7 octobre 2012

Déconstruction

Parfois, pour construire, il faut d'abord accepter de déconstruire.

Je vis cette situation actuellement avec un chapitre. Au premier jet, ça semblait correct, mais depuis que j'ai fait quelques recherches et peaufiné mes fiches de personnages et mon arrière-monde, rien ne va plus.

Changez quelques éléments et voilà toute une scène qui doit être revue (et même, le roman!). Certains bouts ne vont plus avec les autres. Il faut accepter de les retirer, pour faire place à quelque chose de meilleur.

Quelques trucs que j'ai glanés au fil de mes expérimentations :

  • Découper le gros projet en petites parties : des sections, des chapitres, etc.  (j'en ai parlé ici).
  • Valider chaque section et refaire un mini plan pour chaque partie qui pose problème. (première étape de la déconstruction).
  • Reprendre chaque partie de ce plan et l'appliquer au récit. Changer en cours de route tout ce qui ne fonctionne pas.
  • Au passage (et c'est là le point le plus difficile) : élaguer, retirer tous les bouts qui dépassent, tout ce qui ne marche pas. Accepter le fait que ces mots ont été écrits en vain... Oui, je sais, c'est dur, mais il faut en passer par là! (de toute façon, rien n'est vain : on comprend juste ce qu'il ne faut pas faire, ce qui aide à trouver LA voie à suivre). Ce qui aide : on coupe ces bouts-là et on les enregistre dans un autre document, "juste au cas où" (mon expérience m'a montré qu'on n'y retourne à peu près jamais, mais ce n'est pas grave, il est rassurant de savoir que rien n'est perdu et qu'on peut toujours revenir en arrière).
  • Aller de l'avant. Reconstruire peu à peu, comme une araignée qui tisse sa toile (j'aime bien cette image!).
  • Et surtout, pratiquer sa patience! Toutes ces étapes demandent du temps et oui, c'est parfois décourageant... Mais quand on en vient à bout, quand on en arrive au point où le passage problématique nous satisfait et qu'il est en accord avec la vision globale du projet... Victoire!

Je dois dire que j'ai bien hâte d'en arriver à cette étape avec mon fichu chapitre en cours, parce qu'il me donne du fil à retordre...

Au moins, ça fait du bien d'en parler! ;)

4 commentaires:

ClaudeL a dit…

Dire qu'il y en a (je n'en connais pas, mais en théorie en tout cas) qui font ça d'instinct, comme certains jouent de la musique par oreille.

Sylvie a dit…

Isabelle, ton billet détruit complètement les mythes plutôt romantiques entourant le geste d'écrire. Adieu l'image idéalisée de l'écrivain qui crée dans l'extase en couchant sur le papier des mots qui sortent d'eux-mêmes sans effort. Soupir.

MDRRRRR

Isabelle Lauzon a dit…

À ClaudeL : Si ceux-là existent (malheureusement, je crois que oui, mais je les préfère les considèrer comme des génies rarissimes, Hihi!), je les trouve très chanceux. En ce qui me concerne, j'ai dû me rendre à l'évidence : je ne suis pas un génie et je dois travailler très fort pour arriver au résultat souhaité... La grande question, c'est : Est-ce que ça fait de moi une mauvaise auteure ou juste une auteure normale, dont les efforts sont tout de même louables? ;)

À Sylvie : Oooooooohhh! Désolée si je pète ta balloune! Hihi! Je crée (parfois ) dans l'extase, mais les mots sortent très rarement d'eux-mêmes... Il faut que je les extirpe de ma cervelle à grands renforts de thé vert! ;)

Si quelqu'un, dans la salle, arrive à un résultat grandiose sans travailler et sans avoir besoin de remettre cent fois son ouvrage sur le métier, un conseil, ne vous en vantez pas trop. Il se pourrait que quelqu'un construise une poupée vaudou à votre effigie... ;)

Sylvie a dit…

Ce n'est pas ma balloune que tu pètes, c'est celle de ceux qui nous admirent. hihi
Il y a tant de personnes qui pensent qu'écrire est comme un passe-temps facile. La réalité, c'est qu'écrire est un travail qui exige bel et bien sa part de sueur et de discipline.
Ton billet le montre très bien. ;))