29 septembre 2013

Littérature policière vs moi

Avertissement : Ce billet dévoile un côté méconnu de ma personnalité. Vous voilà avertis... ;)

J'éprouve parfois l'envie d'élargir un peu mes horizons littéraires, ce qui m'est arrivé récemment. Je furetais à la bibliothèque municipale et je suis tombée sur "Postmortem", de Patricia Cornwell. Et tiens, une fois n'étant pas coutume, j'ai eu envie de lire ce roman policier non-québécois.

D'ordinaire, je dois dire que je préfère les littératures de genre qui penchent du côté de la science-fiction, du fantastique ou de la fantasy. Je lis religieusement la revue Alibis, mais je tâte rarement du côté des romans policiers purs et durs.

Jusqu'ici, je ne pouvais pas dire pourquoi. Mais je crois avoir mis le doigt sur le bobo : les romans policiers ont tendance à me rendre anxieuse!

Dans Postmortem, par exemple, on parle de femmes qui se font violer et étrangler chez elles alors qu'elles sont seules la nuit. Le tueur, qui commence à drôlement aimer le concept, pousse la note de plus en plus loin et torture à présent ses victimes... Effrayant, non?

Je me connais. J'ai une petite tendance à l'anxiété, je le sais. C'est de famille. Je me suis beaucoup améliorée au cours des dernières années, mais pour cela, j'ai dû faire des choix. Entre autres : je n'écoute plus les nouvelles à la télévision et je ne lis plus les journaux.

N'allez pas croire que je n'aime pas être au courant de ce qui se passe dans le monde! Le problème, c'est que lorsque je recommence à ouvrir le journal, il y a toujours des horreurs qui me trottent en tête après. Des enfants qui souffrent, des fous qui s'attaquent à des innocents. Brrrrr!

Ça me perturbe. Je n'ai pas besoin de me mettre de pareilles choses en tête. Pour être heureuse, j'ai besoin de voir la vie en rose au maximum et ne pas trop m'inquiéter. Et je peux toujours compter sur la radio, mes collègues ou mon conjoint pour me donner un bref topo sur les nouvelles importantes de l'heure.

Ce qui est drôle, c'est que je n'ai rien contre le noir. Au contraire. J'aime en lire, en écrire aussi (mon truc chez Moebius était assez noir et j'ai d'ailleurs écrit des truc un peu sadiques dernièrement qui devraient être publiés un jour, mais ça, c'est encore un secret!)

Mais l'écrire, ce doit être différent de le lire, je suppose. Et ça doit aussi dépendre de la façon dont c'est fait. Si je m'identifie ou pas au personnage principal. Si le contexte me paraît proche de ma réalité ou non.

Quand je lis des nouvelles littéraires, il est rare que ça me perturbe. C'est court, on n'est pas trop longtemps avec les personnages et on en sort vite. Mais présentement, avec le roman de Patricia Cornwell, je réalise que si ça s'étire un peu, si les personnages deviennent un peu trop réels et le contexte un peu trop réaliste... je me mets à réfléchir un peu trop aux possibilités que ça arrive. Et la vie devient moins rose tout à coup.

Je vais replonger de temps en temps dans des romans policiers, c'est certain, mais à petite dose. Je préfère de loin les littératures moins réalistes, moins terre-à-terre de la vie courante. J'aime découvrir d'autres mondes, imaginer ce que pourrait être la vie si elle était autrement, ce que sera le futur, ce qui pourrait arriver si...

Bref, pas trop de réalisme pour moi SVP. Du rêve, de l'imaginaire, je préfère!

3 commentaires:

Isabelle Simard a dit…

Tu me fais sourire. Je lis de la littérature de genre spécialement pour les mêmes raisons : m'évader. Je lis les journaux, je n'angoisse pas, mais mon travail m'amène à côtoyer la misère en titi et cela me vide de mon énergie, car je suis empathique à leur cause et parfois je tombe dans la sympathie. Il faut donc que je travaille beaucoup au niveau spychologique pour garder une distance. On a tous nos raisons de lire de la SFF, mais la principale est de vouloir se sortir de la réalité, le temps de quelques pages.

Gen a dit…

Ah oui, ça peut faire angoisser les littératures policières?

Moi je dois dire qu'à ce sujet-là, je suis pas mal comme Stephen King : je lis (et j'écris) les pires affaires imaginables.

Comme ça, après, ma vie a toujours l'air tranquille, sage, confortable et sécurisante! ;p

Isabelle Lauzon a dit…

À Isabelle et Gen : C'est drôle, j'y songeais aujourd'hui et en fait, à l'adolescence, je carburais à tout ce qui était intense, voire gore, ça ne me dérangeait pas (évidemment, King était mon préféré!).

Puis j'ai eu des enfants... Et je suis devenue "moumoune". Surtout quand il est question d'enfants. Que voulez-vous, je n'ai vraiment plus la couenne aussi dure qu'avant! ;)