20 août 2010

Une pépite inattendue

Cyril Valéry a découvert récemment mes exercices de déblocage de la créativité (voir le libellé "Exercices à faire", à gauche) et je dois dire qu'il a fait preuve d'un enthousiasme débordant à leur égard. Il vient d'ailleurs tout juste de me soumettre son quatrième texte...

Comme d'habitude, j'ai corrigé le tout et lui ai soumis le final pour approbation. Il a gentiment accepté que je publie le résultat ici.

Voici donc son texte pour l'exercice #1. Les prochains suivront au cours des prochains jours.


Une pépite inattendue
Par Cyril Valery
Le tunnel rétrécissait à vue d’œil, et moi je me demandais pourquoi j’avais joué au plus fin. Pourtant, mon ami m’avait répété en boucle : « N’y va pas ! Il te ment comme un arracheur de dents, ce soldat au grand chapeau ! »

Celui-ci nous colportait que dans son foyer, un bidasse avait trouvé de l’or dans un tunnel. Pour preuve, il nous déroulait un petit film pris sur son portable posé sur la table. Au fur et à mesure qu’il haussait le ton avec son histoire tirée par les cheveux, les tziganes s’excitaient sur leurs violons. Il alla même jusqu’à nous passer un savon. Quel ours mal léché !

Pour redorer mon blason, je le pris par l’épaule, et le plaçai devant le miroir, en lui disant : « Vieille branche, tu le tiens, ton nouveau chercheur d’or ! » À la queue leu leu, je lui emboitai le pas, sur ce tapis rouge de sortie, et vers quelle aventure ?

Je connais mes classiques et rarement un tunnel est bon signe. Enfin de compte, ce militaire, brusque au premier abord, avait une main de fer dans un gant de velours. C’’est plus tard que je m’apercevrais qu’il aurait pu être rose, ce gant…

Il tenait une maquette de tunnel qui expliquait le trajet à emprunter. Il cracha son noyau d’olive pour être plus audible. A l’entrée du tunnel, il prit une petite caisse à outils dans laquelle se trouvait soit disant une balance pour l’or et du papier journal pour stocker les pépites. Non, je n’avais pas eu de nez, mais au cinquième mojito, on l’a moins.

Ce maudit tunnel prenait l’eau, un vrai robinet. Il me passa une serviette pour m’éponger et me proposa d’enlever ma chemise trempée. C’est là que j’ai vu ses larmes de crocodile. Et j’ai vite compris.

Il se jeta dans mes bras, m’évoqua regretter son mensonge, et me serra fort. J’avais l’impression d’être pris dans des pinces. C’était tout simplement pour me séduire qu’il m’avait embarqué dans cette folle épopée noctambule à la recherche d’or.

Sauf que la pépite, c’était moi.

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