8 mai 2013

Brins d'éternité 35 ET Les naufragés de Dakta

Lors du lancement de Brins d'éternité no 35, au Congrès Boréal, le 4 mai dernier, Guillaume Voisine a prié chacun des auteurs de parler de son texte.

Pierre-Luc Lafrance a tiré des "ooooohhhh" aux filles en expliquant dans quel contexte sa nouvelle "L'homme qui faisait pousser les mots" a été écrite (pour sa conjointe, et déclamée en guise de cadeau de Saint-Valentin, oooooooohhhh!) J'avais déjà lu la première version de cette nouvelle chez l'Ermite (Pierre-Luc avait remporté le 2e prix au Concours les 1000 mots), mais cette version-ci est encore meilleure et plus émouvante.

Caroline Lacroix a résumé le contenu sa nouvelle "Païja", puis s'est exclamé ensuite : "Je la vends vraiment mal, hein?" (rire) Mais non, Caro, tu m'as intriguée avec tes anges et d'ailleurs, je viens de terminer ta nouvelle et je l'ADORE!

Geneviève Blouin, qui parlait ici pour elle et son mari Vincent Chevalier, puisqu'ils ont coécrit Le vaisseau CHOV, une "anti-pièce à la Ionesco, dans un contexte science-fictif", nous a expliqué que Vincent avait eu l'idée, qu'il avait écrit le premier jet et qu'elle avait ensuite "mis du style là-dedans". Je ne l'ai pas encore lue, mais il paraît que c'est jouissif.

Bernard Ducharme, quant à lui, n'a pas été très éloquent en ce qui concerne sa nouvelle. Il nous a brièvement parlé d'un personnage qui est en train de se faire poignarder, et à qui il va arriver toutes sortes de choses, des réflexions... Bref, je pense qu'il ne voulait pas vendre la mèche! À nous, donc, de lire le tout pour voir ce qu'il en est! ;)

Pour ma part, je vous dirai que l'improvisation devant public et moi, ça fait deux. Surtout quand il faut que je parle de mes trucs devant autant de gens. Je n'avais pas envie de faire un résumé de ma nouvelle, je préfère que les gens se fassent leur propre idée, alors j'ai plutôt parlé du processus qui a mené à sa publication, processus qui ressemble à ceci (avec bonification après coup, ça fait du bien d'avoir eu le temps d'y réfléchir) :

Le premier jet a été fait au début 2011, avec l'objectif avoué de présenter ma nouvelle aux membres de l'atelier court 2011 d'Elisabeth Vonarburg. Je savais alors que je voulais mettre en scène deux personnages, soit : Maïri, une jeune femme naïve et Tadji, un androïde chargé de sa protection. Tous deux auraient abouti sur la planète Dakta il y a 19 ans et, puisque Maïri n'aurait pas eu de contacts avec les siens durant toutes ces années, elle n'aurait pas évolué de façon normale et serait demeurée une femme-enfant. C'est à ce moment que Saref, un être de sa race, arriverait dans le portrait et que les problèmes débuteraient...

Les participants et Elisabeth ont commenté ma première version et ce qui est ressorti, c'est que plusieurs n'y retrouvaient pas leurs repères habituels. En effet, mon androïde n'était pas mû par les fameuses "Trois lois d'Asimov", ce qui le rendait aux yeux de certains peu cohérent.

Ma première réaction a été "Trois lois?", aussitôt suivie de "Mais qui est donc Asimov?" (rire - vous pouvez vous bidonner, vous avez le droit!)

Gen a mentionné ce savoureux souvenir devant la bande du lancement de Brins d'éternité et on m'a joyeusement montré la porte. Je sais, je suis inculte et ignare, que voulez-vous! Je ne vais au Congrès Boréal que depuis 2009, je vous le rappelle. Il faut bien que je prenne le temps de m'éduquer, je pars de loin! ;) (et j'en profite pour rappeler que je suis une fan finie d'Asimov à présent!)

Eh bien! En atelier, la Grande Dame m'a défendue (wow!) et a rétorqué qu'il ne s'agissait pas d'un robot, mais d'un androïde, ce qui était tout à fait différent. Et, de plus, nul n'était forcé de se référer aux lois d'Asimov. Il était possible d'innover, surtout en présence d'une race extraterrestre (ce qui est le cas dans ma nouvelle).

Alors, merci bien Elisabeth, mais j'ai tout de même tenté d'être une bonne fille et d'implanter les trois lois d'Asimov dans ma nouvelle (que voulez-vous, je suis comme ça, je veux faire plaisir à tout le monde!). Ça n'a pas du tout fonctionné.

En fait, je crois que je me devais avant tout de respecter mon idée première avec ce texte. Je ne voulais pas que l'androïde ait des sentiments, mais quelque part, il fallait qu'il en ait, d'une certaine façon. Je voulais comprendre de quelle manière il pouvait percevoir les choses, ses motivations, ses réactions. J'ai découvert en cours de route que je voulais m'aligner sur lui, pas sur Maïri (d'ailleurs, j'ai essayé de faire le contraire et ce n'était pas du tout la bonne approche, pas plus que ma tentative de faire ça de façon hybride).

La vision de Tadji l'androïde, donc, d'un bout à l'autre. Pas facile, de se mettre dans la peau d'un androïde! Mais, au fil des versions, je me suis prise d'affection pour mon Tadji.

Vous aurez sûrement saisi que j'ai énormément travaillé sur cette nouvelle avant qu'elle n'aboutisse à cette publication chez Brins d'éternité. Et je n'étais pas seule, plusieurs personnes ont contribué à ce résultat final : les participants de l'atelier court de 2011, dont Gen et Elisabeth, puis Guillaume Voisine, directeur littéraire chez Brins d'éternité (sans oublier la réviseure, bien entendu, mais je suis plutôt fière de dire que rendue là, il n'y avait plus grand chose à retoucher!). Un gros, gros merci à tous ces gens.

Je n'ai pas de honte à mentionner que j'ai été aidée dans mon processus. L'atelier court d'Elisabeth a représenté un gros pas en avant en ce qui me concerne et je garderai toujours en souvenir ma nouvelle Les naufragés de Dakta comme une preuve que oui, il est possible de travailler fort, de s'améliorer en cours de route et d'atteindre ses objectifs.

Oh! Une dernière mention en terminant, pour la superbe illustration de la page couverture (signée par Aurélien Police). Et aussi pour celle de la page 11 (signée par Tina Mailhot-Roberge), qui a suscité une petite émotion en moi (snif!) : on y voit Maïri et Tadji, représentés d'une façon qui m'a énormément plu. Ça m'est allé droit au coeur (bon sang que je me ramollis en vieillissant, moi!)

Pour commander la revue, c'est ici. Je suis en train de la lire et laissez-moi vous dire qu'elle en vaut la peine, c'est un sacré bon numéro! ;)

5 commentaires:

Karine Bergevin a dit…

Vous me donnez trrrrrès envie de lire ce numéro de la revue! C'est ce qu'on appelle mettre quelqu'un en appétit.

Hélène a dit…

Très intéressant! Il faudra lire ça, mais je crois que je ne l'ai pas encore reçu, ça commence à m'inquiéter. Parfois ça a été long dans le passé.

Isabelle Lauzon a dit…

À Karine Bergevin : Bienvenue chez moi! Je ne voudrais pas en rajouter, mais rien que la nouvelle de Pierre-Luc Lafrance vaut déjà le détour à elle-seule... Je la recommanderais à toute personne en couple, c'est vraiment beau! :)

À Hélène : Faut laisser le temps à l'équipe de se remettre du Boréal! Le lancement officiel était samedi, alors le temps qu'ils fassent leurs comptes pour voir ce qui a été remis ou pas là-bas, quels sont les abonnés qui n'ont pas reçu leur copie... En comptant qu'ils doivent dormir un peu de temps en temps à travers leurs nombreuses occupations... L'un dans l'autre, je dirais que tu devrais l'avoir bientôt! ;)

Caro a dit…

Ah ben! J'avais raté ta critique! Contente que ma nouvelle t'ait plu. :-) C'est un numéro que j'ai vraiment beaucoup aimé et le lancement a été fort sympathique. Ton robot (androïde, pardon!!) mérite sa place au panthéon des créatures de métal. J'ai beaucoup aimé!

Isabelle Lauzon a dit…

À Caro : Hé, merci! :D Ouais, attention, faut dire "androïde", sinon la Grande Dame va nous écharper... LOLOL