20 février 2013

Cent fois sur le métier...

Y a-t-il une limite à ce qui peut être retravaillé dans un manuscrit? Je commence à en douter. Il me semble qu'il y a toujours matière à amélioration.

Si je mets un texte de côté six mois, je peux être certaine que je lui trouverai une multitude de défauts en le relisant.

Si un lecteur aguerri lit un texte que, dans mon inconscience et ma naïveté, j'estimais (presque) parfait, il y a peu de chances pour que je m'en tire sans dommages.

Car rien n'est parfait, jamais. On peut travailler, retravailler, réviser, revoir au complet, retravailler encore et re-réviser, il y aura toujours des adverbes en trop, des répétitions de mots, des incohérences, des personnages qui agissent de façon contradictoire à leur nature, des fautes d'orthographe oubliées...

Je ne l'ai pas dit souvent ici, mais j'adore la révision. C'est l'une des plus belles étapes de l'écriture!

Le premier jet, c'est super aussi : se lancer dans le vide, sortir les idées de notre tête et les voir prendre forme, ...

Mais la révision, l'étape du peaufinage, est aussi prenante. J'aime m'interroger sur tous les petits détails, tenter de trouver une meilleure façon de présenter certains éléments, me creuser la tête pour régler des questionnements survenus en cours de route, m'amuser avec Word et Antidote à dénicher un maximum d'erreurs ou d'horreurs (adverbes en -ment et participes présent, ce sont deux de mes gros tics d'écriture, je l'avoue!).

J'adore voir à quel point il est possible d'améliorer ce qui aurait pu être pris pour acquis. À quel point un texte que je supposais prêt ne l'est pas.

Une de mes amies (non auteure) me dit parfois qu'à ma place, elle serait découragée. D'accord, je le suis parfois. Lorsque je reçois des commentaires d'un lecteur, d'un directeur littéraire ou d'un réviseur, j'ai toujours un peu peur d'ouvrir le fichier en pièce jointe. Que me réservera-t-il? Je crains le pire et tiens, ça n'arrive jamais... Ou alors, je commence à avoir une bonne carapace!

Parfois, il arrive que ce ne soit juste pas le bon moment pour entamer un retravail. Parfois, j'ai besoin d'une journée ou deux pour laisser mijoter les commentaires. Puis ça me prend : j'ai besoin de me mettre à l'ouvrage. Ce n'est pas parfait? Eh bien, je m'arrangerai pour que ça le devienne... ou presque!

Ces derniers jours, ces dernières semaines, j'ai été occupée à mettre la dernière main à mon projet de série jeunesse S, tome 2. Ça s'en vient, je serai bientôt prête à le soumettre à des éditeurs, mais je ne suis pas encore prête. Il y a encore tout plein de détails à améliorer. Ma traque des horreurs n'est pas terminée. Hum, si je m'écoutais, elle ne le serait jamais...

Il faudra bien que je me décide à soumettre mon oeuvre, même si je sais qu'elle sera toujours imparfaite. Avec l'espoir que quelque part, un éditeur la jugera digne d'attention et aura envie de me pousser à la retravailler.

Je viens tout juste de terminer un retravail sur un truc qui sera publié d'ici quelques mois... et je jubile! Tous ces petits défauts qui viennent d'être corrigés! En envoyant mon texte ce soir, j'étais euphorique.

Sentiment d'accomplissement, de réalisation. Ça devient vite une drogue, n'est-ce pas? D'accord, j'avoue que je suis peut-être un peu intense dans mon genre... ;)

5 commentaires:

Isabelle a dit…

Tout à fait d'accord avec toi! Moi aussi j'adore la révision! Contente de voir que je ne suis pas le seul spécimen de ce genre :)

ClaudeL a dit…

Ben on est trois alors. Il faut dire qu'avec l'expérience et quelques lecteurs externes, on sait un peu plus quoi regarder, quoi changer, tandis qu'au début, la révision était vite fait et manuscrit vite envoyé.

Gen a dit…

Les boulots les plus difficiles sont les plus gratifiants.

Voilà pourquoi la révision, c'est aussi grisant! :)

Mais je vais dire comme toi : des fois, il faut attendre, se mettre dans le bon état d'esprit. Rien de pire que de s'attaquer à une révision quand on est déprimés.

Et maudit que j'ai hâte de lire la version finale de ce texte-là en particulier! :) Tsé quoi? J'pense qu'on sera dans le même numéro! :)

Pat a dit…

Intense?

Mais c'est beau, l'intensité, quand c'est au service d'un projet qui nous tient à coeur!

Continue d'écrire, de corriger, de réviser... :)

On a tous hâte de lire, oui oui, même tes non-beta-lecteurs!

Isabelle Lauzon a dit…

À Isabelle : C'est ce qui est merveilleux avec les blogues : On découvre qu'on n'est pas le seul specimen extraterrestre à vivre sur terre! ;)

À ClaudeL : C'est sûrement pour ça qu'on met plus de temps à retravailler une fois qu'on a goûté à la direction littéraire et à la révision. On se dit que cette fois, ils trouveront moins de choses à améliorer... Et puis tiens, non, au final ça se ressemble pas mal, c'est juste qu'on passe moins de temps sur les peccadilles et davantage sur des éléments plus importants! Pas moyen de s'en sortir... Hihi! Pas grave, j'adore ça! :)

À Gen : Ouiiiiii! Je croise les doigts!!! Justement, je me disais que ton truc s'en venait sûrement. Dans le même numéro que la grande Geneviève Blouin et son illustre Vincent... Ouah, je serais aux anges! LOL Surtout que le lancement, en principe, se fera tu-sais-où... Avec plein de monde de la gang, yé! :D

À Pat : Écriture et intensité, ce sont presque des synonymes! Ah! Un de ces quatre, j'espère bien que vous aurez davantage l'occasion de me lire. J'ai plusieurs trucs en chantier, reste à savoir si et quand ça sortira... ;)