23 août 2018

Les refus : ce qu'il faut en comprendre

Bonjour à tous!

J'espère que vous passez un bel été. Par ici en tout cas il fait beau, on profite de la piscine et on prend des couleurs! (Sérieusement, je crois bien n'avoir jamais été aussi bronzée depuis mon enfance!)

Tout récemment, j'ai reçu un refus pour une nouvelle et ça m'a fait penser au fait que je voulais écrire un billet à ce sujet (hé, j'étais en train de l'oublier!). L'occasion est parfaite pour vous parler des refus et de ma façon de les percevoir à ce moment-ci de ma vie.

Je SAIS que les refus sont difficiles à vivre. Croyez-moi, j'en ai reçu plusieurs (dont certains très justifiés).

Hein, quoi, vous êtes surpris de ne pas en avoir entendu parler en long et en large sur mon blogue ou ailleurs? (Ou peut-être pas, surtout si vous êtes un auteur et que vous vous êtes ramassé des refus en pleine gueule à certains moments de votre cheminement).

Chose certaine, je ne vis plus du tout les refus de la même manière qu'avant. À mes débuts, et durant un peu trop longtemps à mon goût, je me suis remise en question à chaque refus. Je n'étais pas bonne, mon écriture ne valait rien, mes publications passées n'étaient que des coups de chance... Vous voyez le topo?

Que voulez-vous, le doute semble devoir faire partie de la vie de l'artiste. Je serais drôlement plus inquiète si je ne doutais jamais de moi!

Mais à présent, je comprends mieux le milieu de l'édition et je suis plus à même de me mettre dans la peau de l'éditeur. Ça a drôlement changé ma vision des choses.

Quand on reçoit un refus de la part d'un éditeur, ça signifie surtout qu'il (et/ou son comité de lecture, parfois plusieurs personnes sont impliquées dans le processus) ne souhaite pas publier notre texte. Les raisons peuvent être multiples :
  • Il ne juge pas notre texte suffisamment achevé
  • Il a reçu plein d'autres textes sur le même thème
  • Il n'aime pas notre texte et/ou la manière dont on a traité le sujet
  • Il a des biais personnels par rapport à certains éléments de notre texte (tel élément l'énerve ou le heurte dans ses valeurs, ça lui fait penser à tel livre qu'il a déjà lu, etc.)
  • Il avait plusieurs textes devant lui et il a dû faire un choix
  • Notre texte pourrait être intéressant, mais pas pour sa maison/revue (respect des attentes de ses lecteurs, cohérence globale avec le reste de leurs publications, etc.)
  • Nos idées lui paraissent naïves et/ou peu originales
Il y a sûrement plein d'autres raisons possibles (dont certaines qui ne nous seront peut-être jamais avouées), mais ce n'est pas si important. Ce qui est important, c'est que l'éditeur ne souhaite pas embarquer dans l'aventure de la publication de ce texte.

Et vous savez quoi? Il a tout à fait le droit de prendre une telle décision!

Je trouve qu'il y a un parallèle intéressant à faire avec la vie en général. Après tout, c'est pas mal la même dynamique qu'on retrouve avec l'amitié, l'amour, le travail, les projets. Tout ce qui implique deux parties distinctes nécessite en général un accord commun. Et à la minute où l'autre partie ne souhaite pas s'embarquer dans l'aventure, ça se termine là et puis c'est tout. On se réajuste, on part d'un autre bord et on fait d'autres plans.

On peut s'interroger longtemps sur le comment du pourquoi, voire même se complaire dans l'apitoiement et la colère, mais ça ne donne pas grand chose au bout du compte. Hé, la vie est trop courte!

Nous-mêmes, nous refusons parfois de nous embarquer dans certaines aventures. Il se peut que nous causions quelques déceptions à d'autres personnes, mais nous avons nos propres choix à faire et il est tout à fait légitime de nous respecter dans nos décisions.

Alors voici comment je gère les refus à l'heure actuelle : AVEC UN GROS GRAIN DE SEL.
  • Je ne pense pas que je suis une mauvaise personne ou une mauvaise auteure.
  • Je ne suis pas en colère contre les personnes qui ont pris la décision de refuser mon texte.
  • Je ne cherche pas des poux dans le courriel de réponse de la maison d'édition.
  • Bref, je ne prends pas ce refus personnellement et je passe assez vite à autre chose.
Ce que je fais surtout, c'est de prendre le temps de remercier les gens pour m'avoir répondu. Parce que oui, c'est bien triste, mais certaines maisons d'édition ne donneront jamais de verdict pour des textes que nous leur aurons envoyés. Alors, je remercie systématiquement tous ceux qui me donnent des accusés de réception et des réponses à mes envois. Bravo à ceux-là, qui savent respecter le temps, l'amour et les efforts que nous avons mis dans nos textes!

Ensuite, je me laisse un peu de temps. Je mets le texte dans ma réserve et j'y reviens éventuellement, pour me demander ce que je pourrais en faire. Je relis les commentaires reçus lors du refus (s'il y en a, ça aussi je les apprécie à leur juste valeur) et je décide si je souhaite en tenir compte ou non. Je vois si je peux améliorer le texte. Je regarde quelles pourraient êtres les autres cibles potentielles. Si j'en trouve une, j'envoie mon texte (et puis sinon il continue de faire dodo dans ma réserve).

Ce qui est certain, c'est que la vie continue.

Un texte refusé, ce n'est pas si grave au fond. Je n'arrêterai pas de sitôt d'écrire des histoires (mon cerveau deviendrait ingéraaaaaable!). Les refus font partie du processus. Et bien souvent, ils nous apprennent des leçons (texte soumis trop vite, mauvais ciblage, concept pas assez développé, etc.).

Pour terminer, je me permets de livrer ici un petit message amical à certains de mes amis qui n'ont pas encore réussi à trouver preneur pour leurs textes :

N'abandonnez pas. Gardez espoir! Si vous aimez écrire et que vous écrivez pour les bonnes raisons (vous épanouir, répondre à un besoin de réalisation personnelle, etc.), je vous encourage à persévérer.

Essayez de comprendre ce qui ne fonctionne pas. Travaillez à vous améliorer. Et puis, envisagez d'autres cibles. Si ça ne marche pas avec les maisons d'édition que vous connaissez, faites des recherches, trouvez-en d'autres!

Et partez à la chasse aux appels à textes, faites des tentatives, on ne sait jamais! Voici d'ailleurs quelques liens intéressants, vous y trouverez peut-être une cible pour l'un des textes qui dorment dans vos tiroirs :

http://appels-a-textes.fr/
https://www.facebook.com/AppelsATextes
http://www.epopees.fictives.fr/

Bonne chance à tous avec vos textes! (Naaaaannn, je n'ai aucun problème avec la concurrence, hihihihihi!) Et bonne fin d'été!

2 commentaires:

Claude Lamarche a dit…

Ça fait du bien de lire ce billet. Nous sommes trop peu à écrire sur ce sujet sensible.
J'ai eu plusieurs refus et je crois bien que je m'en relevais assez bien. Sauf pour le dernier.
C'est vrai que c'est comme dans la vie, comme un amour non partagé.
Trouver le bon éditeur qui t'accepte comme tu es, sans vouloir te changer, là est le problème, là est la solution.

Je te, je me le souhaite.


Isabelle Lauzon a dit…

A Claude : Oui, je vois très peu de gens en parler. C'est un sujet tabou (et sensible?), je pense. Mais ça vaut la peine d'en parler, ne serait-ce que pour montrer aux autres qu'ils ne sont pas les seuls à vivre ça! :)

Là, tu me titilles sur un autre point. *Trouver le bon éditeur qui t'accepte comme tu es, sans vouloir te changer, là est le problème, là est la solution.* Je ne sais pas si c'est possible, mais je nous le souhaite! :)