement eu envie de vous donner des nouvelles, alors me voilà (pour ceux qui passeront ici entre deux plaisirs estivaux)!

Il faut dire que j'ai pris une pause des réseaux sociaux depuis un bout de temps. Ça m'a fait un bien fou, et je compte bien continuer à mettre la pédale douce sur Internet (mais je serai de retour dans la vie sociale réelle à l'automne, promis!). 

Que voulez-vous, la vie "réelle" est déjà bien prenante et captivante, alors pour ce qui est de la vie "virtuelle", j'ai décidé de rééquilibrer un peu les choses. 

La recherche d'un juste équilibre a d'ailleurs souvent été au centre de mes préoccupations ces dernières années (entre la famille, le couple, le travail, la maison, l'écriture, le social et les autres sphères de ma vie, j'ai toujours l'impression de devoir jongler un peu!). Je dois dire que ça va très bien en ce moment. Malgré (et peut-être grâce à?) certains déboires que j'ai récemment vécus avec un éditeur, mais je ne parlerai pas de cela ici. Disons juste que j'ai vécu une grosse déception, tout comme d'autres auteurs en vivent parfois. Après mûre réflexion, il apparaît que l'écriture fait partie de ma vie, même si des situations déplorables peuvent arriver, et pour le reste c'est à moi de faire la part des choses (et d'en tirer des leçons, au besoin).

Plus joyeusement, côté écriture, Gen, Carl et moi avons encore vécu d'autres étapes pour la publication (prévue à l'automne) d'Écrire et publier au Québec : Les littératures de l'imaginaire. Je dois dire que ce projet m'a amenée à pousser plus loin ma réflexion sur divers aspects de l'écriture (et Gen aussi, je lis avec grande attention ses réflexions littéraires). En lançant mon idée de fous pour ce projet au début du processus, je voulais aider les auteurs en herbe, mais aussi favoriser une réflexion au sein du milieu. Je dois dire que j'ai été la première servie, puisque ce projet m'a grandement fait réfléchir à différents aspects de ma pratique (par exemple, pour le plan que j'utilise pour mon projet en cours). En tout cas, j'ai vraiment hâte que ce bouquin-là soit enfin publié!

Sinon, même si j'avais l'impression d'être dans une période tranquille pour l'écriture, j'ai écrit quelques nouvelles (que j'ai soumises, on verra bien), et je suis retombée (encore!) dans mon projet S. Je n'en dis pas plus à ce sujet, mais disons que j'écris d'abord ce roman pour moi, et qu'en ce moment j'explore une approche différente. C'est très enthousiasmant, et la publication (ou non-publication) éventuelle m'indiffère quelque peu, je veux surtout profiter du plaisir relié au processus. 

Ça a été la même chose pour un projet sur lequel j'ai travaillé récemment, qui a commencé par une nouvelle fort prenante qui a fini par prendre de l'ampleur (la vilaine!), et que je laisse dormir pour le moment (tiens, je vais l'appeler le projet Étoiles). J'ai l'impression que je pourrais en faire un roman, sauf que ça doit mijoter encore.

Je remarque certains éléments qui changent avec le temps. Pour commencer, maintenant qu'il est très clair dans ma tête que l'écriture ne sera jamais au premier plan de ma vie et que je ne compte pas en faire un métier à part entière (mon travail actuel paie très bien et je m'y réalise beaucoup), j'ai retrouvé le plaisir d'écrire sans pression, pour le plaisir. C'est beaucoup plus intéressant pour moi comme ça, et je trouve que mes projets me ressemblent davantage. 

L'autre point qui a changé, c'est que je me fais davantage confiance. J'écoute un peu plus ma petite voix intérieure (celle qui, comme dirait Gen, a souvent la laryngite, pauvre elle!). J'en suis rendue à une étape où, comme je le disais, la publication m'importe moins que le processus. 

Aussi, je prends davantage le temps de réfléchir à ce que je veux faire, à m'interroger, à creuser, à explorer. Je ne suis pas pressée, et j'écris quand je me sens prête à le faire (et non pas en me mettant en tête toutes sortes d'obligations souvent injustifiées). Je me sens libre. Libre de tout faire, ou de ne rien faire.

Bon, ça c'était pour ce qui se passe dans mon intérieur à moi, je vous en ai quand même livré beaucoup! ;)

Pour le reste, la petite famille va bien, nous sommes en vacances. On fait de petites sorties et on règle de petites choses, mais on prend surtout le temps d'être très, très, trèèèèès relax (j'ai vécu un déménagement de nos locaux au bureau, alors ouf! les vacances sont plus que bienvenues!).

J'espère que tout va bien par chez vous, et que nous aurons le plaisir de nous voir dans l'une ou l'autre des activités de l'automne! Sinon, ne vous gênez pas pour m'écrire si vous avez le goût de me jaser (isabouquine@hotmail.com), j'ai tendance à être assez assidue dans mes courriels (alors que si vous m'écrivez sur Messenger, vous risquez d'attendre un bon bout de temps! lolol).

Profitez bien de l'été, ça passe trop vite!

24 mai 2017

Vie de caserne (2) (Ou vie de mélomanes?)

Depuis près de 9 ans, je travaille dans un service incendie, et depuis 9 ans, mon bureau est tout près de la porte qui arrive directement dans la caserne.

Si les gars chantent, ou lavent les camions, ou parlent un peu fort, vous pouvez être certains que je les entends! (ils ignorent probablement à quel point, d'ailleurs!)

J'en ai vu et entendu, de drôles de choses. Notamment, je me souviendrai toujours de ce pompier, avec une voix magnifique, qui chantait régulièrement l'hymne national (ou toutes sortes d'autres affaires, mais son hymne national, c'était du solide). Une fois, j'ai surpris les gars de son équipe, debout dans la caserne, avec la main sur le cœur pendant qu'il chantait le Ô Canada (non seulement c'était drôle en tabarouette, mais il était vraiment excellent!).

(Petite parenthèse : Ne vous inquiétez pas, dès qu'il y a un appel sur les ondes, les gars retrouvent aussitôt leur sérieux! Vous seriez impressionnés de voir avec quelle rapidité ils s'habillent, embarquent dans le camion et partent pour aider/sauver des citoyens. C'est vraiment incroyable de les voir passer d'un état d'esprit à un autre aussi rapidement!)

Si on revient au sujet du jour, soit la musique, très souvent, je n'ai même pas besoin d'en mettre dans mon bureau, parce qu'il y en a dans la caserne (et généralement, elle est à mon goût).

Par contre, une chance que j'ai des goûts très variés... Parce que selon l'équipe qui est en devoir, je peux avoir droit à bien des sortes de musiques!

Par exemple, dernièrement j'ai eu droit à :

  • Du Éric Lapointe (ah, que c'était beau d'entendre les gars accompagner Éric avec leurs belles voix rocailleuses!)
  • Du country (ouais, bof, ce n'est pas mon meilleur choix!)
  • Du Charles Aznavour (heuuuuuu......)
  • De la musique pop en tous genres (là, c'est parfait, et c'est ce qui joue la majeure partie du temps!)
  • De la musique classique (pas de problème pour moi, mais heu... ça fait drôle dans une caserne! Petit secret entre vous et moi, je soupçonne un collègue - je ne dis pas qui - de jouer des tours à nos pompiers en changeant leur poste, ce qui expliquerait la musique classique... Hihihi!)

Comme leur musique ne me convient pas toujours (mais jamais je n'irais me plaindre, voyons donc, en plus ils ont l'air tellement heureux, je souris parfois dans mon bureau en les entendant), il m'arrive de mettre la mienne dans mon bureau. Généralement ça va. Mais j'avoue que la journée heavy métal qu'on a vécue récemment (ayoye, ça déménageait!), combinée à ma musique (pop, disco...), ça faisait tout un contraste dans mon bureau! ;)

Mais bon, faut bien que nos pompiers mettent un peu de joie dans leur vie. Comme tous les intervenants d'urgence, ils sont parfois confrontés à de dures réalités et sont témoins de drames humains. Ce n'est pas pour rien que les taux de suicides, de divorces et de cancers sont aussi élevés chez les pompiers. Alors si la musique peut mettre un peu de bonheur et de gaité dans leur quotidien, moi je suis prête à endurer bien des genres musicaux, et ce, sans me plaindre!

Au pire, je peux toujours fermer ma porte et me mettre du ABBA, de la musique disco ou du Eminem, n'est-ce pas? ;)

20 mai 2017

Horrificorama - Les coulisses (2)

Comme je vous l'ai promis hier, voici un billet spécial rédigé par Pierre-Alexandre Bonin, directeur du projet Horrificorama (un recueil de nouvelles d'horreur disponible en prévente à la maison d'édition Les Six Brumes).
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Par Pierre-Alexandre Bonin

Heureusement qu'Isabelle conserve des archives, parce que honnêtement, je ne garde aucun souvenir de cette période! En fait, la seule chose dont je me rappelle clairement, c'est d'Isabelle qui me dit que je serais le directeur parfait pour un collectif de nouvelles d'horreur aux Six Brumes. Au début, j'étais terrorisé à l'idée de diriger des auteurs dont j'ai lu plusieurs textes et que j'admire. Puis, l'idée a rapidement fait son chemin et je me suis retrouvé embarqué dans ce projet de fous, parce que je carbure avec ce genre de défis.

La première chose à laquelle j'ai pensé, c'est le sommaire. Et avec cette première préoccupation est venue la première certitude : je voulais avoir des auteurs de ma génération (ou un peu plus vieux, mais NON! vous n'aurez pas de noms!). D'une part, parce que nous avons grandi avec les mêmes référents culturels (ah! les années 1980 et 1990!) et d'autre part, parce que nous sommes plus ou moins au même endroit dans notre cheminement d'auteur (lire ici : aucun d'entre nous n'a encore pondu un best-seller qui sera adapté au cinéma!)

Pour le reste, c'était une question d'affinités, de style et, idéalement de parité. Ben oui! Je voulais tendre le plus possible vers une présence égalitaire homme/femme. J'ai donc commencé à tendre des perches, et j'ai honnêtement été soufflé par le nombre de réponses positives obtenu. Tellement que le projet a littéralement explosé! Du concept initial de 13 auteurs (parce que tsé, l'horreur et le chiffre 13 vont ensemble comme des Oréos et un verre de lait!), j'en étais rendu à 18 auteurs incluant votre humble serviteur.

Une fois tout ce beau monde motivé à travailler avec moi, j'ai dû réfléchir au concept global du recueil. Quelle saveur voulais-je lui donner? C'est là que ma deuxième certitude est apparue : je voulais faire un clin d’œil au cinéma d'horreur des années 1940-1960. Isabelle m'avait déjà proposé Horrificama, mais je n'étais pas tout à fait convaincu (et je suis incapable de vous dire pourquoi!). Puis, quand j'ai eu l'idée d'Horrificorama, Isabelle a tout de suite été enthousiaste.

Maintenant, j'avais un sommaire bourré de talent et un concept global. Yé! Mais comment faire pour ne pas avoir 18 histoires semblables? Encore une fois, c'est Isabelle qui est venue à ma rescousse, en me proposant de me baser sur les sous-genres du cinéma d'horreur. Après quelques recherches, j'ai établi une liste de thèmes et de sous-genres et j'ai envoyé le tout à mes auteurs pour qu'ils indiquent leurs préférences. Et comme par magie, tout le monde a trouvé son compte sans que j'aie à gérer deux auteurs qui voulaient absolument le même genre!

Après est venu l'écriture, le travail de directeur littéraire, la peine quand trois auteurs ont quitté le navire pour des raisons tout à fait valables (nope, pas de noms ici non plus!) et l'excitation quand j'ai lu le travail de mes 14 comparses. Avant même de travailler leur texte avec eux, j'étais comblé par ce qu'ils m'avaient offert. J'avais un diamant brut que je devais polir avec leur aide.

Une fois le dernier texte envoyé en révision linguistique, il restait la promotion et la prévente à organiser. Et c'est là que nous sommes rendus, alors que je souhaite de tout cœur que ce projet ait le public et la portée qu'il mérite!

Allez, trève de bavardage, vous avez une prévente à laquelle participer, et moi j'ai d'autres projets de fous à gérer!

Merci à Guillaume et Jonathan pour leur confiance tout au long du processus et à Isa pour les idées, le soutien moral, les remontrances occasionnelles et évidemment, l'hébergement de ce billet!
 

19 mai 2017

Horrificorama - Les coulisses (1)

Peu de gens, je pense, savent vraiment comment est parti le projet Horrificorama. Pierre-Alexandre Bonin (P-A) et moi avons toujours été assez discrets à ce sujet (Note : P-A est le directeur du projet).

Qu'à cela ne tienne, en cette période de prévente, c'est le temps de mettre cartes sur tables et de cesser de jouer les mystérieux! Alors P-A et moi avons décidé, de concert, de vous en dévoiler un peu plus au sujet de ce fameux projet collectif, soit un recueil d'horreur regroupant 15 auteurs, qui ont chacun exploré un sous-genre de l'horreur (par le biais d'un thème pré-déterminé).
 
Vous êtes prêts? Allons-y!
 
Ca se passait en juillet et août 2015 (oui, je conserve mes archives!) 

P-A et moi vivions une période de "tripage" intensif (Ah, OK, le dictionnaire Larousse me dit que "tripage", triper" et autres mots de même famille n'existent pas... D'accord, alors disons qu'on est dans une réalité parallèle où ces mots ont été ajoutés au dictionnaire!)

En clair, on s'échangeait plein de courriels fleuve et des nouvelles littéraires qu'on se commentait mutuellement. Bref, on tripait solide (dans le genre de ce que j'ai souvent vécu avec Geneviève Blouin - oui, j'ai "trompé" Gen en quelque sorte! Voilà, c'est dit! Mais elle est déjà au courant... Hihihi!).

Vous savez, quand ça clique vraiment avec quelqu'un (même si vous êtes très, très différents)? C'était ça. Du tripage à l'état pur (remarquez, on s'est calmés depuis, mais on prend des nouvelles périodiquement!).

Bref, on était en train de jaser d'écriture, de nouvelles, etc. Et là, P-A a mentionné que malheureusement, le genre de l'horreur était souvent moins présent dans le monde de la nouvelle (en excluant Clair/Obscur, bien sûr). Et que ce serait trop génial si quelqu'un avait la bonne idée de faire un recueil d'horreur. Aaaah, si seulement quelqu'un voulait partir un tel projet...

J'ai réfléchi une seconde (pas longtemps) au parcours de P-A (qui a tout de même fait son doctorat sur Stephen King, hein), à sa passion pour l'horreur, à tout ce que je connaissais de lui (notamment, je l'adore comme réviseur, et il m'impressionne avec ses articles). Dans ma tête, c'était clair, il avait tout ce qu'il fallait pour lancer et diriger un tel projet (moi j'étais déjà bien empêtrée avec Écrire et publier au Québec : Les littératures de l'imaginaire, je n'allais pas m'embarquer dans autre chose, ah non!). Alors je lui ai dit (le 1er août 2015 exactement) : "Ben t'as juste à partir le projet et à le proposer aux Six Brumes, je suis sûre que ça les intéresserait!". J'avais même une idée de titre pour le recueil : Horrificama.

Et là, on s'est mis à triper encore plus. On a jasé concept, il a amélioré le titre (Horrificorama, c'était tellement meilleur!), on a élaboré un document de présentation pour les auteurs (avec une liste détaillée de plusieurs sous-genres possibles et des exemples pour chacun).

C'est tellement drôle : quand est venu le temps de dresser une liste d'auteurs potentiels pour le projet, P-A et moi avons chacun fait notre liste (avec fébrilité et en espérant que l'autre l'accepterait)... Et elles étaient quasiment identiques! On voulait pas mal embarquer le même monde dans ce projet-là. Pertinence, qualité des écrits, réputation, appréciation... Certains choix s'imposaient d'eux-mêmes. Mais il y avait aussi de la place pour des têtes un peu moins connues (c'est ça, la beauté de la chose avec un tel projet collectif, ça laisse de la place à des "jeunes" qui ont peut-être moins de bagage et gagneraient à être davantage connus!).
 
Une fois qu'on a bien ficelé le tout (même si ça a continué d'évoluer par la suite), j'ai introduit P-A auprès de Guillaume Houle afin de recommander le projet. Puis j'ai commencé à m'effacer un peu, pour les laisser se parler, pour laisser P-A prendre ses marques, faire évoluer le projet à sa façon... Il me voulait comme auteure dans le recueil et j'ai dit oui, et depuis c'est devenu mon rôle. Tout le reste, vous pouvez en donner le crédit à P-A, moi j'ai juste fait de la jasette ici et là et je l'ai laissé être le capitaine de son navire.
 
Pour la suite de l'aventure, vous pourrez lire demain un billet spécial de P-A. J'ai hâte de voir ce qu'il pourra nous dire à propos du projet!
 
 
Note : Si vous voulez participer à la prévente de Les Six Brumes, il est encore temps! (Ça se termine le 23 juin 2017)
 

16 mai 2017

Écrire et publier au Québec : Les littératures de l'imaginaire

Note : Ce texte est un copier/coller de ce qu'on retrouve sur le site de Les Six Brumes, où j'ai parlé cette semaine de ma vision du projet Écrire et publier au Québec : Les littératures de l'imaginaire.


Janvier 2014. J’étais à l’ordinateur, en train de répondre aux questions d’un auteur en herbe à propos de la « bonne » façon de débuter dans le merveilleux monde de l’écriture (comme s’il n’y en avait qu’une), quand soudain, j’ai eu un flash :

Et si, plutôt que de répéter sans cesse les mêmes conseils, on avait une référence à donner aux gens, un outil clair et efficace, qui regrouperait les recommandations de tout un tas d’acteurs du milieu? Que de temps on épargnerait!

Il était déjà trop tard pour moi, j’avais été happée par cette idée de fous. Mais je n’allais pas en rester là : j’allais convaincre plein de gens d’embarquer dans ce projet.

Tout d’abord, j’en ai parlé avec Guillaume Houle (éditeur à la maison d’édition Les Six Brumes). Nous avons jasé concept, vision et approche. Une fois le projet bien ficelé, il m’a encouragée à aller de l’avant et je suis devenue la « capitaine », soit celle qui se chargerait de mener le bateau à bon port.

Qui allait bien pouvoir m’aider à concrétiser mon projet? Immédiatement, j’ai pensé à ma complice de toujours, ma plume-sœur Geneviève Blouin, que je savais toutefois très occupée. Elle a confirmé que c’était un projet de fous, qu’elle manquait de temps… Puis elle a accepté, la tentation était trop forte!

Ça faisait encore beaucoup de travail pour deux personnes. Le reste s’est joué au Salon du livre de Trois-Rivières, quand Carl Rocheleau a discuté avec Guillaume Houle de son envie d’écrire un livre pour les auteurs. Guillaume l’a dirigé à ma table de vente, nous avons échangé, et il est vite devenu clair que Carl allait devenir notre troisième comparse.

Partant de là, il restait à concrétiser la suite du concept, soit l’apport de collaborateurs divers (auteurs, chercheurs, critiques, directeurs littéraires, illustrateurs, lecteurs, libraires, réviseurs, théoriciens) au projet. Mon but, à la base, n’était pas de donner mon opinion, ni celle de deux ou trois personnes; je voulais amasser un maximum d’opinions diverses, en tirer des constats, pouvoir transformer le tout en conseils utiles, et aussi montrer que plusieurs options pouvaient être possibles dans certaines situations. Vaste mandat, j’en conviens.

En collaboration avec mon équipe, j’ai élaboré un formulaire de sollicitation, et j’ai approché un maximum de gens (parmi mes contacts et au Congrès Boréal). Nous nous sommes ramassés avec soixante participants, ce qui commençait à faire beaucoup. Ensuite, mes adjoints et moi avons élaboré une série de questions. Puis les collaborations mensuelles ont commencé (j’envoyais une série de questions aux gens, qui me répondaient chacun leur tour).

Est-ce que ça a été du boulot, de compiler toutes ces réponses et de répondre à chaque personne? Ça oui, vous n’avez pas idée. Cette démarche a duré treize mois (douze mois pour nos questions, et un treizième pour celles posées par nos collaborateurs). Pour cette portion, j’étais seule et je gérais ma barque.

Après, le vrai plaisir a commencé. Geneviève, Carl et moi nous sommes assis ensemble. Il fallait déterminer comment nous allions gérer les réponses obtenues, la répartition des tâches, le ton général du manuscrit, le format… Avons-nous toujours été unanimes sur tous les points? Non. Il y a eu des ajustements à faire en cours de route, des casse-tête, des décisions à prendre. Le processus a été long, chacun de nous a dû mettre un peu d’eau dans son vin, et parfois nous avons craint de ne pas y arriver.

Mais voilà, après près de trois ans d’efforts et de travail acharné, nous sommes prêts à vous livrer Écrire et publier au Québec : Les littératures de l’imaginaire, un ouvrage écrit par trois personnes, qui regroupe les opinions de quarante-neuf acteurs reliés, d’une façon ou d’une autre, au milieu de la SFFQ.

Peut-être ne serez-vous pas d’accord à 100 % avec nos constats et nos réflexions. C’est bien possible, et même fort probable. Néanmoins, nous sommes certains que le contenu vous fera réfléchir. Nous-mêmes avons dû, pour arriver à l’écrire, nous interroger à propos de tous les aspects de la pratique littéraire : l’écriture elle-même, la publication, l’importance du réseau social, la recherche d’amélioration (et autres plaisirs connexes).

Maintenant, il est temps pour nous de clore ce chapitre de notre vie, et de vous laisser découvrir ce qu’Écrire et publier au Québec : Les littératures de l’imaginaire peut vous apporter, à vous.

Finalement, était-ce un projet de fous? Ça oui, aucun doute là-dessus. Mais je n’ai aucun regret!

Isabelle Lauzon
Directrice du projet


Noms des collaborateurs au projet :
Dominic Bellavance, Guy Bergeron, Geneviève Blouin, Pierre-Alexandre Bonin, Anne-Marie Bouthillier, Caroline-Isabelle Caron, Mariane Cayer, Sébastien Chartrand, Pierre H. Charron, Dave Côté, Héloïse Côté, Philippe-Aubert Côté, Luc Dagenais, Frédérick Durand, Mathieu Fortin, René Gagnon, Marc Gaudreault, Éric Gauthier, Ariane Gélinas, Michel Gingras, Guillaume Houle, Carmélie Jacob, Claude Janelle, Patrick Kemner, Chantal Labelle, Caroline Lacroix, Pierre-Luc Lafrance, Marie Laporte, Valérie Larouche, Isabelle Lauzon, Émilie Léger, Josée Lepire, Guillaume Marchand, Julie Martel, Martin Mercure, Yves Meynard, Eve Patenaude, Francine Pelletier, Frédéric Raymond, Jonathan Reynolds, Carl Rocheleau, Laurine Spehner, Sybiline, Gabrielle Syreeni, Caroline Vézina, Martine Vignola, Guillaume Voisine, Elisabeth Vonarburg, René Walling

1 mai 2017

Prévente

Ça y est, la prévente de Les Six Brumes est officiellement lancée!

Pour tous les détails, c'est ici.

Cette année, j'ai le plaisir de contribuer à 2 ouvrages, soit :

HORRIFICORAMA

Un collectif présentant les multiples genres de la littérature d'horreur via les plumes de 15 auteurs professionnels oeuvrant dans le milieu des littératures de l'imaginaire québécoises

De quoi avez vous peur ?
La peur est un mécanisme puissant ; elle est un réflexe archaïque qui nous place devant un choix impossible à éluder : fuir ou combattre. Mais que se passe-t-il lorsqu’aucune des deux options n’est possible ? Les personnages des récits de ce recueil sont aux prises avec des situations qui les dépassent. Bien peu sauront y survivre. Serez-vous du lot ?

Quel est votre secret le plus noir ?
Quinze auteurs vous proposent autant de versions de l’horreur à travers des nouvelles tantôt sanglantes, tantôt troublantes, mais toujours dérangeantes. Oserez-vous plonger au cœur de la peur ? Une chose est sûre, vous ne ressortirez pas indemne de votre lecture…

Un projet sous la direction de Pierre-Alexandre Bonin comprenant des textes de Geneviève Blouin, Pierre-Alexandre Bonin, Anne-Marie Bouthillier, Philippe-Aubert Côté, Luc Dagenais / Vanessa Venus, Frédérick Durand, Ariane Gélinas, Élise Henripin, Pierre-Luc Lafrance, Isabelle Lauzon, Pascale Raud, Frédéric Raymond, Jonathan Reynolds, Carl Rocheleau et Vic Verdier.



ÉCRIRE ET PUBLIER AU QUÉBEC : LES LITTÉRATURES DE L'IMAGINAIRE

Un guide pratique de Geneviève Blouin, Isabelle Lauzon et Carl Rocheleau

Vous voulez écrire.
Cependant, vous ne pourriez même pas nommer le genre de récit qui habite votre imaginaire. Est-ce du fantastique ou de la science-fiction? Et comment procède-t-on pour écrire une histoire?

Vous avez écrit plusieurs textes.
Il vous reste à trouver un éditeur. Ou à vous publier vous-même. Quelle approche privilégier? Si un éditeur accepte votre récit, mais vous suggère des modifications, est-ce normal?

Vous êtes un écrivain aguerri.
Toutefois, en bon artiste, vous vous questionnez constamment. Êtes-vous un vrai écrivain si vous ne faites pas de plan? Et si vous n’avez pas étudié en littérature ni lu tous les classiques, est-ce un présage de problèmes futurs?

Trois écrivains (s’appuyant sur les témoignages de quarante-neuf collaborateurs issus principalement du milieu de la science-fiction et du fantastique québécois) répondent à toutes ces questions et à plusieurs autres. Ce manuel démystifie les réalités de l’écriture et de l'édition des littératures de l'imaginaire au Québec et tente d’aider les auteurs à atteindre leurs objectifs personnels et professionnels.


La prévente se termine le 23 juin 2017. Participez en grand nombre!

19 avril 2017

Des p'tits trucs pour éviter les virus informatiques

Je vous ai parlé tout récemment de mes déboires avec un virus informatique (certainement attrapé à cause de mon imprudence).

Mon ordinateur est allé faire un tour chez Monsieur Gaétan, notre nouveau spécialiste en informatique depuis quelques mois. Il a rapidement réglé le problème, évidemment (c'est un pro!).

Petite parenthèse à propos de Monsieur Gaétan : Depuis qu'on est avec lui, on ne veut plus aller en voir d'autres! Monsieur Gaétan est un passionné comme on en voit peu dans la vie : il tripe littéralement sur les ordinateurs, et il peut passer un temps fou à nous expliquer tout plein de choses à leur sujet. Une vraie mine d'informations! Il sait vraiment de quoi il parle, et il est de très bon conseil.

Tout ça pour vous dire qu'on a trouvé un super spécialiste, et qu'on a appris quelques trucs à propos des ordinateurs. Je vous les partage :

Premier truc : si vous installez sur votre ordinateur des logiciels trouvés sur le web, assurez-vous de bien lire, et surtout, surtout, de décliquer toutes les options inutiles (du genre, celles qui changent votre moteur de recherche, donnent la permission pour qu'on vous envoie des infolettres, etc.). Ce sont souvent ces petits crochets malintentionnés (cochés par défaut, évidemment) qui causent des problèmes (en ralentissant votre ordinateur, et peut-être aussi, en permettant à des virus de s'infiltrer). En tout temps, bien sûr, la prudence est de mise (on n'installe pas n'importe quoi - ouais, regardez donc qui parle...), mais prenez la peine de décocher, ça pourrait vous éviter des problèmes.

Deuxième truc : ne soyez pas radins sur votre antivirus. Et choisissez le bon. Monsieur Gaétan recommande fortement l'antivirus PANDA (qu'il utilise avec succès depuis 9 ans). Personnellement, j'avais Bitdefender, qui n'a absolument pas vu le virus dans mon ordinateur. PANDA, oui. Je viens de me prendre un abonnement (justement, j'étais due pour le renouvellement de mon antivirus), et dorénavant ce sera PANDA, c'est clair.

Et vous, avez-vous des trucs à partager? (À part celui d'acheter un MAC SVP - oui, on le sait chers adeptes du MAC : un MAC, c'est teeeeellement mieux qu'un PC! Hihihi!)

17 avril 2017

Recueil en numérique

Bonjour à tous!

Voilà, ça y est. Je voulais le faire, alors je l'ai enfin publié, mon recueil de nouvelles (en numérique)!

C'est ici que ça se passe : Errances parallèles

ATTENTION : J'ai lancé une promotion spéciale et le recueil pourra être téléchargé GRATUITEMENT du 18 au 22 avril 2017. Ne vous gênez pas pour en profiter!







Ce recueil contient les nouvelles littéraires suivantes (publiées entre 2012 et 2016 dans les revues Brins d'éternité, Clair/Obscur et Solaris, et l'une d'elles a aussi été publiée dans l'anthologie Dix ans d'éternité) :
  • Lorsqu'ils s'éveillent
  • Marie-Amélie
  • Désert vorace
  • Le Passeur
  • Consortium - L'initiation (Oui, celle-là même qui est en nomination pour le prix Aurora/Boréal)
  • Les naufragés de Dakta

Maintenant, parce que je sais que certaines personnes étaient curieuses du processus, voici quelques détails (pas des conseils, je ne suis pas avancée en numérique pour ça!) :

Page couverture
Je l'ai faite à partir du logiciel Photofiltre (téléchargé gratuitement en ligne). Je l'avais déjà sur mon ordinateur, vu que ma fille avait déjà eu à l'utiliser pour un travail d'école. Je ne voulais pas prendre une image existante (pour éviter le risque d'avoir du trouble avec ça par la suite), ni que ça me coûte de l'argent. Donc, je me suis amusée à explorer les possibilités, notamment avec les filtres. Ça a pris du temps, je me suis bien amusée, et c'est ce que ça a donné!

(Note : avant de vous lancer dans la création d'une page couverture, assurez-vous de prendre connaissance des paramètres recommandés - j'ai dû recommencer ma page couverture parce qu'elle ne correspondait pas aux standards minimaux d'Amazon...)


Mise en page et processus de conversion en ePub
Je me suis beaucoup, beaucoup cassée la tête avec des tutoriels pris en ligne, j'ai téléchargé les logiciels recommandés (Sigil, Calibri), j'ai aussi téléchargé OpenOffice et son Writer2epub (une extension qui permet de convertir en ePub). Quelque part dans le processus, mon ordinateur a choppé un virus (ouais, il est clair que j'ai dû manquer de prudence...). Et malgré tous mes efforts et les méthodes essayées (plus ou moins valables et parfois quelque peu compliquées, si vous voulez mon avis), mon fichier ne passait pas l'étape de la vérification (qui consiste à voir si votre ePub est correct et exempt d'erreurs). Pourtant, j'en ai mis du temps là-dessus...

Pour finir, je me suis tannée et je suis allée voir ce qu'Amazon permettait de faire (ouais, je sais, j'aurais dû commencer par là!). Hourra! C'était beaucoup plus simple et convivial, je suis passée à travers toutes les étapes (faut prendre le temps de tout lire et faire certains choix) et j'ai réussi à finaliser mon recueil et à le mettre en ligne!

Alors voilà, un recueil fait maison et disponible facilement, qui ne me permettra sûrement pas de me mettre millionnaire (pwhahahahahaha!), mais ça n'a aucune importance. L'important, c'est que j'avais le rêve de le faire, que j'ai décidé de me lancer, et que j'ai atteint mon objectif.

Bon, maintenant que c'est fait, je retourne à mes autres projets. Bien le bonjour par chez vous!

16 avril 2017

Nomination

Bonjour à tous!

Je voulais juste dire un GROS MERCI aux personnes qui ont choisi ma nouvelle Consortium - L'initiation dans leurs mises en nomination pour les Prix Aurora/Boréal 2017.

Comme vous le verrez ici, ma nouvelle est officiellement dans la course. J'en suis extrêmement heureuse!

Il fallait un certain nombre de votes pour cela. De mémoire, je crois bien que c'est la première fois que je me rends à cette étape pour un de mes textes (mon blogue, c'est déjà arrivé, mais pas un texte).

Alors ça me fait vraiment, vraiment, vraiment chaud au cœur.

À vous qui avez fait en sorte que ma nouvelle soit en nomination, un GROS, GROS MERCI!

1 avril 2017

Vie de caserne

Beaucoup d'entre vous savez sûrement que je travaille dans une caserne de pompiers depuis plus de 8 ans, à titre "d'agente administrative" (c'est mon titre depuis 2 ou 3 ans, mais dans les faits, ça veut surtout dire "secrétaire" ou de façon plus juste, "adjointe administrative").

Si je n'en ai pas beaucoup parlé au fil du temps, c'est que la plupart des choses que j'y vis (ou dont j'ai connaissance) sont de nature assez confidentielle, parce qu'elles touchent notre administration, nos pompiers, nos citoyens... Je ne serais pas à l'aise de dévoiler certains éléments, et d'ailleurs il y a plein de choses que je n'aurais pas le droit de vous dire.

Par contre, je me suis rendue compte dernièrement que je pouvais vous livrer quelques tranches de vie... Tout en m'assurant que ce ne soit préjudiciable à personne! ;)

Voici donc une première anecdote, vécue cette semaine :

Je suis à mon poste de travail, en train de me concentrer sur les conséquences d'un affichage de poste (notre fameux gros affichage annuel, qui fait en sorte que plusieurs pompiers peuvent décider de changer d'équipe). Si untel va là, et qu'untel change là, alors quelle incidence ça a sur les vacances déjà cédulées... Ah d'accord, il va falloir que j'avise le chef, il y a un impact pour ce remplaçant-là...

La porte d'entrée s'ouvre, un homme entre. Je me lève pour aller l'accueillir (à côté, ma collègue chef à la prévention, est au téléphone, concentrée sur sa conversation).

MOI- Bonjour!

LUI (d'un ton pressant)- Bonjour, je viens d'être témoin d'un accident très près d'ici! Une femme est sortie de la voiture et elle s'est mise à tomber, et un homme l'a ramassée. Je ne sais pas si le 9-1-1 a été avisé.

MOI (aussitôt sur le qui vive)- Près d'ici, où ça? 

LUI- Tout près, proche de l'entrée de l'autoroute!

(Dans les faits, ça ne m'aide pas beaucoup, car oui nous sommes proches de l'autoroute, mais il y a 2 entrées, et ça dépend d'où il vient. Et puis, "proche", ça prête tellement à interprétation! S'il était à pied ou en voiture, ça fait une énorme différence... Pas de temps à perdre à le faire parler, il faut réagir vite.)

MOI (d'un ton ferme et pressant)- Entrez Monsieur, vous devez appeler le 9-1-1.

(Petite explication : Par expérience, parce que quand même ce n'est pas la première fois que j'accueille un citoyen qui veut signaler un événement au 9-1-1, les gens pensent qu'ils peuvent nous livrer l'information de façon sommaire, et s'enfuir ensuite, libérés de leur fardeau; ce n'est juste pas comme ça que ça marche. Vous me voyez, appeler au 9-1-1 et dire qu'il y a eu un accident "proche de la caserne"? Je n'ai absolument pas les infos qu'il faut, le répartiteur doit parler au témoin direct!)

LUI (hésitant, comme à peu près tous les autres que j'ai eus avant lui)- Peut-être que le 9-1-1 a déjà été avisé, je voulais juste être certain...

MOI (toujours aussi ferme)- Venez, je vous ouvre la porte. Il faut que ce soit vous qui parliez au 9-1-1, vous êtes témoin.

(Il obéit timidement, hésitant à entrer dans mon bureau. Je le fais approcher et aussitôt je prends le combiné, je compose le 9-1-1 et je parle à la préposée.)

9-1-1- Bonjour, pour quelle ville l'intervention?

MOI- (je le lui dis - permettez que je garde un tout petit peu de mystère sur mon lieu de travail!)

9-1-1- Pour quelle adresse demandez-vous une intervention?

MOI- Je vous arrête tout de suite : Je travaille à la caserne X et j'ai ici un citoyen qui vient d'être témoin d'un accident. Je vous le passe.

(Et je donne le combiné au citoyen, qui n'a pas le choix de le prendre et de parler au 9-1-1).

Pendant qu'ils discutent (à ma droite) et que j'essaie d'écouter pour comprendre où s'est produit l'accident (je me tiens prête à courir avertir les pompiers en caserne au cas où), je m'aperçois que ma collègue chef est debout (à ma gauche), avec son manteau sur le dos (tiens, elle a mis fin à son appel?), le regard interrogateur.

MA COLLÈGUE- C'est où? Où l'accident s'est produit? C'est près d'ici?

(Là, je reconnais bien l'esprit qui anime tous mes collègues face à l'urgence : tout peut tomber à l'eau quand quelqu'un est en danger. Ceux qui sont pompiers (ou l'ont été avant de monter en grade) ont ça en eux, et puis nous (les cols blancs) absorbons un peu de cet esprit au fil du temps.)

MOI- Je ne sais pas, j'écoute pour essayer de le savoir.

Pendant ce temps, j'entends une sonnerie dans la caserne. Ma collègue (qui, soit dit en passant, a   aussi été infirmière et pompière dans une autre vie) tend l'oreille à gauche, je hoche la tête et je tends l'oreille du côté du citoyen à ma droite. En deux ou trois secondes, on comprend la même chose, et on parle à peu près en même temps :

- C'est en face du Jean Coutu.
- OK, trop loin pour prendre une course jusque là.
- L'appel, c'est pour là?
- Oui, ça parle du Jean Coutu.
- OK alors, les pompiers sont avisés. 

Dans la même période, le visage du citoyen m'a montré que le 9-1-1 avait déjà été avisé, et que les secours étaient en route.

D'un seul coup, ça a fait "pouf" pour nous trois, mission accomplie, la situation d'urgence prenait fin pour nous.

Nous avons discuté un peu avec le citoyen, qui nous a décrit ce qu'il avait vu et les circonstances de l'accident. Puis nous l'avons félicité pour sa présence d'esprit, lui avons dit qu'il avait bien fait d'agir ainsi, et que tout était correct : les pompiers étaient déjà en route (en peu de temps, nous avions entendu les sirènes et les portes s'ouvrir, ils sont rapides nos pompiers!). Il est reparti le coeur plus léger.

Ma collègue et moi nous sommes assises pour reprendre nos occupations.

MOI- Coudonc, t'étais pas au téléphone, toi?

MA COLLÈGUE- Oui, mais je t'ai vue tomber en mode "Urgence, on réagit", alors j'ai quitté ma correspondante (qui a dû en rester bien surprise!) et j'ai enfilé mon manteau, prête à courir pour agir si c'était près d'ici!

Nous rions toutes les deux, plus détendues. Je retourne à mon bureau. Où en étais-je, déjà? Ah oui : Alors il faut que j'avise le chef que ça a un impact pour le remplaçant, mais il va aussi falloir trouver un remplaçant sur l'autre équipe. Bon, OK, on a le temps, c'est dans 3 semaines. Et puis après, il va falloir que je...

C'est ça la vie de caserne : peu importe ce qu'on est en train de faire, s'il arrive une urgence, vous pouvez être certains que ça prendra le dessus. Par exemple, si on est en rencontre et que quelqu'un est de garde, oubliez ça s'il y a un appel : la personne ne vous fera pas de jolies formules de salutation et d'excuses, elle sera déjà partie pour répondre à l'urgence en cours! (faut juste apprendre à ne pas s'en formaliser!)