10 juin 2012

Des lectures renversantes

J'ai lu récemment deux romans incroyables, tous deux des classiques de littérature de genre dont j'avais beaucoup entendu parler.

Bon, je dois être l'une des rares personnes qui s'intéressent à la SFFF et qui n'avaient pas encore lu ces classiques... Vous pouvez esquisser un sourire indulgent, je ne vous en tiendrai pas rigueur... Hihi! C'est juste que j'ai l'impression d'avoir "découvert" quelque chose... Juste un peu en retard, je sais, mais mieux vaut tard que jamais!

Tout d'abord, je viens de terminer Chroniques du Pays des Mères, d'Elisabeth Vonarburg. Magistral. Tout simplement magistral. Quel voyage, mes amis, quel voyage! J'ai été emportée dans un ailleurs... Elisabeth Vonarburg a un talent pour raconter, une pertinence dans ses choix de narration et de concepts... Bon, je m'arrête. J'ai aimé et admiré, voilà.

Juste avant, j'ai lu Chronoreg, de Daniel Sernine. Là encore, quelle oeuvre! Quelle émotion, quelle complexité, quel talent! J'en suis restée baba. Durant la lecture, je n'arrêtais pas de répéter à mon conjoint : "Wow, c'est du bon stock!" (Après tout, la lecture n'est-elle pas une drogue? Hihi!)

Un élément qui m'a frappé et que j'ai trouvé vraiment incroyable, dans ces romans (et c'est pourquoi j'ai regroupé mes commentaires à propos des deux dans le même billet), c'est que les auteurs se sont employés à déjouer certains tabous de notre société. Avec grand succès en ce qui me concerne, je dois dire.

Certains points, pris dans un autre contexte, n'auraient probablement pas passé de la même manière, avec la même acceptation de ma part. Car oui, vraiment désolée d'avoir à l'avouer, je suis plutôt conservatrice dans mon mode de vie. Par exemple, les relations amoureuses entre membres de même famille, les relations avec des prostitués mineurs et la prise de drogues, en règle générale, ne rendraient pas des personnages de fiction bien sympathiques à mes yeux. (Ooohhh! Quelle est conservatrice, celle-là! Hihi!)

Mais là, chapeau! Tous ces éléments, amenés de façon sensible, intégrés dans un univers à part, vécus par des personnages vivants, crédibles... Durant ma lecture, je me suis arrêtée pour prendre le pouls de mes réactions et j'ai été très surprise de constater que je n'avais pas envie de porter des jugements négatifs. J'acceptais, j'appréciais, je comprenais.

Et j'admirais, surtout. Quand un auteur arrive ainsi à transgresser des interdits de société, tout en les faisant accepter par le lecteur comme étant des notions normales et acceptables dans un certain contexte, dans un monde créé de toutes pièces et suffisamment étoffé pour qu'on en oublie presque la réalité... Wow! Franchement, je ne peux qu'admirer un tel talent!

Si quelqu'un a lu ces romans : vous en avez pensé quoi?

4 commentaires:

Gen a dit…

Chronoreg, ça fait trop longtemps, je me souviens à peine, sinon que j'avais aimé.

Mais "Chroniques du pays des Mères", j'adore. (J'en ai parlé d'ailleurs ici : http://laplumeetlepoing.blogspot.ca/2011/11/chroniques-du-pays-des-meres-delisabeth.html)

Le jeu avec le français à lui seul était une belle trouvaille! :) ("Ellie neige", ça m'avait tellement déstabilisée à l'époque!)

Isabelle Lauzon a dit…

Oui, bien si je l'ai lu, c'est justement suite à tes commentaires sur ton blogue et en personne, ma chère... Hihi!

Oui, le jeu avec le français, c'était quelque chose! Renverser ainsi la tendance au "masculin qui l'importe" pour en faire un féminin omniprésent partout... Ça aussi, c'était déstabilisant! Et drôlement bien travaillé, seigneur, ça donne des complexes... ;)

Anonyme a dit…

Ce sont les deux incontournables de la science-fiction québécoise en ce qui me concerne. Et ce qui est étonnant avec Chronoreg, c'est de voir à quel point ce roman publié il y a 22 ans est encore d'actualité. A relire.
Joël Champetier

Isabelle Lauzon a dit…

À Joël : C'est vrai, Chronoreg n'a pas pris une ride... :)

Des romans comme ces deux bouquins, j'en prendrais d'autres!

Des suggestions, quelqu'un?