30 septembre 2010

Exercice #2 - Stéphane Bronner

Décidément, les participants se bousculent au portillon ces jours-ci! Tant mieux, tant mieux, j'en suis très contente.

Voici le texte de Stéphane Bronner pour l'exercice #2. Encore ici, de la belle qualité, aucune correction de ma part sur ce texte.

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Si j’avais su… - Par Stéphane Bronner

Perdu dans mes pensées, je ne le vis pas s’approcher. Avant que j’ai pu dire ouf, il m’agrippa aux épaules, me souleva du sable où je me faisais bronzer et me secoua comme un prunier. Mais là où il dépassa la mesure, c’est lorsqu’il m’invectiva de noms d’oiseaux. Ébahi comme un lapin à qui on retire sa carotte, je cherchais pourquoi ce type m’avait pris en grippe.

Comment river son clou à un enragé aussi costaud ? Lui tirer une balle dans la tête ? Lui administrer du poison ? Vu la situation... Alors quoi ? Mon imagination me faisant faux bond et sa fureur battant son plein, je me demandais à quelle sauce cet ostrogoth allait me manger.

Brusquement, il me propulsa à terre. Je crus ma dernière heure arrivée. Déjà, j’entrevoyais, écrit noir sur blanc, mon épitaphe sur une plaque de marbre :

« Ci-git le pauvre de moi
« Qui ignore pourquoi
« En une seconde il passa
« De vie à trépas. »

Heureusement, une créature à la taille de guêpe survint. Elle portait un énorme dossier jaune ressemblant à un annuaire d’où elle extirpa une feuille de papier. Elle l’agita devant son « nounours », comme elle l’appelait, en lui disant que ça y est, mon abruti de mari a enfin signé et on peut se marier.

L’abruti c’est moi, car au lieu d’écouter aux portes leurs roucoulades, j’aurais mieux fait de les ouvrir pour voir à qui j’avais à faire. Si j’avais su...

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