30 mai 2011

Au moins, nous avons des réponses

Mon fiston n'a jamais été totalement comme les autres.

À la garderie, déjà, les éducatrices nous le pointaient du doigt.

En maternelle, la professeure s'irritait et posait des questions. Nous avons commencé à chercher des réponses, sans grand succès d'ailleurs. Rien n'était clair, nous étions dans le flou, il fallait encore attendre un peu.

En première année? Tout allait pour le mieux et pour nous en sommes venus à la conclusion que fiston avait grandi, qu'il avait acquis un peu plus de maturité et que nous n'avions plus à nous inquiéter.

Mais en deuxième année, rien ne va plus. La professeure nous talonne depuis des mois, nous montre chaque manquement... Il est clair que nous n'avions plus le choix, le constat s'imposait de lui-même : Fiston est différent et il a besoin d'aide.

Cette semaine, nous avons reçu le diagnostic : TDA (Trouble déficitaire de l'attention). Voilà, nous avons la réponse. Et avec cette réponse, un lourd fardeau se retire de nos épaules...

Savez-vous à quel point les parents d'enfants souffrant de TDA doivent travailler plus fort pour que leurs rejetons s'intègrent dans la société? Savez-vous à quel point c'est frustrant, de se faire accrocher par les éducatrices, par les professeurs, à chaque anicroche? On en vient à douter de nos capacités en tant que parents. On se demande si on l'éduque bien, cet enfant, ou si au contraire, il ne serait pas mieux avec des parents drogués qui se foutent de lui...

Et là, le diagnostic. Nous ne sommes pas de mauvais parents, fiston est juste un peu différent des autres. Son cerveau a besoin d'aide, tout comme ses yeux ont maintenant besoin de lunettes.

Voilà, le chapitre noir est clos et nous débutons un nouveau chapitre, zébré de noir et de blanc cette fois. Il y aura la médication et ses possibles effets secondaires. Il y aura le suivi avec un psychologue pour fiston, qui a grand besoin de se reconstruire une confiance en soi et de dénicher des outils qui l'aideront à combattre le rejet qu'il vit actuellement à l'école de la part des autres élèves...

Nous sommes confiants, nous sommes soulagés. Une nouvelle ère s'ouvre devant nous. Une ère de réponses, de solutions, d'évolution.

Voilà, j'avais envie d'en parler. Ce n'est pas dramatique, fiston n'a pas une maladie dégénérative, il ne souffre pas de leucémie, il a juste un TDA. Ce n'est pas la fin du monde, il n'est pas le seul, oh que non! Ça ne l'empêchera pas de grandir normalement, d'aller à l'école, d'apprendre un métier, de connaître l'amour...

Je vois enfin la lumière au bout du tunnel. Et ça fait sacrément du bien au moral! Parce que mon bonheur est directement relié au bonheur de mes enfants...

17 commentaires:

ClaudeL a dit…

Que des phrases-formules à dire, mais je te lis, comme on dit je t'écoute.

Gen a dit…

Comme tu dis, c'est pas la fin du monde et il n'est pas le seul.

Et tout parent d'un enfant le moindrement différent finit par se sentir stigmatisé dans notre système scolaire où tout doit rentrer dans des tites cases.

Isabelle Lauzon a dit…

À ClaudeL : Il n'y a pas grand chose à dire, de toute façon... C'est ça qui est ça... et merci de me lire, un peu d'écoute, ça fait toujours du bien... :)

À Gen : Non, il n'est pas le seul, mais en tant que mère, j'aurais égoïstement voulu que ça tombe sur un autre enfant, pas sur mon coco... Les tites cases, c'est pas facile, hein? Pas facile pour les profs, pas facile pour les enfants, pas facile pour les parents. Que veux-tu, tout le monde fait ce qu'il peut avec ce qu'il a! :)

jeanbateau a dit…

Bonne journée dame Isabelle
Bonne journée à 'ton petit coco' aussi.
Maudite conformité. Du moment qu'on a une petite différence... La vie est pleine de ces cases. Faut penser comme ci, faut agir comme ça, il faut, il faut, il faut. Sinon on est ostracisé. Quant à moi, la seule chose "qu'il faut" c'est arriver à s'assumer. Et vive la différence.
Il a maintenant une étiquette : TDA. Je me méfie toujours. Ça peut être rassurant ou contraignant, disons les deux.

Isabelle Lauzon a dit…

À Jean : Arriver à s'assumer... mon coco aura bien des épreuves à passer avant ça... À l'école primaire, puis au secondaire, c'est la conformité qui mène. Être différent, c'est s'exposer au rejet et aux railleries... Dur, je suis passée par là pour diverses raisons. Rat de bibliothèque, première de classe... Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort! Et c'est drôle, à l'âge adulte, on tend à privilégier la différence, l'acceptation de soi... Le monde à l'envers!

Je me méfie aussi des étiquettes, mais au moins, de pouvoir mettre un nom sur un problème que l'on vit, ça aide à comprendre bien des choses. Et gros avantage : maintenant, l'école (j'espère) va arrêter de nous écoeurer avec ça. "Coco prend de la médication, les petits amis, alors que voulez-vous qu'on fasse de plus? Il est comme ça, on fait ce qu'on peut et si vous avez une recette miracle, donnez-nous la donc, ça nous fera des vacances! " :)

Gen a dit…

@Isa : Tout à fait vrai ce que tu dis pour l'école. Asteure que ton enfant a son étiquette (sa tite case), ils vont probablement te donner du lousse.

C'est pas pour rien que les parents se précipitent chez le médecin pour avoir des étiquettes de nos jours! Même quand la médication n'est pas nécessaire, l'étiquette officielle permet d'expliquer.

Et pour l'enfant, ça peut être un frein, mais c'est aussi une bonne excuse à une époque où être différent, c'est problématique. Faut juste éviter que l'excuse serve à toutes les sauces pour trop longtemps.

Pour ce qui est de la durée du problème : la chimie de l'adolescence règle d'elle-même bien des TDA légers.

Isabelle Lauzon a dit…

À Gen : Je dois dire que nous avons pris tout notre temps avant d'en arriver à la médication... Nous avons eu la chance d'avoir un pédiatre super relax, qui ne voyait pas de grosse problématique chez mon fiston et s'est arrangé pour "acheter du temps" : évaluation de l'ouïe, évaluation en ergothérapie, en orthophonie (qui n'a jamais pu être réalisée parce qu'à la dernière minute, juste avant le rendez-vous, nous avons appris que la spécialiste avait cessé la pratique... mais pas grave, ce n'était pas nécessaire finalement).

Mais là, devant toutes les problématiques qui s'accumulaient et s'amplifiaient au fil du temps, nous avons déterminé avec le pédiatre que la médication (pas du Ritalin! Le pédiatre est contre ça) devenait la meilleure option pour aider notre fiston. Nous ne l'avons pas fait de gaieté de coeur, mais parce que nous jugions que c'était maintenant la meilleur option et qu'il en avait réellement besoin. Tu me rassures en me disant que ça a de bonnes chances de se résorber à l'adolescence! :)

Et pour ce qui est des excuses... Mon fils (en bon enfant de 8 ans) s'essaie un peu avec ça, mais il se fait vite ramener à l'ordre : ce n'est pas parce qu'on a un TDA et qu'on prend de la médication que c'est une excuse pour ne pas faire ses travaux ou ses devoirs! Sont tous pareils, hein! Hihi! ;)

Alexandre Babeanu a dit…

Bon courage! Mais ce n'est effectivement pas la fin du monde. On dirait que de plus en plus d'enfants sont diagnostiqués avec ça (signe des temps ou evolution des diagnostics?). En tout cas, ce que ça veut aussi dire, c'est qu'il y a maintenant plus d'infrastructures et de services pour ces enfants...

Isabelle Lauzon a dit…

À Alexandre : En effet, des enfants dans la lune, il y en a toujours eu... Sauf qu'aujourd'hui, tout va plus vite. Signe des temps, je dirais. Oui, on est mieux outillés pour diagnostiquer les troubles d'apprentissage, mais on est aussi moins tolérants envers ces enfants qui fonctionnent tout simplement à un rythme différent des autres. Je ne sais pas si tout ça va dans le bon sens. Sûrement...

Savais-tu que les TDA sont en grande partie attribuables à l'hérédité? Je connais deux médecins qui se sont rendus compte, lorsque leurs enfants ont été diagnostiqués pour un TDA, qu'ils en souffraient eux-mêmes... ce qui ne les a pas empêchés de devenir médecins! Il en ont un peu plus arraché que les autres, voilà tout, mais ils n'en ont pas moins réussi leur vie...

Alors on respire par le nez et on essaie de faire de notre mieux pour que notre fiston l'ait un peu plus facile! :)

Anonyme a dit…

Isabelle S. au boulot dit :

Je suis contente qu'on ait trouvé ce qu'il a. Le fils de mon éducatrice a eu ce diagnostique, mais lui il était en 4e année et avait pris 1 an de retard dans sa scolarité. En 6 mois, ce petit homme a rattrappé tout son retard et mûri en tabarouette. Je ne le reconnaissais plus.

Je te souahite que tout aille pour le mieux.

Isabelle Lauzon a dit…

À Isabelle S. : Merci! Hum... tu m'encourages, nous avons le diagnostic à la fin de sa 2e année, alors la 3e année (une année plus difficile) devrait partir du bon pied! Je ne veux pas changer mon fils, pas sa nature, pas ce qu'il est et qui fait son charme, mais j'espère que, comme le fils de ton éducatrice, il prendra de la maturité et pourra rattraper le retard accumulé...

Elisabeth a dit…

Comme j'ai un beau-père, un mari et un fils atteint de TDA, je sais depuis un moment que c'est héréditaire... ;) Veille juste à ce que la médication ne devienne pas une béquille pour ton fils... Bonne chance!

Hélène a dit…

Isabelle, ton fils semble pour le moins bien entouré et le diagnostic est au moins arrivé assez tôt, c'est une bonne chose. Ce n'est pas facile de rencontrer ses limites à aider son enfant, au moins maintenant vous aurez tous plus de soutien. Bonne chance avec tous ces changements.

Pascale Raud a dit…

Isabelle, bien contente pour toi que ce ne soit pas une maladie "grave" et mortelle. C'est ennuyeux parce qu'il devra travailler plus fort que les autres, parce que les professeurs auront parfois du mal à le comprendre, mais... au moins, c'est quelque chose de connu et de gérable (il y a des gens qui ne sont diagnostiqués qu'à l'âge adulte).

Il y a quelques temps, j'ai lu un bon petit livre qui explique bien tout ça, et qui s'appelle "Mon cerveau a besoin de lunettes" (http://www.edquebecor.com/ficheProduit.aspx?codeprod=351359). Il est amusant et adapté spécifiquement aux enfants ;-)

Et pour compléter la lecture, on peut aussi lire "Mon cerveau a encore besoin de lunettes" (http://www.edquebecor.com/livre/mon-cerveau-a-encore--besoin-de-lunettes/9782764015414/auteur/annick-vincent/pro/353614), qui est un guide sur le TDAH de l'adulte. Il y a dedans des tests (que j'ai moi-même fait), grâce auxquels on peut, à l'âge adulte, déterminer certaines tendances au TDAH. C'est vraiment bien foutu (de nombreux conseils pour gérer au quotidien, des trucs et astuces) et plutôt rassurant : c'est un trouble courant, et si on le remarque autant de nos jours, c'est parce que tout est tellement normalisé ;-)

Isabelle Lauzon a dit…

À Elisabeth : Eh bien! On peut dire que le TDAH, vous connaissez ça par chez vous! :S En fait, ce qui est dur au début, c'est de passer par-dessus les préjugés... Mais une fois qu'on s'informe, on comprend que parfois, la médication est une solution acceptable... et même souhaitable. Quant à devenir une béquille... les lunettes ne sont-elles pas aussi des béquilles au fond? Je m'interroge sur ce que ça donnera dans quelques années... Bien, pour le moment, il est évident que fiston a besoin de médication. Nous voyons déjà une énorme différence! Plus tard, à l'adolescence, au début de l'âge adulte, ce sera à réévaluer je suppose... Enfin, on traversera le pont quand on sera rendus là! ;)

À Hélène : Comme je le disais, je vois enfin la lumière au bout du tunnel! Nous avons effectivement un pédiatre formidable, et je compte me documenter au maximum sur la question. Pour dépasser mes limites de parent, justement... Qui a dit qu'être parent, c'était facile? Mais pour rien au monde, je n'échangerais mes enfants... :)

À Pascale : Oh! Je ne connaissais pas le second bouquin, c'est une belle trouvaille! Fais-moi confiance, je lirai prochainement ces deux livres, c'est certain! Et tiens, je vais faire les tests en question... question de valider quelques trucs... C'est que, vois-tu, je me demande si de mon côté, il n'y aurait pas un petit quelque chose... ;)

Elisabeth a dit…

@Isa: Pas de TDAH chez moi; que des TDA... ;)Et non, les lunettes ne sont pas des béquilles au même titre que la médication du TDA. Et c'est un peu pour ça que je soulignais la chose...

Isabelle Lauzon a dit…

À Elisabeth : En fait, je disais TDAH pour mettre ça global, c'est ce que j'ai vu comme appellation générale dans les bouquins que j'ai lus jusqu'ici. Le H fait toute la différence, hein? Bien contente de ne pas avoir à dealer avec...

Je sais bien, que la médication, ce n'est pas comparable aux lunettes... Mais en ce moment, de notre humble avis de parents, c'est un besoin. Évidemment, si on pouvait se passer dans un avenir proche de la médication, ce serait bien... mais on va prendre ça une étape à la fois, et nous fier à notre super pédiatre, qui n'est pas chaud chaud à la médication lui non plus. Une perle rare! :D