24 mai 2015

Études littéraires vs écriture

Je fais un petit tour ici, le temps de vous raconter une anecdote vécue récemment et de vous parler des fameuses études littéraires :

Mon ostéopathe, qui avait appris par ma fille lors d'un précédent traitement que j'écrivais et que j'avais (même!) publié quelques trucs, semblait fort impressionnée et m'a posé plein de questions durant mon traitement, avant d'en arriver au commentaire suivant :

Elle-même adorait écrire avant, elle avait même fait des études littéraires, mais ça l'avait complètement découragée face à ses talents de créativité et depuis, elle n'écrivait plus.

Tellement triste!!!

Pour me consoler, elle m'a dit qu'elle s'y remettrait sûrement un jour, mais qu'elle ne croyait plus vraiment en ses talents de ce côté, que ce serait juste pour le plaisir.

Il y a longtemps que je m'interroge à propos des études littéraires et de leur rapport avec le fait qu'on soit un auteur publié ou non.

Dans mon cas, je n'ai fait aucune étude de ce genre, j'ai fait un DEP en secrétariat et j'ai toujours travaillé depuis mes 18 ans. Même pas mis les pieds dans un cégep, ce n'était pas requis pour le métier que j'avais choisi (moitié par intérêt personnel, moitié par nécessité financière et familiale). Je n'ai jamais regretté mon choix. Et si jamais j'avais eu à choisir une autre profession, ça aurait sûrement été dans le domaine de la santé (ex. : infirmière). Donc, les études littéraires n'ont jamais fait partie des options que j'entrevoyais dans mon "jeune temps" (ouais, on dirait un dinosaure quand j'en parle, hein!)

Toutefois, quand je suis entrée dans le merveilleux monde littéraire, en voyant les études que plusieurs avaient réalisés et qu'ils pouvaient présenter dans leurs biographies d'auteurs, je me suis interrogée, parfois même rabaissée et remise en question. Comment pouvais-je espérer écrire et être publiée alors qu'eux avaient tellement plus de pertinence que moi à ce niveau?

Bien sûr, j'ai par la suite fait la part des choses et des amis (dont certains, très respectés dans le milieu) m'ont fait comprendre qu'eux, n'avaient pas nécessairement fait d'études et avaient tout de même fait leur chemin. On m'a aussi fait comprendre qu'études littéraires et talent/persévérance/publication n'allaient pas nécessairement de pair...

Le commentaire de mon ostéopathe m'a amenée à remettre cette question sur le tapis cette semaine, et ça m'a confirmé (dans ma tête à moi) que les études littéraires n'étaient pas nécessairement LA seule voie possible pour les auteurs.

Dans son cas à elle, ça l'a peut-être empêchée de poursuivre l'atteinte de ses rêves de publication, qui sait? Elle est peut-être mal tombée, des profs l'ont peut-être découragée (désolée, mais parfois, certains profs ont de beaux préceptes sur l'écriture qui ne sont pas nécessairement en rapport avec le milieu littéraire, et école vs vie réelle ne sont souvent pas la même chose, peu importe le métier!). Ou alors, peut-être que ça lui a juste confirmé qu'elle n'était pas faite pour ça?

En ce qui me concerne, je ne me vois pas, à 39 ans, commencer des études littéraires. J'ai bien d'autres chats à fouetter! En plus, j'aurais un peu peur que ça me décourage d'écrire. Ma naïveté présente me permet de foncer, d'essayer des trucs (quitte à frapper le mur, ce n'est pas grave). J'ai l'impression que si je me mettais trop à décortiquer les processus, ça risquerait de tuer mon envie de création et le plaisir que je trouve à écrire.

Bah, de toute façon, ça n'a pas grande importance. J'ai décidé de poursuivre mon chemin à moi et de moins me casser la tête avec les histoires des études. L'important, c'est ce que je fais aujourd'hui, c'est ce que je ferai demain. Et personnellement, je crois que le chemin de vie est aussi important (sinon plus) que les études qu'on a pu faire dans un lointain passé (bien, pour moi, il est assez lointain, vous en conviendrez! Hihihi!).

Et vous, vous en pensez quoi, des études littéraires par rapport au fait d'être un auteur/écrivain? Si vous en avez fait, vous diriez que ça vous apporte quoi de plus?

Allez, je vous laisse y réfléchir et je retourne à mon projet en cours, qui me donne un peu de fil à retordre... ;)


7 commentaires:

Guillaume Voisine a dit…

Attention: les études littéraires portent (principalement) sur la littérature, PAS l'écriture. Il est tout à fait possible de poursuivre des études littéraires universitaires sans jamais avoir un seul cours sur la créativité.

J'ai fais des études littéraires (bac et maîtrise (avec profil de création)). De mon bac, je retiens plusieurs découvertes d'auteurs super intéressants, de fictions comme d'essais. C'est là aussi que j'ai rencontré plusieurs amis qui me sont chers et avec qui j'ai réalisé des projets littéraires (à ses débuts, la nouvelle équipe de Brins d'éternité était 100% UQAM). Ma maîtrise a été plus tranquille côté social, mais ça m'a donné une "excuse" pour travailler sur un projet plus long (à savoir mon mémoire, composé d'un recueil de nouvelles et d'un essai réflexif), tout en poursuivant ma scolarité. Mettons que la maîtrise, c'était surtout un truc d'orgueil.

Si t'es curieuse, j'ai écrit, en 2009, un billet sur le sujet, en tant que blogeur invité chez Dominic Bellavance.

http://www.dominicbellavance.com/creer-et-detruire-2-pertinentes-les-etudes-litteraires/

CJ a dit…

Je ne dénigre pas les écrivains qui n'ont pas d'études dans le domaine. Par choix personnel et par passion, j'ai entrepris un baccalauréat en études littéraires profil création en 2009. Mes cours de création m'ont permis de sortir d'une certaine zone de confort. Comme je savais que je ne trouverais pas d'emploi avec ce diplôme, j'ai tenté depuis 2012 de trouver un plan B. Après avoir essayé soins infirmiers, design graphique et orientation, je m'avoue vaincue. Ma voie c'est l'écriture. Je commence donc une maîtrise en lettres profil création à l'automne et j'aurai 40 cette année. Je le fais par choix et non pas parce que je pense avoir plus de chances de publier.

Je n'ai toujours pas de plan B pour payer les choses essentielles de la vie mais bon...on verra bien. J'essaie de faire confiance à la vie même si elle m'a souvent déçue. Mais si j'arrête d'écrire, c'est la fin donc autant continuer quitte à faire un tas de sacrifice. Je ne suis pas quelqu'un qui a besoin de luxe pour vivre donc je me contente de peu. Et, je ne me stress pas avec l'avenir.

Gen a dit…

Ah tiens, je trouve ça intéressant l'histoire de ton ostéopathe. Parce que, j'en ai déjà parlé, j'ai fait mon cégep en Lettres, puisque, à l'époque, je me destinais à entrer en littérature à l'université, m'imaginant que c'était ce que je devais faire pour devenir écrivaine.

Or, les cours de littérature et de création littéraire du cégep (parce que oui, j'ai eu des cours de création aussi) m'ont moi aussi découragée d'écrire. Les autres avaient l'air d'avoir tellement plus de talent que moi! Ils faisaient des trucs que les profs trouvaient géniaux. Tandis que moi on me disait "alors, tu nous a fait des morts ou de la magie aujourd'hui?"

À la fin de mon cégep, je m'étais réorientée en histoire. Et j'avais complètement arrêté d'écrire.

Mais l'histoire est une matière qui passe par le texte, puisqu'on étudie des textes anciens et qu'on pond des dissertations à n'en plus finir (à la fin de mon bac, rédiger une dissertation de 20 pages (environ 10 000 mots) ça me demandait moins d'une fin de semaine de travail!).

C'est en histoire que j'ai repris goût à l'écriture, parce que plusieurs de mes profs soulignaient à quel point mes travaux étaient agréables à lire.

Et étant titulaire d'une maîtrise portant sur les lettres de Cicéron (un pilier de la littérature latine), non, je ne me sens pas diminuée par rapport aux "littéraires du milieu".

Et même, je puise tellement d'inspiration pour mes textes dans mes études d'historienne que j'ai l'impression que mon diplôme bizarre est une richesse.

Comme ton histoire de vie! ;)

Isabelle Lauzon a dit…

Hé, je suis étonnée (et ravie!) de voir à quel point ce billet a suscité des commentaires! :D

Pas juste ici, n'est-ce pas, ça s'est activé aussi sur Facebook.

Très contente d'avoir pu avoir l'avis d'autant de monde! :D

Daniel Sernine a dit…

Esther Rochon a un doctorat en mathématiques.
Joël Champetier un DEC technique en qq chose qui a trait à l'industrie des plastiques.
Yves Meynard a un doctorat en informatique (des réseaux, je crois).
Jean Louis Trudel a des diplomes de 2e ou 3e cycles en astrophysique et en histoire des sciences.
Francine Pelletier: bacc en enseignement du français.
Sénécal: enseignement aussi, français et/ou cinéma.
Jen-Jacques Pelletier: doc en philosophie.
Moi: bacc en Histoire, maîtrise en bibliothéconomie.
Julie Martel: bacc en communications.
Seule notre mère à tous détient un doctorat en création littéraire, entrepris au mitan de sa carrière littéraire; avant, ses diplômes étaient en littérature, pour l'enseignement.
De l'avis général -- quoique pas unanime --, étudier en création littéraire sert surtout à stériliser, sinon annihiler, l'élan de création littéraire.

Isabelle Lauzon a dit…

Oups, désolée Daniel, je n'avais pas vu ce commentaire!

Wow, merci pour ces infos... Je dirais que c'est assez édifiant sur la question! :)

CJ a dit…

Je suis de la "gang" des pas unanimes. Mais je suis quand même d'accord avec le commentaire de Daniel à ce sujet. La majorité des profs en création tente de nous faire écrire, je dirais, à leur façon. Je ne veux pas dire ici de les "copier" mais oui, ils essaient parfois de nous museler ou changer notre style d'écriture. J'ai d'ailleurs eu deux profs qui n'aimaient pas mon style trop poétique pour le début d'un roman. J'ai fait ma rebelle. J'ai continué dans le même style. C'est peut-être pour ça que dans ces deux cours, j'ai eu mes notes les plus basses de mes cours de création. Par contre, j'ai eu la chance d'avoir une chargée de cours, (qui devrait être prof mais ça c'est une autre histoire), qui nous laissait expérimenter et qui nous poussait à aller plus loin, à sortir de notre zone de confort.

Je commence ma maîtrise à l'automne en création aussi. Je ne le fais pas pour apprendre mais plutôt pour avoir la chance de travailler un roman avec quelqu'un d'autre qui ne pense pas comme moi et aussi pour le diplôme parce qu'un baccalauréat en littérature, ça ne donne pas grand chose. Je sais que je n'en ai pas besoin. Même si je ne suis pas encore publiée, je sais que je suis une écrivaine. Surtout quand un écrivain et directeur littéraire te le confirme (même s'il refuse ton manuscrit).