12 mars 2012

Un pas à la fois

Savez-vous depuis combien de temps j'écris? 6 ans. Oui, juste 6 ans!

Pour ceux qui n'ont pas lu les rares billets où je parle de mes débuts dans le merveilleux monde de l'écriture, un petit récapitulatif :

À 29 ans (soit, il y a 6 ans, ce qui me donne 35 ans aujourd'hui, je n'ai pas honte de l'avouer), j'ai fait un bilan de vie. Ce qui en est ressorti, c'est une soif d'écrire que je n'avais jamais écoutée, que je reportais à la retraite, lorsque j'aurais du temps et que je m'en donnerais le droit.

Prise de conscience, donc. À l'époque, mon fils avait 3 ans et ma fille, 7 ans. Je travaillais dans un cabinet comptable, à raison de 5 jours/semaine, plus l'inévitable temps supplémentaire aux moments stratégiques de l'année. La vie roulait bien trop vite pour que je prenne du temps pour moi! En clair : je n'avais pas vraiment le temps de me lancer dans ce beau projet de vie. Hum... Avez-vous remarqué qu'une fois que la prise de conscience est faite, on ne peut plus revenir en arrière?

Du temps, on en trouve lorsqu'on décide que dormir, c'est très surfait. À cette époque, je me levais le samedi et le dimanche vers 5 h 30 - 6 h du matin pour écrire, enfermée au sous-sol. J'avais environ le champ libre pour 1 heure, lorsque j'étais chanceuse. Si les enfants se levaient tôt, mon chéri s'en occupait. Je ne demandais que 2 heures par weekend. C'était peu, mais ça m'a permis d'écrire mes premières nouvelles (dont aucune n'est publiable, mais ce n'est pas grave!). Et j'ai commencé un projet de roman jeunesse... (Projet dans lequel je retomberai d'ailleurs très bientôt, car j'ai à coeur de boucler la boucle, maintenant que je m'en sens capable.)

Quelques mois plus tard, je débutais les ateliers de création littéraire. Et avec ces ateliers, venait l'obligation de produire des travaux et donc, de fixer un moment à l'horaire pour faire mes "devoirs" (très souvent, durant mes heures de dîner au bureau). Merveilleux! J'ai participé à ces ateliers durant 2 ans. C'est à cette période que j'ai soumis mon premier texte à un concours... et j'ai remporté la 3e place! J'étais euphorique.

Par la suite, les projets se sont enchaînés, pas toujours soumis à des éditeurs et, lorsque c'était le cas, pas nécessairement couronnés de succès. Ce n'était pas grave : j'écrivais, j'évoluais et plus le temps avançait, plus je découvrais mon potentiel, plus j'avais des buts à atteindre. Et tiens, certains de mes projets ont trouvé preneur. J'ai reçu mon premier cachet d'auteure pour une nouvelle. Puis un autre. Wow!

Au fil des mois, des années, j'ai toujours visé le même objectif : augmenter mon temps d'écriture hebdomadaire. Au début, ce fut 2 heures. Par la suite, un peu plus, jusqu'à ce que je me fixe un minimum de 5 heures d'écriture par semaine. Pas toujours facile à respecter, d'ailleurs... Parce que, même si je travaille maintenant 4 jours/semaine, les tâches, les imprévus et les rendez-vous continuent de s'accumuler... (Une autre parenthèse : saviez-vous que j'ai changé d'emploi pour avoir davantage de temps pour écrire? J'ai quitté un boulot dans lequel j'oeuvrais depuis 9 ans... en grande partie pour avoir une journée d'écriture par semaine. Toute une période d'insécurité financière derrière ça... Avec, heureusement, un dénouement très positif. Tout de même, fallait-il que la pulsion soit forte!)

Le truc, c'est vraiment de consigner au fur et à mesure le temps consacré à l'écriture. J'ai expérimenté plusieurs méthodes : les carnets, les grilles montées à l'ordinateur, et j'en suis aujourd'hui à l'agenda, tout simplement (à même mon agenda bonheur, dont j'ai déjà parlé ici). Ainsi, pas moyen de se mentir : le quota hebdomadaire a été atteint ou il ne l'a pas été. Et lorsque ça ne se passe pas bien, vous pouvez être sûrs qu'une séance d'écriture s'inscrit au menu du weekend. Pas le choix, il faut respecter le quota!

Quand on veut vraiment, on trouve le moyen. Mes enfants ont grandi, ils accaparent beaucoup moins mes temps libres. Ainsi, je bénéficie maintenant d'une soirée de 3 h chaque mercredi pour écrire. Et j'écris durant 2 midis au bureau. Ce qui me fait un beau minimum de 5 h d'écriture par semaine. Ceci, sans compter mon lundi de congé, où je réussis à ajouter quelques heures...

Je viens de réaliser que, depuis le début février, je ne suis pas descendue en bas de 7 heures d'écriture par semaine. Donc, c'est mon nouveau minimum : 7 heures. Hé! Ça se rapproche drôlement d'une journée de travail, ça!

Évidemment, les congés spéciaux (Pâques, Fêtes annuelles, vacances estivales, etc.) seront toujours là pour me permettre de donner un coup d'épaule supplémentaire à mes projets. Mais je tiens vraiment à avoir une routine d'écriture bien établie. Et les heures s'accumulent, et les projets aussi...

Un jour à la fois, un pas à la fois... Qui sait, mon minimum d'écriture sera peut-être bientôt de 10 heures par semaine? En attendant, je profite au maximum des bienfaits de ce combat que j'ai réussi à remporter sur mon horaire bien rempli... mais surtout, surtout, sur mon complexe de culpabilité qui m'a si longtemps empêchée de m'adonner à ma passion!

***
Note

Je parle souvent ici de mes états d'âme, de mes méthodes, de mes trucs personnels, quoi!

J'aimerais juste préciser un point : en me dévoilant, j'ai un désir secret : que quelque part, d'autres considèrent les moyens que j'ai trouvés pour arriver à mes fins... et qu'ils s'en inspirent, à leur tour, pour cheminer à leur façon.

Dans une même ligne de pensée, je suggère une lecture aux femmes (parce que c'est avant tout une collection pour les femmes) : Ma vie comme je l'aime, de Marcia Pilote. Ses livres ont été une révélation pour moi. Comme en toute chose, tout n'est pas bon à prendre et à appliquer pour soi-même, mais avec Marcia, j'ai appris que j'avais le droit de penser à moi. Mesdames, c'est ce que je vous souhaite!

11 commentaires:

ClaudeL a dit…

J'adore connaître ces petites tranches de vie. Ces chemins que nous empruntons ou hésitons à emprunter.

Isabelle Lauzon a dit…

Tiens, mon autobiographie pourrait s'intituler ainsi : Tranches de victoires sur lit d'hésitations... Hihi!

Gen a dit…

Ce serait un maudit bon titre! :)

Et t'as pris une décision que j'admire avec ce changement de job.

Que j'admire et que j'imiterai sans doute un de ces quatre.

Chantal Moreau a dit…

"Tranches de victoires sur un lit d'hésitations..." OUUUIII, je le confirme, c'est tout à fait ca! :D

Bravo pour ta détermination qui, j'en suis certaine, te permettra d'arriver au bout de tes rêves!

Caro a dit…

Excellent titre en effet ! Toujours agréable de te lire... même si je commente peu. :-)

Isabelle Lauzon a dit…

À Gen : Je te souhaite de trouver un jour une job qui te laissera autant de latitude que la mienne! Ou, encore mieux dans ton cas, de pouvoir vivre de ton écriture... :D

À Chantal : Hihi! Toi, mieux que personne, tu sais à quel point j'ai eu des hésitations à chacune des étapes! C'est ça le malheur, quand on travaille avec une auteure fêlée comme moi... ;)

À Caro : Merci, c'est gentil! Et ne t'inquiète donc pas pour les commentaires : moi-même, je ne commente pas tout, loin de là... Et pour moi aussi, c'est toujours un plaisir de te lire! :)

Anonyme a dit…

Bravo Isabelle, je suis très contente de lire ton parcours pour y arriver et pour le titre vraiment excellent.

bonne semaine
Caro

Hélène a dit…

Bien déjà je peux te dire que tu as gagné ton pari. Je te lis et je me retrouve tout à fait dans ta démarche, le changement de travail, tenter de se libérer du temps à travers la petite marmaille, c'est tout moi. Tu me donnes bon espoir que ça sert à quelque chose. Aussi dernièrement je me disais que je manquais de motivation pour avancer et surtout terminer mes projets en cours, pour leur consacrer plus de temps. Je suivrai donc ton exemple tout simple mais très inspirant en notant mes heures de travail et en me fixant un quota, c'est une excellente idée concrète pour avancer! Merci.

Isabelle Lauzon a dit…

À Caro : Merci! :D Ah, les titres! Pour les billets de blogue, ça se passe bien, mais ne me parle pas de ceux pour les textes... Misère! ;)

À Hélène : Hé! Et d'une convertie, une! :D

Je suis contente que ça t'inspire! Dans mon cas, c'est le fruit de longues années de frustration contre moi-même et contre le monde entier de ne pas avoir de temps à consacrer à mes projets... Alors que le temps, il est là, c'est à nous de trouver le moyen (et de se donner le droit surtout) d'en profiter!

Bonne chance à toi, lâche pas surtout! :D

Grand-Langue a dit…

J'aime visiter de nouveaux blogues découverts en passant chez quelqu'un d'autre.

Cette façon de décrire vos démarches en tant qu'écrivaine titillent ma curiosité.

Grand-Langue

Isabelle Lauzon a dit…

À Grand-Langue : Merci pour la visite! :D