15 novembre 2010

Voir la beauté


Avec les années, j’apprends à voir et à apprécier la beauté. Un paysage qui s’embrase sous l’automne, une brume qui recouvre le sol tel un spectre éthéré, des branches qui se découpent parfaitement à travers un ciel azur, à tel point qu’elles ont l’air d’avoir été dessinées au crayon feutre…

Et cet arbre, si magnifique, si inspirant, que j’ai eu le plaisir de rencontrer, soir après soir, dans mon ancien village. Sur la rue principale, il ressortait du lot, si beau, si… spécial. Un érable, je crois. Je l’observais sous toutes les lumières, préférant de loin celle du matin, au lever du soleil, quand les rayons mettaient en valeur sa silhouette. Cet arbre détenait un pouvoir incroyable sur mes humeurs. Lorsque je le voyais, un sourire naissait sur mes lèvres. Peut-être parce qu’il signifiait que j’arrivais bientôt chez moi. Peut-être. Instant de bonheur fugace, parce qu’il me fallait rouler, rouler vite sur cette fameuse rue principale, car les voitures derrière n’auraient pas compris mon ralentissement. Ou peut-être que si. Je ne peux croire que durant toutes ces années, j’aie été la seule à remarquer cet arbre.

Maintenant, je demeure dans une autre ville. Mon arbre, je ne le vois plus. Par contre, j’ai découvert une autre source de plaisir sur ma route du matin. Lorsqu’arrive le haut de cette côte qui m’est devenue si chère, et que je vois ce paysage qui s’étend jusqu’à Montréal, je souris. Ces jours-ci, à l’heure où j’arrive à ce point précis, le soleil se lève. Parfois, le matin, un léger brouillard recouvre en partie les arbres. Tout simplement merveilleux.

Je crois qu’un jour, je peindrai. Ou je ferai de la photographie. Parce que les mots, peu importe leur formulation ou leur style, ne me semblent pas suffisamment forts pour dépeindre ces beautés qui m’accompagnent chaque jour.

3 commentaires:

ClaudeL a dit…

Pendant un temps, quand j'accompagnais des artistes peintres, plutôt que de ne rien faire, je regardais ce qu'ils voyaient et j'essayais d'écrire en mots ce qu'ils peignaient en dessins et couleurs. J'y ai renoncé, ce n'était jamais aussi beau ni complet, ni émouvant que ce qu'ils en faisaient.
Faut dire que les descriptions et moi! Je suis meilleure dans la psychologie des personnages.

Ce que j'aime le plus dans ta photo, c'est le ti-pompon dans le centre.

Lucille a dit…

Merci Isabelle pour ce beau moment ! Un beau texte.

Isabelle Lauzon a dit…

À ClaudeL : J'avoue que moi aussi, les descriptions... ce n'est pas ma tasse de thé! Je préfère l'action et, comme toi, la psychologie... C'est vrai que le ti-pompon est mignon! :p

À Lucille : Merci! :D