18 mai 2013

Tapon du mois ou Nounoune du jour

Gen, avec son billet d’hier à propos du « tapon du mois », m’a remis en mémoire un jeu amusant que l’une de mes anciennes collègues avait inventé : Le trophée de la « Nounoune du jour ». 

Nous travaillions alors dans un cabinet de comptables agréés dans lequel, la majorité du temps, il n’y avait que des femmes employées. Parmi les patrons, il y avait deux hommes, mais ils n’étaient pas éligibles au prix… Tout de même, on se gardait une petite gêne!  

Dommage que les clients n’aient pas été éligibles non plus, car comme le raconte Gen dans son billet, dans notre cas aussi, certains auraient bien mérité le trophée… De même que certains employés du gouvernement!  

Mais non, nous avons plutôt gardé ça entre nous, une gang de fille qui dînait ensemble et se croisait le reste du temps dans les couloirs, à courir de part et d’autre pour satisfaire les exigences des clients et des patrons, à produire des dossiers, à régler des problèmes et, pourquoi pas, à rigoler de temps en temps pour évacuer la pression! 

Un jour, je me rappelle très bien, j’avais fait du ménage dans un racoin et j’avais trouvé des vieilleries trésors (ex. : vieilles tasses, bidules à l’utilité inconnue, babioles données par des clients).

Les associés m’avaient donné la permission de m’en départir, mais cette collègue (assez facétieuse et rigolote dans sa nature) a mis la main sur un vieux vase blanc, en plastique de mauvaise qualité, tout juste bon pour la poubelle. Du moins, dans la tête de tout le monde, sauf la sienne!

Cette collègue a apporté ledit vase chez elle et elle s’est amusée à coller dessus tout plein d’autocollants de sa fille (de jolis cœurs, des fleurs et autres trucs du genre), puis elle a inscrit, bien en évidence, les mots « Trophée de la nounoune du jour ». 

Et là, le jeu a débuté. Celle qui disait une énormité ou qui faisait une erreur mémorable se voyait décerner le quétaine magnifique trophée, qu’elle devait laisser sur son bureau jusqu’à ce qu’une autre fasse une niaiserie. Pas facile pour moi, qui étais à la réception… Je m’arrangeais pour que les clients ne le voient pas!

Après toutes ces années, il me reste quelques exemples de niaiseries méritoires en tête : 

Une collègue en congé de maternité vient nous présenter son charmant bébé, tout de rose vêtu. Une autre demande étourdiment : « ‘C’est un garçon ou une fille? » (celle-là, elle a par la suite remporté le trophée de la Nounoune de l’année!) 

Durant la période des impôts des particuliers, un client demande s’il peut déduire la prothèse dentaire de sa belle-mère (à sa charge). Et l’une de mes collègues lui répond en riant que non, seules les siennes et celles de sa femme sont déductibles, mais s’il n’en a pas, on peut toujours lui péter les dents! (le client ne l’a pas trouvée drôle du tout et elle a dû s’excuser!!! Hihi!) 

Un client promet à ma collègue de nous apporter son chèque bientôt. Et elle lui rétorque en riant que oui, il ne faudrait pas qu’il nous oblige à aller lui casser les deux jambes! (Il a ri sur le coup, puis il a raconté ça à sa femme, qui n’a pas du tout trouvé ça drôle et a fait une plainte au patron!). 

Une collègue, en voulant changer la bouteille d’eau, l’a échappée et a fait un méchant dégât! Bon, elle n’était pas d’accord pour recevoir le trophée par contre, car elle disait qu’elle avait fait ça pour aider et nous éviter d’attendre qu’un patron le fasse enfin, alors je ne sais plus si on lui a accordé ou non cette dérogation… 

Il y avait aussi toute la panoplie des erreurs courantes, du genre : déchiqueter un document important par erreur, passer un temps fou à balancer des chiffres et se rendre compte qu’on a fait une erreur stupide, imprimer une quantité phénoménale de documents et réaliser que le bas de page ne fonctionne pas à cause d’un oubli et qu’on doit tout gaspiller, raccrocher par erreur la ligne au nez d’un client, oublier ses souliers à la maison en hiver et être obligée de porter ses bottes toute la journée, répondre une étourderie à un client ou un patron… C’était assez étonnant de voir à quel point on pouvait en faire des bêtises, chacune de notre bord!  

J’en oublie et c’est bien dommage. J’aurais dû les écrire dans ce temps-là. Bon sang qu’on a pu rire, avec cette histoire de trophée! 

On en est venues à nous surveiller nous-mêmes pour éviter à tout prix de le recevoir! Tellement qu’il s’est mis à dormir de plus en plus longtemps sur le bureau de la dernière récipiendaire, qui finissait généralement par se lasser et le mettre dans un coin. 

Ce jeu nous a permis de nous rendre compte de certains traits de caractère de nos collègues : certaines étaient plus orgueilleuses, d’autres savaient bien rire d’elles-mêmes… Il y en a qui camouflaient leurs niaiseries et d’autres qui, au contraire, se faisaient un malin plaisir de les avouer au grand jour et d’aller réclamer elles-mêmes leur trophée! 

Après des mois de plaisir, le jeu a fini par s’arrêter de lui-même, mais que de plaisir nous avons eu! Il faut dire que dans les bureaux comptables, il y a beaucoup de roulement de personnel et ça change la donne. Le jeu n’était plus aussi amusant par la suite. 

N’empêche, je suis contente que ma collègue de jadis ait eu cette idée cocasse. Ça nous a tellement fait rire au quotidien!

3 commentaires:

Hélène a dit…

Quelle belle histoire de camaraderie au travail. Et je comprends que parfois, certaines ne devaient pas avoir envie d'étaler leurs maladresses en publique. Je suis déjà pointée au travail avec un soulier brun et un noir, talons de deux hauteurs différents! Je m'étais habillée dans la pénombre. J'en ai ri moi-même et l'ai montré à mes collègues. L'une d'elle n'en revenait tellement pas qu'elle m'a agacé des mois avec ça, et à la fin je ne la trouvais plus drôle. Certaines prennent trop de plaisir à rire des autres.

Gen a dit…

Lolol! J'vais dire comme Hélène : fallait que tu aies une gang de collègues vraiment sympathiques pour que le jeu soit drôle.

J'ai pour ma part eu des collègues avec lesquelles ça aurait rapidement tourné au vinaigre.

Mais j'ai aussi eu des collègues avec lesquelles ont avait imaginé des folies du genre : celle qui faisait le plus de gaffe dans la semaine payait les Tim Bits le vendredi matin. C'était le bon temps! ;p

Isabelle Lauzon a dit…

Hélène : Oui, je te comprends, c'est pas pour rien qu'on dit que les blagues les meilleures sont les plus courtes... Dans notre cas, je ne crois pas qu'il y ait eu ce genre de surenchère, enfin pas souvent. En général, une autre finissait toujours par faire une autre niaiserie et c'était celle-là qui roulait, puis une autre ensuite... On riait sur le coup, puis on finissait par en revenir (fallait bien travailler aussi!) Mais c'est sûr que je n'aurais pas pu jouer à ce jeu avec tous les collègues que j'ai eus. Disons que c'était vraiment une gang exceptionnelle à cette époque là... Souvenirs, souvenirs! :)

À Gen : Oh oui, t'as raison, il y a moyen de faire du trouble en masse avec ce genre de jeu! C'est pour ça que je ne lancerais jamais un autre concept de ce genre. Ça a été fait dans un cadre exceptionnel, avec des gens exceptionnels, et même les meilleures choses ont une fin... heureusement! :)