14 mars 2014

Qu'est-ce qui vous anime à l'intérieur?

Bon, là, je sais que je vais débuter ce billet avec une drôle de question (mais ne vous inquiétez pas, ça va prendre tout son sens)  Avez-vous vu le film Le réveil des gardiens, de Dreamworks? (oui, oui, je parle bien du film d'animation!)

Il y a un passage en particulier dans ce film qui m'a bien fait réfléchir depuis quelques mois. Comme je viens de trouver la réponse que je cherchais, je peux enfin vous en parler.

Dans la scène en question, le Père Noël (un colosse musclé, aux bras remplis de tatouages et avec un accent russe, le tout formant un personnage très coloré et rigolo) mentionne à Jack Frost (un autre personnage) que ce qui l'anime, ce qu'il a à offrir au monde, ce sont ses grands yeux toujours émerveillés. C'est ce qui l'anime à l'intérieur, c'est ce qu'il apporte au monde : l'émerveillement.

Le concept est illustré à l'aide de poupées russes qui s'emboitent les unes dans les autres. On enlève une poupée et dessous, il y a une autre facette de la personnalité du Père Noël, puis une autre, encore une autre... pour arriver à un bébé aux yeux gigantesques. Un bébé émerveillé.

Dans l'histoire, Jack Frost ignore ce qui l'anime à l'intérieur. Il va le découvrir à la fin. Lui, c'est le rire qu'il apporte au monde. Il a le pouvoir de faire rire les gens, de dédramatiser les situations (même quand elles semblent tragiques).

Pourquoi est-ce que je vous parle de ça? C'est parce que depuis que j'ai vu ce film, j'ai une question qui me trotte dans la tête. Cette question concerne ma démarche littéraire en général. QU'EST-CE QUI M'ANIME À L'INTÉRIEUR?

Je pourrais aussi traduire cette question par : Qu'est-ce que j'écris? Quels sont les thèmes qui reviennent? Quelle sont mes préoccupations sous-jacentes? Qu'est-ce que j'ai à dire, à transmettre? Qu'est-ce qui m'intéresse dans les histoires que je lis?

Et voilà, je crois avoir trouvé la réponse : LA NATURE HUMAINE OU, PLUS SIMPLEMENT, LES GENS. Voilà, c'était tout simple!

Les relations entre les gens. Ce que nous pouvons accomplir de plus merveilleux. De pire aussi. Pourquoi certaines personnes agissent de telle façon. J'essaie de comprendre, je retourne ça de tous les bords, j'invente les "pourquoi" et les "comment". Ça me fascine. C'est ce que je recherche (sans m'en rendre compte) dans les histoires, et ce que j'ai de plus en plus envie de livrer.

En faisant le bilan de mes derniers projets, de ceux qui ont été acceptés depuis mes débuts, de ceux qui ont été refusés aussi (heu, il y en a, oui!), j'ai constaté une chose : quand je suis vraiment impliquée dans un projet d'écriture, quand j'y mets mes tripes comme certains disent, quand ça remue vraiment des trucs à l'intérieur de moi, ça fonctionne bien mieux. Alors que lorsque j'écris juste avec ma tête, avec des idées, des concepts, mais sans vraiment avoir d'implication émotionnelle, j'ai moins de chances que ce soit accepté.

Je crois avoir enfin compris ce que ça signifie, "écrire avec ses tripes". Ça m'aura pris du temps, ce n'est pas encore parfait, mais maintenant je comprends mieux comment je fonctionne en présence d'un concept qui vient vraiment me chercher.

Marie-Amélie, à paraître chez Solaris à l'été 2014, est un bon exemple. Ah, les relations mère-fille!!! (vous verrez bien!)

Le Passeur a remué (et permis d'exorciser un peu, peut-être) de vieux démons. Les gens qui me connaissent bien sont sûrement en mesure de comprendre pourquoi.

Malina, mi-sorcière, mi-fée, m'a permis d'accéder à la petite Isabelle en moi, celle qui a vécu du rejet dans son enfance parce qu'elle était un peu différente (intello à lunettes, timide et première de classe, je sais, je faisais vraiment exprès!).

Je pourrais continuer ainsi longtemps. Je continue d'analyser, de faire le bilan des projets sur lesquels j'ai travaillé jusqu'ici (publiés ou non, achevés ou inachevés, à venir ou aux oubliettes pour toujours). Ça m'aide à voir ce que seront mes prochaines actions, sur quoi je vais avoir envie de me concentrer.

Ce n'est pas tant une histoire de "MESSAGE" (Hihi! Ici, c'est plus fort que moi, j'imagine la Grande Dame en train de dire ce mot à sa manière inimitable. Le "messaaaaaaageee"). C'est plutôt une question de nature humaine. De ce qui nous rend tous différents les uns des autres, et en même temps semblables, et aussi uniques en notre genre. De ce qui peut nous amener à nous dépasser, à respecter ou enfreindre les règles, à construire ou à détruire...

Et aussi, de ce que je peux transmettre aux gens pour les aider dans leur cheminement. Ça, c'est vraiment un nouveau volet dans ma vie depuis ma conférence. Je sais que je vais avoir envie, dans un avenir proche, d'aider mon prochain avec certains de mes projets. Quelle tournure le tout prendra? Nous verrons bien. Bon, j'avoue, j'ai quelques idées en tête... ;)

Alors à vous tous, amis auteurs en particulier, je vous souhaite de trouver aussi ce qui vous anime à l'intérieur. La curiosité/crainte envers l'avenir? La colère envers le système? L'envie de changer le monde? Quoi d'autre encore?

Bonne réflexion!

5 commentaires:

Gen a dit…

Héhéhé! :) Ça a pas été facile, mais oui, tu as trouvé comment faire passer tes tripes à travers tes mots! ;)

Moi, ce qui m'anime : les conflits. Les conflits intérieurs, les conflits avec les autres, comment ils se créent, comment ils se résolvent. (Ma poupée russe la plus intérieure est sans doute en train de se chicaner avec elle-même! :P)

Isabelle Lauzon a dit…

LOLOL J'imagine la petite poupée... Pauvre elle... ;)

Tu vois, on est différentes, moi je n'aime pas les conflits! Je préfère comprendre pourquoi la personne agit ainsi, tiens, ça doit venir de son enfance, ou de quelqu'un qui a été poche avec elle, ou alors elle s'inquiète pour un truc, son enfant peut-être malade ou alors un membre de sa famille a des problèmes, ce qui fait qu'aujourd'hui elle file mal et ça sort tout croche, elle est pas méchante au fond...

LOLOL OK, je te l'accorde, ta manière est peut-être plus facile à gérer pour le mental! ;)

J'ai une collègue qui fonctionne pas mal comme moi à l'intérieur, qui passe son temps à analyser les gens pour les comprendre et passe aussi son temps à vouloir les aider (ouais, mon syndrome Mère Térésa vient de là!). Ce qu'on peut s'en faire des scénarios et des discussions toutes les deux, à revirer tout ça de tous les bords... L'art de se compliquer la vie! LOLOL

Hélène a dit…

La petite scène dans Jack Frost m'est aussi restée en tête, c'était mignon. Pour moi, je crois que c'est l'exploratrice. Du genre humain, sûrement, mais aussi des possibles. Si le monde était comme ceci, qu'est-ce que ça changerait aux gens? Agirions-nous différemment? Les conflits justement, sont essentiels à toute bonne histoire, mais la beauté réside dans la façon de les résoudre. Je vais écrire mes réflexions sur ce billets à l'instant pour ne pas les oublier!

Gen a dit…

Comme tu dis, Hélène, la beauté d'un conflit c'est de le voir se résoudre, c'est ce que j'aime raconter : la résolution du conflit.

Ou parfois, les conséquences de sa non résolution.

Mais je reste une observatrice non impliquée, hormis avec mes amis les plus proches. Et même là, la quantité d'aide que je suis prête à apporter est limitée. Faut que la personne s'aide elle-même, pas qu'elle se repose sur moi.

Pour Mère Thérésa, voir Isa! ;p

Isabelle Lauzon a dit…

À Hélène : Le but ultime de ce billet était surtout de provoquer une réflexion chez les gens, pour qu'ils puissent songer de façon consciente au concept et à leurs propres mécanismes intérieurs. Tu vois, l'exploration des possibles et des alternatives, c'est aussi une autre vision intéressante! :)

À Gen : LOLOL Pas trop vers Mère Térésa-Isa, tout de même, ça gruge de l'énergie et du temps, cette facette-là de ma personnalité! ;)