27 janvier 2014

Pseudo ou véritable identité?

Je crois que nous sommes à peu près tous passés par là quand est venu le temps d'afficher notre identité, soit sur notre blog ou pour nos publications : utiliser un pseudonyme ou notre véritable nom?

Il y a toutes sortes de raisons qui peuvent orienter notre choix vers l'une ou l'autre de ces options. Personnellement, je n'avais pas de réelle raison d'utiliser une autre identité que la mienne (je n'étais pas connue, je n'avais de craintes à interagir sous ma véritable identité et mon nom était facile à retenir et à prononcer), alors j'ai vite décidé d'y aller avec mon vrai nom lorsque j'ai créé mon blog, puis avec mes premières publications.

Ce questionnement m'est revenu en tête dernièrement, car des gens de mon entourage m'ont questionnée à ce sujet. En effet, certains s'inquiétaient (après avoir lu certains de mes textes par le passé) de me voir publier un roman jeunesse... Selon eux, j'aurais dû considérer la possibilité d'utiliser un ou des noms de plume pour que mes différents publics ne soient pas "mêlés". Ahhh...

Vous en pensez quoi?

Moi, je suis à l'aise avec le fait de publier tous mes écrits sous le nom "Isabelle Lauzon". C'est le mien, je n'ai pas envie de faire semblant d'être quelqu'un d'autre.

Et puis, ça fait longtemps que j'affiche, bien en évidence sur mon blog, le fait que j'ai une "double personnalité"! Vous étiez avertis, non? ;)

En fait, je vois ça de façon simple : j'écris des histoires. Pour différents publics. Je ne pense pas vraiment au public-cible lorsque l'histoire émerge du néant. L'histoire est là et je cherche ensuite à découvrir pour qui elle sera. Et il ne faut pas perdre de vue qu'il y a en moi :
  • Une Isa-enfant, qui s'émerveille devant la beauté, la magie et la fantaisie;
  • Une Isa-adolescente, qui aime les âmes tourmentées, les histoires de premier amour (ou d'amours tragiques) et les conflits (face à l'autorité, le monde en général, les parents, tout quoi!);
  • Une Isa-mère. Une Isa-femme. Une Isa-qui-s'interroge-sur-la-nature-humaine (et qui aime découvrir jusqu'où, du pire où meilleur, l'être humain est capable d'aller).
Et tout plein d'autres Isa. Certaines encore inconnues. Tout ça dans une même personne, dans une même auteure.

Me couper d'une partie de moi-même? Faire semblant, changer de nom pour mieux assumer qui je suis? Non merci, je m'assume de mieux en mieux! (ouaip, c'est un effet secondaire des cheveux rouges... et de la quarantaine qui approche à grands pas! Hihi!)

D'accord, j'avoue que j'ai déjà pensé différemment. À mes débuts, disons. Même qu'à l'époque, en pensant à mes enfants et à ma famille qui risquaient de ne pas apprécier certains sujets, je m'empêchais d'écrire des trucs plus corsés. Je me censurais. Et ça, ce n'est jamais bon pour un artiste. Ça brime la créativité.

Puis j'ai rencontré Jonathan Reynolds (j'en ai déjà parlé, d'ailleurs). J'ai constaté qu'il publiait autant pour les adultes que pour un public jeunesse, le tout sous le même nom. Ça a été une révélation ("Hein? On a le droit de faire ça?!?" Hihi!). Et le dossier a été réglé dans ma tête.

Ou à peu près, car voilà, ça revient me hanter par le biais de commentaires de mes proches.

Si c'était à refaire, je ne crois pas que je changerais de méthode. Je pense que tout est question de ce qu'on se permet, ce qu'on est prêt à assumer et quelle image on est prêt à projeter. Et je n'ai pas de problème à être Isabelle Lauzon en tout temps, avec toutes les facettes de ma personnalité.

Après tout, Elisabeth Vonarburg, Daniel Sernine, Joël Champetier... n'ont-ils pas publié autant du jeunesse que de l'adulte? Je pense qu'au Québec, on peut se permettre ce genre d'honnêteté et de transparence.

Allez, vous en pensez quoi? Est-ce que je devrais (ou j'aurais dû, car à mon sens, il est trop tard pour ça) utiliser un ou des noms de plume?

Ça m'intrigue... ;)

13 commentaires:

Sébastien Chartrand a dit…

Considérant que je vais enseigner au primaire, je songe sérieusement à un nom de plume pour le noir/érotique. Une consoeur a eu de gros problèmes avec des parents d'élèves qui, après avoir vu sur son blog une peinture qu,elle avait fait d'un nu (un nu artistique, pas érotique, le gars est nu sur un tabouret et boit du vin) les parents on porté plainte pour faute d'éthique à la commission scolaire. Il y a des parents plus-catholiques-que-le-pape qui me font songé au pseudo pour le sombre. Pas de décision encore prise, toutefois...

Isabelle Lauzon a dit…

À Sébas : Ouais, en effet, considérant ton choix de carrière, il y a tout un questionnement logique à se faire... Les trucs "gentils" pourront sans problème apparaître sous ton véritable nom, les trucs "moins gentils" sous un nom de plume...

Mais c'est moche, non? C'est pas parce qu'on écrit un truc noir qu'on est des cinglés, meurtriers, psychopathes...

J'ai deux enfants. Je suis une bonne mère (me semble en tout cas!). Remettrait-on ça en cause si je publiais un truc violent? Ou si je peignais un nu?

Processus artistique VS vie de tous les jours sont deux éléments bien distincts... Me semble, en tout cas! Dommage que ça devienne si compliqué dans certaines situations...

Hélène a dit…

Il me semble que dans ton cas, ça ne pose pas de problème. Si tu publies pour jeunesse et d'autres catégories plus noires, tes livres ne se retrouveront pas au même endroit dans une librairie. Je crois aussi qu'on a le droit de tout faire, on n'a pas à se cacher, sauf si ça porte préjudice à son emploi.

Gen a dit…

@Sébas : Le problème c'est que même si tu publies sous pseudonyme, si ça finit par se savoir, il y a des parents qui vont capoter. Remarque, si tu portes une chemise rose, il y a des parents qui vont capoter. Si tu es vu en train de prendre plus qu'une bière, il y a des parents qui vont capoter. C'est ça le merveilleux monde de l'enseignement! :p Alors le pseudo pourrait être une solution partielle, mais elle risquerait d'être temporaire.

@Isa : Pour ma part, j'ai décidé depuis longtemps de ne pas utiliser de pseudo et de tout publier sous le même nom, pour tous les publics. La raison en est simple : j'ai grandi en lisant du Daniel Sernine. Littéralement : au début je lisais ses jeunesses, puis ses romans pour ados, puis ses romans pour adulte. Et me semble que ça a été une expérience extraordinaire que de pouvoir conserver un auteur familier comme ça.

Même Sénécal et Stephen King ont écrit pour enfant, alors... Pourquoi s'en priver? ;)

En effet, le processus artistique et la vie, c'est deux choses séparées. Et les milieux professionnels où ça pose un vrai réel problème (et non pas où ça chatouille simplement quelques patrons constipés), ben ils sont très très rares. Même des juges ont écrit des romans!

idmuse a dit…

Personnellement, je vois les deux côtés de la médaille parce que... j'ai les deux. Je publie sous mon nom et sous pseudo. Le bon côté: on est moins sensible à la critique (sachant que mon pseudo est plus populaire que moi), le mauvais côté, tout est à faire dans les deux sphères.
Et on peut dire ce qu'on veut, les gens ne sont pas vraiment capable de dissocier ton toi normal de ton toi écrivain. À part tes amis écrivains ;)
J'entends souvent: c'est tellement toi... euh... non.
Donc... y'a des bonnes et des mauvaises choses dans les deux côtés (et oui, la job change tout, de ce côté-là).

Keven G. a dit…

Je pense que les gens ont parfois de la difficulté à dissocier l'oeuvre de l'auteur, tout simplement. Et même là, il y a une marge entre l'auteur, et l'humain qui se cache derrière. Il y a peut-être des exceptions, je pense à Dulac à Québec qui voulait battre des enfants comme ''oeuvre artistique''. Bref, le débat est lancé, mais je suis plutôt de l'avis de Gen. Je suis pas trop pseudo ...

Sébastien Chartrand a dit…

Je ne suis pas très pseudo non plus... mais bon, considérant mon choix de carrière... effectivement, comme dit Gen, les parents capotent pour rien, surtout avec (musique sinistre et faible éclairage) un HOMME au primaire (hurlement et thème du film de Psycho).

Toutefois, pour revenir au sujet principal, un auteur a le droit de tout faire sous son nom. Les touche-à-tout sont nombreux au Québec et cela montre, je pense, un grand talent qui consiste à démontrer une habileté pour plusieurs lectorats. C,est tout à l'honneur de l'écrivain.

richard tremblay a dit…

Ce qui est amusant, parlant de Sernine, c'est qu'il s'agit d'un pseudo !

Gen a dit…

@Richard : Oui, mais un pseudo qui est rendu plus connu que son vrai nom! lolol! ;)

Isabelle Lauzon a dit…

Super, j'ai suscité de la discussion avec ce sujet! :)

Et puis après, je me suis absentée... Vous laissant discuter tous seuls... lolol

(Comprendre ici : vie de fous, migraine, etc.!)

Bon, je suis contente de voir que les avis sont partagés au sujet des pseudos (et oui, Richard, je savais que Daniel Sernine était un pseudo, mais c'est quasiment devenu son vrai nom au fil du temps! lolol)

L'expérience de idmuse est vraiment intéerssante, considérant qu'elle est tout à fait en mesure de parler des deux côtés de la médaille (un petit billet là-dessus sur ton blogue, peut-être?)

Sébas, dans ton cas, le pseudo devient vraiment un gros questionnement pertinent... Toute une réflexion...

En tout cas, cette discussion m'a tout à fait rassurée à propos de mon sort. Je peux très bien me permettre d'écrire pour différents publics en utilisant mon vrai nom! Ouaip! Merci à tous! :)

Claude Lamarche a dit…

Je me rappelle encore Sylvie Gaydos qui nous a fait languir avec sa Karuna. Je crois qu'elle hésitais à cause du Gaydos turc.
Personnellement, j'ai eu un tout petit questionnement à cause surtout de mon prénom, mais avec une photo à l'arrière... et puis je suis habituée à me faire poser la question.
Mais je n'ai pas hésité pour le genre: j'ai publié pour les jeunes, pour les adultes, des essais, des nouvelles.
Non, n'hésite pas et puis Isabelle Lauzon, il n'y en a pas deux.

Claude Lamarche a dit…

Zut: hésitait

Isabelle Lauzon a dit…

À Claude : Hihi! Merci pour le "Des Isabelle Lauzon, il n'y en a pas deux"! Bon, les Isabelle Lauzon sont légion au Québec (juste chez mon optométriste, je crois que nous sommes 4 clientes...), mais des Isa comme moi, il ne doit pas y en avoir beaucoup... ;)