2 février 2013

Ah! Cette J.K. Rowling!

Allez, amis auteurs, avouez-le : Vos proches vous ont déjà sorti ce que j'appelle "l'argument J.K. Rowling".

J'en suis certaine. C'est L'ARGUMENT massue, celui qu'il faut absolument invoquer pour réconforter un proche auteur lorsqu'il désespère de pouvoir un jour se tailler une place dans le merveilleux monde littéraire. Oui, c'est l'argument à utiliser... surtout si on n'est pas soi-même un auteur!

Car c'est bien connu, J.K. Rowling a été refusée à "X" endroits avant que son manuscrit ne soit accepté. Et toutes ces "X" maisons d'édition doivent s'en mordre les doigts aujourd'hui...

Et ce miracle pourrait nous arriver à nous aussi, n'est-ce pas? On ne sait jamais! Il faut y croire, il faut travailler fort et espérer qu'un éditeur visionnaire prendra notre oeuvre et la fera cheminer à travers la planète, en la traduisant dans toutes les langues... Par ici, les succès cinématographiques et les produits dérivés! Par ici, la piscine remplie d'argent et les lingots d'or qui s'empilent dans la maison!

Mouais. C'est bien gentil tout ça, mais permettez-moi de remettre ici les pendules à l'heure.

Je ne sais pas où vous habitez (les statistiques de ce blogue m'indiquent que j'ai une forte proportion de visiteurs européens, dont une majorité de français, bonjour à vous! Si vous êtes québécois, je sais que je n'ai aucune chance de péter votre "balloune". Vous savez déjà à quoi vous en tenir...).

Alors voilà. Moi, j'habite au Québec. Seule province francophone du grand pays qu'est le Canada. Près de 8 millions d'habitants dans ce beau Québec où la langue officielle est le français... Et où nos voisins, tant les canadiens que les américains, parlent pour la plupart tous anglais.

Alors, à moins d'être traduit dans d'autres langues ou publié en France, le bassin de lecteurs potentiels est plutôt modeste. Les auteurs d'ici déplorent souvent le fait que les gens ne lisent pas assez. Certes, nos écoles travaillent très fort pour donner à nos jeunes le goût de lire... Mais il n'en demeure pas moins que bien peu d'auteurs québécois vivent de leur plume.

C'est un beau rêve, mais il faut être réaliste. Je ne crois pas que beaucoup d'auteurs du Québec soient millionnaires. On est bien loin du succès commercial de J.K. Rowling!

Se faire comparer à J.K. Rowling, c'est flatteur, c'est gentil, mais ce n'est à mon sens pas tellement réaliste. Enfin, pour une grande majorité d'auteurs. Il peut toujours y avoir des exceptions. Si c'est le cas, donnez-moi des noms SVP! Ça ferait changement de J.K. Rowling et ça m'encouragerait, de savoir que des auteurs du Québec connaissent de tels succès commerciaux.

Je me contente de sourire lorsque mes proches me sortent l'argument Rowling. J'apprécie leur soutien. Par contre, je trouve dommage qu'ils puissent songer, même une seule seconde, que c'est aussi facile.

N'en demeure pas moins que c'est bien gentil. Et j'apprécie cette marque d'affection et, oserais-je même le dire, de confiance en mes "talents". (petite grimace autodérisoire ici)

Une chance qu'on l'a, cette J.K. Rowling, n'est-ce pas? Sinon, que pourraient bien nous dire nos proches quand on désespère? ;)

11 commentaires:

ClaudeL a dit…

Avant Rowling, était une certaine Agatha Christie, avant Christie, était un certain Balzac.

Quand on désespère, il n'y a qu'un autre verbe qui fonctionne, qui n'a rien à voir avec l'argent ou le vedettariat: persévère.

ClaudeL a dit…

Je ne suis plus aussi certaine que ce soit Balzac, l'auteur qui eut tant de mal à se faire publier, mais me semble avoir lu quelque chose à ce sujet. Un auteur de l'époque de Balzac en tout cas.

Valérie Larouche a dit…

Allô Isabelle !

Beh, je crois pouvoir dire, sans trop me tromper, que Patrick Senécal vit de sa plume... Mais bon, il n'a pas la fortune de Rowling, là hein ! Même Stephenie Meyer (Twilight) n'a pas fait autant d'argent ! Hihi

Et ClaudeL, je pense qu'il s'agit de Flaubert... Pas sûre non plus, par contre...

ClaudeL a dit…

Finalement, c'est Proust. Me semblait aussi que c'était un auteur prolifique.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Du_c%C3%B4t%C3%A9_de_chez_Swann

ClaudeL a dit…

Quant aux auteurs québécois qui vivent de leur plume, il y en a quelques-uns, mais de là à dire qu'ils roulent sur l'or!

Gen a dit…

En effet, une chance qu'il y a Rowlings, sinon nos proches ne pourraient même pas espérer qu'un jour on fera assez d'argent pour qu'ils soient fiers de dire qu'ils nous connaissent! ;p

(Cynique, moi?)

Cela dit, il y a plusieurs auteurs québécois qui vivent de leur plume, même si "vivoter" serait souvent un terme plus précis.

Isabelle Lauzon a dit…

À ClaudeL : J'aime bien le "persévère"!!! Effectivement, c'est la meilleure des choses à dire. Ça, et "je crois en toi", ça aide aussi... ;)

À Valérie et ClaudeL : Plusieurs auteurs québécois "en vivent" sûrement... mais pas toujours juste de leurs bouquins! Il y a aussi les conférences, les visites dans les écoles, etc. Et ils en "vivent" peut-être, mais ne mènent pas la vie de millionnaires... ;)

À Gen : Cynique, toââââ? Voyons donc... ;) Mais tu as 100 % raison! Avec cet exemple en tête, nos proches peuvent tenter de se convaincre qu'on fait tout ça dans le but bien précis de devenir riches... LOLOL Et oui, comme je le disais aux autres, les auteurs québécois "vivotent" pour la plupart... Mieux vaut connaître cette réalité dès le départ pour ne pas trop se bercer d'illusions! :P

Anonyme a dit…

En fait, ça n'a pas trop de sens de comparer avec des auteurs anglo-saxons. Comparons avec des auteurs québécois et disons nous qu'il est possible de (bien) vivre de sa plume. Anne Robillard doit être capable de vivre de ses droits d'auteur, surtout depuis que sa série est aussi un succès en France.
Patrick Senécal est loin d'être millionnaire (selon moi: je suis pas son comptable!) mais c'est clair qu'il reçoit un salaire annuel raisonnable de sa plume et cela depuis quelques années.
Des auteurs de séries "d'histoires de familles", comme (feu) Michel David, vendent beaucoup. Je parierais que ses ayants-droits font plus que Patrick Senécal...
Joël Champetier

Annie Bacon a dit…

Bryan Perro est probablement ce que nous avons de plus proche d'un JK Rowling Québécois.

India Desjardin vient bonne deuxième.

Isabelle Lauzon a dit…

À Anonyme (Joël) : Bien, le problème, c'est que la plupart de mes proches ne savent même pas qui est Anne Robillard et Patrick Sénécal... LOLOL (Hé! Pourquoi est-ce que je ris, moi? Au fond, c'est décourageant comme constat!)

Les gens "ordinaires", qui ne baignent pas dans le milieu littéraire, se réfèrent beaucoup à J.K. Rowling pour la citer en exemple... Justement, sans prendre en compte qu'elle vit dans un pays lointain, où les règles du jeu sont bien différentes d'ici! C'est un peu ça qui me fait soupirer.

Comparons donc des pommes avec des pommes! Si on me disait : Regarde Sénécal ou India Desjardins, ils ont réussi à se tailler une belle place, eux, je trouverais ça encourageant. Mais J.K. Rowling? Wow, si c'est ça que mes proches espèrent pour moi, je ne pourrai pas faire autrement que les décevoir! ;P

À Annie : Il y a aussi Michel J. Lévesque, qui doit être assez bien positionné dans ce palmares. Et plein d'autres auteurs aussi. Ça, c'est du concret et du possible. Je veux bien qu'on me cite ces gens-là à titre de but à espérer. Mais J.K. Rowling? Pffftt! N'importe quoi! ;)

Anne-Marie Bouthillier a dit…

elle n'as pas de succès encore, mais c'est une belle histoire. Ma mère, qui à 60 ans, s'est lancée dans l'écriture d'un roman pour se remettre d'une dure période. Après beaucoup d'années de recherche et de travail, Voyageurs de passages sortiras au mois de mai chez Hurtubise! Premier essai en plus! ça donne espoir :)