20 mars 2018

Nouvelles en vrac (et réflexion un peu à contre-courant à propos de l'écriture)

Bonjour à tous!

Je vous fais un petit coucou par ici, le temps de vous donner quelques nouvelles.

Premièrement, je participerai au Salon du livre de Trois-Rivières le 24 et le 25 mars prochain (pour voir mes heures, c'est ici). Alors si vous y allez, j'espère qu'on s'y verra! C'est toujours un plaisir de participer à ce genre d'événement, surtout au kiosque des Six Brumes, où l'on côtoie un maximum de copains.

Je n'ai pas vraiment de nouvelles littéraires en particulier. Ou alors, des choses qui ne sont pas encore assez concrètes pour que je puisse en parler, alors motus et bouche cousue pour l'instant... (Et non, n'espérez pas me tirer les vers du nez, je jure que je ne parlerai pas cette fois! Oui oui, je le jure! Hihihihihi!)

Côté famille, la vie est belle. Pour ceux qui s'intéressent au parcours de Tania (qui en est à sa 4e session de soins infirmiers), elle vit une super belle session de cégep, puisqu'elle voit la pédiatrie et l'obstétrique (elle adore vraiment travailler avec les enfants et les bébés). En ce moment (elle est en stage), elle espère avoir la chance de pouvoir assister à son premier accouchement. C'est tellement fou, de voir son enfant en être rendu à cette étape dans sa vie!!! Ce ne sont pas des études faciles, et j'en profite d'ailleurs pour féliciter toutes les infirmières et les infirmiers qui sont passés par là.

Côté écriture, oui j'écris, mais je ne dis rien de plus à ce sujet. Je suis plate, hein? (Hahaha!) 

Aaaaaah, OK, je vais quand même vous donner quelque chose. Pas à propos de projets en particulier, mais plutôt en lien avec mes réflexions actuelles au sujet de l'écriture. Vous allez voir, c'est un peu à contre-courant de ce qui est véhiculé au sein du milieu littéraire. Et peut-être un peu étrange. Mais bah, à vous de juger (je m'assume très bien là-dedans).

Le courant normal, tel que je le connais, est le suivant : Écrire. Chercher à s'améliorer. Soumettre. Vivre des refus. Être publié. Vivre les salons. Vendre ses livres. (Et quelque part dans tout ça, développer son réseau de contacts, essayer d'avoir plus de projets publiables, espérer faire monter sa cote de popularité auprès du public.) On peut interchanger les étapes, mais ça ressemble toujours un peu à ça.

Depuis mes débuts (il y a quoi, 12 ans?), j'ai suivi ce courant normal, jusqu'à un certain niveau. Mais soudainement, j'ai eu envie de vivre le plaisir littéraire autrement. Après avoir franchi tout plein d'étapes (incluant la rédaction d'Écrire et publier au Québec, qui m'a amenée à un tout autre niveau de réflexion globale à propos de l'écriture), j'ai eu envie de revenir à la base, soit l'écriture en elle-même. Tout simplement.

Voilà le concept : j'ai décidé, ces derniers temps, que mon art (littéraire) devait s'exprimer de façon plus libre, en ayant moins à l'esprit l'idée de publier mes textes. La base de tout ça, c'est que je veux me sentir à l'aise d'écrire certains textes à ma façon, tels qu'ils me conviennent et comme j'ai besoin de les écrire. Sans nécessairement avoir en tête de les montrer. Ni de tenter de les faire publier. Ni que quelqu'un vienne donner son opinion dessus. Ni que ça convienne à certains standards établis.

Alors j'écris. Je finalise. Je mets de côté dans un répertoire qui s'intitule "Réserve". Et puis c'est ça. Pas de soumission pour le moment, juste le plaisir d'écrire. 

Voyez-vous, je sens que je suis rendue à une autre étape de ma vie. J'ai atteint l'âge respectable de 41 ans (bientôt 42, je n'ai pas honte de le dire). Mes enfants sont grands et je récupère du temps pour être avec mon conjoint, profiter de la vie, pouvoir accomplir certains rêves. Après avoir accumulé certains succès (modestes) en matière littéraire, et avec tout ce que j'ai vécu et que je vis encore dans le milieu du travail (incluant de belles réalisations là aussi), je suis arrivée à une étape de vie où je ne ressens plus autant de pression à performer et à accumuler les succès en tous genres. Ça doit être l'âge, ou bien la sagesse qui commence à rentrer. Une certaine sérénité qui s'installe, et une plus grande compréhension de ce que je veux vivre, et des rêves qu'il me reste à accomplir. 

L'un de ces rêves est d'avoir écrit un maximum de mes histoires avant de mourir. C'est fou, hein?

J'ai plusieurs textes qui ont été laissés de côté au fil du temps, et que j'ai envie de finaliser, tout simplement. Pas nécessairement pour que des maisons d'édition les aiment, mais juste pour moi. Pour être allée au bout du processus, pour avoir écrit ces textes et qu'ils soient derrière moi.

Et puis un jour, peut-être que j'aurai envie de les soumettre, et de voir s'ils ont de l'avenir, mais ce n'est pas d'actualité. Je ne veux pas penser à ça, parce que je trouve que ça pervertit mon processus littéraire. Ça me freine, ça m'enlève de la liberté d'expression.

C'est capoté, hein? (Oui, je sais que je suis bizarre!) Bof, pas tant que ça, me semble...

Voyons la chose autrement : D'après vous, est-ce que l'artiste doit considérer son art comme valable uniquement par le biais du regard des autres? Ou autrement dit : Est-ce qu'un texte doit être considéré pertinent juste s'il est publié? Un tableau beau juste s'il est acheté? Une photographie réussie juste si elle gagne un prix?

En ce qui me concerne, après un processus introspectif (qui a englobé toutes sortes de réflexions à propos de toutes sortes de sujets, croyez-moi, vous ne voulez pas être dans ma tête!), j'ai décidé que l'art, peu importe en quoi il consiste, est valable en lui-même. Ne serait-ce que parce qu'il nous permet de nous exprimer, de mieux nous comprendre, d'évoluer. Et pour le reste (appréciation des autres, réussite ou échec, notoriété ou pas), eh bien, c'est un autre sujet à part.

Ouais, je sais que j'ai bien de la chance : je n'attends pas après l'écriture pour me faire vivre (pas du tout), j'ai un emploi qui me satisfait pleinement au quotidien, et je considère avant tout l'écriture comme un exutoire, et un excellent moyen de me vider la tête de toutes ces histoires qui l'encombrent. Alors oui, je sais, je suis déjà bien plus libre que d'autres.

Mais j'avais besoin de plus. De la liberté totale de faire toutes les niaiseries (littéraires) dont j'ai envie. De la liberté totale de ne pas me sentir forcée de plaire à quelqu'un, en étant juste moi-même, en accouchant de mes histoires de la façon qui me semblait la plus naturelle. (Ah, bon sang, c'est jouissif, je vous jure!)

N'allez pas penser que je mets de côté toute ambition de publication (que non!). Je reviendrai certainement, en parallèle, à des projets plus standards et qui viseront la publication. Et puis, qui sait, peut-être que certains textes, dans ma réserve, me feront de l'oeil pour d'éventuelles soumissions?

Pour le moment, le simple plaisir de me permettre de créer en toute liberté, en faisant taire mon juge intérieur, me rend très heureuse. Je vous souhaite de vivre cette expérience, ne serait-ce que pour un texte, sans avoir d'intention de publication derrière la tête. On écrit autrement, davantage avec ses tripes je dirais, et en se laissant plus aller. Et ça, c'est vraiment très satisfaisant!

Allez! Au plaisir de croiser certains d'entre vous à Trois-Rivières! Il y a le Congrès Boréal qui s'en vient aussi, j'ai hâte de voir la programmation!

4 commentaires:

Frederic Raymond a dit…

C'est cool comme vision. Il y a tellement de façon de faire les choses, qu'on oublie parfois de choisir celle qui nous convient le mieux. C'est vrai autant en écriture qu'en n'importe quoi d'autre. J'espère que tu vas nous tenir au courant de ta démarche! Je suis curieux de voir comment elle va évoluer.

Gen a dit…

Si je peux me permettre, l'idéal ne serait-il pas de concilier les deux approches? Écrire le premier jet avec ses tripes, sans penser à la suite, puis retravailler en vue de soumission et publication.

C'est en tout cas ce que j'essaie de faire (sauf en cas de commandes). Je ne verrais pas comment faire autrement. Me semble que je ne serais justement pas libre d'explorer...

Claude Lamarche a dit…

Tous les courants sont possibles en art. Il n'y a pas de droit chemin, il n'y a que celui qu'on prend.
Pendant que j'écris, je ne pense pas à la publication ni au lecteur ni au style. J'écoute ce que mon auteure intérieure me dicte. Je cours derrière les personnages en essayant d"écrire ce qu'ils me racontent.
Allez bonne route.

Isabelle Lauzon a dit…

À Frédéric : Merci, moi aussi j'ai hâte de voir ce qu'il va en ressortir! (Bien sûr, je vous tiendrai au courant!) :)

À Gen : J'ai déjà essayé ça, plusieurs fois, mais mon processus actuel va plus loin. Vois-tu, j'ai remarqué que je m'empêchais souvent d'écrire certains textes, parce que je doutais de leur potentiel de publication. Je me disais "Bof, pourquoi écrire ça, mieux vaut me concentrer sur ce qui a plus de potentiel!" Sauf que là, ça ne me suffit plus. Il y a certaines histoires qui ont besoin d'être écrites, pour mon processus intérieur, et ce n'est même plus une question de publication ou non. Même si je sais pertinemment que certains de ces textes n'en ont probablement pas, de potentiel, je veux les écrire quand même.

L'autre point, c'est que je n'écris définitivement pas de la même façon en sachant que je serai lue. Si j'écris pour moi, ça sort d'une manière, et si j'écris en vue de le montrer à d'autres, je tends à écrire autrement.

Alors là, c'est vraiment une question de me recentrer dans ma pratique, de redécouvrir qui je suis et ce qui me vient naturellement, quand j'écris uniquement pour le plaisir et pour moi. Pour la suite des choses, je me doute que certains textes ressortiront du lot, et pour ceux-là le processus ira sûrement plus loin. Mais sinon, au moins j'aurai des textes achevés (et retravaillés, car oui, je les retravaille quand même actuellement!), et non pas juste des résumés, ou des portions de textes non achevés. Je veux aller au bout des choses, et ma méthode actuelle me convient très bien à ce moment-ci! :)

À Claude : Je t'envie! Peut-être que j'ai trop fait d'ateliers, ou que je suis trop du genre à me questionner à la base, parce que j'ai du mal à tout mettre de côté pour me laisser aller à écrire en toute liberté. Je pense à tout plein d'aspects et ça finit par me ralentir ou me bloquer. Là, j'ai l'impression d'avoir trouvé un moyen pour être capable de me laisser vraiment aller à mon naturel. J'ai hâte de voir ce que tout ça va donner! :)