23 août 2018

Les refus : ce qu'il faut en comprendre

Bonjour à tous!

J'espère que vous passez un bel été. Par ici en tout cas il fait beau, on profite de la piscine et on prend des couleurs! (Sérieusement, je crois bien n'avoir jamais été aussi bronzée depuis mon enfance!)

Tout récemment, j'ai reçu un refus pour une nouvelle et ça m'a fait penser au fait que je voulais écrire un billet à ce sujet (hé, j'étais en train de l'oublier!). L'occasion est parfaite pour vous parler des refus et de ma façon de les percevoir à ce moment-ci de ma vie.

Je SAIS que les refus sont difficiles à vivre. Croyez-moi, j'en ai reçu plusieurs (dont certains très justifiés).

Hein, quoi, vous êtes surpris de ne pas en avoir entendu parler en long et en large sur mon blogue ou ailleurs? (Ou peut-être pas, surtout si vous êtes un auteur et que vous vous êtes ramassé des refus en pleine gueule à certains moments de votre cheminement).

Chose certaine, je ne vis plus du tout les refus de la même manière qu'avant. À mes débuts, et durant un peu trop longtemps à mon goût, je me suis remise en question à chaque refus. Je n'étais pas bonne, mon écriture ne valait rien, mes publications passées n'étaient que des coups de chance... Vous voyez le topo?

Que voulez-vous, le doute semble devoir faire partie de la vie de l'artiste. Je serais drôlement plus inquiète si je ne doutais jamais de moi!

Mais à présent, je comprends mieux le milieu de l'édition et je suis plus à même de me mettre dans la peau de l'éditeur. Ça a drôlement changé ma vision des choses.

Quand on reçoit un refus de la part d'un éditeur, ça signifie surtout qu'il (et/ou son comité de lecture, parfois plusieurs personnes sont impliquées dans le processus) ne souhaite pas publier notre texte. Les raisons peuvent être multiples :
  • Il ne juge pas notre texte suffisamment achevé
  • Il a reçu plein d'autres textes sur le même thème
  • Il n'aime pas notre texte et/ou la manière dont on a traité le sujet
  • Il a des biais personnels par rapport à certains éléments de notre texte (tel élément l'énerve ou le heurte dans ses valeurs, ça lui fait penser à tel livre qu'il a déjà lu, etc.)
  • Il avait plusieurs textes devant lui et il a dû faire un choix
  • Notre texte pourrait être intéressant, mais pas pour sa maison/revue (respect des attentes de ses lecteurs, cohérence globale avec le reste de leurs publications, etc.)
  • Nos idées lui paraissent naïves et/ou peu originales
Il y a sûrement plein d'autres raisons possibles (dont certaines qui ne nous seront peut-être jamais avouées), mais ce n'est pas si important. Ce qui est important, c'est que l'éditeur ne souhaite pas embarquer dans l'aventure de la publication de ce texte.

Et vous savez quoi? Il a tout à fait le droit de prendre une telle décision!

Je trouve qu'il y a un parallèle intéressant à faire avec la vie en général. Après tout, c'est pas mal la même dynamique qu'on retrouve avec l'amitié, l'amour, le travail, les projets. Tout ce qui implique deux parties distinctes nécessite en général un accord commun. Et à la minute où l'autre partie ne souhaite pas s'embarquer dans l'aventure, ça se termine là et puis c'est tout. On se réajuste, on part d'un autre bord et on fait d'autres plans.

On peut s'interroger longtemps sur le comment du pourquoi, voire même se complaire dans l'apitoiement et la colère, mais ça ne donne pas grand chose au bout du compte. Hé, la vie est trop courte!

Nous-mêmes, nous refusons parfois de nous embarquer dans certaines aventures. Il se peut que nous causions quelques déceptions à d'autres personnes, mais nous avons nos propres choix à faire et il est tout à fait légitime de nous respecter dans nos décisions.

Alors voici comment je gère les refus à l'heure actuelle : AVEC UN GROS GRAIN DE SEL.
  • Je ne pense pas que je suis une mauvaise personne ou une mauvaise auteure.
  • Je ne suis pas en colère contre les personnes qui ont pris la décision de refuser mon texte.
  • Je ne cherche pas des poux dans le courriel de réponse de la maison d'édition.
  • Bref, je ne prends pas ce refus personnellement et je passe assez vite à autre chose.
Ce que je fais surtout, c'est de prendre le temps de remercier les gens pour m'avoir répondu. Parce que oui, c'est bien triste, mais certaines maisons d'édition ne donneront jamais de verdict pour des textes que nous leur aurons envoyés. Alors, je remercie systématiquement tous ceux qui me donnent des accusés de réception et des réponses à mes envois. Bravo à ceux-là, qui savent respecter le temps, l'amour et les efforts que nous avons mis dans nos textes!

Ensuite, je me laisse un peu de temps. Je mets le texte dans ma réserve et j'y reviens éventuellement, pour me demander ce que je pourrais en faire. Je relis les commentaires reçus lors du refus (s'il y en a, ça aussi je les apprécie à leur juste valeur) et je décide si je souhaite en tenir compte ou non. Je vois si je peux améliorer le texte. Je regarde quelles pourraient êtres les autres cibles potentielles. Si j'en trouve une, j'envoie mon texte (et puis sinon il continue de faire dodo dans ma réserve).

Ce qui est certain, c'est que la vie continue.

Un texte refusé, ce n'est pas si grave au fond. Je n'arrêterai pas de sitôt d'écrire des histoires (mon cerveau deviendrait ingéraaaaaable!). Les refus font partie du processus. Et bien souvent, ils nous apprennent des leçons (texte soumis trop vite, mauvais ciblage, concept pas assez développé, etc.).

Pour terminer, je me permets de livrer ici un petit message amical à certains de mes amis qui n'ont pas encore réussi à trouver preneur pour leurs textes :

N'abandonnez pas. Gardez espoir! Si vous aimez écrire et que vous écrivez pour les bonnes raisons (vous épanouir, répondre à un besoin de réalisation personnelle, etc.), je vous encourage à persévérer.

Essayez de comprendre ce qui ne fonctionne pas. Travaillez à vous améliorer. Et puis, envisagez d'autres cibles. Si ça ne marche pas avec les maisons d'édition que vous connaissez, faites des recherches, trouvez-en d'autres!

Et partez à la chasse aux appels à textes, faites des tentatives, on ne sait jamais! Voici d'ailleurs quelques liens intéressants, vous y trouverez peut-être une cible pour l'un des textes qui dorment dans vos tiroirs :

http://appels-a-textes.fr/
https://www.facebook.com/AppelsATextes
http://www.epopees.fictives.fr/

Bonne chance à tous avec vos textes! (Naaaaannn, je n'ai aucun problème avec la concurrence, hihihihihi!) Et bonne fin d'été!

26 juillet 2018

Les vraies vacances, c'est de se reposer

Avant, je croyais que les vacances estivales, ça devait automatiquement être une période où on voyagerait, on découvrirait des choses et on amuserait nos enfants.

Comme bien des gens, nous avons longtemps profité de la période estivale pour visiter divers coins du Québec. Nous avons aussi fait des voyages dans le sud et nous avons loué des chalets.

Sauf qu'avec le temps, nous nous sommes rendu compte de deux phénomènes étranges :

1- La plupart du temps, nos enfants auraient préféré demeurer à la maison. Ils n'avaient pas nécessairement envie de visiter ce qui nous intéressait, le wi-fi leur manquait, leur petit confort habituel aussi.
2- On revenait souvent plus fatigués qu'avant de partir en voyage et le retour au travail était d'autant plus difficile.

Nous nous sommes donc mis à passer nos vacances à la maison, à profiter en masse de la piscine et à faire de petites sorties autour. On en profite aussi pour régler de petites choses qu'on n'a jamais le temps de faire. Et au bout du compte, on économise de l'argent (pourquoi continuer à dépenser des fortunes en activités et en voyages, alors qu'un petit resto ou un cinéma de temps à autre font très bien l'affaire?)

Des vacances à la maison, c'est vraiment génial. On se lève le matin, on relaxe, on se demande ce qu'on va faire aujourd'hui. On se fait un léger programme, pas trop chargé en obligations, et on profite de la vie.

J'en suis à la fin de ma 2e semaine de vacances (et il y en a d'autres à venir, héhé!), et je dois dire que jamais je ne me suis sentie autant reposée. Le concept du repos a vraiment bien été assimilé cette année, j'ai fait de belles sorties et j'ai réussi à écrire presque chaque jour (ça, c'est vraiment mon genre de vacances!).

La vie de travailleur est dure et elle use à la longue. On vit du stress, on a des tâches à accomplir, des obligations, des dossiers à livrer. J'adore mon travail (aujourd'hui plus que jamais!), mais c'est une bonne chose d'arriver à décrocher de temps en temps, pour se ressourcer et revenir avec une énergie renouvelée.

Je sais que beaucoup de gens adorent voyager et qu'ils seraient malheureux de devoir arrêter. Qui sait, peut-être qu'un jour, mon conjoint et moi redécouvrirons le plaisir d'explorer des contrées inconnues, en amoureux cette fois, et ce sera bien agréable. Mais pour le moment, nous savourons le fait d'être à la maison, heureux avec notre petite famille (dont nos chats font partie, évidemment), à juste faire ce dont nous avons envie au moment présent.

Voilà qui donne quasiment hâte d'être rendus à la retraite... Mais ce ne sera pas pour tout de suite!

24 juillet 2018

Chaos créatif (Ou parce que des fois, trop d'ordre, c'est juste emmerdant!)

J'ai déjà parlé, à l'occasion, de ma méthode pour conserver et classifier mes idées.

En gros, j'avais un fichier de résumé pour chaque histoire. Une liste pour tout répertorier, avec un numéro attribué à chaque résumé d'histoire (et un code de couleurs pour aller avec ça, et un ordre de priorité attribué à chaque projet, et tout plein d'informations comme les cibles envisagées...). Il y avait aussi des pochettes dans lesquelles je glissais des notes manuscrites, des images, des éléments de recherche. Des bacs dans lesquels ces pochettes étaient classées.

Ouais, je sais, je suis un peu cinglée dans mon genre (secrétaire jusqu'aux racines des cheveux!).

Eh bien! Laissez-moi vous avouer une chose : il y a plusieurs mois, j'ai balancé aux oubliettes tout ce fameux système de classement, de classification et de priorisation.

Ouais, ça m'a pris d'un seul coup. Une grosse envie de changer de méthode, de défaire ce que j'avais mis tant d'efforts à implanter.

Voyez-vous, je me suis rendu compte qu'à force de trop vouloir mettre d'ordre dans mes idées (et mon cerveau trop chargé), j'avais fini par me créer un autre problème : je m'acharnais trop sur de vieilles idées, qui m'avaient charmée il y a quelques années, mais n'avaient plus aucun intérêt. Je me sentais forcée de toutes les concrétiser, alors que certaines n'avaient absolument aucun avenir et ne valaient pas la peine que je leur consacre une seule minute supplémentaire de mon temps.

En plus, autre effet pervers : comme ma liste prenait une ampleur folle au fil du temps, je capotais à l'idée d'en rajouter encore. Et voilà que je m'empêchais de noter de nouvelles idées! (Alors que, on se l'avouera, les idées récentes sont souvent bien plus achevées et complexes que les vieilles affaires datant de nos débuts!)

Oubliez ça, la fameuse liste n'existe plus. Les pochettes non plus (on va les réutiliser à d'autres sauces à la maison).

À la place, je m'envoie mes nouvelles idées par courriel et je les classe dans un sous-dossier "Résumés". Je peux toujours aller piger dedans si je cherche de nouveaux projets sur lesquels travailler ou pour me remémorer certains concepts. Que voulez-vous, ma mémoire n'est pas infaillible! Et puis, comme j'ai rarement l'occasion d'écrire ce qui me vient au moment où ça me tente, je me fais des réserves. Ouaip, comme un écureuil!

Oh, rassurez-vous, j'ai encore mes vieux fichiers d'idées! Je les ai foutus ensemble dans un répertoire, au cas où je voudrais y retourner (ça m'arrive, tout n'est pas juste bon à jeter). Je garde l'espoir d'écrire plusieurs de ces histoires un jour, mais uniquement celles qui me branchent le plus, selon l'envie du moment.

En attendant, je ne classifie ni ne numérote plus rien. Je me sens liiiiiiiibre!

Comme quoi, bien souvent, les obligations qui nous étouffent ne sont, en fait, que des prisons dans lesquelles nous nous enfermons nous-mêmes...

En tant qu'ancienne adepte de la classification quasi maniaque des idées, je vous le dis : trop d'ordre, c'est juste emmerdant. Je veux bien être un minimum organisée pour m'y retrouver dans mes projets, mais ça ne doit pas devenir trop contraignant non plus. Et un peu de chaos, bien coudonc, ça donne un petit coup de jeunesse et un sentiment d'être rebelle... Je ne déteste pas ça! Hahaha!

Bon chaos créatif à tous!

3 juin 2018

Nouvelles en vrac

Bonjour à tous!

Le printemps s'est drôlement bien installé, on a même pu se baigner par chez nous. Le bonheur! Mais qui dit printemps dit aussi beaucoup de tâches à accomplir, hé oui, mais on va survivre à tout ça. (Ou du moins, on a réussi chaque année jusqu'ici, alors on espère que cette tendance va se poursuivre encore!).

N'empêche, j'ai quelques minutes pour venir par ici, alors voici quelques nouvelles en vrac :

Dernièrement, j'ai eu le plaisir d'apprendre que trois de mes nouvelles vont être publiées (deux au Québec et une en France). Vraiment, j'ai été heureuse d'apprendre tout cela, pour tout plein de raisons. L'une d'elle est que je me fais davantage confiance avec mes textes, et je vois que ça fonctionne bien. Joie!

Ensuite, je vous parlais dernièrement (sans vous en dire grand-chose) d'une aventure particulière qui allait m'occuper pour un an. Suite à la recommandation du responsable, je ne vais pas dévoiler clairement de quoi il s'agit, mais les gens du milieu comprendront assez vite. Il s'agit d'une participation à un jury littéraire, qui m'amènera à lire de nombreux romans et nouvelles. (Avouez, vous devinez de quel jury je parle, hein? Non, on ne le dit pas haut et fort, c'est un genre de secret de polichinelle...) J'ai déjà commencé et j'adooooore! Vous me connaissez : je me suis fait une grille Excel avec des critères de notation, j'ai établi ma structure de travail, j'ai déjà lu plusieurs trucs dans la liste... Bien quoi? À présent que je me suis embarquée, je compte bien me donner à fond! Hihi!

Sinon, l'un de mes dossiers de vie actuels est que j'ai convaincu ma mère et ma belle-mère (toutes deux des femmes qui vivent seules) de devenir un peu plus "techno" afin que nous puissions communiquer par texto. C'est rassurant, et je dois dire que c'est bien agréable de nous partager des nouvelles au quotidien. Cette démarche s'inscrit dans une réflexion globale à propos du fait que la vie est courte, et que nos mères ne vivront pas éternellement. Et je m'inquiétais parfois de les savoir seules (et s'il arrivait quelque chose, et qu'on ne le sache pas avant plusieurs jours?). J'aime beaucoup ce moyen technologique, utilisé à on escient, qui me permet de garder un oeil sur nos petites mamans. Vraiment rassurant, et elles adorent ça!

Ah, et dans un volet très personnel : certains se souviendront peut-être que j'ai parlé, il y a quelques années de cela, du fait que je n'ai aucun odorat depuis l'âge de 14 ans (on appelle ça de l'anosmie). Eh bien, croyez-le ou non, on dirait bien que je suis en train de retrouver l'odorat! Bon, ce n'est pas grand chose, quelques effluves de temps à autre (et je dois me concentrer et inspirer bien fort), mais quand même, ce n'est pas rien. J'ignore pourquoi ça arrive, comme ça, maintenant, mais je dois dire que je savoure chaque odeur à laquelle j'ai accès. Aaaaah, le popcorn au beurre fraîchement éclaté, quel plaisir! La sauce tomate qui mijote, miam! Le léger parfum de mon shampoing, quelle surprise! C'est un réel bonheur au quotidien, de retrouver des parcelles de ce sens que j'avais perdu. Et on dirait que plus je m'efforce de sentir les odeurs, mieux j'arrive à les percevoir. Peut-être que c'est une question d'entraînement à présent? Je vais travailler là-dessus!

Bon, je m'arrête là, mais j'ai un cadeau pour vous, afin de me faire pardonner mes longues absences. Il s'agit d'un vidéoclip d'AronChupa, qui s'intitule "Rave in the Grave". Comme le dirait ma fille Tania (qui m'a fait découvrir la chose ce weekend), "ça n'a juste pas de bon sens de faire des affaires de même"... Mais j'adoooore!!! Je vous avouerai que je l'ai écouté plusieurs fois, je ne m'en lasse pas. On y parle de la mort d'une façon inusitée (et irrévérencieuse, héhé). J'ai un sourire tout le long quand je le visionne. Petit plaisir coupable, allez voir ça! https://www.youtube.com/watch?v=Zokn4WDPcHE

7 mai 2018

Retour sur le Congrès Boréal 2018

Bonjour à tous!

Houlala, mais quel Congrès Boréal nous avons vécu cette année, les amis!

Comme certains s'en souviendront peut-être, je n'étais pas présente au dernier congrès, alors je m'étais ennuyée de pas mal de monde. Même si j'en ai vu plusieurs dans les récents salons du livre, c'est toujours un tel plaisir de revoir des gens de la gang*! (Le mot "gang" étant pour moi synonyme de "grande famille qui ne cesse de s'agrandir"!).

Tania et moi avons vécu le weekend en totale harmonie avec nos envies personnelles et ce que nous voulions faire de cet événement. Nous n'étions pas obligées de nous suivre en tout temps, mais je dois dire que ça s'est fait de façon naturelle. Nous avons assisté ensemble aux tables rondes qui nous intéressées. Nous avons passé pas mal de temps à papoter dans la salle des ventes ou les couloirs. (Ah! Ce qu'on aime ça faire du social!) Nous avons partagé des repas avec des gens que nous apprécions. Aaahhh, quel beau weekend!

Au départ, je n'étais pas très tentée de participer au concours d'écriture sur place, mais Tania m'a convaincue de le faire. Et je ne regrette rien. Nous n'avons rien remporté, mais nous avons toutes deux reçu de bons commentaires de la part des membres du jury, ce qui nous donne très envie de poursuivre l'aventure avec nos textes respectifs.

En fait, à propos de ces textes (qui ne sont que des ébauches, on ne fait pas de miracles en  une heure - du moins, pas moi!!!), Tania et moi avons beaucoup discuté depuis notre retour du Boréal hier (nos fameux brainstormings mère-fille), et nous avons toutes deux une bonne idée de la direction où nous voulons les amener. Je pense que ça pourrait donner de bons résultats. On va travailler là-dessus, en parallèle avec nos autres projets.

Sinon, j'ai vécu deux aventures particulières ce weekend.

Tout d'abord, comme je vous l'ai dit précédemment, j'avais été invitée à participer au maltraitement de texte (tout un honneur!). Que de plaisir j'ai eu à rédiger mes bouts de textes! Je suis bien contente, pour cette première participation, d'être arrivée en deuxième place. Trop loin à mon goût par contre derrière Alain Ducharme (ce sacripant qui a encore gagné la partie, sa 4e victoire en 4 participations, mais bon, on l'aime quand même! - Meuuuuh oui, Alain, je t'adore!). Dave Côté était tout juste derrière moi, avec seulement un point de différence, donc on peut dire que nous avons pour ainsi dire terminé à égalité. C'était bien drôle, et c'est avec plaisir que je reparticiperai à l'aventure l'an prochain (si le Grand Organisateur le permet, bien sûr!).

Ensuite, j'avais été sollicitée pour animer une table ronde (ma toute première animation à vie) portant sur les débuts de certains auteurs (Ariane Gélinas, Talhì Briones, Patrick Sénécal et Jonathan Brassard). Considérant le sujet (qui visait évidemment à aider et à inspirer les auteurs présents dans la salle), je n'avais pas pu dire non, et je n'ai rien regretté. Par contre, j'avais fait une mise en garde à la personne qui m'avait recrutée : je serais Isabelle, la vraie Isabelle, et non pas un personnage inventé avec une image plaquée par-dessus son vrai visage (pour ceux qui ont suivi mes dernières interventions et qui ont lu entre les lignes, cette précision était très importante pour moi). Et on m'a confirmé que c'était bien correct. Si je me fie aux chaleureuses félicitations que j'ai reçues de plusieurs personnes (wow, merci!), je crois que ma manière de faire a été appréciée. Ce fut convivial, amusant et instructif. Chaque invité avait des choses très pertinentes à dire (j'ai vraiment été chanceuse d'avoir une aussi belle brochette de gens sur cette table ronde!), et nous avons manqué de temps pour aborder tous les sujets que j'avais en tête! (Mais bon, vu la vastitude potentielle du sujet, c'est un peu normal)

Ah, et durant le congrès, je me suis fait embarquer (après m'être longuement fait tirer l'oreille) dans une grande aventure qui s'échelonnera sur un an. J'ignore si je peux en parler ouvertement (je demanderai au responsable), mais disons que ça va occuper pas mal de mon temps, en demeurant tout de même correct dans mes aspirations personnelles et ce que je crois en retirer (expérience, compréhension accrue du milieu littéraire, réflexions à venir, etc.). Je ne voulais pas m'embarquer là-dedans sans avoir mûrement réfléchi aux divers aspects de la question, mais l'avis de certains amis, de même que la nuit de samedi à dimanche (à un hôtel où nous avons passé la pire nuit que j'aie pu vivre en hébergement, on pourra en reparler si vous voulez tous les détails) m'ont permis de pousser ma réflexion à fond et de me positionner. Donc, j'ai dit oui, et j'en suis heureuse.

Depuis hier, Tania et moi avons fait du brainstorming sur nos divers projets d'écriture. Car les événements sociaux comme le Boréal ont cet effet : on en ressort avec un enthousiasme et une énergie renouvelés, plein d'anecdotes et de bons souvenirs en tête, l'envie d'écrire à fond et aussi le goût de finaliser des projets! Nous avons toutes deux la tête dans les nuages aujourd'hui et il nous est très difficile d'être fonctionnelles.

Déjà le retour au travail demain, zut, il me semble que j'aurais pris une semaine de vacances pour profiter de ce merveilleux effet post-boréalien...

Un gros merci aux organisateurs, qui nous ont permis de vivre un aussi beau congrès. On se revoit à Sherbrooke l'an prochain, gang! (oui, oui, je compte bien y être!)



* Certains se rendront compte que j'utilise ici un peu plus de termes anglophones qu'avant. Je suis désolée si ça heurte certaines personnes, mais je tiens à préciser que ma recherche de naturel, dans diverses sphères de ma vie, me porte à utiliser des mots que j'emploie à l'oral dans ma vie de tous les jours. En espérant que ça ne heurte pas trop de sensibilités!

3 mai 2018

Congrès Boréal!!!!!!!!

Bonjour à tous!

Je vous fais un petit coucou par ici, le temps de vous dire que je participerai au fameux Congrès Boréal ce weekend, en compagnie de ma fille Tania.

Nous avons hâte sans bon sens, vous n'avez pas idée!!!!!!!!!!!

Donc, pour ceux qui iront y faire un tour (ou qui, comme nous, feront pas mal les 2 journées de samedi et dimanche parce que hé, le Boréal, ça arrive juste une fois par année!), on se voit là bas!

Étonnamment (je suis la première surprise), je me suis laissée embarquer dans 2 aventures cette année :

- Je participerai au maltraitement de texte le dimanche à 13h30
- J'animerai une table ronde le dimanche à 14h30 (on y parlera des débuts de certaines illustres personnes)

Donc, ce weekend risque d'être pas mal occupé, on s'attend à vivre de belles rencontres et retrouvailles, à discuter et à potiner (ouaip, soyons réalistes!), et nous reviendrons certainement épuisées Tania et moi, mais bien contentes d'avoir vécu tout ça.

Et puis, comme toujours, je suis certaine que nos muses respectives seront enchantées de toute cette effervescence, qui leur aura donné une tonne d'idées à explorer!

Alors ne me cherchez pas lundi : entre deux rendez-vous et une voix chevrotante (conséquence inévitable, semble-t-il, des weekends d'activités sociales où je ne peux pas m'empêcher d'être volubile, exubérante et enthousiaste!), je serai certainement en train d'écrire des résumés pour de futures histoires. Ou alors, un texte ou deux pour me vider la tête...

Et Tania en fera sûrement de même, vu que nous partageons la même maladie de cerveau qui nous pousse à inventer des histoires!

Au plaisir de vous voir au Boréal, gang!

8 avril 2018

Petits rappels

Coucou!

J'ai 2 petits rappels à vous faire aujourd'hui.

Premièrement, je vous rappelle qu'il y a maintenant une section "ANNUAIRE DE SERVICES PROFESSIONNELS" sur ce blogue. Si je me fie à mes statistiques, elle est fréquentée (youpie!), alors n'hésitez pas à vous y référer. Et surtout, si vous avez des services à offrir, ne vous gênez pas pour m'envoyer vos informations. Je précise que ça ne s'adresse pas seulement qu'aux gens de la SFFQ, mais bien à toute personne qui offre des services littéraires. (Pour tous les détails et la procédure à suivre, juste aller dans l'annuaire, tout est indiqué.)

Ensuite (oupse!), je viens de me rendre compte que j'étais en train de passer tout droit pour les nominations des prix Aurora Boréal! Hé, cette étape-là se termine demain!

Comme, habituellement, je ne suis pas la seule étourdie à oublier ce genre de chose, voici les informations si vous voulez aller remplir votre bulletin de nominations :
Juste pour que la procédure soit claire : cette première étape permet de présélectionner, parmi un maximum d'oeuvres éligibles, un certain nombre d'oeuvres qui ont retenu l'attention et ont reçu suffisamment de nominations pour se retrouver à la prochaine étape. Par la suite, c'est au Congrès Boréal qu'aura lieu le véritable vote, celui qui permettra de déterminer un gagnant pour chaque catégorie.

Déjà, passer l'étape de la nomination est un grand honneur. (Je me souviens à quel point j'étais folle comme un balai quand ça m'est arrivé!)

Si jamais vous avez envie de m'encourager (vous n'êtes pas obligés, hein), voici mes oeuvres éligibles cette année :
  • Meilleure nouvelle : Lauzon, Isabelle : Mnémose (Solaris 202)
  • Meilleur ouvrage connexe : Blouin, Geneviève/Lauzon, Isabelle/Rocheleau, Carl : Écrire et publier au Québec : les littératures de l’imaginaire (Les Six Brumes)
Votez pour moi si vous en avez envie. Votez pour quelqu'un d'autre si ça vous chante. Mais prenez le temps de compléter vos nominations, car c'est ce qui permet d'avoir un maximum d'oeuvres représentées sur le bulletin de vote final! :)

Voilà, c'était mes petits rappels d'aujourd'hui. Je vous laisse, je dois aller compléter mon bulletin de nomination!

26 mars 2018

Ce qui nous est naturel

Ce weekend, au Salon du livre de Trois-Rivières, je me suis surprise à mentionner, au passage, ma vision actuelle à propos de "ce qui nous est naturel".

Et tiens, je me suis dit que ce serait bien de vous livrer ça ici. Parce que ce n'est pas au détour d'une petite conversation qu'on arrive à expliquer tout ça!

Voyez-vous, dans ma récente réflexion globale à propos de toutes sortes d'aspects, je me suis rendu compte que dans la vie, on se force trop souvent à agir de façon contraire à ce qui nous est naturel.

On dit oui quand on a envie de dire non.
On tolère des situations par politesse, alors qu'elles nous sont désagréables.
On s'empêche de faire certaines choses, en fonction du regard que les autres risquent de porter sur nous.
On s'oblige à faire certaines choses, même si ça ne nous tente pas.

Et là, rendue à cette étape de ma vie, j'ai décidé que c'était assez, et qu'il était temps de prendre un virage. De revenir à ce qui m'est naturel, à moi, et à ce qui me fait du bien au quotidien.

Mon récent billet à propos de l'écriture (qui a connu un franc succès, wow, je n'en reviens pas de voir les statistiques monter) n'était qu'un exemple de ce concept. On m'en a parlé ce weekend, et j'ai senti que chez certaines personnes, ce billet avait suscité une réflexion et, peut-être même, une prise de conscience. Tant mieux.

Maintenant, ceci n'était que la pointe de l'iceberg en ce qui me concerne. Le fait d'avoir rédigé mon dernier billet, et d'avoir vécu l'expérience d'un salon du livre en étant "Isabelle au naturel", m'ont aidée à avancer dans ma réflexion. Je comprends mieux où j'en suis rendue. Et le fait de vous le partager ici m'aide à pousser encore plus loin le processus.

Revenir à ce qui nous est naturel, donc. Laissez-moi vous en dire plus à propos de cette ligne de conduite, qui m'apporte beaucoup de bienfaits au quotidien.

J'ai recommencé à explorer les allées de ma bibliothèque municipale, en gardant l'œil et l'esprit ouverts, et je me permets de vivre de beaux moments de découverte. Un livre me parle? Je le mets dans mon sac. Au pire, si je n'aime pas rendue chez moi, je le laisserai de côté.

Comme je vous le disais dans mon dernier billet, j'écris ce que ça me tente d'écrire. Non seulement ça, mais aussi, j'écris quand ça me tente d'écrire. Quand je sens que ça pousse, que les mots veulent sortir, que ce sera agréable. Je ne force rien, je veux juste que ce soit plaisant.

Aussi, peut-être que certains l'auront remarqué ce weekend (ou pas), mais je ne me maquille plus. Et je n'ai plus de manucure, mes ongles sont courts avec du vernis transparent. Dans les deux cas, c'était pour sauver du temps, et puis à l'usage, je ne trouve pas que ça me manque. Au bout du compte, je ne me sens pas si moche sans ces artifices, la Isa au naturel me plaît bien.

J'ai redécouvert le plaisir de marcher chaque matin sur mon tapis roulant (en regardant Netflix, héhé), à mon rythme, sans pression et uniquement parce que ça me fait du bien. (D'où mon sevrage de maquillage, parce qu'il fallait bien que je récupère du temps quelque part!) Cette pratique me permet de bouger chaque jour, d'avoir moins de bobos et de prendre du temps pour moi. En plus, je remarque que cette marche quotidienne part très bien ma journée : elle me donne de l'énergie et de l'enthousiasme avant d'aller travailler!

Je prends plus de temps pour être avec ma petite famille, c'est redevenu une priorité. Nous menons une vie simple, nous rions et nous écoutons des films, nous mangeons du popcorn et nous nous taquinons.

Au travail, je fais de mon mieux. Je me concentre sur ce que je peux contrôler et j'essaie de livrer un maximum de marchandise. Je prends mon heure de dîner et mes pauses, j'arrive et je termine aux heures prévues. Je ris avec mes collègues, nous avons bien du plaisir au quotidien.

Je me concentre sur le moment présent. Le plaisir du moment. Le bonheur de savourer un bon café. D'ouvrir les persiennes au maximum pour faire rentrer le soleil. D'écouter ronronner mes chats.

Et puis, je prends le temps d'écouter ce que mon corps, ma tête et mon cœur me disent, et aussi ce que mon instinct me souffle (il ne parle jamais assez fort, celui-là). Je me découvre et me redécouvre à chaque jour, à travers les événements de la vie, en observant mieux quels sont mes penchants naturels pour chaque situation.

J'essaie de me concentrer sur l'essentiel, l'agréable, le bien-être au moment présent.

Revenir à ce qui nous est naturel, c'est vivre pour soi, et non pas dans le regard de l'autre. Il n'y a que moi qui sais ce qui est bon pour moi. Il n'y a que vous qui savez ce qui vous fait du bien. On peut s'inspirer mutuellement, mais pas diriger la vie des autres dans la direction qui nous semble la plus pertinente. Cette pertinence, c'est à chacun de la déterminer et de l'appliquer de la façon qui lui convient.

Une fois tout ça établi, et vécu sur une période plus ou moins longue (je me rends compte que certains changements apportés ces derniers mois visaient ce but ultime : comprendre qui je suis, ce que je veux vraiment et revenir à ce qui m'est naturel), je dois dire que je serais incapable de revenir en arrière.

Les points peut-être moins évidents, pour ceux qui me côtoient, sont que je ne me sens plus obligée d'agir contre ma volonté dans le but de plaire aux autres. Je ne me sens plus obligée, non plus, de taire mes convictions ou d'être un caméléon. J'ai horreur du mensonge, de l'hypocrisie et des faux semblants. Je cherche la compagnie de gens vrais, qui vont m'apporter du positif. Le "chialage pour chialer" me rebute au plus haut point. Le négativisme aussi.

Alors, considérant tout ça, il se peut que ça ne plaise pas à tout le monde. Mais pour ceux qui apprécient les personnes vraies, et bien dans leur peau, je pense que la Isa au naturel fera très bien l'affaire.

Quant à mes écrits, encore là, ce qui m'est naturel ne plaira peut-être pas à tout le monde. Chose certaine, ça me plaît à moi, et c'est déjà un bon début!

20 mars 2018

Nouvelles en vrac (et réflexion un peu à contre-courant à propos de l'écriture)

Bonjour à tous!

Je vous fais un petit coucou par ici, le temps de vous donner quelques nouvelles.

Premièrement, je participerai au Salon du livre de Trois-Rivières le 24 et le 25 mars prochain (pour voir mes heures, c'est ici). Alors si vous y allez, j'espère qu'on s'y verra! C'est toujours un plaisir de participer à ce genre d'événement, surtout au kiosque des Six Brumes, où l'on côtoie un maximum de copains.

Je n'ai pas vraiment de nouvelles littéraires en particulier. Ou alors, des choses qui ne sont pas encore assez concrètes pour que je puisse en parler, alors motus et bouche cousue pour l'instant... (Et non, n'espérez pas me tirer les vers du nez, je jure que je ne parlerai pas cette fois! Oui oui, je le jure! Hihihihihi!)

Côté famille, la vie est belle. Pour ceux qui s'intéressent au parcours de Tania (qui en est à sa 4e session de soins infirmiers), elle vit une super belle session de cégep, puisqu'elle voit la pédiatrie et l'obstétrique (elle adore vraiment travailler avec les enfants et les bébés). En ce moment (elle est en stage), elle espère avoir la chance de pouvoir assister à son premier accouchement. C'est tellement fou, de voir son enfant en être rendu à cette étape dans sa vie!!! Ce ne sont pas des études faciles, et j'en profite d'ailleurs pour féliciter toutes les infirmières et les infirmiers qui sont passés par là.

Côté écriture, oui j'écris, mais je ne dis rien de plus à ce sujet. Je suis plate, hein? (Hahaha!) 

Aaaaaah, OK, je vais quand même vous donner quelque chose. Pas à propos de projets en particulier, mais plutôt en lien avec mes réflexions actuelles au sujet de l'écriture. Vous allez voir, c'est un peu à contre-courant de ce qui est véhiculé au sein du milieu littéraire. Et peut-être un peu étrange. Mais bah, à vous de juger (je m'assume très bien là-dedans).

Le courant normal, tel que je le connais, est le suivant : Écrire. Chercher à s'améliorer. Soumettre. Vivre des refus. Être publié. Vivre les salons. Vendre ses livres. (Et quelque part dans tout ça, développer son réseau de contacts, essayer d'avoir plus de projets publiables, espérer faire monter sa cote de popularité auprès du public.) On peut interchanger les étapes, mais ça ressemble toujours un peu à ça.

Depuis mes débuts (il y a quoi, 12 ans?), j'ai suivi ce courant normal, jusqu'à un certain niveau. Mais soudainement, j'ai eu envie de vivre le plaisir littéraire autrement. Après avoir franchi tout plein d'étapes (incluant la rédaction d'Écrire et publier au Québec, qui m'a amenée à un tout autre niveau de réflexion globale à propos de l'écriture), j'ai eu envie de revenir à la base, soit l'écriture en elle-même. Tout simplement.

Voilà le concept : j'ai décidé, ces derniers temps, que mon art (littéraire) devait s'exprimer de façon plus libre, en ayant moins à l'esprit l'idée de publier mes textes. La base de tout ça, c'est que je veux me sentir à l'aise d'écrire certains textes à ma façon, tels qu'ils me conviennent et comme j'ai besoin de les écrire. Sans nécessairement avoir en tête de les montrer. Ni de tenter de les faire publier. Ni que quelqu'un vienne donner son opinion dessus. Ni que ça convienne à certains standards établis.

Alors j'écris. Je finalise. Je mets de côté dans un répertoire qui s'intitule "Réserve". Et puis c'est ça. Pas de soumission pour le moment, juste le plaisir d'écrire. 

Voyez-vous, je sens que je suis rendue à une autre étape de ma vie. J'ai atteint l'âge respectable de 41 ans (bientôt 42, je n'ai pas honte de le dire). Mes enfants sont grands et je récupère du temps pour être avec mon conjoint, profiter de la vie, pouvoir accomplir certains rêves. Après avoir accumulé certains succès (modestes) en matière littéraire, et avec tout ce que j'ai vécu et que je vis encore dans le milieu du travail (incluant de belles réalisations là aussi), je suis arrivée à une étape de vie où je ne ressens plus autant de pression à performer et à accumuler les succès en tous genres. Ça doit être l'âge, ou bien la sagesse qui commence à rentrer. Une certaine sérénité qui s'installe, et une plus grande compréhension de ce que je veux vivre, et des rêves qu'il me reste à accomplir. 

L'un de ces rêves est d'avoir écrit un maximum de mes histoires avant de mourir. C'est fou, hein?

J'ai plusieurs textes qui ont été laissés de côté au fil du temps, et que j'ai envie de finaliser, tout simplement. Pas nécessairement pour que des maisons d'édition les aiment, mais juste pour moi. Pour être allée au bout du processus, pour avoir écrit ces textes et qu'ils soient derrière moi.

Et puis un jour, peut-être que j'aurai envie de les soumettre, et de voir s'ils ont de l'avenir, mais ce n'est pas d'actualité. Je ne veux pas penser à ça, parce que je trouve que ça pervertit mon processus littéraire. Ça me freine, ça m'enlève de la liberté d'expression.

C'est capoté, hein? (Oui, je sais que je suis bizarre!) Bof, pas tant que ça, me semble...

Voyons la chose autrement : D'après vous, est-ce que l'artiste doit considérer son art comme valable uniquement par le biais du regard des autres? Ou autrement dit : Est-ce qu'un texte doit être considéré pertinent juste s'il est publié? Un tableau beau juste s'il est acheté? Une photographie réussie juste si elle gagne un prix?

En ce qui me concerne, après un processus introspectif (qui a englobé toutes sortes de réflexions à propos de toutes sortes de sujets, croyez-moi, vous ne voulez pas être dans ma tête!), j'ai décidé que l'art, peu importe en quoi il consiste, est valable en lui-même. Ne serait-ce que parce qu'il nous permet de nous exprimer, de mieux nous comprendre, d'évoluer. Et pour le reste (appréciation des autres, réussite ou échec, notoriété ou pas), eh bien, c'est un autre sujet à part.

Ouais, je sais que j'ai bien de la chance : je n'attends pas après l'écriture pour me faire vivre (pas du tout), j'ai un emploi qui me satisfait pleinement au quotidien, et je considère avant tout l'écriture comme un exutoire, et un excellent moyen de me vider la tête de toutes ces histoires qui l'encombrent. Alors oui, je sais, je suis déjà bien plus libre que d'autres.

Mais j'avais besoin de plus. De la liberté totale de faire toutes les niaiseries (littéraires) dont j'ai envie. De la liberté totale de ne pas me sentir forcée de plaire à quelqu'un, en étant juste moi-même, en accouchant de mes histoires de la façon qui me semblait la plus naturelle. (Ah, bon sang, c'est jouissif, je vous jure!)

N'allez pas penser que je mets de côté toute ambition de publication (que non!). Je reviendrai certainement, en parallèle, à des projets plus standards et qui viseront la publication. Et puis, qui sait, peut-être que certains textes, dans ma réserve, me feront de l'oeil pour d'éventuelles soumissions?

Pour le moment, le simple plaisir de me permettre de créer en toute liberté, en faisant taire mon juge intérieur, me rend très heureuse. Je vous souhaite de vivre cette expérience, ne serait-ce que pour un texte, sans avoir d'intention de publication derrière la tête. On écrit autrement, davantage avec ses tripes je dirais, et en se laissant plus aller. Et ça, c'est vraiment très satisfaisant!

Allez! Au plaisir de croiser certains d'entre vous à Trois-Rivières! Il y a le Congrès Boréal qui s'en vient aussi, j'ai hâte de voir la programmation!

12 février 2018

Accepter de repartir en neuf

Bonjour à tous!

J'ai eu envie de venir faire un tour par ici, question de vous partager un petit truc d'écriture que j'applique en ce moment même.

(Disons que ça me fait une petite pause entre deux séances de retravail. On procrastine comme on peut, hein?)

Voyez-vous, je suis en train de travailler sur un texte qui m'a beaucoup fait enrager ces derniers temps, mais qui est joyeusement en train de débloquer aujourd'hui. (Youpie!!!)

J'avais vraiment du mal avec ce fameux texte. J'aime beaucoup l'histoire, le premier jet a été écrit et retravaillé (et re-re-re-travaillé), c'est très bien du côté du français et de l'orthographe... Mais ce n'est pas encore ÇA.

Plutôt que de trouver le texte achevé, je le trouve bancal. Il y a de gros problèmes de fond, ça ne marche pas. Par contre, j'ai beau passer et repasser sur le texte, je n'arrive à rien de constructif.

Dans ce genre de situation (on veut garrocher notre ordinateur par la fenêtre et ne plus jamais, jamais écrire de notre vie - OK, j'exagère peut-être, mais juste un peu), j'ai déjà appliqué certaines méthodes :

  • Faire lire le texte par un ou des bêta-lecteurs (question qu'ils me pointent les problèmes)
  • Laisser le texte dormir un peu (question de prendre du recul, et de revenir éventuellement avec un oeil neuf)
  • Travailler sur autre chose pour me changer les idées (ou bien juste me changer les idées tout court avec Netflix, un bon livre, du magasinage, un jeu vidéo ou toute autre source de procrastination - même les tâches ménagères étant une excellente alternative)
  • Abandonner le texte et me dire qu'il n'a pas de potentiel (ce qui n'est absolument pas une méthode ou une solution adéquate, j'en conviens, mais bon...)
Par contre, à présent, j'applique une méthode que je trouve très constructive, soit celle du "Allez, repartons donc en neuf". 

Ce n'est pas sorcier, en fait. En gros, je me crée un nouveau fichier, et je repars de zéro (bon, pas de zéro, mais dans mon imagination c'est un peu ça). L'objectif est de laisser de côté mes idées préconçues. De rebâtir le texte en entier, morceau par morceau. 

Je ne sais pas si vous avez essayé cette méthode (bah sûrement, mais j'aime partager ce genre d'astuce, ça finit toujours par trouver preneur). Personnellement, je trouve vraiment difficile d'accepter d'en arriver là. Avant, j'essaie souvent les méthodes citées plus haut. Et je rame. J'enrage. Je désespère.

Ce qui est drôle, c'est que dès que je me décide à appliquer le "Repartons donc en neuf", tout s'illumine... et je me rends compte que le travail à accomplir n'était pas si énorme! (et je me traite de tous les noms d'avoir tant hésité avant d'accepter cette avenue!)

En toute logique, plein de bouts du texte fonctionnent déjà. Il suffit de les recopier et de les modifier un peu si nécessaire. Pour le reste, on laisse de côté ce qui ne fonctionne pas, et on écrit de nouveaux passages qui se rattacheront mieux avec le reste.

C'est vraiment une question de lâcher prise, d'y aller par étapes... et d'accepter de sabrer dans les mots qui ne fonctionnent pas (ce ne sont que des mots, on ne tue personne au bout du compte). Et surtout, d'ouvrir son esprit à une vision nouvelle.

En repartant l'aventure avec un nouveau fichier, je me sens plus libre d'explorer. Oh, je conserve toutes mes autres version, alors rien n'est perdu.

C'est vraiment psychologique, au fond. En repartant en neuf, à part du projet existant, je peux me dire que je ne fais que m'amuser. Que j'essaie des avenues, et que si ça ne fonctionne pas, ce n'est pas grave.

Statistiquement parlant, je dirais que cette méthode m'a permis d'atteindre mes objectifs dans 100 % des cas. Ce qui devrait, logiquement, faciliter mon acceptation à l'appliquer plus rapidement. Ah ben non, on dirait que j'aime me donner de la misère... Enfin, on ne se refait pas, hein?

Allez, je retourne à mon texte! Parce que c'est bien beau procrastiner, mais ce texte-là ne se réécrira pas tout seul!