4 septembre 2010

Exercice #6 - Par Cyril Valery

ATTENTION! Ce billet a été modifié le 3 octobre 2010 : Prière de ne pas m'envoyer de texte par courriel. Je n'effectue plus de correction et je ne publie plus les résultats d'exercices. Vous pouvez par contre publier votre texte directement dans les commentaires de ce billet, si vous le désirez. Merci!

Cyril Valery, qui a participé à quelques exercices il y a peu de temps (voir le libellé "Textes de participants"), m'a transmis un nouvel exercice, qu'il a lui-même concocté.

Me voilà donc mise au défi, et j'en profite pour vous lancer à vous aussi ce même défi, soit pondre un texte d'une longueur d'environ 250 mots, en tenant compte des contraintes suivantes :

Phrase de départ : J'entrais dans la pièce, qui avait une douce odeur de noix de coco

Mots à insérer :
  • Sensualité
  • Tendresse
  • Amour
  • Rêve
  • Courbe
  • Geste
  • Désir
  • Provocation
  • Envie
  • Endroit

Expressions à insérer :
  • À contrecoeur
  • Aller droit dans le mur
  • Avoir des doigts de fée
  • Avoir quelqu'un dans la peau
  • Baisser les bras
  • Briser le coeur
  • Corps et âme
  • Tenir à quelque chose comme à la prunelle de ses yeux
**************
Je voudrais préciser ici un point : Comme je n'avais plus d'exercices à proposer à Cyril, je lui ai donné la recette pour se fixer lui-même des contraintes. Toutefois, je vois dans le choix des mots quelques points dont il faut tenir compte lors de leur sélection, pour en arriver à des contraintes qui stimuleront réellement l'imagination (faudrait pas que ce soit trop facile, quand même!) :
  • Privilégier des mots concrets (table, fourchette, oreiller...). Les sentiments (amour, sensualité, etc.) et autres items qu'on ne peut pas toucher, qui sont du domaine de l'abstrait, sont à proscrire.
  • Je vois ici que tous les mots ont un peu une connotation commune, donc il est déjà facile de déterminer à l'avance dans quel registre se situera le résultat final. Si je le soumettais à 20 participants, nous parlerions tous de sexe, je pense... Alors que dans un monde idéal, les contraintes doivent amener les participants sur des avenues totalement différentes, et s'avérer une surprise à chaque fois!

Je participerai quand même à cet exercice prochainement, toutefois en m'imposant une contrainte supplémentaire, qui ne sera pas facile à respecter : je n'orienterai PAS mon texte vers un contexte sensuel ou érotique. Pas facile, hein?

Je me demande bien ce que ça donnera... ;)

Le défi est lancé! Si vous avez envie de mettre le résultat en ligne, SVP le publier dans les commentaires sur ce billet.

Mais... heu... on se censure un peu, OK? Ce blogue est pour un public général, je le rappelle...

13 commentaires:

richard tremblay a dit…

Je, itou.

Isa Lauzon a dit…

À Richard : Héhé! ;)

Anonyme a dit…

Voilà mon texte, mais c'est la première fois que je fais ce genre d'exercices:
J’entrais dans la pièce, qui avait une douce odeur de noix de coco. Etrange pour l’endroit où travaillait une embaumeuse. Je m’approchais doucement. Elle ne m’avait pas entendu et s’affairait à coiffer le cadavre d’une jeune femme. Je ne voyais que les longs cheveux blonds de cette inconnue, le reste étant enfoui sous le drap blanc. Je pouvais voir la courbe de son corps à travers le linceul. L’embaumeuse avait des doigts de fée et se lançait corps et âme dans sont travail. Elle avait rendu cette femme désirable et sensuelle. Elle esquissa un geste et se retourna dans ma direction. Elle sourit alors et s’avança vers moi, me prit dans ses bras et m’embrassa. Nous sommes restés comme cela pendant de longues minutes, avant qu’elle ne desserre son étreinte. J'essayais de la retenir, mais elle me repoussais; j’ai alors baissé les bras. Je l’ai lâchée à contrecœur. Bien que je sois marié depuis plusieurs années, j’avais cette embaumeuse, Maeva, dans la peau. J’aimais aussi ma femme bien sûr, mais je n’étais pas aussi bien qu’avec Maeva. Elle me rendait une seconde jeunesse en quelque sorte. Je tenais à elle comme à la prunelle de mes yeux. Pendant que je la regardais et que j’affichais un sourire béat, plein de tendresse, elle, affichait une mine provocatrice. Elle me dit qu’elle avait embaumé deux personnes aujourd’hui. Un homme de quatre-vingt six ans, décédé d’une crise cardiaque et une jeune femme que l’on venait de lui amener. La cause de sa mort était encore inconnue. Elle me dit qu’elle avait encore du travail. Je restais toujours jusqu’à la fin de son service, lui prouvant que son métier ne me faisait pas peur. Mais ce jour-là, lorsqu’elle souleva le drap, ça m’a brisé le cœur. Ma femme était étendue là, inerte. Aucun mot ne sortait de ma bouche, pourtant je voulais hurler. Je n’avais qu’une envie, sortir de cet endroit. Je me disais que ce n’était qu’un rêve. Mais j’allais droit dans le mur. C’était bel et bien la réalité.

Isabelle Lauzon a dit…

Bravo Anonyme! (j'aimerais bien avoir un autre nom sous la main par contre!)

Belle chute, j'ai aimé! Bien réussi, on ne tombe pas dans la sexualité, malgré les contraintes qui semblaient tendre vers cette direction! :D

Anonyme a dit…

merci isabelle!
Et je m'appelle Sonia! :D

Isabelle Lauzon a dit…

Aaaahh! Enchantée, Sonia! Et bienvenue chez moi! ;)

Anonyme a dit…

Merci! :D

Anonyme a dit…

J’entrais dans la pièce qui avait une douce odeur de noix de coco…
Je reçu la sensualité de ce parfum, comme une provocation. Mon esprit fut projeter à contrecœur dans cet endroit paradisiaque, lové au creux d'une anse sablonneuse à la courbe parfaite que dominait ma maison et qui m’avait vue lumineuse d’amour et de tendresse pour cette beauté perdue dans l’océan indien, mais qui me vit un jour blessée à mort, mon rêve brisé , immobile face à la mer, incapable d'un geste pour essuyer les larmes sur mes joues, réalisant que ce lien qui m’unissait corps et âme à ces rochers, allait me briser le cœur. J’avais lutté toute ma vie pour ne pas avoir quelqu’un dans la peau, fuyant qu’en cela se profilait à l’horizon. Je riais lorsque j’entendais dire que l’on pouvait tenir à quelque chose comme à la prunelle de ses yeux ou devenir esclave d’un désir. Mais je m’étais laissé gagner par un amour dévorant pour cette ile de façon d'abord inconsciente puis l'acceptant n'y voyant en cela aucun mal. Mon dieu, cette sensation d’aller droit dans le mur sans pouvoir intervenir. Ne pas baisser les bras ? La lettre me glissa des mains. Je ne fis rien pour la ramasser. Il était inutile de la relire, les mots avaient pris vie et dansaient la sarabande dans ma tête, me provoquant jusqu’à la nausée. J’aurais voulu avoir des doigts de fée pour les effacer. Ce jour-là, au paradis, une envie de meurtre vint me visiter.
… douce odeur de nausée.
Cath

Isabelle Lauzon a dit…

Héhé! Bravo Cath! C'est rondement mené! :D

Anonyme a dit…

Merci,
j'ai eu beaucoup de mal à sortir un texte si concentré. Mon premier jet était plus proche des 400 mots...donc j'ai recoupé et ...j'ai largement dépassé le temps imparti!
C'est la première fois que je fais ce genre de "truc" c'est ...amusant et frustrant car difficile ... en tout cas pour moi.

Isabelle Lauzon a dit…

C'est toujours un peu ardu, c'est normal! Des fois, l'inspiration vient et d'autres fois, ça bloque et il faut se laisser aller à la folie. C'est justement le but premier de ce type d'exercice : on met tous les mots et on ne cherche pas nécessairement à ce que ça ait un sens profond. On lâche prise. Le court délai aide à le faire. Sinon, on se casse trop la tête.

Et après, si on souhaite poursuivre la démarche : on retravaille! C'est ce que nous faisions en atelier. Il fallait réécrire ce texte en devoir, et toujours respecter la consigne du 250 mots, mais moi je penche plutôt pour la liberté. Cette histoire est sortie toute seule, jusqu'où peut-elle être amenée?

Anonyme a dit…

"jusqu'où peut-elle être amenée?" C'est une question d'ordre générale par rapport aux histoires commises dans le cadre de ces exercices ou sur mon texte ci-dessus?

Isabelle Lauzon a dit…

À Anonyme (Cath) : Désolée pour le délai à te répondre, ça a été la folie cette semaine!

Pour répondre à ta question : les deux! (c'est bête, hein! Hihi!)

À chaque exercice, je me demande si le texte, l'idée qui en a découlé peut servir de base pour aller plus loin, pour produire quelque chose d'éventuellement publiable. Car évidemment, un simple exercice comme celui-là n'a pas beaucoup de chances de se retrouver sur les tablettes d'une librairie, n'est-ce pas! ;)

Donc, je te lançais cette réflexion pour t'inciter à réfléchir à l' "après" exercice. Parfois, il n'y a pas d'après, ce peut être un exercice tout simple qui n'aura pas nécessairement d'avenir. Mais parfois, on se rend compte qu'il y a quelque chose d'exploitable dedans, et on peut partir de ça pour amener l'histoire plus loin. Mais ça, il n'y a que toi qui pourras le dire! :)