8 juillet 2013

Routine d'écriture ou pas?

Petite rétrospective avant d'entrer dans le vif du sujet, car je veux bien expliquer mon cheminement et l'importance qu'a représentée ma routine d'écriture au cours des dernières années.

Voyez-vous, j'écris depuis environ 8 ans. La crise de l'avant trentaine, j'avais besoin de m'extérioriser, il y avait trop d'idées qui tournoyaient dans ma tête. Bref, à 29 ans, j'ai décidé de plonger. Sans trop savoir dans quoi je m'embarquais, mais en sachant que pour la première fois depuis que j'avais eu des enfants, je faisais vraiment quelque chose pour moi, et pas pour quelqu'un d'autre.

Ceux qui me suivent depuis un certain temps (j'ai ouvert ce blogue il y a 4 ans et demi) m'ont vue évoluer. J'ai commencé par des ateliers d'écriture de mon quartier. J'ai fait différentes expérimentations. J'ai eu le plaisir de voir certains de mes textes publiés, j'ai remporté quelques prix, j'ai découvert le milieu littéraire de la SFFFQ.

Et toujours, au fil de ces années, j'ai cherché à augmenter le nombre d'heures que je consacrais à ma passion dans une semaine. Parce que ce n'était jamais assez.

Au tout début, mes enfants étaient plus jeunes, mon boulot très prenant et mon conjoint beaucoup moins présent (à cause de son ancien boulot). Si j'avais une demi-heure à moi par semaine, c'était beau (ou alors, je devais me lever à 5 h 30 le weekend pour pouvoir écrire!). Bien souvent, j'étais trop brûlée morte pour écrire lorsqu'il y avait un trou à l'horaire (généralement, après 21 h!). Et trop souvent, frustrée de ne pas avoir de temps à moi. (Note : Aujourd'hui, je comprends que j'avais surtout tout un travail à faire de mon côté pour me sentir moins coupable "d'abandonner" les miens pour penser à moi... Tiens, ai-je tout à fait réglé ce point à ce jour? Hum, pas sûre... Enfin, revenons au sujet présent!)

Puis mon conjoint a changé d'emploi. Au bureau, j'ai commencé à négliger mes collègues de travail pour pouvoir écrire durant mes pauses. Des textes, des billets de blogue, peu importe, je voulais écrire et m'extérioriser.

Puis mes enfants ont grandi et m'ont moins accaparée. J'ai changé d'emploi à mon tour pour récupérer une journée par semaine (pour moi, mais aussi pour arriver à tout faire, parce que ça commençait à m'en faire beaucoup à gérer).

Au fil de tous ces changements, étape par étape, j'en suis venue à m'instaurer une routine d'écriture. Il y a 2 ou 3 ans, j'en étais à 5 heures minimum par semaine. Puis, il y a plus d'un an, je suis tombée à 7 heures minimum. Depuis le début de l'année, j'ai souvent atteint 10 heures par semaine.

À ceux qui n'ont pas toutes les obligations qui vont de pair avec la combinaison d'un emploi,  de deux enfants, d'un conjoint et d'une maison, ça peut sembler peu. Oui, c'est peu, lorsque la passion nous consume et que nous ne rêvons que d'une chose : nous asseoir derrière un clavier et nous plonger dans nos mondes imaginaires.

Pour moi, c'est beaucoup. Pour en arriver là, j'ai fait certains sacrifices. J'ai coupé des dîners avec mes collègues. J'ai coupé des soirées avec ma famille. Certaines semaines, il était plus difficile de respecter mon quota d'heures, car il y avait un événement spécial, des tâches particulières, des rendez-vous à gauche et à droite. Alors je coupais ailleurs. Je me levais tôt le dimanche matin alors que les autres faisaient la grasse matinée.

Et tiens, vlan, il y a environ un mois, je me suis lassée de cette routine d'écriture que j'avais instaurée et respectée pendant des années. Ras-le-bol! J'en étais arrivée au point où je me disais que tous ces petits sacrifices que je faisais pour arriver à écrire un minimum d'heures par semaine n'étaient peut-être plus nécessaires, voire valables.

Alors j'ai levé le pied. Je me suis dit que j'allais prendre congé d'écriture pour quelques semaines pour voir ce que ça donnerait. Et là, surprise, j'ai écrit quand même. En me sentant libre et non pas obligée de respecter un ratio d'heures. Et j'y ai pris un grand plaisir.

Voilà, c'était probablement de cela dont j'avais besoin. De liberté. Alors je me suis amusée, j'ai expérimenté, j'ai fait du ménage dans mes projets. Puis il y a eu l'atelier long, un gros 5 jours à écrire en compagnie d'autres auteurs. Et ça m'a redonné la piqûre, la passion pour l'écriture, l'envie de m'y plonger le plus souvent possible.

Par contre, depuis l'atelier long (il y a un peu plus d'une semaine), je n'avais pas encore décidé ce que j'allais faire de ma routine d'écriture. Allais-je la reprendre ou bien y aller de façon plus libre, en me fichant du nombre d'heures que ça donnerait?

Hier soir, j'ai fait un constat : sans un horaire d'écriture fixe, j'écris beaucoup moins. Si je ne m'établis pas des moments d'écriture à l'horaire, il y a toujours autre chose qui prend la place. Des travaux au sous-sol, des tâches ménagères, des sorties... J'ai une vie occupée et des milliers de tâches et d'activités qui n'attendent que mon bon vouloir. Je pourrais me lancer à fond là-dedans et ne plus jamais avoir de temps pour moi, il y aurait toujours quelque chose à faire. Pas bon, ça. Il faut bien que j'existe quelque part, que je m'accomplisse en tant que personne, que j'aie une petite case horaire à moi de temps en temps...

Alors voilà, je crois bien que la pause est finie. J'ai plein de projets sur la table et j'ai envie de les rendre à terme un jour. Et pour cela, j'ai besoin de temps. Ils ne s'écriront pas tout seuls, ces projets-là!

Donc, je replonge dans ma routine d'écriture. Peut-être d'une façon différente, peut-être en variant mes horaires de semaine en semaine pour ne pas m'en lasser, mais cette routine est le seul moyen que j'ai trouvé pour arriver à atteindre les buts que je me suis fixée (en attendant de gagner à la loterie, bien entendu!). 7 heures par semaine, ce sera encore ça pour l'instant, mais j'entends bien réussir un jour à augmenter ce ratio.

La discipline, il n'y a que ça de vrai quand on veut atteindre nos objectifs!

5 commentaires:

Caroline Simard a dit…

Je suis tout à fait d'accord, la discipline est essentielle pour atteindre nos objectifs. Toutefois, il ne faut pas non plus oublier de garder du temps pour le reste, sinon on risque de perdre l'intérêt pour nos objectifs. Il faut donc rester attentif à ses besoins, car le bon équilibre peut varier dans le temps.

Isabelle Lauzon a dit…

À Caroline : Bravo de le souligner, l'équilibre, c'est ça qu'il faut cibler avant tout!

Parfois, il suffit de bien peu de choses pour le briser ou le rétablir. On part avec une recette magique, on pense que ça va toujours fonctionner... Eh ben non! Faut toujours se réajuster. Parce qu'avec le temps, les paramètres et les priorités changent, les objectifs aussi! :D

Gen a dit…

Étant une grande partisane des routines, je crois que tu fais bien de t'en recréer une.

Par contre, y'a une chose qu'il ne faut pas oublier avec les routines et l'auto-discipline, peu importe le domaine : les pauses de routine, c'est sain et, parfois, ça permet de les réviser et de les ré-adapter à nos réalités.

Hélène a dit…

Les routines, c'est comme les régimes. Il est plus sain de les suivre disons 80% du temps et se permettre de petits écarts à l'occasion, pour une vie équilibrés sans se sentir constamment privée. Alors bonne routine!

Isabelle Lauzon a dit…

À Gen : Bon, je le saurai à l'avenir, que j'ai le droit de m'accorder des pauses! Moi, je me disais que si je le faisais, je risquais de tout lâcher, alors je tenais bon coûte que coûte... :P

À Hélène : Personnellement, je viserais plutôt 90 %, mais j'aime le concept! :)