22 novembre 2016

Parlons un peu des autres

Ne soyez pas surpris : j'ai instauré, dans mon dernier billet, un nouveau libellé, qui s'intitule "Parlons un peu des autres".

Le tout est une conséquence de mon écœurement actuel face à tout ce qui touche l'autopromotion exagérée, insistante et polluante sur le net.

Je sais, nous parlons tous de nos choses, je n'ai aucun problème avec ça. On est fiers, on veut que les gens sachent ce qui se passe de beau pour nous, et on a bien le droit. Et puis, les copains aiment avoir de nos nouvelles, c'est correct de partager.

Mais quand ça devient du matraquage intensif, et quand le but des gens pour s'inscrire à des groupes de discussion ou à nous inviter à devenir leur ami Facebook est manifestement de pouvoir par la suite nous abreuver sans restriction de leurs réalisations, des critiques (positives évidemment) faites sur leurs œuvres, etc. etc., à la longue, il y en a marre. Surtout quand on sent qu'ils n'ont AUCUN intérêt pour ce que font les autres.

Vous ne me voyez pas souvent me fâcher, n'est-ce pas? Il est vrai que je préfère, et de loin, demeurer dans le positif. Toutefois, j'ai pu faire certains constats dernièrement :

- Les plus grands de ce monde ne se vantent pas et parlent peu de leurs réalisations (ils sont généralement très discrets).
- Les grandes gueules notoires qui se vantent sans arrêt ont généralement moins de talent (ou alors, soyons généreux, ils n'en ont pas autant que le laissent présager leurs vantardises).

Désolée, je sais que je suis dure, mais c'est mon opinion. On pourra toujours s'en jaser si vous n'êtes pas d'accord.

Il y a un certain temps, j'ai pris certaines mesures pour diminuer au maximum mon autopromotion. C'était une première étape.

La deuxième étape, ça a été de commencer à collaborer avec la République du Centaure. Pour parler du milieu, de ce que font les autres (vous remarquerez que je ne parle pas de mes choses là-bas, c'est un critère de base pour Alain Ducharme et moi : aucune autopromotion sur la République, et c'est non négociable!).

Maintenant, j'instaure le libellé "Parlons un peu des autres". Vous pouvez vous attendre à ce que, de temps en temps, je vous parle de coups de cœur ou des réalisations de gens que j'ai rencontrés ou que je connais, et que je veux vous faire connaître à vous aussi.

Jusqu'où ira mon écœurantisme de l'autopromotion abusive? Je l'ignore. Nous vivons dans une société où les gens sont de plus en plus centrés sur eux-mêmes. Plutôt que de chialer à propos de cet état de fait, j'ai décidé de faire ma petite part.

Je vous invite à en faire de même, si le cœur vous en dit!

5 commentaires:

Dominic Bellavance a dit…

J'avoue qu'à une certaine époque, j'ai dû en gosser plus d'un. Depuis, je me suis un peu calmé le pompom.

Le fait est que je n'ai jamais acheté un livre parce qu'un auteur a clamé sur Facebook qu'il fallait "acheter son livre". Et personne ne va jamais sortir son portefeuille en lisant un tel appel. Ça ne sert, effectivement, qu'à énerver les gens.

C'est du vide. Du bruit.

Pour ma part, j'ai choisi d'éliminer ces appels de mes communications, sauf durant les journées entourant mes dates de lancement (parce que, t'sais, c'est quand même important que le monde le sache quand tu sors quelque chose de nouveau).

Autrement, il m'arrive de mentionner mes livres ici et là, mais lorsque ça arrive, je m'oblige à toujours associer mes titres à du contenu qui se veut intéressant, entre autres en parlant de techniques d'écriture, de mes inspirations ou de n'importe quoi d'autre, question d'éviter de dériver vers le bruit et le vide. Bref, il faut que l'essentiel du message soit un article que les gens voudront lire pour de vrai.

Pour les coups de coeur, c'est une bonne idée. J'en partage pas mal sur Goodreads, mais je n'ai pas encore cru nécessaire de recopier ce matériel sur mes autres réseaux (à part via le partage automatique sur Facebook). C'est à considérer...

Cela dit, je crois quand même que la plupart des auteurs n'abusent pas de l'autopromotion. Plusieurs écrivains m'ont aussi avoué en avoir marre de ça, et bizarrement, ces mêmes personnes étaient coupables de partager quelques bonnes critiques une fois de temps en temps sur Facebook ou Twitter.

En fait, peut-être que la plupart des gens n'abusent pas du système, mais comme on "follow" naturellement beaucoup d'auteurs, on se retrouve quand même noyés dans ce genre de messages vides. Comme si chaque petit commentaire venait s'ajouter dans notre piscine d'écoeurement.

En tout cas, voilà ce que j'en pensais. Intéressant billet.

#commentaireTropLong

Gen a dit…

J'applaudis!

Avec ce qui m'est arrivé dernièrement, j'ai fait beaucoup d'auto-promo et je me suis sentie super mal à l'aise d'imposer ce matraquage...

Mais on (je dirai qui en privé) m'a reproché de ne pas en avoir fait assez! O.o

Euh... Désolée, j'aime mieux partager des anecdotes, des réflexions et des coups de coeur que la liste de mes publications!

Claude Lamarche a dit…

En ces temps où la visibilité accordée aux livres et/ou auteurs se limite à ceux et celles que tu nommes "grands", ou qui publient chez des éditeurs qui ont les moyens de faire imprimer des affiches de six pieds de haut, c'est assez difficile de savoir où est la frontière entre le trop ou pas assez.
Il y a ceux qui s'effacent et ceux qui jouent le jeu. Entre les deux, la majorité silencieuse.
Mais qui donc, de tous ceux-là, connaissent le métier de promoteur?

Prospéryne a dit…

Je me pose souvent la question de ce que je fera si je publiais un livre. C'est très sensible comme question: on veut parler de son oeuvre et la faire connaître, mais j'ai pas le goût de me retrouver dans la position de la fatiguante qui écoeure le peuple avec son livre... Beaucoup de doigté et je dirais aussi d'originalité sont nécessaire pour faire de l'autopromotion et ce n'est pas donné à tout le monde malheureusement.

Isabelle Lauzon a dit…

Merci à tous pour vos commentaires. Je vois que le sujet a intéressé pas mal de monde (mes statistiques explosent en ce moment pour ce billet!).

Je précise que personne, parmi vous, ne m'a énervée avec de l'autopromotion par le passé. Comme je le disais, c'est correct qu'on parle de nos choses, il le faut bien si on veut informer les gens, mais il y a des manières de le faire correctement. Ce que la grande majorité des gens que je connais ont compris. Mais il y a d'autres personnes pour qui ce n'est pas le cas...

La méthode qui m'énerve le plus, c'est quand les gens (habituellement des inconnus) demandent à intégrer un groupe (Facebook) existant (généralement composé de passionnés et de personnes ayant les mêmes intérêts). De façon gentille et inclusive, on accepte ces gens. Puis, rapidement, ils commencent à nous matraquer avec leurs publicités invasives. Ils ne s'intéressent pas du tout au groupe en question, ni aux gens qui le composent et aux discussions; ils se contentent de polluer cet espace. Ce que je constate, et que je trouve hyper triste, c'est que les passionnés d'avant en viennent à se taire (vu que l'espace a été envahi), et on ne reste plus qu'avec la pollution.

L'autre source d'énervement, ce sont les gens qui nous font une demande d'amitié Facebook... Dans le but évident de nous envahir par la suite avec leur autopromotion (et encore là, aucun intérêt pour qui nous sommes). J'avoue que je suis moi-même trop gentille (ou plutôt, je l'ai été par le passé, mais je vais m'en guérir, faites-moi confiance), et que j'ai trop accepté les diverses demandes d'amitié, particulièrement quand elles provenaient de gens déjà amis avec plein d'auteurs de ma connaissance. J'y voyais un gage de qualité, mais ce n'est pas nécessairement le cas, si tout un chacun accepte n'importe qui.

Bref, beau sujet, et je sais que plusieurs personnes du milieu sont exaspérées par l'attitude de certains (qui, je le précise, ne sont pas des gens qui fréquentent le milieu, ou du moins je ne les connais pas). Nous sommes pour la plupart la majorité silencieuse, nous sommes polis, nous ne disons rien, et nous n'excluons pas non plus les indésirables quand ils ont de mauvais comportements. Nous endurons. Et nous rageons chacun de notre côté.

Continuez de parler de vos projets et de vos réalisations, les copains, ce n'est pas à vous que ce billet s'adresse. Et malheureusement... je doute que les personnes qui devraient le lire en prendront connaissance. Elles sont trop occupées à chercher de nouveaux "amis" et de nouveaux groupes à envahir, pour faire connaître leurs oeuvres si merveilleuses et intéressantes, qu'on devrait tous acheter au plus vite...