26 mars 2018

Ce qui nous est naturel

Ce weekend, au Salon du livre de Trois-Rivières, je me suis surprise à mentionner, au passage, ma vision actuelle à propos de "ce qui nous est naturel".

Et tiens, je me suis dit que ce serait bien de vous livrer ça ici. Parce que ce n'est pas au détour d'une petite conversation qu'on arrive à expliquer tout ça!

Voyez-vous, dans ma récente réflexion globale à propos de toutes sortes d'aspects, je me suis rendu compte que dans la vie, on se force trop souvent à agir de façon contraire à ce qui nous est naturel.

On dit oui quand on a envie de dire non.
On tolère des situations par politesse, alors qu'elles nous sont désagréables.
On s'empêche de faire certaines choses, en fonction du regard que les autres risquent de porter sur nous.
On s'oblige à faire certaines choses, même si ça ne nous tente pas.

Et là, rendue à cette étape de ma vie, j'ai décidé que c'était assez, et qu'il était temps de prendre un virage. De revenir à ce qui m'est naturel, à moi, et à ce qui me fait du bien au quotidien.

Mon récent billet à propos de l'écriture (qui a connu un franc succès, wow, je n'en reviens pas de voir les statistiques monter) n'était qu'un exemple de ce concept. On m'en a parlé ce weekend, et j'ai senti que chez certaines personnes, ce billet avait suscité une réflexion et, peut-être même, une prise de conscience. Tant mieux.

Maintenant, ceci n'était que la pointe de l'iceberg en ce qui me concerne. Le fait d'avoir rédigé mon dernier billet, et d'avoir vécu l'expérience d'un salon du livre en étant "Isabelle au naturel", m'ont aidée à avancer dans ma réflexion. Je comprends mieux où j'en suis rendue. Et le fait de vous le partager ici m'aide à pousser encore plus loin le processus.

Revenir à ce qui nous est naturel, donc. Laissez-moi vous en dire plus à propos de cette ligne de conduite, qui m'apporte beaucoup de bienfaits au quotidien.

J'ai recommencé à explorer les allées de ma bibliothèque municipale, en gardant l'œil et l'esprit ouverts, et je me permets de vivre de beaux moments de découverte. Un livre me parle? Je le mets dans mon sac. Au pire, si je n'aime pas rendue chez moi, je le laisserai de côté.

Comme je vous le disais dans mon dernier billet, j'écris ce que ça me tente d'écrire. Non seulement ça, mais aussi, j'écris quand ça me tente d'écrire. Quand je sens que ça pousse, que les mots veulent sortir, que ce sera agréable. Je ne force rien, je veux juste que ce soit plaisant.

Aussi, peut-être que certains l'auront remarqué ce weekend (ou pas), mais je ne me maquille plus. Et je n'ai plus de manucure, mes ongles sont courts avec du vernis transparent. Dans les deux cas, c'était pour sauver du temps, et puis à l'usage, je ne trouve pas que ça me manque. Au bout du compte, je ne me sens pas si moche sans ces artifices, la Isa au naturel me plaît bien.

J'ai redécouvert le plaisir de marcher chaque matin sur mon tapis roulant (en regardant Netflix, héhé), à mon rythme, sans pression et uniquement parce que ça me fait du bien. (D'où mon sevrage de maquillage, parce qu'il fallait bien que je récupère du temps quelque part!) Cette pratique me permet de bouger chaque jour, d'avoir moins de bobos et de prendre du temps pour moi. En plus, je remarque que cette marche quotidienne part très bien ma journée : elle me donne de l'énergie et de l'enthousiasme avant d'aller travailler!

Je prends plus de temps pour être avec ma petite famille, c'est redevenu une priorité. Nous menons une vie simple, nous rions et nous écoutons des films, nous mangeons du popcorn et nous nous taquinons.

Au travail, je fais de mon mieux. Je me concentre sur ce que je peux contrôler et j'essaie de livrer un maximum de marchandise. Je prends mon heure de dîner et mes pauses, j'arrive et je termine aux heures prévues. Je ris avec mes collègues, nous avons bien du plaisir au quotidien.

Je me concentre sur le moment présent. Le plaisir du moment. Le bonheur de savourer un bon café. D'ouvrir les persiennes au maximum pour faire rentrer le soleil. D'écouter ronronner mes chats.

Et puis, je prends le temps d'écouter ce que mon corps, ma tête et mon cœur me disent, et aussi ce que mon instinct me souffle (il ne parle jamais assez fort, celui-là). Je me découvre et me redécouvre à chaque jour, à travers les événements de la vie, en observant mieux quels sont mes penchants naturels pour chaque situation.

J'essaie de me concentrer sur l'essentiel, l'agréable, le bien-être au moment présent.

Revenir à ce qui nous est naturel, c'est vivre pour soi, et non pas dans le regard de l'autre. Il n'y a que moi qui sais ce qui est bon pour moi. Il n'y a que vous qui savez ce qui vous fait du bien. On peut s'inspirer mutuellement, mais pas diriger la vie des autres dans la direction qui nous semble la plus pertinente. Cette pertinence, c'est à chacun de la déterminer et de l'appliquer de la façon qui lui convient.

Une fois tout ça établi, et vécu sur une période plus ou moins longue (je me rends compte que certains changements apportés ces derniers mois visaient ce but ultime : comprendre qui je suis, ce que je veux vraiment et revenir à ce qui m'est naturel), je dois dire que je serais incapable de revenir en arrière.

Les points peut-être moins évidents, pour ceux qui me côtoient, sont que je ne me sens plus obligée d'agir contre ma volonté dans le but de plaire aux autres. Je ne me sens plus obligée, non plus, de taire mes convictions ou d'être un caméléon. J'ai horreur du mensonge, de l'hypocrisie et des faux semblants. Je cherche la compagnie de gens vrais, qui vont m'apporter du positif. Le "chialage pour chialer" me rebute au plus haut point. Le négativisme aussi.

Alors, considérant tout ça, il se peut que ça ne plaise pas à tout le monde. Mais pour ceux qui apprécient les personnes vraies, et bien dans leur peau, je pense que la Isa au naturel fera très bien l'affaire.

Quant à mes écrits, encore là, ce qui m'est naturel ne plaira peut-être pas à tout le monde. Chose certaine, ça me plaît à moi, et c'est déjà un bon début!

6 commentaires:

Elisabeth a dit…

Je l'ai pensé en lisant ton dernier billet, je le confirme en lisant celui-ci : résultats de crise de quarantaine... C'est "drôle" de lire en direct ce sur quoi on a travaillé pendant deux ans pour un roman. Et ça rejoint tout ce que j'ai lu sur le sujet. Pis tsé, comme j'en ai fais une aussi... ;) Faudra qu'on en jase un jour. xxx

Isabelle Lauzon a dit…

À Elisabeth: Hein? T'es en train de me dire que je ne suis pas originale pantoute, et que plein de femmes vivent ça aussi? (LOLOL, je blague, hein) Bien sûr, dès que l'occasion se présente, on en jase! ;)

Déjà au départ, je serais très intéressée par des références de bouquins sur le sujet, ça m'aiderait à me comprendre moi-même (ce qui est parfois un défi de tous les instants!). ;)

Gen a dit…

@Isa : Je confirme que ta nouvelle attitude (et ton absence d'artifices... quoique j'ai pas remarqué les ongles! hihihihihi faut pas trop m'en demander ;) te vont très bien.

Et j'ai autant de fun à être en désaccord avec toi qu'à être d'accord! :p

J'ai souvent l'impression que la mort précoce de ma mère m'a poussée très rapidement à avoir une attitude de type "je fais ce qui me tente et les autres peuvent aller voir ailleurs si ça leur plaît pas", alors c'est le fun de voir qu'on se rejoint maintenant totalement là-dessus.

(Même si c'est drôle : après avoir refusé de me maquiller par principe pendant des années, maintenant que j'ai découvert les hydratants teintés, je me permets de tricher un peu en salon, parce que ça me tente de cacher mes cernes de maman pis de me faire accroire que je suis encore une écrivaine de la relève! hihihihihi!)

Isabelle Lauzon a dit…

À Gen : Hahaha! Parfait alors, on se fera de petites joutes verbales de temps en temps! ;)


Je crois qu'on a tous des moments dans notre vie qui déclenchent des prises de conscience. À date, les miennes ont toujours été pour le mieux, alors j'y suis de moins en moins réfractaire! :)

Celine Jodoin a dit…

À Isa: Je salue ton courage d'avoir effectué des changements...pour toi.
J'en ai effectué plusieurs à la quarantaine et je te laisse deviner qu'à la cinquantaine c'est encore mieux. D'ailleurs je continue de me donner le droit de faire des choses et des activités pour me faire plaisir à moi et non d'agir en me demandant sans cesse ce que les autres pourraient en penser.
Il en est de même pour l'écriture. J'ai connu une période assez nulle, mais je recommence lentement à écrire ce que moi j'en envie d'écrire.
Tu te donnes le droit de faire ce que tu veux pour te sentir bien et c'est ça qui compte.
Si tous ces changements te font du bien : GO!

Isabelle Lauzon a dit…

À Céline : (Désolée pour le délai!) On m'a dit ça, que la cinquantaine est encore plus merveilleuse... J'ai quasiment hâte! ;) Merci pour tes encouragements! :)