9 août 2012

Regards dans le vide

Ah! Ces fameux regards dans le vide!

Nous avons une nouvelle au bureau. Bon, elle s’est vite rendue compte que j’écrivais. Facile. Il fallait bien que je justifie le fait que je ne dîne pas avec mes collègues le mercredi et le jeudi! Pas que je n’apprécie pas leur compagnie, loin de là, mais j’ai trouvé un moyen de gagner du temps d’écriture, qui me permet de respecter mon ratio de 7 heures minimum d’écriture par semaine (réussite totale depuis la mi-février 2012 et je n'en suis pas peu fière). Alors, j’y tiens!

Après quelques jours, intriguée par ma bizarrerie (je la comprends, les auteurs sont tout de même une race à part… Hihi!), elle m’a demandé ce que j’écrivais au juste…

Ouf! LA question piège! Difficile d’avoir une réponse toute prête. Disons que ça couvre un large éventail, dépendant de ma lubie du moment. Plutôt de petites histoires (le terme « nouvelle littéraire » ne faisant pas vraiment partie du langage commun, je préfère faire simple : de petites histoires), tant pour enfants, adolescents que pour adultes. Un projet de roman envoyé, en attente de réponses. Plusieurs petits projets, quelques prix littéraires, quelques publications. Ah! Et un blogue, aussi.

Bon, bon, je n’aime pas parler de mes trucs comme ça, en direct, je ne sais pas toujours comment présenter la chose aux non-auteurs, comment expliquer cette passion… Et si je m’emballe, c’est le contraire, je m’enthousiasme trop, je déborde trop et ouf! C’est juste trop! (ça, c'est tout moi, incorrigible!)

Un après-midi, à la pause, la nouvelle m’a trouvée assise dehors, à la table de pique-nique, les yeux perdus dans le vague. J’ai à peine réalisé qu’elle et mon autre collègue étaient sorties. Voyez-vous, je pensais à un dilemme dans un projet en cours… Oui, je pourrais faire ça… non, ça ne marche pas, si IL fait ça, alors ELLE…

Heu! Je me suis fait ramener à l’ordre par la nouvelle. Elle se demandait si j’allais bien…

J’ai rigolé et l’ai rassurée. En fait, c'est plutôt normal, comme comportement. Comme Stéphane Dompierre l’a si bien dit dans Jeunauteur, écrire, c’est 10% d'inspiration, 10% de travail acharné et 80% de regards dans le vide! Alors, il faut bien que je m’efforce de respecter ce ratio… »

Elle va finir par s’habituer, comme les autres membres de mon entourage, qui n’en font plus de cas… ;)

6 commentaires:

Gen a dit…

Lololol! Pas évident en effet d'expliquer quel genre de bibitte bizarre on est! ;)

Pour les nouvelles, je dis "histoires courtes" plutôt que "petites histoires". Parce que ouais, si tu dis "nouvelle", la réponse la plus courante c'est "dans quel journal?"

Hélène a dit…

Très drôle! Moi aussi je ne sais jamais comment parler de mes projets, mais personne ne m'aborde avec mes regards dans le vide. Soit je suis une bibitte bizarre à laisser à elle-même, soit je maîtrise l'art d'avoir l'air "méditative" ou je ne sais trop. Hum, peu probable-LOL. Je me dis qu'au moins, c'est agréable quand quelqu'un pose la question sur ce qu'on écrit, il y en a trop qui n'en font aucun cas, ça ne les intéresse pas. Alors une curieuse de plus, c'est bon.

Isabelle Lauzon a dit…

À Gen : C'est ça, exactement! Les gens pensent qu'on parlent de nouvelles dans des journaux... Alors mieux vaut simplifier! Quoique j'ai l'impression que plus je cherche à expliquer, moins les non-auteurs comprennent... ;)

À Hélène : Bof! Je dirais que la plupart des gens s'en foutent, voilà tout! Dure réalité, mais c'est ça! Alors oui, il faut l'apprécier, quand quelqu'un prend la peine de s'intéresser à ce qu'on fait! :)

Lucille Bisson a dit…

Moi, je vous envie d'avoir pu vous faire un "Speed-atelier-littéraire"...

Y aurait-il moyen d'en faire un "en ligne". Si oui, moi j'embarque c'est sûr.

Moi ce que je fais souvent, si mon chum me parle, je fais juste étirer le cou tout en continuant à écrire et je n'écoute absolument pas ce qu'il dit! Il grogne quand je lui demande de répéter ;)

Isabelle Lauzon a dit…

À Lucille : C'était vraiment hot, cet atelier! J'aimerais bien voir aussi pour une sorte d'atelier en ligne, j'en parlais justement à Gen... C'est juste de trouver la formule ET le temps, surtout... Un moment donné, sûrement! :)

Hihi! Dans mon cas, la règle est claire : ne me parlez pas quand j'écris! Ce sont des moments trop rares et qui me sont comptés. Donc, faut me laisser en profiter au maximum! (sinon, c'est moi qui grogne! Hihi!)

Lucille Bisson a dit…

En tout cas, si vous trouvez, faites le moi savoir... je suis partante ;)