26 juillet 2014

Mère et fille en ce samedi matin

Samedi matin. Je me réveille après une magnifique grasse matinée.

Pas trop d'occupations ou de tâches au menu, donc je peux rêvasser. Je laisse rouler des concepts dans ma tête. Des histoires en cours ou sur la tablette. Mes rêves des derniers jours. Des films que j'ai vus et dont quelques scènes, plus marquantes, reviennent me visiter.

Puis Tania, ma grande fille de 15 ans, me rejoint dans le lit. Je lui jase de mes réflexions du moment, du film Un monde sans terre (WaterWorld) (que nous avons visionné récemment en famille et dont j'ai discuté avec des copains sur Facebook). Un film imparfait, nous en convenons, et nous discutons des points qui nous ont parus incohérents dans ce film. De ses points forts aussi, de ce qui aurait pu être amélioré.

Même chose pour le film Je suis une légende (Legend), avec Will Smith. Points forts, faibles, cohérents et incohérents. Est-ce réellement un film de zombies ou pas? Ah, tiens, les monstres ne se décomposent pas et ils courent, alors nous ne sommes pas convaincues... Faudra consulter "Matante Valérie" (Valérie Bédard) là-dessus... Elle et Mario Giguère ont signé un bel article sur les films de zombies dans Solaris et je n'ai pas vu ce titre-là dans la liste (juste une référence au bouquin, qui dans mon souvenir, s'apparentait davantage au monde des vampires, mais je me trompe peut-être...). Bref.

La conversation bifurque dans une autre direction. Tania entreprend de me raconte un rêve des derniers jours, qui lui roule sans arrêt dans la tête. (Je comprends, ça m'arrive souvent, depuis que je suis toute jeune. Aurait-elle hérité de cette particularité de mon cerveau? J'aime à le croire...)

Tania me raconte ce qui est devenu, au fil des jours, une histoire avec de belles possibilités. Elle "voit" ses personnages, me les décrit, m'explique comment ils pensent, pourquoi ils sont ainsi. Elle me dresse un portrait de la situation, n'a pas encore toutes les réponses, bien sûr, mais assez de contenu pour pouvoir espérer obtenir une histoire intéressante au final (en tout cas, je vois très bien ce qu'Elisabeth Vonarburg en ferait!).

Je la questionne, la fais s'interroger sur divers aspects qui ne me semblent pas assez développés dans sa tête et qui devront l'être, car ils auront un impact important. As-tu pensé que... Oui, mais pourquoi ceci... Et si tu essayais de...

Parfois, elle a des réponses toutes faites. D'autres fois, elle n'aime pas mes suggestions, car elles vont à l'encontre de ses idées, ça la forcerait à tout revoir, non, ce n'est pas ainsi qu'elle voit son personnage, elle ne veut pas de ça dans son histoire... Le reste du temps, elle trouve que ça a du sens, elle réfléchit, elle explore ces nouvelles possibilités et essaie de voir comment elle pourrait les intégrer...

Il lui arrive de s'emballer, de vouloir tout me raconter, mais vient un temps où je lui dis que c'est assez, qu'elle doit cesser de me raconter, qu'il est temps d'aller écrire, plutôt. Parce que si elle me raconte trop, elle perdra cette belle énergie créatrice, le besoin de créer sera moins fort et cette histoire ne verra jamais le jour. Personne d'autre ne pourra la connaître.

Et aussi, je me lasse de m'entendre raconter une histoire. Je veux la lire quand elle sera prête, achevée, maturée. Et non pas l'entendre dans sa forme brute de départ.

Tania et moi avons déjà vécu ce genre de scène. Dans d'autres endroits de la maison, au souper, dans la voiture. Quand nos vies trépidantes nous permettent de prendre un temps d'arrêt et de discuter de choses et d'autres. De films, de ce qu'elle vit à l'école, des livres que nous lisons.

Il faut dire que nous avons des goûts très différents en matière de lectures. Je veux lui faire lire mes coups de coeur et vice-versa, elle tient à ce que je lise ses séries à multiples tomes (avec vampires, loups-garous, métamorphes et autres créatures sexy au menu). Nous n'arrivons que rarement à nos fins, chacune préférant son champ d'intérêt.

Mais ce n'est pas grave. Nous communiquons, nous entretenons notre lien mère-fille. Je la vois grandir, se développer, se découvrir des passions et des intérêts. Elle n'est pas moi, elle est un être unique, elle a son identité propre et fera son propre chemin.

Elle aussi, elle écrit. Publiera-t-elle un jour? Ce sera à elle d'en décider. De voir si elle a envie de mettre suffisamment d'énergie dans cette passion, de se fixer des objectifs et de consacrer le temps nécessaire à ses projets pour qu'ils puissent prendre forme.

J'ai beaucoup de chance, j'en suis consciente. Avoir une grande fille, une grande fille aussi merveilleuse que ma Tania, c'est un cadeau du ciel!

5 commentaires:

Gen a dit…

Dans "Je suis une légende", le bouquin dont le film est tiré, les créatures étaient des vampires, pas des zombis. Ça a pas beaucoup paru dans le film, mais bon... (Le film a pas beaucoup de rapport avec le livre d'ailleurs...)

J'espère que dans quelques années, je vivrai une belle relation comme ça avec ma puce! ;)

Isabelle Lauzon a dit…

Au risque de me faire pitcher des roches, j'ai préféré le concept du film à celui du roman... Probablement parce que j'avais vu le film avant, je voulais voir la différence avec le bouquin et il y en avait trop, ça m'a fait décrocher un peu.

Pour ce qui est des relations mère-fille, si je me fie à ce que je vois dans mon entourage, ce n'est pas gagné d'avance, surtout à l'adolescence!

Ex. : l'intérêt de Tania pour l'écriture et la lecture. Même si j'ai encouragé la chose, ça aurait pu être bien différent. S'il y a une chose que j'ai apprise en tant que mère, c'est que j'ai du contrôle sur certaines affaires et d'autres, pas du tout! Alors quand ça va bien, je me dis surtout que je suis hyper chanceuse... Je t'en souhaite tout autant avec ta puce, mais vous avez bien le temps de voir venir! ;)

Carl Rocheleau a dit…

Ça me touche vraiment cette belle relation que vous avez ensemble. Je ne veux pas dire que j'espère que mes enfants voudront écrire, mais j'aime bien l'idée de passer du temps avec son enfant juste pour le plaisir de confronter des idées :)

Gen a dit…

Tu mérites effectivement des roches, mais bon, tu as lu le livre après le roman, alors ça t'excuse... un peu! ;p (De toute façon, je vise tellement mal que tu as pas grand chose à craindre! ;)

Isabelle Lauzon a dit…

À Carl : En fait, je ne peux même pas dire que je l'ai espéré... Tania a commencé à écrire à 9 ans, soit à peut près 2 ans après moi. Je n'étais pas assez avancée à l'époque pour lui souhaiter mes "malheurs" (ah, que c'est dur quand on commence! Hihi!), c'est vraiment venu d'elle. En tout cas, je considère que c'est sain, à l'adolescence surtout, d'extérioriser certaines émotions dans l'écriture. Ça aide le reste de la famille à demeurer sains d'esprits durant cette période! lolol

À Gen : Hihi! Ah ouais, t'as cette faiblesse? Note à moi-même : Écoeurer Gen = OK, à condition de demeurer à une certaine distance... ;)

(Note aux autres : pour le reste de notre discussion entre Gen et moi à propos de notre tolérance envers les oeuvres cinématographiques et livresques de qualité moyenne, ça se passe sur Facebook en ce moment, on ne dédoublera pas ça ici je pense!)