23 mars 2011

C’est sûr que ça fait réfléchir

Moi aussi, j’ai vu passer le billet de Dominic, et j'ai vu les réactions qu'il a suscitées chez divers blogueurs. Évidemment, ça m’a fait réfléchir à propos de ma propre situation.

Qu’est-ce que j’attends de l’écriture? Bonne question.

Non, je n’attends pas qu’elle me fasse vivre. Le seul court laps de temps où je l’ai vaguement espéré, ce fut à une certaine époque, alors que je n’étais plus heureuse à mon emploi. Je rêvais alors d’un monde meilleur où je pourrais enfin être bien et passer toutes mes journées à écrire. J’ai changé d’emploi et ce fantasme a disparu. Parce que j’ai besoin de la stabilité que m’apporte mon emploi. Je suis contente du fonds de pension qui vient avec. Et j’ai besoin de la rentrée d’argent fixe qu’il me rapporte, car sans ça, je ne pourrais pas payer ma maison, ni me payer certains petits luxes qui font partie de mon quotidien.

Constat : j’ai besoin de sécurité financière et quitter mon emploi ne sera certainement jamais une option. On ne sait jamais, mais bon, j’en doute.

Ce que j’attends de l’écriture? La passion. Le plaisir. L’évasion. Le loisir. La détente. Le passe-temps. La réalisation personnelle. L’évolution. Les rencontres.

Bien, c’est exactement ce que je vis à l’heure actuelle. Je n’ai pas besoin de grandes réalisations pour le moment, ni de publications à répétition. Ce serait agréable, mais je ne passerai pas tout mon temps libre à bûcher là-dessus. Non, parce que pour ça, il faudrait que je mette de côté tout un volet de ma vie qui m’importe plus que tout : ma petite famille. Mon chéri et mes enfants sont ma première priorité. Pas l’écriture.

L’écriture, ça vient quand j’ai un peu de temps et quand le besoin d’écrire devient trop fort. J’écris, mais pas au détriment du reste. Un équilibre difficile à acquérir et surtout, à tenir. Un combat de tous les jours je dirais. J’aimerais pouvoir écrire plus, mais je me satisfais – ou je tente de me satisfaire - de ce que je peux avoir à l’heure actuelle. Tout en sachant que dans quelques années, quand mes enfants seront un peu plus grands, j’aurai davantage de temps pour moi.

Maintenant, j’avoue que j’enrage encore de temps en temps quand je vous vois tous, blogueurs, auteurs et écrivains, avec vos belles publications. Oui, j’aimerais ça moi aussi en faire autant. Ça va venir, je me fais cette promesse. Je réaliserai mes rêves moi aussi, promis. Mais pas au détriment du reste, ça non.

Ça m’a fait du bien de faire ce bilan, de comprendre où je m’en vais avec tout ça. Mes ambitions sont modestes en ce moment. Elles grandiront au fil des ans, je ne suis pas inquiète, mais j’y vais pas à pas. Je m’amuse et je me casse un peu moins la tête. J’essaie d’éradiquer toute compétition de mon esprit.

Chacun son chemin, chacun sa destinée!

9 commentaires:

Audrey a dit…

J'aurais pratiquement pu écrire ton billet parce que je te rejoins sur beaucoup de points. L'écriture est un joli plus dans ma vie, un plus rempli de rencontres, d'échanges, de grands et petits bonheurs, de petites déceptions parfois, mais ça fait un beau mélange. Quant à en vivre, non, je n'y aspire plus. Ceci dit je comprends bien les billets de certains auteurs de ces dernières semaines.

Gen a dit…

Moi aussi j'ai besoin de stabilité financière. J'ai trop connu l'insécurité. Si un jour l'écriture semble vouloir m'offrir un revenu stable, alors je ferai le saut. J'espère que ce sera possible, mais je n'arrêterai pas de vivre en attendant ce jour-là.

Comme tu dis, chacun son chemin, chacun sa destinée. Faut choisir celui qui nous convient! :)

ClaudeL a dit…

Je n'ai pas lu les billets dont il est question ici, mais je dirais que j'ai de la difficulté avec le mot "loisir" ou "passe-temps", comme si on écrivait en amateur. Le blogue oui, peut-être mais nos textes, non. Cesse-t-on d'être amateur quand on est rémunéré?
Je compare surtout avec les artistes peintres qui prennent des cours et peignent comme passe-temps alors que d'autres en ont fait leur gagne-pain, même si c'est comme deuxième métier. Quand ils se font dire "c'est un beau passe-temps", c'est comme s'ils se faisaient dire que leurs tableaux sont amateurs, de moindre qualité. Combien faut-il gagner pour être professionnel ou comment juger de la valeur d'une oeuvre, d'un texte? Quand cesse-t-on d'être amateur? Difficile de résumer cette question qui mériterait une plus longue réflexion de ma part.

Isabelle Lauzon a dit…

À Audrey : Moi aussi, je comprends très bien les autres blogueurs qui ont abordé la question. Nous avons chacun notre avis sur le sujet. Le mien est sûrement grandement influencé par le fait que j'ai des enfants, et aussi que j'ai débuté l'écriture à 29 ans. Donc, j'avais déjà bien autre chose dans ma vie. L'écriture, ce n'est pas ma raison de vivre. J'ai un million de raisons de vivre! :D

À Gen : Eh oui! Mais tu n'as pas nécessairement toujours tenu ce discours, hein? On apprend avec le temps, on devient plus sages et réalistes... Et c'est bien comme ça. Je suis convaincue quelque part que moins on se met de pression, plus on a de chances que ça fonctionne, parce qu'on ira davantage avec la passion, et moins avec le côté monétaire de la chose et les obligations financières... :)

À ClaudeL : Va voir du côté de Dominic Bellavance et Gen, ça va te donner une idée. Faut faire attention avec les mots "loisir" et "passe-temps"... Moi, je vois l'écriture comme ça, mais quelqu'un d'autre aura une toute vision de la chose. Oui, écrire peut être un métier. Mais moi, j'ai déjà un métier : secrétaire. Je m'amuse à mon travail, mais son but premier est de payer les comptes. Tandis que l'écriture, c'est vraiment juste pour mon plaisir personnel, pour nourrir mon intérieur. Et je ne suis pas certaine d'avoir envie que ça change. Un boulot, j'en ai déjà un, avec tout ce que ça comporte comme obligations. L'écriture, c'est un choix personnel, pas une obligation. Très, très différent! Comme tu dis, il y a toute une réflexion à faire là-dessus... La qualité, ça vient avec l'expérience, ça peut être subjectif et ça dépend surtout du regard qui est posé sur l'oeuvre. L'un verra ça comme un beau petit passe-temps tout mignon, l'autre comprendra le travail et la technique qu'il y a derrière... Hum... réflexions intéressantes! Ça va sûrement me trotter dans la tête quelques jours... :D

Isabelle Simard a dit…

Je suis d'accord avec toi Isabelle, tout comme Audrey j'aurais pu écrire exacetement le même billet. J'ai besoin de mon boulot et du temps avec mes 3 mousses. Pour moi, l'écriture est aussi un passe-temps et j'ai choisi, il y a 10 ans de ne pas gagner mon pain avec ma plume journalistique pour vivre avec mon conjoint et fonder une famille. Alors, maintenant j'assume.

@ ClaudeL : Je sais que l'écriture peut être un métier exigeant, par contre je le vois un peu comme Isabelle. C'est quelque chose que je fais par choix quand cela me convient et quand j'en ai l'énergie. Je crois que le passe-temps devient un métier quand on choisit de s'y consacrer coeur et âme et d'en faire sa principale source de subsistance. Et c'est là que je fais aussi le parallèle avec la peinture. Est-ce que c'est parce que je dessine, que je peins pour mon plaisir et que j'offre des toiles à mes proches que je me considère comme une artiste-peintre : non. C'est un passe-temps aussi que je fais surtout pour mon plaisir personnel et enjôliver les murs de ma maison. Demandez-moi pas de donner des cours, j'en serais incapable, même chose pour l'écriture.

Gabrielle Syreeni a dit…

À ClaudeL : Je comprends ce que tu veux dire. Quand on passe ses journées ou presque à écrire, est-ce qu'on peut se permettre encore de dire que c'est un passe-temps? Non, si on le fait avec une visée professionnelle. Mais alors, faudrait-il garder ce fait pour nous, pour ne pas "paraître" en marge de la société, parce qu'on ne fait pas une besogne digne d'un ouvrier ou d'un commis de bureau?

À Isa : C'est à nous de choisir comment on souhaite vivre. Plus la fibre artistique arrive tard, plus elle devient secondaire à mon avis. Ça ne doit pas être facile d'écrire tout en s'occupant des enfants, du boulot, de la maison, etc., etc. Quant à la question de gagner sa vie avec sa plume, aujourd'hui, c'est plus une question d'être tombé au bon moment, à la bonne place, que par l'excellence de notre travail. À moins qu'une maison d'édition (les petites, entre autres) y porte vraiment attention.

Moi j'écris pour rester vivante, mais si je disais "écrire pour assurer ma subsistance", ça, se serait une autre question.

Isabelle Lauzon a dit…

À Gabrielle : Effectivement, ce n'est pas facile de tout gérer ça en même temps... L'écriture, c'est mon moyen d'expression, mais je ne veux pas, pour l'instant du moins (tout peut changer dans la vie!) voir ça comme un moyen de payer mes comptes. Me semble que ce ne serait plus pareil! :)

G. Syreeni a dit…

Je suis d'accord avec toi. J'ai l'impression que si je vois l'écriture de mes fictions (les autres types d'écriture, ça passent mieux) comme une job, je verrais ça comme quelque chose de forcée, de moins authentique, de moins passionnée. Ça doit dépendre des auteurs. Remarque, je ne l'ai jamais vraiment vécu. J'appréhende seulement. Si je perfectionnais mes connaissances en peinture, je pense que je préfèrerais avoir une commande de tableau qu'une commande de textes (à moins que la date de tombée soit assez lointaine (genre pour une revue, par exemple, ou un recueil)). Je traite les arts visuels différemment. Alors, je comprends ce que veux dire ton amie ClaudeL.

Isabelle Lauzon a dit…

À G. Syreeni : Je ne peux personnellement pas parler de mon rapport avec les arts visuels, puisque je ne ne peins pas. Mais je suis convaincue à l'heure actuelle que l'équation écriture = argent = seul salaire qui rentre ne me conviendrait pas du tout... En tout cas, écrire sur commande, j'ai essayé et c'est pas mon truc! :D