13 juillet 2014

Ça déteint, n'est-ce pas?

Je ne sais pas pour vous, mais je me suis rendue compte au fil du temps qu'écrire, ça finissait par déteindre sur notre personnalité et nos habitudes.

Je me surprends souvent à analyser mon langage parlé ou à réfléchir aux mots que je vais utiliser. Exemples :

"Ah tiens, je répète souvent tel mot, par quoi est-ce que je pourrais le remplacer?"
"Deux fois le même mot dans une phrase, pas fort... "
"J'utilise trop d'adverbes en -MENT, sont-ils nécessaires, qu'est-ce que je pourrais dire à la place?"
"Petit, chose, ça, vocabulaire faible, je devrais trouver mieux..."

Et ce n'est rien, ça! Je me surprends à analyser le comportement des gens pour deviner leurs motivations, ce qu'ils pensent, pourquoi ils agissent ainsi, qu'est-ce qui, dans leur parcours, les a amenés à agir de cette façon...

Pire encore : Je m'écoute parler, j'écoute les gens autour et j'essaie de voir comment ça pourrait être transposé en dialogue dans un texte. "Ah, ça, ça ne passerait pas, il faudrait élaguer, mettre moins de "heu" et de points de suspension..."

C'en est même rendu que j'analyse les personnages dans les films! Exemple : Robocop (la nouvelle version). Le personnage de Nomak était tellement caricatural, tellement peu subtil, mais tout de même, je me demandais ce que son parti pris envers les robots cachait. Il manquait une "scène" quelque part. Celle dans laquelle le dirigeant de la grosse compagnie productrice de robots lui donnait un gros chèque suite à son émission! (rire) En fait, ce personnage était si peu subtil que ça m'a frustrée. Trop évident de le comprendre, message trop clair de la part des producteurs (quoique, comme certains l'ont dit lors d'une discussion sur Facebook à ce sujet, plusieurs américains n'ont sûrement rien compris à ce "message"!).

Une situation arrive dans la vie de tous les jours, je reçois une confidence, quelqu'un fait une bêtise? Je me demande si ça pourrait être intégré dans une histoire. Trop banal, trop incroyable, la réalité dépasse la fiction...

Je lis le journal le matin. Les entrefilets sont souvent de bonnes sources d'inspiration, même si bien souvent, je ne m'en sers pas. Mais ça m'inspire. À partir d'un court article, j'imagine tout plein de rebondissements, motivations, j'essaie de comprendre...

Je me réveille le matin et me remémore mon ou mes rêves de la nuit. "Est-ce que ça aurait du potentiel, y a-t-il moyen de récupérer ça quelque part?"

J'écoute de la musique en voiture. J'essaie d'imaginer dans quelle genre de scène elle pourrait convenir. Je me laisse porter par ce qu'elle m'inspire...

Ouaip! Être auteur, ça finit par déteindre dans la vie quotidienne! Ce n'est pas pour rien que j'ai toujours dit qu'en fait, ce devait être une sorte de maladie mentale! (rire)

Et vous, êtes-vous aussi envahis au quotidien par votre cerveau d'auteur? Réussissez-vous à décrocher de temps en temps, votre cerveau vous laisse-t-il un peu de répit?

6 commentaires:

Claude Lamarche a dit…

Ça déteint tellement que tout mon être a pris les couleurs de l'auteure!
Il y a juste reprendre les autres que j'ai abandonné. Devant eux, mais pas dans ma tête.

Prospéryne a dit…

Euh... Je crois que finalement, j'ai un cerveau d'auteure...

Gen a dit…

L'habitude d'analyser ma propre façon de parler, je l'avais prise durant mes études... et je m'en suis débarrassée en entrant sur le marché du travail. Parce que j'ai découvert que ça ne donne rien d'utiliser des mots comme "désuet" ou "incessamment" quand tes collègues comprennent juste "pu à la mode" et "bientôt".

Mais pour ce qui est de tout analyser et de tout classer mentalement pour utilisation future... ben évidemment que je le fais aussi! lol! ;)

Josée a dit…

C'est clair que les anecdotes du quotidien nous nourrissent ( surtout que moi, les rêves, j'm'en rappelle jamais).
Je me demande aussi souvent comment je decrirais telle personne ou telle situation. Mais quand j'essaye juste dans ma tête (comme dans le métro) je perds souvent le fil.
Pour le vocabulaire, mon milieu de travail est plus sympa (les avantages d'une librairie en milieu universitaire) .

Isabelle Lauzon a dit…

À Claude : Hihi! Oui, il m'arrive aussi de reprendre les autres, mais juste dans ma tête! (faut rester polie tout de même!) :)

À Prospéryne : Aaaaha! Je le savais! ;)

À Gen : Il m'arrive parfois de sortir des mots un peu trop élaborés au bureau... dans ce temps-là, je mime le geste de changer de canal sur ma tête (switch, je mets ça en mode "pompier"! Hihi!)

À Josée : Je me suis pas mal toujours rappelée de mes rêves... Même les plus bizarres, décousus, pas rapport, traumatisants, etc. Rares sont ceux qui peuvent mener à des histoires, mais ça arrive parfois! Pour ce qui est d'essayer de décrire les gens dans ma tête, hihi, moi aussi je fais ça (sans grand succès d'ailleurs, va falloir que je travaille encore mes descriptions il faut croire!). ;)

Carl Rocheleau a dit…

Tellement!

Je le remarque surtout en phase d'écriture. J'écris quand, soudain, le personnage se retrouve avec une collection de casquettes. Je trouve ça absurde, puis je me souviens que, la première fois où j'ai rencontré tel gars devenu mon ami depuis, il ma parlé de sa collection de casquettes qu'il avait dû liquider pour payer son loyer.

Je dis souvent qu'on est des vampires et que les gens doivent se méfier de nous, parce que c'est sûr que des brins de leur vie se retrouveront dans un roman s'ils sont amis avec un écrivain.