22 décembre 2011

Non conformisme

Tranquillement pas vite, je commence à me faire à l'idée. Je crois que je suis un mouton noir dans l'âme. Pas tous les jours, pas tout le temps, mais oui, je suis un mouton noir.

Par exemple, je ne suis pas toujours une mère conventionnelle. Avec mes enfants, ça se passe très bien (en général, ils me trouvent "cool"!), mais avec les enfants des autres...

Un exemple concret? Récemment, nous avons fêté l'anniversaire de mon fils. 9 ans, déjà! Par le passé, j'ai déjà succombé à la fichue mode des sacs surprises, des activités dirigées et du gâteau trop gros et pas bon qu'on commande sur mesure, avec de beaux bonhommes dessus. Le tout pour faire plaisir à mon fils, oui, mais aussi (et surtout, pas mal plus pour cette raison) pour que les enfants des autres ne se sentent pas dépaysés. Qu'ils aient ce qu'ils ont toujours, soit plein de cadeaux, d'attentions, de gâteries... alors que ce n'est même pas leur fête à eux!!!

Je ne sais pas qui a inventé cette tradition des sacs cadeaux... mais si je la trouve (vous en conviendrez, c'est sûrement une femme) je vais lui dire deux mots, et ce ne sera pas "Joyeux Noël"...

Bref, toutes ces histoires, ça m'a toujours royalement emmerdée. Ma vision d'une fête d'amis, c'est que je leur donne un tas de cochonneries à manger (des bonbons, du chocolat, des chips) et qu'ils s'amusent. Point. N'amenez même pas de cadeaux, c'est correct, on veut juste votre présence. Et n'attendez pas de moi que je vous organise toutes vos activités à la minute près : les enfants, c'est supposé savoir s'amuser, c'est leur job. Moi, je fournis les jeux et vous, vous vous amusez. Là encore, j'ai fait ma petite part de ce côté pour être conforme aux nouvelles traditions, mais bof...

Mais non, ce n'est pas comme ça que ça se passe dans notre société de superconsommation. Faut acheter de beaux cadeaux pour chaque fête d'amis, n'est-ce pas? Faut avoir un gros gâteau au chocolat, hein? De beaux petits sacs surprises remplis de cossins que les enfants vont oublier dans deux minutes! Hé! Si j'osais, je me lancerais dans un "Dans mon temps...."

Non mais, c'est vrai, ce n'était pas du tout comme ça dans mon temps! Les parents ne se fendaient pas en quatre pour offrir LA fête la plus réussie du quartier! Il n'y avait pas des entreprises spécialisées là-dedans non plus... On voyait la parenté, on jouait avec les cousins et des amis, on s'amusait. Maman faisait un bon gâteau maison. Le temps passait trop vite. Mais là, de nos jours... pfffttt!

Bref, si je reviens à mes moutons... soit, mon côté mouton noir!

Je n'aime pas vraiment les partys de bureau. Je ne suis allée à aucun cette année. Je ne me décarcasse pas pour trouver une excuse poche ou un mensonge éhonté : je n'aime pas les partys, c'est tout. Je ne bois pas beaucoup, je ne danse pas, je n'aime pas la musique trop forte. Et je préfère de loin être avec ma petite famille. Ma petite famille qui me réclame toujours beaucoup à cette période de l'année.

Voilà, c'est tout moi, ça. Dès que le mot "obligation" (ou ses amis, "tradition" et "règle") se pointe le nez, j'ai envie de me rebeller. Je n'aime pas jouer un rôle. Je suis moi, pas un singe de salon.

Aimez-vous ça, vous, vous sentir obligé d'agir selon les attentes des autres? Je m'y suis trop souvent efforcée. Pour ne pas décevoir, pour contenter, pour acheter la paix... Et maintenant, ça me pue au nez.

Sérieusement, je crois que je suis non conformiste sur les bords. Attention, je ne dis pas anticonformiste, non! Je me conforme à la plupart des règles de notre société, c'est normal. On mange la bouche fermée, on s'excuse si on accroche quelqu'un... J'obéis à tout ça. C'est juste que lorsqu'il faudrait que je fasse la belle fille, que je joue un rôle qui n'est pas le mien (dans ma tête, ça devient de l'hypocrisie)... quand la situation ne me convient pas... je décroche.

Alors, comment ai-je réglé la situation pour la fête de mon fils? Il a pu inviter 2 amis (2 frères), pas plus. Non mais, c'est vrai, quand il y en a trop, on se retrouve avec beaucoup de petits monstres à gérer et des activités à organiser pour que la bagarre ne prenne pas (déjà vécu).

Avec les 2 amis, nous sommes allés à 1,2,3 go (nouveau centre d'amusement à Blainville). Au menu : des bonbons. Ah! Et une tarte au chocolat au retour à la maison (mon fils n'aime pas vraiment le gâteau, mais la tarte au chocolat est son dessert préféré). Mais comme il était tard, j'ai coupé des pointes de ladite tarte, une pour chaque enfant et une pour leur maman. Ils l'ont mangée chez eux. La maman était très contente, elle avait l'impression d'avoir un peu participé elle aussi à la fête.

Bon, il n'y a rien de parfait. Même si la sortie coûtait cher et que des bonbons, il y en avait à la tonne... les amis attendaient le moment où les sacs surprises seraient distribués et le gros gâteau au chocolat mis sur la table. Je leur ai alors expliqué que chez moi, on faisait ça différemment, les fêtes (leur maman le savait déjà et les avait informés, mais les enfants s'essaieront toujours!). Ah! Ils attendaient la pinata aussi. Ouais, je suis vraiment une maman cheap, pas de pinata non plus!!! Mais ils ont quand même eu l'air de s'être amusés en masse! Si vous demeurez dans le coin de Blainville, 1,2,3 go, c'est vraiment un endroit super pour les enfants.

Tout ça pour dire qu'on n'en meurt pas, de ne pas se conformer à 100 % aux attentes des autres. Faire les choses différemment, ça peut être bien aussi.

C'est l'une des raisons qui font que j'aime autant la série de livres "La vie comme je l'aime" de Marcia Pilote. Voilà une femme indépendante qui a su se battre au fil des ans pour conserver sa liberté de penser et d'agir, de vivre sa vie à sa manière. Et ce, même si sa manière ne plaisait pas à tout le monde, qu'elle ne convenait pas au cadre bien établi de notre société. Elle est d'une grande inspiration pour moi dans mon cheminement, pour trouver ma voie.

Faire les choses différemment, à sa manière, c'est tellement plus créatif... et enrichissant!

5 commentaires:

ClaudeL a dit…

C'est fou, ce matin, pendant que je me réveillais, je repensais aux Noël, aux fêtes d'anniversaire, celles du temps de mon enfance, de ma jeunesse et celles de ma vie d'adulte. Je repensais aux traditions qui se sont établies au fil des ans. Et je me sentais rebelle. Comme une adolescente qui remet tout en question: pourquoi on fait ça comme ça? Une fois, j'ai dit non et la peine que j'ai causée fut plus grande que le plaisir que j'ai eu à faire à mon idée. Aujourd'hui, heureusement, les enfants ont des conjoints, des enfants alors les fêtes changent tranquillement, mais aux fêtes d'anniversaire, on est encore 14-16 personnes alors qu'enfant, c'était la journée même: un cadeau le matin, un gâteau le soir, mes grands-parents du temps où ils vivaient, c'est tout et c'était très bien.
Mais j'ai réalisé que c'était difficile pour le coeur d'être rebelle. Il m'arrive d'avoir encore quelques rechutes, hihi!

Gen a dit…

Mes dieux, je crois que je suis vraiment pas prête à avoir des enfants!

Des sacs-cadeaux?!? Des entreprises spécialisées?!? Un gâteau de fête qui ne serait PAS fait maison?!?

Je vais passer pour une anarchiste le jour où j'aurai des enfants! :(

Elisabeth a dit…

Tiens, une maman qui me ressemble... :D

jeanbateau a dit…

Dame Isa

Tout-à-fait d'accord. Sauf ... pour le gâteau au chocolat. Avec glaçage au chocolat. Et de la crème au chocolat entre les étages. Bon, bon. Tout ça pour dire qu'il y a toujours un prix à payer pour tout. Se conformer au prix de ne plus être soi-même ou être soi-même au prix de se faire regarder croche. Je penche plus vers le moi-même tout en acceptant de faire quelques compromis quand le prix devient trop élevé.
Ce que ça peut insécuriser les gens la 'différence', incroyable! Pourtant on est tous différents au départ. TK.

Isabelle Lauzon a dit…

À ClaudeL : D'accord, je ne me rebelle pas quand il s'agit des traditions familiales... Il y a des limites à ne pas franchir si on ne veut pas peiner les gens. C'est surtout une question de choix, entre l'option de se faire plaisir et de faire plaisir aux autres. Souvent, c'est facilement conciliable, l'un n'excluant pas nécessairement l'autre. Mais quand c'est trop pénible, je me donne le droit de décrocher. :)

À Gen : Ouais, dans mon coin, il y a des parents malades solides... Bon, le gâteau fait maison est acceptable, mais idéalement, faut faire de la belle déco dessus, sinon c'est un peu cheap... Et comme je n'ai aucun talent là-dedans... Tout ça, ça ressemble à une compétition un moment donné. Qui donnera la plus belle fête du quartier, celle dont on parlera longtemps? Ces niaiseries là, ça ne vient tellement pas me chercher...

À Elisabeth : Héhé! Au moins, je ne suis pas toute seule... ;)

À Jean : Bien d'accord pour le gâteau chocolat-chocolat-chocolat... Mais mon fils n'adore pas! Un moment donné, c'est sa fête, alors je le laisse choisir...

Eh oui! Il y a un prix pour tout. On peut faire des tas de compromis, mais un moment donné, il faut aussi penser à soi-même... Et oui, la différence, ça fait peur à pas mal de monde. Faudrait-il vraiment qu'on soit tous faits à partir du même moule? Ne sommes-nous qu'une poignée d'individus non conformistes qui se font regarder de travers? Et les autres... ils font semblant ou bien ça leur fait vraiment plaisir de suivre toutes ces règles?

Des questions que je me pose souvent... :P