2 août 2010

Librairie Rendez-vous

Dimanche après-midi, toutes mes courses, toutes mes tâches ont été accomplies, je peux enfin penser à moi. Je décide donc d’aller me ressourcer à la Librairie Rendez-vous. MA librairie.

Lorsque je pousse la porte d’entrée, un sourire béat se dessine sur mes lèvres. Je suis comme une petite fille dans un magasin de jouets. Devant les étalages remplis de bouquins, je ne sais plus où donner de la tête. Il y a trop de choix!

Marianne, l’une des conseillères, me lance un joyeux bonjour. Ses yeux pétillent et, à voir l’attention particulière qu’elle porte à ma présence, on croirait presque que je suis la seule cliente, alors que la librairie déborde. Je sais qu’au besoin, je n’aurai qu’à faire un signe pour qu’aussitôt, elle ou l’un de ses collègues vienne m’aider dans mes recherches. Le client avant tout, c’est la devise de la maison!

Aujourd’hui, c’est Dominic Bellavance qui offre une séance de dédicaces. Je lui fais un signe de tête, qu’il me renvoie. J’ai déjà son dernier bouquin dans ma bibliothèque, alors je le laisse entre les mains de la horde de fans qui l’assaillent.

La section Science-fiction, Fantastique et Fantasy, grandiose et imposante, retient une fois de plus mon attention, avec ses fresques créées spécialement par Sybiline. Tiens! Le nouveau livre de Geneviève Blouin est enfin sorti. Depuis le temps que je l’attends! La librairie lui a donné une place de choix, dans ce présentoir juste au bout de l’allée. Je pousse un peu mon investigation. Ciel! Que de beaux noms sur ces couvertures! J'en reconnais plusieurs. Que des écrivains québécois, évidemment. C’est la règle d’or de la maison. Je vois aussi des Solaris, Brins d’éternité, Clair/obscur, Asile… J’hésite, je ne sais plus à quel saint me vouer. Je ne pourrai jamais tout acheter!

Toutes ces émotions m’ont donné soif. En me dirigeant vers le bistro, je tombe sur la section Noir, Mystère et Policier. Un bandit de huit pieds de haut me tient en joue avec son pistolet. Je ne connais pas le nom de l’artiste qui a peint ce personnage plus grand que nature, mais son œuvre est magistrale. Les murs regorgent de scènes de crime, toutes plus réussies les unes que les autres. Ils en ont encore rajouté depuis la dernière fois, c’est incroyable! Un peu partout, il y a des accessoires reliés à la thématique policière. Un assortiment pour la prise des empreintes, entre autres, me jette un clin d’œil. Tiens, je suis certaine que mon neveu aimerait en avoir un pour Noël…

En sirotant mon latté, je pianote sur l’un des claviers qui poussent ici et là, à l’entière disposition des clients. Pour le plaisir, je tape le nom de l’auteur en vedette cette semaine, Keven Girard. Aussitôt, sa biographie personnelle s’affiche, accompagnée de quelques photos. Je clique sur son dernier titre, qui me donne accès aux commentaires que plusieurs blogueurs ont fait sur son bouquin. Hum! Intéressant… Je vais le mettre dans mon panier d’achats. Clic! Pas besoin de le transporter, il m’attendra à la caisse lorsque viendra le temps de payer. J’en profite pour ajouter trois autres articles. Oh! L’un d’eux n’est pas disponible… Ce n’est pas grave, ils me le livreront d’ici 48 heures, sans faute.

La section jeunesse, avec son labyrinthe multicolore, m’invite dans son univers. J’y vois des enfants – et même des adultes! – en extase devant les présentoirs. Tant qu’à être là, je prends un livre d’histoires pour mon fils. C’est sa fête bientôt, après tout, alors j’ai une bonne excuse.

Le temps est venu de faire une pause. Marche après marche, je gravis l’escalier en chêne qui mène au second étage, mon lieu de prédilection. Je passe sans m’arrêter devant la salle d’écriture capitonnée. Je ne me sens pas productive aujourd’hui. La prochaine fois, sûrement. Ce qui est bien ici, c’est que je n’ai pas besoin d’apporter mes stylos ni mes feuilles blanches. Les propriétaires en offrent gentiment à tous les auteurs, pour toute la durée de leur visite. Un moyen comme un autre d’encourager la relève!

Je me dirige d’un pas vif vers le salon, car je viens d’apercevoir Richard et Pat. Tiens, nos deux ermites font leur sortie du dimanche! Pierre et sa femme Chantal sont avec eux, ainsi que deux personnes que je ne connais pas. Je me joins à eux et nous discutons allègrement pendant une bonne heure.

Oh! Il est déjà seize heures! J’ai promis d’être rentrée à temps pour le souper. Je salue la bande et je cours régler mes achats au comptoir. Bruno, le caissier, a déjà préparé ma commande, alors tout se déroule très rapidement.

Pas le temps d’aller faire du lèche-vitrine dans la section musique – québécoise uniquement, bien entendu -, ni dans celle de l’horreur, ni du côté de la littérature générale, ni de… bon sang qu’il y a des choses à voir ici!

Prenant mon courage à deux mains, je sors en courant, avant de devenir complètement gaga! J’ai promis à mon conjoint d’être raisonnable, cette fois-ci… et j’ai à peu près tenu parole, enfin, presque!

De toute façon, je reviendrai la semaine prochaine, c’est certain. Au programme, une belle conférence qui portera sur le choix d’une maison d’édition, avec une panoplie d’éditeurs invités. J’ai déjà réservé ma place! Et vous?

***

Note : La Librairie Rendez-vous n’existe évidemment pas… Pas encore, en tout cas! J’ai tout simplement répondu à l’invitation de Dominic Bellavance en décrivant la librairie de mes rêves, celle qui, selon moi, surclasserait tellement toutes les autres qu’Amazon pourrait aller se rhabiller!

Dans ma vision onirique, les artisans québécois seraient à l’honneur dans cette librairie… Je suis peut-être un peu trop idéaliste ou même nationaliste, mais il y a tellement d’autres librairies qui encouragent les auteurs étrangers, alors pourquoi ne pourrait-il pas y en avoir une où seul le produit québécois serait admis? Est-ce que ça existe déjà? N’est-ce qu’un rêve, ou une future réalité?

Enfin, c'est mon rêve à moi...

Maintenant, question intéressante : Aurions-nous suffisamment de produits québécois pour remplir cette grande librairie?

7 commentaires:

ClaudeL a dit…

Me semblait aussi. Au début, j'y ai cru, même que je suis allée voir si Geneviève Blouin avait réellement publié un livre.
Mais une fois à l'étage avec salle d'écriture... je me suis dit c'était un rêve, un vrai, je veux dire, avec réveil le matin.

Oui nous aurions suffisamment de produits québécois si les libraires ne retiraient pas les livres au bout de trois mois (et s'il y avait d'autres sections, à part le policier, la science fiction et la fantaisie, hihihi parce que sinon je n'irai pas dans ta librairie, toute de rêve soit-elle)
Mais est-ce que de telles librairies seraient rentables, ça je ne le crois pas.

Gen a dit…

@Isa : Lolololol! Me voilà en vedette dans ta librairie! ;) Bonne idée cette librairie de livres québécois uniquement. Contrairement à ClaudeL, je crois que oui, il y aurait un marché... peut-être pas pour une librairie sur deux étages par contre et il faudrait sans doute inclure les auteurs canadiens traduits en français par les bons soins de nos maisons d'édition québécoise...

Dominic Bellavance a dit…

Tiens, moi aussi j'ai pensé à une librairie uniquement québécoise. Serait-ce un manque à combler?

Chantal Moreau a dit…

J'adore ta librairie de rêve Isa. Une librairie de livres québécois? Oui, pourquoi pas? Suffisamment de livres pour la remplir? Je crois bien que oui! (si on compte aussi les auteurs qui auto-éditent leurs bouquins).

ClaudeL a dit…

@Gen: je n'ai pas dit qu'il n'y aurait pas de marché, j'ai dit qu'il y en aurait un en laissant les livres québécois un peu plus que trois mois.
Et tous les livres, pas seulement les préférés d'Isa, hihi. Livres de cuisine, de voyage, d'ésotérisme, question de faire vendre les romans. Des revues aussi, culturelles, ce qui ne se retrouve pas dans toutes les librairies.

Plus les livres auto-édités, comme dit Chantal.

Pierre H.Charron a dit…

Je vosi une librairie avec un genre de loi 101...Avec les auteurs québécois en évidence. Ca fait chauviniste, mais je m'assume.

Cela dit, j'ai adoré ta librairie , reste à nous fournir l'adresse et j'y accours de ce pas.

Et excellente mise en scénario ton billet :)

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : MDR!!! Ah! Je suis bien contente de t'avoir eue avec le roman fictif de Gen! Moche pour le trois mois... tu as bien raison... En fait, le but premier de cette librairie serait justement de publiciser davantage les bouquins de chez nous, pour qu'ils connaissent une plus longue vie. Et, si tu lis bien le texte, j'ai parlé d'une section littérature générale, et ensuite des points de suspension qui suggéraient tout plein de sections, alors tu remplis les blancs avec ce que tu veux! ;)

À Gen : Oui, je suis allée un peu loin avec mes deux étages... Mais Dominic avait dit "tous les coups sont permis", alors je me suis lâchée lousse!!! Hihi! Après coup, je me dis qu'on devrait plutôt appeler cette librairie "Le Canadien français", ce qui nous permettrait d'accueillir tout ce qui se fait de français au Canada. Et on ouvrirait un café juste à côté, plutôt qu'un 2e étage, qui permettrait aux gens du milieu de se regrouper. Tu sais, un café très "couleur locale", avec des spécialités d'ici, du genre du sirop d'érable dans le café (si si, c'est super bon!). Que c'est beau, de rêver...

À Dominic : Évidemment, que c'est un manque à combler! Tu en doutes? Comme tu le dis si bien dans ton propre billet, quand on va en librairie, la littérature québécoise n'est pas vraiment mise en valeur. On met tout ça dans la section "romans québécois", sans faire de distinction entre les genres... Vivement une librairie spécialisée qui regroupe tout ce qui se fait de québécois sous un même toit!

À Chantal : Justement, les auto-éditeurs, j'y avais songé. C'est juste qu'avec les lois actuelles sur la distribution, c'est compliqué. Ben, tant qu'à rêver : abrogeons cette loi et permettons aux auto-éditeurs de vendre leurs bouquins dans notre fameuse librairie! Ils payeraient évidemment une redevance pour leur emplacement dans les présentoirs... Mais je vois d'ici certaines personnes du milieu crier au scandale! C'est jamais simple, ces affaires-là!

À ClaudeL : Comme je le disais tantôt, remplis mes blancs par tout ce que tu veux! Livres de recettes, astrologie, psychologie... ce que tu veux! On nage en plein rêve, ici, alors tout est permis! :O)

À Pierre : La Librairie 101... Hihi! Ça sonnerait bien dans les oreilles des purs et durs! Le plus compliqué, ce serait d'établir les règles d'accessibilité... Faudrait-il que l'auteur soit francophone, ou les traductions seraient admises? Et le lieu de résidence, québécois ou canadien? Chauviniste, peut-être... Mais bon sang! Il est grand temps, justement, que les auteurs québécois soient mis en évidence dans NOS librairies québécoises! Des efforts sont faits dans ce sens, mais on est vraiment loin du compte! En tout cas, dès que j'ai l'adresse de cette librairie, je te la donne, c'est sûr! On se donnera rendez-vous pour aller prendre un bon café... ;)