22 avril 2012

Apprendre à dire non

Pour certains d'entre vous, le fameux concept de "savoir dire non" est peut-être inné... Ce n'est pas mon cas, mais alors pas du tout!

Souvent, je me suis sentie obligée d'embarquer dans des projets (ou des sorties ou autre concept similaire) pour la simple et bonne raison que je ne voulais pas décevoir les gens. Et vous savez ce qui arrive (parfois, fréquemment, souvent, toujours?) ensuite : je m'en voulais de ne pas avoir su dire non dès le départ.

Étant en constante recherche d'amélioration de moi-même (quoique certaines personnes considèreront peut-être qu'il ne s'agit pas d'une amélioration, au contraire! Hihi!), j'ai entrepris de mieux contrôler ma tendance à l'éparpillement compulsif, qui m'amenait à commencer beaucoup de choses, mais à en terminer bien peu.

La recette? Se poser les bonnes questions dès le départ. Voici quelques questions que je me pose maintenant avant de m'embarquer dans un projet, qu'il soit personnel, connexe au travail, relié au bénévolat ou à une levée de fonds, etc.

  1. Est-ce que j'en ai envie?
  2. Est-ce que je le fais pour moi ou pour faire plaisir aux autres?
  3. Est-ce que ça m'apportera quelque chose? (je ne parle pas du côté monétaire : sentiment d'accomplissement, fierté, bonheur d'avoir contribué à une cause, valorisation personnelle, etc.)
  4. Est-ce que le fait de m'impliquer dans ce projet viendrait nuire à mon équilibre? (je m'explique : est-ce que ça mettrait en péril mon couple, ma vie de famille, mon temps de travail, mon temps de sommeil, mes autres projets déjà en branle?)
  5. Est-ce que j'ai vraiment le temps/les moyens de m'impliquer dans ce projet?
  6. Si jamais je dis non, est-ce que je risque de le regretter ensuite?
Une fois que j'ai évalué mes réponses (ce qui prend beaucoup moins de temps à faire que d'écrire ces questions dans ce billet, en fait!), je détermine si je dirai OUI ou NON. Et une fois que j'ai décidé, c'est terminé, je ne reviens pas en arrière.

D'accord, on peut passer pour un égoïste quand on dit non. Oui, il se peut que les gens nous aiment moins. C'est sûr, car on n'ira pas dans la direction qu'ils souhaitent! Par contre, personne n'est au service de personne. L'implication, c'est très personnel. Chacun donne ce qu'il peut/veut.

Et tiens, je me pose une question : est-ce que les gens vont toujours dans la direction que MOI, je souhaite? Réponse : NON! Et c'est bien comme ça. C'est la vie!

Quand on a envie d'embarquer dans un projet et de s'impliquer à fond, c'est parfait. Quand on hésite... mieux vaut se poser les bonnes questions avant de plonger!

Note : Vous l'aurez peut-être deviné, mais j'ai refusé récemment de m'impliquer dans non pas un, mais bien deux projets. Et... je n'ai aucun regret, au contraire, je suis fière d'avoir réussi à dire non!

4 commentaires:

Isabelle Simard a dit…

Bravo! J'ai eu aussi à apprendre à dire non dans le passé et je suis heureuse d'avoir appris.

Je donne souvent l'impression à mon Homme d'être la rabat-joie car je lui demande de limiter les activités des enfants. Il faudrait que je lui fasse lire ton billet.

Gen a dit…

Ce qui me dérange le plus quand je dis "non" et que je passe pour une égoïste, c'est quand j'analyse ce que la personne en face fait pour les autres et que je constate qu'elle tente de me faire sentir coupable alors qu'elle-même ne se sacrifie pas beaucoup.

D'habitude, ça aide à rendre le "non" bien ferme et décidé!

Sans être toujours dans la logique du donnant-donnant, un moment donné faut un minimum d'équité en ce bas monde!

Hélène a dit…

Ton billet sonne une cloche, surtout du côté culpabilité. Moi je vis dans le monde communautaire ou tous font un peu de bénévolat par défaut. Des fois c'est difficile de dire non mais je mets souvent mes limites. Parfois je dois me justifier, passer pour l'égoïste ou simplement culpabiliser parce qu'on ne m'a rien dit mais... On n'a pas tous ma même vie, la même énergie, les mêmes besoin ni les mêmes valeurs. En autant qu'on soit conséquents avec soi-même, c'est ce qui compte. Bref, félicitations de suivre tes propres priorités.

Isabelle Lauzon a dit…

À Isabelle : Un moment donné, apprendre à dire non, ça devient une question de survie... Et pour les enfants, moi, je suis un peu à l'ancienne mode : laissons-les donc s'ennuyer un peu de temps en temps, plutôt que de leur bâtir un horaire digne d'un PDG d'entreprise! S'ennuyer, c'est un bon moyen pour stimuler sa créativité... Mais ça, c'est mon opinion, hein, je passe souvent pour une pas fine parce que mes enfants ne sont pas surchargés de cours les soirs et les weekend!!! ;)

À Gen : Effectivement, ça, c'est un bon point... Et au-delà du donnant-donnant, il y a toute une question de ce qu'on est prêt à donner... On n'est pas tous pareils, on n'a pas tous la même réalité, les mêmes occupations, les mêmes responsabilités... Ni le même goût pour le don de soi. Donc, ça demeure très personnel. Et de plus en plus, j'apprends à me respecter là-dedans... Et à me foutre de ce que le monde pense! :P

À Hélène : Boooonnn! Tu vois, tu penses comme moi!!! Dans ton cas, par contre, c'est un peu plate, ton milieu n'aide pas à te sentir moins coupable... Mais affirme-toi! Un moment donné, c'est bien beau d'aider les autres, mais il faut aussi vivre sa vie comme on l'entend... :)