13 juin 2011

Rêves et désillusions

À ma sortie de la Jungle aventure, à Laval, où je me suis rendue avec mon fils (en congé pédagogique aujourd'hui), je suis allée faire ma traditionnelle virée chez Archambault.

Comme d'habitude, j'ai arpenté les allées trop vite, pressée par le temps et limitée par mon portefeuille...

Émerveillée par le choix impressionnant qui s'étalait devant moi, j'ai touché les couvertures, j'ai admiré les illustrations, j'ai rêvé de découvrir toutes ces histoires qui se cachaient entre ces pages inconnues...

Dans une grande surface comme celle-là, je me sens inévitablement petite, insignifiante. Même si la production de livres s'arrêtait dès aujourd'hui dans le monde entier et que je débutais la lecture de tous les bouquins qui se trouvent dans ce magasin, je n'aurais pas suffisamment de toute une vie pour y arriver... Ça me donne le vertige rien que d'y penser...

Alors, comme d'habitude, je me pose des questions sur la place que je peux espérer en tant qu'auteure dans le merveilleux monde littéraire... Et je réalise une fois de plus que je ne peux espérer, au mieux, qu'un petit espace sur une tablette, noyée parmi des centaines d'autres ouvrages tous plus alléchants les uns que les autres...

Une traditionnelle visite chez Archambault; bonheur doux-amer, teinté de la joie de la découverte et de l'amertume de la désillusion.

Et un constat, toujours le même, qui s'impose à ma sortie du magasin : Je n'abandonnerai pas, je ne me découragerai pas. Peu importe quelle sera ma place, je n'arrêterai pas d'écrire.

Parce qu'au-delà de la recherche de reconnaissance, au-delà du rêve de publication, de l'inaccessible richesse et de l'illusoire popularité, il y a autre chose, oui, bien autre chose : la réalisation, la création, l'évolution, la croissance personnelle.

Parce qu'écrire, c'est grandir. Et je ne veux jamais arrêter de grandir.

8 commentaires:

idmuse a dit…

Très joli billet. Je comprends. Le vide de ne jamais pouvoir tout lire et tout le reste aussi :)

Gabrielle Syreeni a dit…

Quelle belle réflexion! ;-)

ClaudeL a dit…

Le genre de réflexion qu'on se fait au moins une fois ou deux par année. Si on n'y prend pas garde le genre qui peut nous mettre en terre pour un bout. Faut pas écouter le petit démon qui s'amuse avec notre estime de soi. Faut vite faire chanter notre petit ange qui, lui, nous dit de continuer droit devant.

Gen a dit…

Tu viens de me rappeller pourquoi je magasine mes livres par Internet dernièrement!!!

Je finis par croire que dans tous les domaines, si on s'arrête à penser à notre insignifiance en tant qu'individu, la dépression nous guette.

Alors vaut mieux écrire, créer...

Je sais pas si écrire c'est grandir, mais écrire, c'est se connaître chaque jour davantage.

Isabelle Lauzon a dit…

À idmuse : Contente... et triste à la fois de ne pas être toute seule dans mes tourments! :D

À Gabrielle : Merci! :)

À ClaudeL : Effectivement, ça se peut que ça mette un petit peu à terre... mais juste pour un moment, parce qu'après, il faut remonter en selle et foncer! :D

À Gen : Va falloir que je m'y mette aussi, au magasinage par internet... Parce qu'à chaque visite dans une librairie, petite ou grosse, c'est la même mélancolie qui revient! :D

Ah ça oui! On se connait de plus en plus lorsqu'on écrit! À mes yeux, c'est la forme d'art qui permet le plus de se découvrir et de s'exprimer! :)

jeanbateau a dit…

Allo
Pour une fois j'ai oublié de copier1coller et j'ai perdu mon commentaire.
Je suis sur le point de terminer un roman et je vais devoir solliciter un éditeur.
Je fais quoi?
Vous les experts-es, je fais quoi dans cette jungle?
Merci et à+
Jean

Carl a dit…

Ouaip. Le doux-amer des visites en librairie...

Isabelle Lauzon a dit…

À Carl : Ouaip! Toujours contente de voir que je ne suis pas toute seule dans mon coin à capoter... :D