9 juin 2011

Anecdote familiale

Mercredi soir. Ma fille de 12 ans plisse le nez devant son souper, des lasagnes. Elle déteste et ce, depuis toujours. Si elle ne me ressemblait pas autant physiquement, je me demanderais s'ils ne se sont pas trompés de bébé, à l'hôpital (j'adore les lasagnes!!!).

Elle veut sortir de table. S'enclenche alors tout un processus de réflexion dans ma tête de mère : Si je dis oui, son frère de 8 ans, qui se fait talonner à tous les repas, va trouver ça injuste. Par contre, elle a 12 ans, vais-je vraiment la forcer à manger? Nous avons dépassé ce stade il me semble. Hé! Dans 6 ans, elle sera majeure, il faut que je décroche un peu et que je lui donne un peu de corde... Je jongle avec les options, le tout ne dure que le temps d'un regard en biais... Hé! Une mère, ça pense vite, quand même!

Mais un père, ça peut penser encore plus vite des fois. Surtout quand c'est pour dire une niaiserie. Mon chéri lui lance alors une de ces phrases sorties de nulle part et dont il a la spécialité :

"Tu peux sortir de table si tu me dis 7 phrases en anglais!"

Hein? C'est quoi le rapport? Il n'y en a aucun, et nous éclatons tous de rire devant le ridicule de la situation. Je m'interpose, on ne remplace pas un repas par des phrases en anglais, c'est trop fou!

Ma fille me regarde avec défi, car elle sait que je préférerais de loin qu'elle finisse son assiette. "Oblige-moi", semblent me dire ses yeux. Je vous rappelle qu'elle a 12 ans et que je suis sa mère. Évidemment, il faut qu'elle teste de temps en temps les limites, sinon elle ne serait pas normale.

"D'accord! Je choisis les 7 phrases!" lance-t-elle en souriant.

Grrr... J'étoufferais bien mon chéri! Mais bon, je ne m'interpose pas. Au fond, c'est assez drôle.

Il faut dire que ma cocotte déteste l'anglais et qu'elle n'excelle pas dans cette matière (ah! là, je confirme, c'est bien ma fille!). Ce sera difficile... Je n'en reviens pas qu'elle ait choisi cette option. À sa place, j'aurais terminé vite fait mon assiette!

Ma fille élabore une phrase complète, ça commence bien. Et là, déconnage en règle de mon chéri, qui nous sort toutes sortes de folies - en anglais bien sûr! - dont certaines ne sont compréhensibles que par mes oreilles de femme... Si vous voyez ce que je veux dire! LOL! L'anglais, c'est vraiment la langue de prédilection des parents qui ne veulent pas que leurs enfants comprennent certaines choses... Petit échange coquin entre parents au passage, vraiment trop rigolo, de voir les enfants travailler fort pour comprendre notre conversation.

Est-ce que cocotte a pondu ses 7 phrases, finalement? Oui. Ça a pris 20 minutes, mais elle a réussi. Et surtout, nous avons eu un plaisir fou!

Et tiens, mon chéri a eu une bonne idée : nous devrions répéter l'expérience de temps en temps, avec un dictionnaire anglais-français sur la table pour nous dépanner au besoin.

Quelle belle manière de joindre l'utile à l'agréable! Comme quoi, des fois, ça fait du bien de décrocher un peu des règles rigides et de lâcher son fou! Ça doit aussi être à ça que ça sert, les pères...

10 commentaires:

Pierre H.Charron a dit…

Ah...Les pères..Ils sont tellement adorables et indispensables ... :) N'oublie-pas d'en prendre bien soin le 19 juin prochain, Il le mérite bien :P :P

ClaudeL a dit…

Mais finalement, elle n'a rien mangé pour souper?

Isabelle Lauzon a dit…

À Pierre : Zut! J'aurais dû attendre au 19 pour mettre en ligne ce billet! Ça aurait été concept, à la fête des pères... Je n'y ai pas pensé. Tant pis! Ben oui, ne t'inquiète pas, on va s'en occuper de ce papa là! ;)

À ClaudeL : Mouahahaha!!! J'imagine d'ici ton sourcil inquisiteur... Méchante gang de parents indignes... Mais oui, chère Claude, elle a mangé un petit peu! Mettons, la moitié d'une très petite assiette. Pour l'autre moitié... bien, nous avons jeté l'éponge! Mais c'est pas grave, elle est en pleine et croissance et se reprend en masse aux autres repas... :D

ClaudeL a dit…

Je ne pensais pas du tout aux parents indignes qui privent leur fille de manger, mais plutôt à: "mamanananan, j'ai faimmmmmmm!"

Gen a dit…

Mon réflexe aurait été de dire : pas de problème si tu veux pas manger, mais tu restes à table, devant ton assiette, jusqu’à ce que la majorité de la famille ait terminé. Question de politesse (parce que je suis contre le principe du « fini ton assiette » : je serais moins grosse si on m’avait pas inculqué ce réflexe). La méthode de ton chum est arrivée au même résultat, rires en prime ! ;)

Isabelle Lauzon a dit…

À ClaudeL : Ah ça! Pas de danger qu'elle dise ça!!! Faut croire que l'orgueil, ça nourrit... tout comme ça tient chaud en hiver! Tu devrais voir nos batailles épiques pour qu'elle attache son manteau et mette ses bottes... ;)

À Gen : Non, il n'y a pas de "finis ton assiette" chez moi! Plutôt : mange un petit peu plus de légumes et de ton poulet... Et l'éternelle négociation : 4 fèves et 3 poulets... OK, 5 fèves et 2 poulets... Mes deux enfants n'ont jamais eu énormément d'appétit, alors le but, c'est de faire de son mieux, pas de vider l'assiette! :) Pour ce qui est de la méthode de mon chum, c'était une situation du genre : OK, je ne m'en mêle plus! Chéri, gère donc la situation pour une fois! Moi, je fais la grève et je décroche! ;)

Gen a dit…

@Isa : lol! Comme quoi, des fois, ça vaut pas la peine de négocier.

Pour ce qui est des ados et des manteaux... J'ai jamais compris comment ça se fait qu'ils attrappent pas de pneumonie! Ça doit être les hormones... Je vois des photos de moi, ado, en souliers et le manteau ouvert dans deux pieds de neige, avec la chair de poule visible sur la peau du cou et j'arrive pas à comprendre comment je pouvais endurer ça!

Isabelle Lauzon a dit…

À Gen : Côté négociation, je lâche de plus en plus prise. Tsé, dans 4 ans, ma fille va pouvoir prendre des cours de conduite... Dans 6 ans (6 ans!!!!), elle va être majeure... Alors un moment donné, c'est bien beau le contrôle parental, mais elle doit pouvoir faire ses choix dans certains dossiers - et en assumer les conséquences- si je veux qu'elle devienne une adulte responsable. Le vestimentaire est un dossier de tous les jours, sur lequel je laisse un peu de lousse. Elle n'a pas porté ses mitaines de l'hiver. Et ça a été une négociation de chaque matin pour lui faire porter ses gants minces d'automne (tu sais, ceux qui sont tout petits et qui s'étirent?). Nous en avons fait un jeu. Chaque matin, elle ne les mettait pas et chaque matin, je lui disais à la dernière minute : "N'oublie pas tes gants, princess!" L'air faussement fâché (je voyais son petit sourire en coin), elle les mettait aussitôt. Et moi je lui disais en souriant encore plus : "Désolée, ma belle, je fais juste ma job de mère!" Elle repartait avec un sourire caché, fière de ne pas avoir eu à mettre ses mitaines même s'il faisait -20 degrés et qu'il ventait. Oh! De temps en temps, je lui conseillais de s'habiller plus chaudement, mais je n'insistais pas. Qu'elle gèle un peu, seigneur, elle va apprendre!!!

Parce que moi aussi, j'ai été une adolescente au sang chaud (!). On gelait sans bon sens quand on attendait le bus, mais s'habiller plus chaudement, ça aurait été la honte totale face aux autres... Tu es comme moi : tu endurais ça parce que c'était cool, que c'était à la mode. Le dernier à mettre ses bottes l'hiver se méritait le respect de tous... Mauzusse que c'est niaiseux pareil!!! Mais de génération en génération, le même concept se répète... :)

Hélène a dit…

Isa, ton anecdote m'a fait bien rire! Mes filles sont encore toutes petites et je négocie sans bon sens avec elles tous les repas. Comme dit Gen, voit aussi j'aurais moins de problèmes de poids si je n'avais pas été forcée de finir mon assiette étant petite, pour mon bien et pour éviter le gaspillage! Bref, ce n'est pas un problème chez-nous mais garder les enfants le plus longtemps possible à table aide à les faire manger un peu plus de bonnes choses alors je saurai me rappeler ton petit truc.

Et vive les papas aux idées saugrenues (j'en ai un comme ça moi aussi à la maison!).

Isabelle Lauzon a dit…

À Hélène : Si je me souviens bien, le concept "finis ton assiette" n'était pas d'actualité chez moi dans ma jeunesse... Il fallait faire son effort même si on n'aimait pas ça, mais si on faisait le difficile, on passait en-dessous de la table, tout simplement. Nous n'étions pas riches, mais mes parents mettaient un point d'honneur à ce qu'il y ait toujours de la bonne nourriture sur la table. Bouder un repas aurait été une insulte... ma seule exception : le shop suey!!! Je n'ai jamais été capable, je déteste ça. Alors oui, j'ai souvent choisi de ne pas manger à la place... Me rappelle pas par contre d'une quelconque négociation avec mes parents... ce n'était pas dans l'air du temps il faut croire!

Aujourd'hui, la négociation fait partie de nos moeurs de parents. On n'en finit plus! Par contre, je crois que ça peut avoir du bon, de développer sa capacité à négocier. Peut-être que ça évitera à mes enfants de devenir des moutons qui se laissent manger la laine sur le dos... Attention par contre à l'effet contraire! Les chialeux et les rouspéteux, personne n'aime ça... :)

Un papa aux idées saugrenues, ça en prend un par maison! :D