9 août 2010

Alibis no. 35


Je n’ai pas peur de le dire : Ce numéro, à mon humble avis, est l’un des meilleurs que j’aie lu d’Alibis. Rien de moins!

Dès le départ, on frappe fort, avec «Monsieur Hämmerli», de Richard Ste-Marie. Disons que j’ai rapidement compris pourquoi cette nouvelle avait remporté le prix Alibis 2010! Pour commencer, nous suivons le parcours d’un tueur à gages. Les anecdotes reliées à la pratique de son métier sont d’ailleurs savoureuses. Puis, arrive une cliente très spéciale. Entre les deux protagonistes s’établit une entente, basée en quelque sorte sur la légende de Schéhérazade. Étrange, troublant, émouvant. Vraiment, j’ai adoré ce texte.

Ah! « Seppuku », de Geneviève Blouin! J’avoue que j’avais déjà un parti pris pour cette nouvelle, car j’avais déjà eu la chance de la lire avant qu’elle ne soit soumise à Alibis. En quelque sorte, il y a 0,0000001 pourcent de moi là-dedans, vu que j’ai fait partie du comité de lecture de Gen… Ô fierté, que d’avoir contribué, même de façon minime, à ce formidable texte! Mais je dois dire que de le relire, maintenant qu’il a été publié, change quelque peu ma perspective. Il me semble que c’est encore meilleur… Une excellente histoire, remplie d’éléments issus de la culture japonaise, que peu d’auteurs, hormis Gen, auraient su manier avec autant de brio. Délectable!

« Banlieue Extrême », de Sébastien Aubry, m’a transportée dans un tout autre contexte : celui des courses automobiles clandestines avec, en arrière-plan, la petite vie tranquille d’une bande de voisins très proches les uns des autres, à tel point qu’ils forment pratiquement une grande famille. Lorsque la tragédie frappera, les voisins auront une décision à prendre… plus lourde conséquences qu’ils ne le croient… La chute, présentée sous forme d’article de journal, frappe vraiment fort. En tout cas, moi, elle m’a réellement chamboulée. À un tel point, que j’en ai été retournée le reste de la journée…

Je souligne au passage le dossier spécial de Norbert Spehner, « La vie comme un roman noir », qui répertorie les crimes de plusieurs écrivains de polar qui ont eu, à tort ou à raison, des démêlés avec la justice. Je l’ai lu avec intérêt, étonnée notamment par l’histoire de certains d’entre eux, qui furent d’abord des criminels, puis embrassèrent par la suite le métier d’écrivain de romans policiers. Disons qu’ils parlaient en connaissance de cause!

Comme rien n’est, hélas!, parfait dans la vie, mes bémols :

Du côté des fictions, « Intoxication », de Genevyève Delorme, se mérite une mention pour la chute, mais j’aurais apprécié l’emploi d’une narratrice un peu moins inégale. Tantôt son vocabulaire est relevé, tantôt elle parle en joual. À mon niveau, ça passait moins bien, malgré une histoire qui contenait de bons éléments de départ.

Quant à « Morts sur le corner », écrit sous la forme d’un slam, je dois dire que je n’ai tout bonnement pas apprécié le format, donc j’ai abandonné à la seconde page. Je suppose que la présentation de ce slam devant public a davantage rendu justice à cette œuvre, car à l’écrit, je n’ai pas trouvé le tout concluant.

Malgré ces bémols, je recommande fortement ce numéro aux amateurs de noir, de mystère et de policier. Vous ne serez pas déçus!

5 commentaires:

Gen a dit…

Merci des éloges ;) Il y a en effet un petit bout de toi là-dedans :)

Isa Lauzon a dit…

À Gen : De rien, c'est mérité! :) Disons que j'ai plutôt mis des encouragements là-dedans, parce que le texte de départ était déjà pas mal super, il n'y avait plus grand chose à faire... Amènes-en, des faciles de même!

Gen a dit…

Tu réalises-tu à quoi tu m'incites? :p

Isa Lauzon a dit…

À Gen : À écrire plus? À m'envoyer plus de textes? Yes! Tant mieux si ça marche! :p

Yves a dit…

Tout à fait d'accord avec toi, Isabelle. Seppuku est une nouvelle très bien écrite. J'ai beaucoup aimé!

Monsieur Hämmerli était également sensationnel!