19 juin 2010

Comment commence-t-on?

Élodie m’a écrit récemment pour me demander conseil. Elle me mentionnait dans son courriel son profond désir d’écrire et me posait cette question : Comment commence-t-on?

J’ai eu envie de vous faire partager ma réponse. Alors voici!


Bonjour Élodie,

Comment commence-t-on? Ça, c’est une bonne question! Une question que je me suis posée longuement, avant de plonger. Que d’hésitations et de doutes j’ai dû affronter avant d’oser brandir fièrement mon stylo!

Dans mon cas, l’élément déclencheur fut, étonnamment, une artiste-peintre. Étrange et sans aucun lien, dis-tu? Pas du tout! L’artiste en question – une cliente du bureau de comptable où je travaillais - m’a tout bonnement éblouie par son assurance, sa foi inébranlable en son talent et son dédain total pour l’opinion d’autrui. Ses toiles étaient éclatées, folles, remplies de couleurs vives et pleinement assumées. Je n’avais jamais rien vu de tel. Et que dire de ses cartes d’affaires! Toutes peintes à la main, avec l’empreinte de son pouce sur chacune et parsemées de bleu sarcelle, de vert pomme et de rouge vermillon. Chacune unique et différente des autres, ça m’a énormément inspirée.

Un jour, je me suis assise derrière mon ordinateur et j’ai décidé d’écrire. C’est tout, ça n’a pas été plus compliqué que ça. Et en même temps, c’était très compliqué, car je me posais les mêmes questions que toi : Quoi écrire? Journal intime, textes, roman, je ne savais pas du tout. Je sentais seulement cette pulsion incroyable qui me poussait à écrire, et j’ai écrit.

Puis, je me suis inscrite à des ateliers d’écriture. J’ai participé à des concours littéraires. J’ai ouvert un blogue. J’ai assisté à des conférences, à des rencontres d’auteurs, à des soirées de contes. J’ai commencé à soumettre des nouvelles à des revues littéraires. Et j’ai commencé à être publiée.

Comment commence-t-on? En commençant, tout simplement. En écrivant ce qui nous passe par la tête, en se renseignant sur le milieu, en suivant des blogues littéraires, en lisant des ouvrages portant sur l’écriture, en entamant des projets d’écriture, en se lançant des défis personnels.

Comment commence-t-on? Chacun trouve son chemin, chacun a son parcours. Il n’y a pas de réponse magique. Si j’avais la prétention d’avoir la science infuse et si j’osais me permettre de te donner un conseil, ce serait celui-ci : Arme-toi de patience! Sois persévérante! Non, ce n’est pas toujours évident et la réussite n’est pas toujours au rendez-vous. Vois chaque échec comme un encouragement dans ta recherche d’amélioration. Ne désespère pas. Redouble d’efforts et tu arriveras à tes fins.

Cependant, la vraie question, ce n’est pas de savoir comment on commence, mais plutôt : quand commence-t-on? Quand? Immédiatement, tout de suite, sans attendre une seule seconde de plus!

Bonne chance dans ton cheminement et à la prochaine!

Isa
XXX

5 commentaires:

ClaudeL a dit…

J'aime. Élodie a commencé en t'écrivant! Ta réponse t'a permis de voir que tu as déjà pas mal de pas tracés dans ce chemin.

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : En effet, elle a déjà fait un pas dans la bonne direction, en osant poser des questions, en s'avançant vers des gens qui peuvent l'aider à faire le prochain pas.

J'ai peut-être fait quelques pas de plus qu'elle, mais il y en a tellement encore! En fait, je crois que le chemin n'a jamais de fin. C'est ce qui est génial!

ClaudeL a dit…

Je crois aussi que l'écriture n'a jamais de fin. Quand j'ai lu "arriver à tes fins" je me suis justement dit "on ne sait pas soi-même l'objectif réel", on a toujours soif, une soif qui ne s'étanche pas. On ne peut que juste boire.

Gen a dit…

@Isa : Très inspirant! :) Je crois que la démarche est différente pour chacun, mais que l'important, en effet, c'est de la commencer. :)

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : Comme c'est bien dit! C'est exactement ça : une soif insatiable, qu'on ne peut qu'étancher au moment présent, tout en sachant que ce ne sera jamais assez...

À Gen : D'un autre côté, je ne peux pas m'empêcher de penser à tous ceux qui commencent et qui abandonneront en cours de route... Parce que le parcours aura été trop difficile... Ou parce que leurs attentes étaient irréalistes... J'aimerais pousser tous ces gens dans le dos, leur tenir la main, les encourager, mais il y a des limites à ce qu'on peut faire pour inciter les autres à avancer. C'est pour ça que je dis : à chacun son chemin! Et c'est à nous et à nous seuls de trouver dans nos entrailles la force de persévérer...