7 septembre 2016

Haruki Murakami et réflexions sur l'écriture

Présentement, je suis en train de lire Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, de Haruki Murakami. J'ai lu un passage qui m'a interpellée. Je vous le transcris ici (il y fait un parallèle entre la course et son métier d'auteur) :

" Dans le travail du romancier, pour autant que je le sache, la victoire ou la défaite n'ont pas de sens. Peut-être le nombre d'exemplaires vendus, les prix littéraires, les critiques élogieuses sont-ils des critères apparents qui fixent la réussite dans le domaine littéraire, mais rien de tout cela ne compte véritablement. L'essentiel est de savoir si vos écrits ont atteint le niveau que vous vous êtes assigné. Une chose difficile à expliquer. Aux autres, vous pouvez toujours fournir une explication appropriée. A vous-même, impossible de mentir. En ce sens, écrire un roman ou courir un marathon, voilà deux activités qui se ressemblent. Chez les créateurs, il existe une motivation intérieure, une force calme qu'il n'est pas du tout nécessaire de confronter à des critères extérieurs. "

J'ai relu ce passage plusieurs fois. Ça rejoint vraiment mes réflexions actuelles à propos de ce que je veux accomplir en matière d'écriture.

Et justement, mon projet en cours (le projet "H" dont je vous parlais récemment) se prête bien à cette réflexion. En ce moment, j'en arrive à l'étape où je pourrais laisser ma nouvelle telle quelle (elle a déjà subi quelques réécritures), mais je n'en suis pas totalement satisfaite. Alors j'y retourne. Je m'interroge, j'explore, je réfléchis. Éventuellement, je devrais réussir à atteindre le niveau auquel j'aspire pour cette nouvelle. Du moins, je l'espère! Et j'y travaille...

J'aimerais dire que j'ai toujours agi ainsi pour mes écrits. Que j'ai TOUJOURS mis TOUS les efforts possibles dans ce que je faisais. Ce n'est malheureusement pas le cas. Mais j'espère bien m'améliorer dans le futur. Et s'améliorer, c'est aussi l'un des buts à atteindre, n'est-ce pas? :)

6 commentaires:

Gen a dit…

J'pense que, en effet, s'améliorer, c'est le but. Et, heureusement pour nous, on peut toujour s'améliorer, alors le but ne sera jamais tout à fait atteint et on aura toujours une raison de continuer à écrire! ;)

Isabelle Lauzon a dit…

Tout à fait! :)

Claude Lamarche a dit…

Et tout comme la course, un moment donné, pour s'améliorer, parce qu'on ne voit plus très bien ce qu'on peut y faire, il faut se faire aider. Que quelqu'un voit comment on court, comment on écrit et nous dise que là ou là, nous pourrions essayer ceci ou cela.

Isabelle Lauzon a dit…

À Claude : Tout à fait! C'est pour ça qu'on fait des ateliers, qu'on a des lecteurs-tests... et qu'on lit les critiques (même si elles ne nous font pas toujours plaisir! Hihihi!), qu'on lit des bouquins comme celui que je suis en train de lire (ou toutes sortes de livres, tout simplement). Pour essayer d'enrichir son bagage personnel, de réfléchir à divers aspects, de voir ce qu'on aime (ou pas), ce qu'on peut améliorer, où sont nos lacunes...

Et puis en chemin, à force de réfléchir, on travaille sur soi, on pense à ce qu'on veut accomplir, on essaie de mieux comprendre notre entourage (qui est bien souvent notre matériau de base pour bâtir des personnages, n'est-ce pas?).

L'écriture, quelle merveille! :)

Carl Rocheleau a dit…

Tabarouette. Sérieusement, je cours depuis juin et je trouve cette allégorie très intéressante. On peut l'élaborer davantage, même. Le plaisir d'écrire se rapproche de celui de courir. Parfois, quand je reviens à la maison après une bonne séance de course, je m'arrête, je regarde le ciel, je prends une grand bouffée d'air, et je suis fier de moi. Je n'ai pas besoin de personne de la reconnaissance de personne. C'est exactement la même sensation que celle que j'éprouve lorsque je termine un premier jet. Je relève la tête de mon écran, fier, je regarde autour de moi (la maison à l'envers parce que je sacrifie vraiment tout à mon écriture...) et j'inspire profondément pour savourer la satisfaction de ce que j'ai accompli.
Genre, la nouvelle que j'ai écrit pour mon projet "H" ;)

Isabelle Lauzon a dit…

À Carl : Je crois que tu trouverais ton compte dans ce livre! (tu veux que je te le prête?) Je ne suis pas adepte de la course (mais alors là pas du tout) et ça a quand même comblé un besoin. Tu triperais sûrement de voir à quel point Murakami peut se préparer et travailler fort en vue de ses marathons ou triathlons... Un bel exemple de persévérance et de détermination, wow!

Pour ce qui est du projet "H", moi, après le premier jet, j'avais juste le goût de me rouler en tite boule dans un coin... Et il y a eu des témoins! Hihihi! Mais bon, à force de retravailler ce texte-là, ça va, ça va... ;)