8 juin 2015

Joël Champetier - 1957 à 2015 (décédé à l'âge de 57 ans)



Ces derniers jours, il y a toutes sortes d'hommages à l'homme extraordinaire que fut Joël Champetier.

J'ai eu la chance de le connaître un peu, pas assez à mon goût (comme plusieurs autres l'ont aussi mentionné), mais tout de même assez pour que son départ laisse en moi une tristesse qui, même après une semaine, ne veut pas s'en aller.

Joël était un être d'exception, une personne comme on en rencontre peu dans une vie.

Nous avons tous eu nos petits moments spéciaux avec lui. Pour ma part, les deux derniers, particulièrement marquants, ont été :

- Cette fameuse soirée de bandes annonces, au Congrès Boréal 2014, où Joël est venu s'asseoir à côté de moi pour me jaser de l'un de mes textes. Sa femme Valérie est venue nous rejoindre et nous avons jasé un peu (elle était tellement contente de la soirée mascarade!!!). Joël ne se sentait pas hyper bien, mais son costume de zombie avait fait sensation et nous avons passé de bons moments à réagir (positivement ou en bitchant, hihihi!) aux bandes annonces. Mémorable. Quelques jours après, nous apprenions qu'il avait une leucémie.

- Ce fameux lancement à l'Amère à boire, où Joël et Valérie nous ont fait la formidable surprise d'être présents. Joël portait un masque pour limiter les risques, mais il a bu une bière et a jasé avec son monde. J'en ai profité pour m'asseoir à côté de lui, profiter de sa présence. Les nouvelles n'étaient pas très bonnes ce soir-là, mais je voulais garder espoir.

Durant la dernière année, malgré la maladie, Joël nous a gratifiés de sa présence sur Facebook, y allant de ses commentaires fort pertinents. Chacune de ses interventions était un cadeau.

Maintenant, il est parti, son calvaire avec la maladie est terminé. Il nous reste de lui le souvenir des bons moments, de son sourire, de son calme, de sa force tranquille. Et ses romans, l'héritage qu'il nous lègue à tous. Voilà qui me donne envie d'en (re-) lire un bientôt, tiens...

Dans un article paru sur lui dans La Presse, on le qualifie de "mentor bienveillant". C'est un excellent terme pour le définir. C'est ce qu'il a représenté pour beaucoup d'auteurs du milieu de la SFFFQ (lire : science-fiction, fantastique et fantasy québécois).

Et hormis cela, il était un homme charmant, accueillant, avec lequel on se sentait bien dès le premier instant. Pas snob pour cinq sous, ni condescendant, il était franc et ouvert. Il suscitait la confiance. On avait envie de s'asseoir à ses côtés pour jaser de tout, de petits riens, de n'importe quoi. De profiter de sa présence, de ses réflexions, de son expérience.

Pour en savoir davantage sur Joël, je vous réfère à ce très bel article paru dans La Presse (nous sommes plusieurs à l'avoir relayé sur Facebook, mais je veux conserver le lien ici pour la postérité).

Notre passage ici bas est éphémère, et le même destin nous attend tous. Mais il est tout de même dommage que les gens d'exception soient aussi, trop souvent, ceux qui nous quittent en premier...

5 commentaires:

Gabrielle Syreeni a dit…

Merci pour ton témoignage Isabelle. Et je suis bien contente d'apprendre qu'il y ait eu un mot sur lui, dans un média, parce que je n'avais rien trouvé de tel jusqu'alors. Impossible qu'un écrivain ayant autant contribué à la culture du livre et de l'imaginaire au Québec s'éclipse ainsi...

Toutefois, vérifie ton lien, parce que quand je clique dessus, on ne me dirige pas sur un article, mais sur la page de présentation de ce journal.

Guillaume Voisine a dit…

Moi aussi je garde un bon souvenir de sa présence surprise à l'Amère à boire :)

Quant au lien de La Presse, ça fonctionne pour moi (même si je ne comprends pas trop comment, à voir l'URL, qui est assez générique).

Gen a dit…

Je peux pas m'empêcher d'avoir les larmes aux yeux en me souvenant de son dernier Boréal, où je lui ai même pas donné de bises, parce qu'il pensait couver une grippe et avait peur de contaminer la femme enceinte que j'étais. Avoir su, j'lui aurais non seulement fait la bise, mais aussi un méga câlin!

Isabelle Lauzon a dit…

À Gabrielle : Ça va mieux ainsi? (j'ai refait le lien) Moi aussi, j'étais heureuse de voir qu'un média comme La Presse avait donné un peu de visibilité à Joël. On est habitués à ce que les auteurs soient de grands méconnus, mais dans son cas, il fallait absolument que quelqu'un en parle... et ça a été fait, heureusement! :)

À Guillaume : C'est la dernière fois que je l'ai vu "en vrai", et je conserve de lui cette belle image d'un homme qui, malgré la maladie (et les pronostics peu rassurants), demeure serein et égal à lui-même. Même dans la maladie, il est demeuré un exemple à suivre, un modèle...

À Gen : Je te comprends... Mais on ne pouvait pas savoir, n'est-ce pas? À l'Amère à boire, j'en ai profité pour le coller un peu (pas le droit aux bisous pour sa santé, mais de petites accolades, en retenant mes élans pour ne pas risquer de lui transmettre des microbes). À ce moment, j'y croyais encore, je voulais donc qu'un miracle arrive pour que la suite se passe mieux... Mais ça n'a pas été le cas, malheureusement. Enfin, je suis contente que lui et Valérie aient été autant accompagnés durant la dernière année. On voit que ces deux merveilleuses personnes ont beaucoup "semé" dans leur vie... et ils en ont récolté tout plein d'amour pour ces moments difficiles! Maintenant, je pense à Valérie et je souhaite que tout se passe pour le mieux pour elle...

Michèle a dit…

le lien avec la presse ne fonctionne pas mais merci quand même. J'ai de la difficulté exprimer un mot ce que Joël nous a donné.