12 juillet 2010

Asile #02

Ce numéro regroupe des fictions de Martin Lessard, Denis Moreau, Michaël Moslonka et Frédéric Raymond, de même qu'un article de David Hébert, portant sur le futurisme.

Asile est le refuge de l'anticipation et de l'avant-garde. Il ne faut donc pas s'étonner d'y retrouver des textes hybrides et des expérimentations qui sortent du cadre habituel des genres. Des expérimentations qui donnent parfois des résultats inusités, qui ne feront pas toujours vibrer en moi la fibre de l'extase, mais qui soulèveront à coup sûr mon admiration devant cette étonnante capacité qu'ont certains auteurs de transcender le réel, d'extirper de leurs cortex cérébraux une matière qui sort le lecteur de son ordinaire.

Je classerais La danse des os, de Frédéric Raymond, et Sa majesté des Ordures, de Michaël Moslonka, dans cette catégorie. Pas de coup de coeur à mon niveau, mais je salue le talent et l'audace.

Je n'ai pas saisi toutes les subtilités de la très courte Dans la maison muette, de Denis Moreau, mais j'ai bien aimé l'atmosphère étrange, le ton enfantin de la narration, le mystère qui entoure le passé des personnages. Dans ce type de nouvelle, il faut se laisser aller, vivre l'émotion et cesser de chercher des réponses. Une lecture fort agréable, j'en aurais pris davantage.

E=MC2, de Martin Lessard, m'a littéralement conquise. Dans un jeu des contraires habilement mené, il nous fait découvrir une société où l'Art est prôné à outrance, et où le sérieux, l'ordre et l'exercice physique sont dénigrés. Dans ce monde où les parents encouragent leurs rejetons à expérimenter l'alcool, les drogues et le sexe, une adolescente se rebelle et refuse d'adopter ce mode de vie décadent, calqué sur la Rome antique. J'ai adoré!

Quant à l'article Marinetti et l'esprit du futur, de David Hébert, j'avoue humblement que mon esprit paresseux et non-universitaire est hermétiquement imperméable à ce type d'analyse. Je m'intéresse avant tout aux fictions, alors je n'ai pas dépassé le stade du second paragraphe. Désolée, David! Je suis la seule en cause ici...

Somme toute, un numéro d'Asile qui a su répondre à mes espérances. J'ai hâte de voir quelles surprises me réserve le prochain!

3 commentaires:

Gen a dit…

Je suis comme toi : quand ça devient trop éclaté, j'accroche plus ou moins. Mais la plume de Lessard, à date c'est du bonbon! :)

Frédéric Raymond a dit…

Merci des commentaires! C'est vrai que mon texte est une sorte d'ovni... J'avais aussi adoré le texte de Lessard.

Isa Lauzon a dit…

À Gen : Dans mon cas aussi, aucune fausse note pour Lessard! J'aime bien sa plume, c'est un auteur à surveiller.

À Frédéric : En fait, ce que j'ai trouvé unique dans ta nouvelle, c'est le côté technique, que toi seul pouvais apporter. Décrire avec autant de détails la décomposition... Fallait avoir des notions en la matière, c'est sûr!