18 septembre 2010

Anosmie

Je viens enfin d'apprendre le nom de ce dont je suis atteinte depuis l'âge de 14 ans! Durant toutes ces années, j'ai cherché en vain comment intituler mon handicap, pour être en mesure de mieux l'expliquer aux personnes que je côtoie.

Non pas que ce soit d'une gravité extrême, je m'en suis toujours tirée très bien malgré tout, mais comme mon trouble n'est pas apparent, je me retrouve toujours à devoir l'expliquer en long et en large... et c'est un peu lassant, à la longue!

Anosmie. Voilà donc comment on nomme l'absence d'odorat!

Résumé de la tragédie (!) :

À 14 ans, j'ai été très malade, une sorte de grippe qui a duré plus de deux mois. Comme mes parents n'étaient très portés sur les médecins, je me suis endurée, comme on dit. J'ai pris toutes sortes de médicaments pour me soulager, dont du "Otrivin". En bout de ligne, comme je ne remontais pas la pente, j'ai dû consulter, et là j'ai appris que je faisais de l'asthme (Ah? C'était pour ça que j'avais du mal à respirer?) provoqué probablement par une réaction allergique à mon hamster angora. Je crois que j'ai fait une sinusite par-dessus ça, si je me rappelle bien. En tout cas, je me souviens que j'étais vraiment mal en point. J'avais du mal à monter les marches à l'école. Je me trainais dans les couloirs, une vraie loque. Aujourd'hui, on dirait probablement que c'était l'influenza ou quelque chose de ce genre, je ne sais pas. Toujours est-il qu'après ça, je n'ai plus jamais eu d'odorat! Fin de l'histoire pathétique.

J'ai bien rigolé en lisant ce que Wikipédia proposait comme "solutions" pour apprendre à vivre avec cet état :
  • Accepter son handicap (Merci, ça va, je n'y pense pratiquement jamais!)
  • Se persuader que la rémission viendra un jour (Et puis quoi encore? Ça fait 20 ans que je ne sens rien, pourquoi est-ce que ça changerait? Et c'est pas le cancer ou la sclérose en plaques, quand même!)
  • Partager ses problèmes avec les autres, anosmiques ou non (Là, je suis pliée en deux! Et puis quoi encore? Un groupe de soutien pour les pauvres anosmiques du Québec?)

Être anosmique, ça ne change pas vraiment le monde. Je suis certaine que vous ne vous en étiez même pas rendu compte avant que j'en parle. Et oui, pour répondre à la question qu'on me pose à tous les coups, oui, je "goûte" les aliments! La perte du goût se nomme l'agueusie.

Il faut comprendre que les causes de l'anosmie peuvent être très variées. Un traumatisme cranier, par exemple, pourrait causer plus de dommages et altérer le goût ET l'odorat, mais ce n'est pas mon cas. Mon problème est localisé directement dans mon gros pif!

Et puis, vous savez, avec le temps, j'ai réalisé qu'il y avait bien plus d'odeurs désagréables dans la vie, que celles qui sont agréables. Et pour les bonnes odeurs, elles concernent souvent la bouffe, et je suis très gourmande... Alors au fond, c'est un mal pour un bien!

13 commentaires:

richard tremblay a dit…

La prochaine fois qu'on se voie, je ne me lave pas :-)

Gen a dit…

lolol! En effet, c'est pas le pire des handicaps, mais c'est le fun de pouvoir le nommer. Mon ex-beau-père avait le même problème que toi (lui c'était parce qu'il avait travaillé pendant des années dans une usine de peinture et que les produits chimiques lui avaient tués les récepteurs nasaux). C'était assez comique parce que ma mère, elle, avait le nez super sensible! hihihihihi

Est-ce que par hasard tu trouverais la cuisine française fade? Parce que oui, tu as toujours ton sens du goût, mais la cuisine français utilise beaucoup la rétro-olfaction (les parfums nous montent dans le nez quand on a le truc dans la bouche) pour donner de la saveur à ses plats. Cela dit, tu manques pas grand chose même si c'est le cas : c'est cher pour rien la cuisine française! hihihihi

Less a dit…

Te reste-t-il des souvenirs d'odeurs ? Quand quelqu'un dit "ça sent bon" (ou "ça pue !"), réagis-tu quand même ? Simple curiosité.

Pierre H.Charron a dit…

Quand un sens fait défaut, il paraît qu'il y a un autre sens qui devient plus développé.
Serais-ce pour ça que tes enfants disents toujours ?: J'comprends pas, Maman VOIT toujours les mauvais coups qu'on fait ;)

Karuna a dit…

Et bien, je vais me coucher moins nouille! Merci pour ces enseignements, prof Isa ;)

Chantal Moreau a dit…

Il me semble pourtant que je te verrais bien présider un groupe de soutien pour les anosmiques au Québec, mouahahahaha! Il doit bien te rester quelques heures libres quelque part pour ça, non? :)

Isa Lauzon a dit…

À Richard : Hahaha! Moi, je le saurai peut-être pas, mais tous les autres vont le sentir!!! ;)

À Gen : Non, j'ai aucun problème avec la cuisine française... à part le prix, là je suis bien d'accord (!), mais ça goûte toujours très bon... surtout les desserts... hum... et le bon vin... et le bon pain... arrête! Pitié! J'essaie de faire attention à ma ligne, moi! J'essaie, mais sans grand succès, j'avoue... Un peut trop gourmande! ;)

À Less : Rien de rien. Une mouffette passerait à côté et je ne le saurais pas. Je goûte, par contre, alors certains parfums très forts, je vais les sentir sur mes papilles gustatives. Et la fumée, elle me fait mal au nez, même si je ne sens pas son odeur. Mais c'est vraiment mort, aucune odeur. Et je sais que je sentais avant, je me rappelle ce que c'était. Mais là, il n'y a plus rien!

À Pierre : MDR! Ça, c'est vrai! En perdant le sens de l'odorat, j'ai des yeux qui m'ont poussé tout le tour de la tête... ;)

À Karuna : De rien! Hihi! Mais ça sert tu vraiment à quelque chose de savoir ça? Là est la question!

À Chantal : "Bonjour, je m'appelle Isabelle et je suis anosmique. Snif. C'est pas facile tous les jours... Snif!" Ben oui, c'est ça, je vais fonder le club des "anosmiques anonymes". AA, ça sonne bien me semble... ;)

Gen a dit…

@Isa : Intéressant ça : si tu arrives à sentir "par ta bouche", ça veut dire que la partie de ton nez qui sert à la rétro-olfaction marche encore.

Par contre, ces fosses nasales là ne remarquent que certaines odeurs, liées à la nourriture.

T'es un cas particulier! lol!

Tu vois, mon beau-père, lui, ne sentait tellement rien qu'il n'aurait pas pu différencier un vin rouge boisé d'un vin rouge qui ne l'était pas. Il goûtait le sucré, le salé, l'amer, l'acide et le gras. Point.

Isa Lauzon a dit…

À Gen : Je le savais ben que j'étais une spéciale! J'arrête pas de dire que je suis un mouton noir... Hihi! Moi, je suis capable de différencier les vins rouges, je sais dire s'ils sont bons ou non. Par contre, question dégustation, je ne serais sûrement pas super bonne... Ma palette de goût me semble assez étendue. Faut croire qu'il doit me rester un petit quelque chose de mon sens de l'odorat quelque part...

Un ami vient de me dire de prendre des suppléments de zinc, que ça pourrait aider. Parait que ça réveille le sens de l'odorat. Tiens, faudrait bien que j'essaie ça! Peut-être qu'il y a de l'espoir! :p

Alexandre Babeanu a dit…

Ah bin! Content, et étonné, que le manque d'odorat ne soit pas plus gênant que ça. Pratique même, vu le nombre de moufettes qui habitent dans mon quartier...

Isa Lauzon a dit…

À Alexandre : Ben, en fait, si on pense à ça, il y a quand même un inconvénient quand on n'a pas d'odorat, au niveau de la sécurité... Les moufettes, par exemple, je ne les "sentirais" pas venir! Devant une fuite de gaz, je ne vaudrais rien. L'odorat sert quand même à quelque chose, à nous prévenir du danger. Mais ne pas en avoir, c'est pas la fin du monde. Moins pire que souffrir de surdité ou de malvoyance, quand même! :p

Adèle a dit…

J'en conviens y'a des choses pire dans la vie comme la perte d'audition ou la perte de la vue mais la perte de l'odorat et du goût en plus c'est un calvaire... faut le vivre pour comprendre...La vie est sans saveurs...

Si vous aviez perdu le sens du goûter je ne crois pas que vous en acommoderiez de la même façon...

Isa Lauzon a dit…

À Adèle : Ah là, c'est sûr que si j'avais perdu aussi le sens du goût, je prendrais la chose différemment! Il existe aussi une autre maladie, dont je ne me rappelle plus le nom, et qui change complètement la perception du goût. Tout goûte mauvais... Ça, ça doit être épouvantable! Moi qui suis gourmande, je m'accommode de ne rien sentir, mais le sens du goût est essentiel à mon bonheur. Je m'accommode de mon anosmie parce que ce n'est pas grand chose, au fond. Une petite contrariété, facilement oubliée au quotidien!