21 janvier 2011

Aujourd'hui, on démolit un texte!

À vos marteaux et à vos masses, gang! Aujourd'hui, j'ai décidé de mettre en ligne un de mes textes, dans le but avoué de vous voir le démolir (proprement, hein! Je déteste faire le ménage!).

Pour ceux qui s'en rappellent, il s'agit du texte que j'avais écrit à partir de la contrainte de Cyril Valery - vous savez, celle dont à peu près tous les mots pouvaient avoir une connotation sexuelle? Mon défi à moi, c'était d'en faire un texte qui ne parlerait pas du tout de sexe.

Je me suis bien amusée, et j'aimais bien le résultat. Du moins, au début. Je l'ai même soumis à un fanzine (Contre l'avis de Gen, je le précise bien humblement. Et elle avait bien raison!). Évidemment, il a été refusé. Je sais pas mal pourquoi. En fait, il y a plusieurs raisons, mais j'aimerais bien savoir ce que vous, vous en pensez. Pour ma part, je vais vous mettre mon analyse en commentaire.

J'espère bien que vous ne vous gênerez pas pour me faire des commentaires constructifs! Bon, si vous me dites : "Isa, tu écris mal, il n'y a pas d'espoir, tu es pourrie", ça se peut que j'aie de la peine, là... :) Mais sinon, lâchez-vous lousse, comme on dit en bon québécois!

Petit détail : j'ai changé la phrase du début, l'autre m'agaçait un peu, ça me freinait durant l'exercice. Tututut! J'ai le droit, c'est moi le boss quand je suis derrière le clavier! :D

Alors, ça va comme ça :

Longueur d'avance

J’entrai dans la pièce, qui embaumait le sucre et la cannelle. Une chambre de vieille femme, à n’en pas douter, débordant de dentelles, de roses de soie et de chats en porcelaine.

Pas de sensualité ici, aucun relent de tendresse. La victime vivait seule avec son chihuahua, ce même cabot que nous avions retrouvé, gisant sans vie dans le salon. Le meurtrier, probablement agacé par les aboiements intempestifs du chien, lui avait proprement tordu le cou.

J’esquissai un geste en direction de la table de chevet, un peu à contrecoeur, sans en avoir réellement envie. Les ondes qui s’en dégageaient me laissaient présager douleur et tourments. Et des horreurs, j’en avais suffisamment vu pour cette vie-ci. Mes rêves étaient envahis par les visages de ces pauvres hères que, par ma lâcheté, je n’avais pu ou voulu aider. Si je continuais ainsi, j’irais droit dans le mur. Une corde au cou, un pistolet à la main, j’ignorais encore la fin que choisirait mon désespoir, mais mon destin semblait inéluctable.

Encore une affaire, au moins une. Après, peut-être, pourrais-je baisser les bras, me laisser couler vers l’oubli et dormir en paix pour l’éternité.

Adèle Marceau, veuve, avec pour seuls revenus sa pension du gouvernement, nettement insuffisante pour lui payer un logement décent. Avec ses doigts de fée et partant d’un rien, elle avait accompli des miracles dans cet appartement miteux. Son temps, elle l’offrait sans compter à sa paroisse, multipliant bénévolat et bonnes œuvres. Bref, une perle comme il en existait peu en ce bas monde, qui ne méritait certainement pas un sort aussi funeste. Et puis, qui le méritait, au fond?

- Adèle Marceau, énonça Brisebois. Elle vivait seule avec son chien.

J’avais envie de lui crier que je savais, que je savais tout avant qu’il ne prononce les mots, mais je me tus, évidemment. Je n’avais pas déployé tous ces efforts à me bâtir une crédibilité dans le milieu, pour lâcher le morceau aussi facilement. Mes collègues ignoraient tout de ma condition et il en serait ainsi jusqu’à ma mort, j’en avais fait le serment.

- Des enfants?

En prononçant la question, la réponse jaillit aussitôt dans mon esprit, mais je laissai le soin à Brisebois de me dévoiler le résultat de son enquête.

- Une fille. Nancy Hébert. Elle habite à ici-même, à Saint-Jérôme. Selon la voisine, elle rendait visite à sa mère aux deux jours. D’après la voisine, ça allait mal dans le couple de la fille, alors elle venait habiter chez sa mère de temps en temps.

Nancy. Elle était très proche de sa mère, en effet. Je voyais de l’amour, une complicité à toute épreuve. Des larmes versées sur une épaule compatissante. Pauvre Nancy. Elle ne s’en remettrait jamais. Un psychologue. Des antidépresseurs. Aucune lumière au bout du tunnel, que du désarroi.

- Ça va, Paul?

J’esquissai une moue désabusée.

- Tu sais, je ne m’y habituerai jamais.

- Allons, fis Brisebois en me tapotant le dos, faut pas que tu prennes ça trop à cœur. Rappelle-toi ce que nous disait notre prof. Faut voir ça comme de la viande. C’est juste un dossier comme les autres. De la viande, mon vieux.

- Ouais. T’as raison. Poursuivons.

Malgré notre complicité de longue date, je ne pouvais révéler à mon coéquipier l’ampleur de mes dons. Mes capacités psychiques n’auraient jamais obtenu gain de cause en Cour, et je me devais d’orienter notre enquête vers la recherche de preuves tangibles.

- Celui qui a fait ça était un vrai boucher, commenta Brisebois pendant que le photographe mitraillait la victime dans tous les angles possibles.

En effet, le meurtrier avait fait montre d’une hargne peu commune dans sa besogne. Démembrée, décapitée. Du sang partout, comme une provocation, non, une révélation. Il la haissait. Il portait en lui un désir coupable, une soif inextinguible de vengeance qui le dévorait corps et âme depuis des années. Autant Nancy tenait-elle à sa mère comme à la prunelle de ses yeux, autant éprouvait-il à son endroit une aversion viscérale qui avait grandi et grandi encore au fil des jours. Jusqu’à ce que la coupe soit pleine et qu’il décide d’assouvir le fantasme qui le hantait depuis…

Voilà, je venais de découvrir l’identité du coupable. Le mari de Nancy, qui jalousait le lien d’affection qui unissait les deux femmes. Qui avait tellement son épouse dans la peau, qu’il en était arrivé au point où il ne pouvait plus supporter de la partager. Qui voyait en sa belle-mère une menace, la cause de ses déboires conjugaux.

Maintenant, je savais dans quelle direction je devais orienter l’enquête. Je voyais la courbe d’une lame aiguisée par la rage. Une hache. Une hache jetée à la hâte dans une benne à ordures.

- Stef, envoie des agents fouiller les poubelles du coin, dans un périmètre de cinq cents mètres.
- Tu crois que…
- On ne sait jamais. Et nous allons immédiatement chez la fille pour l’interroger.
- Attends… On ne peut pas, elle est à l’hôpital. Tu comprends, le choc… C’est elle qui l’a trouvée…

Je n’ignorais pas ce détail, mais sa réponse me permit d’en venir au point que je visait au départ.

- Son mari, alors. On va aller interroger son mari, et vite. Ça urge.

Brisebois pencha la tête et leva un sourcil interrogateur.

- Une intuition?

Je frémis intérieurement. Dans mon empressement, parce que venais d’avoir la vision du meurtrier en train de brûler ses vêtements imbibés de sang dans son poêle à combustion lente, j’étais allé trop vite en besogne. Pour rattraper le coup, je niai d’un ton serein :

- Simple logique. Adèle… La victime n’avait pas un sou, donc je vois mal le vol comme motif. À voir l’état dans lequel le tueur l’a laissée, il s’agit certainement d’un crime passionnel. Donc, on voit les proches en premier.


- OK, ça me va. On laisse les gars s’occuper de recueillir les données, alors?

J’acquiesçai. De toute façon, je savais pertinemment qu’aucune empreinte valable ne serait recueillie sur les lieux. Toutefois, même si la procédure s’avérerait inutile, je devais la laisser suivre son cours. Pour noyer les découvertes faites grâce à mes intuitions dans un océan de démarches règlementaires.

Bientôt, le tueur serait derrière les barreaux. Je voyais un bouquin, des séances de dédicace. À sa sortie de prison, notre client profiterait bien de sa notoriété. Son livre deviendrait même un best seller. La bêtise humaine ne connaitrait donc jamais de limite?

Comme j’aurais aimé ne pas bénéficier de ce don, de cette longueur d’avance qui détruisait toute surprise, tout intérêt. J’aurais aimé entrevoir des barbituriques dans un verre d’alcool. Des veines tranchées d’où se serait écoulée ma vie une bonne fois pour toutes.

Mais tout ce que je voyais à présent, c’était un adolescent fauché par un chauffard. Délit de fuite, un nouveau crime à résoudre. Encore une autre enquête, et puis après, peut-être, pourrais-je enfin tirer ma révérence.

15 commentaires:

Isabelle Lauzon a dit…

Allez, je pars le bal! Je ne dirai pas tout d'un coup, par contre, question de laisser aux autres la chance de donner quelques coups de masse... :D

Premièrement : Les expressions idiomatiques me sautent aux yeux. C'est définitivement trop. J'ai suivi la contrainte, mais si j'avais à retravailler ce texte, je les enlèverais, purement et simplement. Ça alourdit le texte. Ça irrite. Note à moi-même : dorénavant, on oublie les expressions idiomatiques du genre "aller droit dans le mur"...

Ouf! Ça fait du bien! Allez, qui le prochain? Voyez-vous autre chose? (C'est sûr que oui!) :D

ClaudeL a dit…

Vraiment, tu es certaine qu'on s'exprime devant tout le monde? Je porte l'odieux d'être la première. D'autres commentaires m'auraient peut-être aidée à mieux comprendre ton histoire.
Constructif? Donc, dire en premier ce qui est bien?
Je dirais bel équilibre entre dialogues et narration. Je dirais belle atmosphère si on aime le macabre et le policier.

Je commencerais par donner une note globale, disons 85 sur 100 et ensuite j'ôterais quelques points pour:

1- problème de virgules dans les deux ou trois premiers paragraphes;
2- dans l'exercice, devais-tu mettre autant de personnages? Pour un si court texte, me semble qu'il y a bien du monde. Peut-être les as-tu présenter avant et je n'ai pas vu. Sinon, je ne sais pas qui est qui;
3- les dons particuliers du "je", je ne les ai pas sentis, ni vus, tu les as dit mais pas montrés par rapport aux autres qui n'en ont pas;
4- à la première lecture, je dirais deux fautes d'orthographe, et un peu trop d'adverbes en "ment";
5- j'accroche un peu sur "prononcer une question", mais ce n'est pas très grave;
6- Là où j'enlèverais quelques points (oh! que je me sens sévère, je pense qu'il y avait une prémisse à cet exercice et donc il me manque des éléments pour comprendre): manque de transitions, de liens ou de montée ou de chute.

Bref, je me sens bien mal placée pour juger. Constructif: lis ton texte à haute voix à quelqu'un qui, comme moi, ne sait rien ni d'avant ni d'après ni du pourquoi ni du comment.
J'ajouterais des liens, explique, enlève des personnages et elle finit comment ton histoire?

Me pardonnes-tu?

ClaudeL a dit…

"Peut-être les as-tu présentés" és et non er.

ClaudeL a dit…

et dits et non dit!
Décidément, les participes passés et moi! On voit toujours mieux la poutre... c'est quoi donc?

Isabelle Simard a dit…

Je serai donc la troisième.

Pour une raison que j'ignore... je trouve que cette section accroche : "Si je continuais ainsi, j’irais droit dans le mur. Une corde au cou, un pistolet à la main, j’ignorais encore la fin que choisirait mon désespoir, mais mon destin semblait inéluctable." Il me semble que ça arrive vite dans le texte, sans qu'on en sache beaucoup sur le personnage.

Ensuite, il cette information que je trouve qui arrive un peu tard : «le meurtrier avait fait montre d’une hargne peu commune dans sa besogne. Démembrée, décapitée. Du sang partout, comme une provocation, non, une révélation.» Personnellement, j'aurais peint cette image au début car arrivée là... j'avais une image de chambre de vieille dame, propette, avec tout à sa place, des trucs en dentelle crochetée partout. Pas une image souillée par une boucherie.

On comprend dans le texte que ton enquêteur a un don pour sentir ce qui s'est passé, mais il me semble qu'il se projette loin, trop loin pour que ce soit crédible quand il voit le best-seller du tueur, c'est trop.

Pour le reste, j'aime beaucoup tes tournures de phrase et globalement, j'ai apprécié ma lecture. Vraiment.

Isabelle Lauzon a dit…

À ClaudeL : Bien sûr que je veux que tu dises ça devant tout le monde! Et on ne se gêne pas pour fesser, c'est ça le but de l'exercice, et je me plie volontiers, et sans orgueil aucun, au jeu!

Alors, mes commentaires sur tes commentaires :

1. Les virgules, je suis d'accord : Pour les virgules, c'est ma bête noire. Faudrait vraiment que je m'achète un bouquin là-dessus! Je connais les règles de base apprises à l'école, mais on dirait que je ne les mets pas toujours là où il faut... Et on dirait aussi que tout le monde n'utilise pas les virgules de la même façon. Je suis mêlée!!! :D

2. Le nombre de personnages : Voilà, tu mets le doigt sur un autre problème que j'avais moi-même trouvé : Trop de personnages, pour un si petit texte. En fait, ce texte aurait dû être beaucoup plus long, étoffé. Là, les personnages sont en carton, ils n'ont pas d'existence ni de consistance et on s'y retrouve mal. Comme s'il nous manquait des bouts.

3. Le "je" : La contrainte de départ exigeait le "je", mais je trouve qu'ici, le "je" ne sert pas bien l'histoire. J'aurais vu un "il" aligné sur le personnage principal, sur ses émotions. Parlant d'émotions, elles auraient dû être plus tangibles, plus développées. Il ne fait aucun geste pour montrer son désespoir, il ne "vit" pas. C'est de l'exposition d'information, sans réelle consistance.

4. Fautes d'orthographe : Hein? Où ça? Dis-moi!!! :D Et pour les adverbes en "ment", j'avoue que les adverbes et les adjectifs sont une autre de mes bêtes noires. Un peu trop présents des fois. Ce sera à surveiller.

5. "Prononcer une question" : Ah? Ça ne coule pas bien? Qu'aurais-je pu mettre à la place?

6. Manque de tout : De transition, de liens, de montée : Je suis tout à fait d'accord! Je reviens à la nécessité d'allonger ce texte pour le rendre plus consistant. Là, je me suis limitée dans la longueur, je voulais planter tous les mots de l'exercice (c'était un exercice de déblocage de la créativité, après tout, très différent d'un texte qui sort spontanément!). Il aurait fallu ensuite que je brise le cadre établi, que je réécrive totalement le tout en oubliant la consigne de départ.

Et puis, elle finit comment, l'histoire? Elle ne finit pas, c'est une nouvelle littéraire qui prenait le personnage dans une situation donnée, mais l'histoire se poursuit ensuite. C'est sûrement pour ça que la chute de cette nouvelle tombe à plat, elle n'est pas surprenante du tout.

En fait, je vois deux options à cette histoire :

1- Retravailler le tout pour en faire un texte beaucoup plus long, complet, avec plusieurs "visions" du personnage, mais amenées de façon plus prenante, qui génère la surprise, l'étonnement. Doter le personnage principal d'une personnalité bien à lui, d'un physique, d'un passé. Rendre plus crédible son métier de policier, qui n'est pas bien montré ici.

2- Laisser tomber cette histoire, car elle n'est pas suffisamment originale pour mériter un traitement long. Même si je l'étoffe en rendant le personnage principal crédible, qu'est-ce que ça donne? Il faut trouver d'autres idées, d'autres éléments pour accrocher le lecteur, car là, le concept est faible. Un policier qui a des visions. Bravo, mais quoi d'autre?

85 %, c'est une pas pire note, je suis contente! :D Et non, je ne te pardonne pas, car il n'y a rien à pardonner, au contraire!!! Tu m'as donné exactement ce que j'espérais : une critique super constructive, avec des éléments que je n'avais pas vus. MERCI!!!

Isabelle Lauzon a dit…

À Isabelle : "J'irais droit dans le mur" et "la corde au cou" sont deux expressions idiomatiques toutes faites (qui viennent de la contrainte de départ je crois bien). C'est une raison très plausible selon moi à ton irritation : ça ne coule pas bien, c'est cliché. Et ce passage est trop raccourci pour bien démontrer l'émotion. Là, c'est de l'exposition d'infos, et c'est mal fait.

Et pour la description de la scène du crime : tu as tout à fait raison! (Je l'avais pas vue, celle-là!). Il faudrait qu'on voie la scène dégueu dès le début, avec l'odeur du sang (et autres matières dégueu) qui se mêle avec l'odeur de grand-mère. Super!

Pour le "best-seller" du meurtrier : t'as bien raison! Le personnage principal voit le passé, le futur, le tout éloigné ou rapproché, n'importe comment­. Coudonc, c'est Dieu, ce gars-là? Et il n'est pas meilleur que ça dans son enquête? Si ça se trouve, il savait déjà tout avant d'arriver? Non, décidément, c'est pas crédible!

Merci pour tes commentaires, Isabelle! Tu m'as montré encore d'autres facettes de ce texte qui auraient dû être retravaillées. Un bel apprentissage pour mes prochains textes! :D

Isabelle Lauzon a dit…

Commentaire personnel : Je suis très contente des commentaires recueillis jusqu'ici. Très constructif!

Quelqu'un d'autre aimerait donner un coup de masse? D'autres irrégularités, erreurs, ou horreurs à relever? Des commentaires? Allez, ne vous gênez pas!

On est maso ou on ne l'est pas! :D

ClaudeL a dit…

(Dommage que dans les commentaires on ne puisse employer ni l'italique ni le gras)

Virgule:
pas besoin après pièce. "J’entrai dans la pièce, qui embaumait le sucre et la cannelle."

Je n'en aurais pas mis après "pour" ou j'aurais changé le mot "pour": "Je n’avais pas déployé tous ces efforts à me bâtir une crédibilité dans le milieu, pour lâcher le morceau aussi facilement"

Finalement, tes virgules sont discutables et la plupart sont très bien placées. Dans une phrase courte, pas besoin.

Prononcer une question: on pose, on aborde, on soulève; on prononce un mot, un discours, mais me semble que prononcer une question... Peut-être que je me trompe.

Construction:
"D’après la voisine, ça allait mal dans le couple de la fille, alors elle venait habiter chez sa mère de temps en temps" Qui est "elle"? Si c'est la fille, comme ce n'est pas le sujet de la phrase, j'écrirais "celle-ci" sinon c'est mêlant, on pense que c'est la voisine.

"Autant Nancy tenait-elle à sa mère comme à la prunelle de ses yeux, autant éprouvait-il à..." J'aurais écrit: "Autant Nancy tenait... autant il éprouvait" sinon ça fait forme interrogative.

Fautes:
"Allons, fis Brisebois" fit et non fis.
"au point que je visait au départ" je visais et non visait.

Et le 85 c'était le point de départ, à la fin, ça deviendrait peut-être 75!!!
Tout compte fait, tu avais déjà mis le doigt sur les petites failles. Le plus important étant le déroulement de l'histoire.

Gen a dit…

Pour la question des virgules, je dirais que c'est une question de style aussi. Normalement on en met pas avant un pronom relatif, mais on peut, si on veut ralentir le texte. Bref, pas de réponse toute faite. Mais oui, dans les premiers paragraphes, quelques-unes m'agacent.

Pour le reste, je refais publiquement les commentaires qui m'avaient poussée à te dire de ne pas la soumettre en l'état :

- Si le personnage a de tels pouvoirs, il devrait les manifester sur autre chose que les meurtres (deviner les questions, etc)

- Son angoisse, son mal de vivre devrait être amené plus tôt et plus lentement

- Dans un texte si court, faudrait axer soit sur le meurtre (et déplacer la description comme suggère Isabelle), soit sur les pouvoirs et les décrire plus. Si tu décides de mettre le texte au Il, faudrait axer sur le meurtre. Si tu le gardes au Je, pouvoirs et angoisses devraient être au premier plan je pense.

- Finalement, c'est une bonne idée (ça casse pas la baraque, mais c'est bon), sauf qu'elle mériterait plus de place pour se déployer.

- Et les maudites expressions idiomatiques, j'suis pas capable!!! lolololol! ;)

Isabelle Lauzon a dit…

À ClaudeL : Décidément, les virgules et moi... Tu vois, moi je la laisserais, la virgule après "pièce". Car sinon, ça donne l'impression que c'est "la pièce qui sent la cannelle, et pas celle qui sent la réglisse". Ici, ça aurait pu être "J'entrai dans la pièce." Point. Et le "qui ..." vient préciser le mot pièce. Mais j'ai peut-être tort... :D

En parfait accord avec le mot "pour".

Pour "prononcer une question", je ne sais pas non plus. Ta logique est bonne, mais je ne sais pas si mon emploi est erroné ici... Mettons qu'ici, c'est la dir litt qui aurait tranché! :D

Pour les erreurs de construction, tout à fait d'accord. Ces petites bêtes, on ne les voit que dans les textes des autres, hein? :D

Et pour les fautes... Pffft! J'en reviens juste pas d'avoir fait ces niaiseries-là! Franchement... C'est pas fort mon affaire! :D

Isabelle Lauzon a dit…

À Gen : Je suis d'accord avec tes réflexions, ça rejoint ce que je pensais déjà. Si j'avais l'intention de retravailler ce texte, il y aurait un sacré boulot à faire, parce que tel quel, il ne tient pas la route. Il faudrait tout revoir.

J'aime bien ta réflexion à propos de la différence entre les narrateurs en "il" ou "je". Le traitement serait vraiment différent entre les deux. Avoir un peu de temps devant moi, je tenterais l'expérience avec les deux. Mais, comme tu sais, le temps et moi... :D

Pour l'idée de départ, elle était pas pire, mais ça aurait pris d'autres éléments pour étoffer le tout, parce que là, le concept est trop faible.

Et les expressions idiomatiques... promis, plus jamais je n'en mets autant dans un texte! En fait, je suis tellement écoeurée de ça que j'ai bien envie de les bannir de tous mes textes... Alors si j'en emploie, ce sera sûrement de façon inconsciente, et il y en aura moins, promis! :D

Isabelle Lauzon a dit…

Bon, je ne sais pas si on a fait le tour, mais je voulais juste ajouter un autre point : D'après mon expérience avec les exercices de déblocage de la créativité tels que celui-là, ça donne rarement un résultat publiable.

Il faut prendre ce type d'exercice comme un exercice de réchauffement de l'écriture. On peut être content d'avoir intégré tous les mots et expressions. Ça peut nous donner une idée, un concept pour un futur texte. Mais tel quel, ça ne tiendra sûrement pas la route. Il vaudra mieux réécrire au complet, sans contraintes imposées, afin de se réapproprier notre histoire.

Personnellement, je crois que j'ai donné, pour les exercices de ce genre! Mes deux ans d'ateliers de création littéraire en ont été saturés... Et j'ai réalisé depuis que ce n'était pas nécessairement la bonne façon d'écrire. Pas si on veut être publié!

Gen a dit…

Ces exercices-là m'ont effectivement toujours semblé être destinés aux gens qui ont le blocage de la page blanche ou du "je sais pas quoi écrire". J'pense que tu n'en es plus là! ;)

Isabelle Lauzon a dit…

À Gen : Ça, c'est sûr que ce ne sont pas les idées qui manquent! :D