3 mars 2010

Littérature et... homosexualité

Loin de moi l'idée de poser un jugement de société sur l'homosexualité. Je m'intéresse aujourd'hui à ce sujet en tant qu'auteure, car je m'interroge.

J'ai remarqué que des auteurs choisissaient de caractériser certains de leurs personnages en laissant entrevoir leur homosexualité. Très souvent, dans les nouvelles littéraires du moins, les références sont subtiles et n'ont pas réellement de lien avec l'intrigue. Ce sont de simples clins d'oeil. En fait, pas si simples que ça à mes yeux, car je me questionne sur les motifs qui ont amené lesdits auteurs à privilégier cette caractéristique plutôt qu'une autre.

Le premier réflexe du lecteur général sera de supposer que l'auteur est lui-même gay, et qu'il écrit en fonction de ses propres attirances. Raisonnement valable, mais un peu trop simpliste à mon goût.

Je me demande quelles sont mes limites à ce niveau. Étant ouvertement et irrévocablement hétérosexuelle, pourrais-je décrire adéquatement les sentiments de couples constitués de deux hommes, ou de deux femmes? Sûrement. En fait, je me dis que ce serait assurément une expérience à tenter. Question de sortir de ma zone de confort, d'explorer mes limites, de dépasser mes tabous. Quoique pour moi, l'homosexualité n'est pas vraiment un tabou. Elle fait partie de l'identité de la personne et je ne crois pas qu'au départ, cette même personne ait eu un choix à faire. Elle est ainsi, point. Mais je m'éloigne du sujet...

La seule chose avec laquelle j'ai du mal, c'est la démonstration excessive en public. Sauf que mon malaise s'applique à l'ensemble des couples, peu importe leur orientation sexuelle. De grâce, gardez vos effusions pour votre chambre! (Je sais, je suis vieux jeu! Née à la mauvaise époque, sans doute...)

J'ai justement en rayon deux idées qui abordent l'homosexualité. L'une chez l'homme, l'autre chez la femme. Je vois dans ces deux histoires une excellente occasion de sortir de moi-même, de créer des personnages qui ne me ressembleront pas du tout.

L'homosexualité dans la littérature? Oui. Tout comme dans la vraie vie!

10 commentaires:

Gen a dit…

Connaissant plusieurs couples gays (car ma soeur est "aux femmes"), je ne crois pas en effet qu'en décrire les sentiments serait plus difficile que de décrire les sentiments de n'importe quel couple. Ils tombent dans les mêmes travers! hihihi

J'ai un problème avec l'homosexualité (et la sexualité tout court) en littérature quand ça ne fait pas avancer l'histoire. Dire qu'un personnage est gay pour "faire moderne", alors que la précision ne sert à rien dans l'histoire, c'est plate. Si ça sert l'histoire (ou le développement du personnage), alors là, oui, je suis d'accord avec toi : ça met du réalisme! :)

Isa Lauzon a dit…

À Gen : Là, tu marques un point. Justement, dans certaines des nouvelles dont je parle, le fait que l'un des personnages est gay n'apporte rien, ne change rien à l'histoire. C'est juste un clin d'oeil, qui nous fait dire "hein?" et c'est fini. Oui, ça met du réalisme, et pourquoi pas? En fait, pourquoi oui, pourquoi non? Ça dépend de la vision de l'auteur. Et c'est justement à ça que je m'intéresse. Fidèle à moi-même, je me pose des questions!

Dans le cas de mes deux histoires, ce sera plus clair. Les personnages en question seront gays et ce fait sera important dans l'histoire.

Et côté sexualité en littérature, ça dépend... Je ne déteste pas ça, si c'est bien fait, bien écrit... (coquine Isa!) Mais comme tu dis, du sexe gratuit, sans que ce soit pertinent dans l'histoire, c'est comme du fast-food. Vite englouti, vite oublié, et il te reste un malaise dans l'estomac... ;)

Gen a dit…

Vite englouti, vite oublié, et il te reste un malaise dans l'estomac... MDR! ;D

Isa Lauzon a dit…

À Gen : Hihi! Moi aussi, je me trouvais drôle, avec ma métaphore... ;D

ClaudeL a dit…

Avez-vous (le vous étant pour Isa et Gen qui jasent) connu la série "Avec un grand A" de Janette Bertrand. Elle n'avait pas son pareil pour parler des sujets "délicats". En fait elle excellait dans tous les sujets. Quand il fut question d'homosexualité, elle a écrit les scènes comme si c'était un couple homme-femme et elle a changé les prénoms en dernier. Comme quoi les émotions, les pensées et les réactions sont assez semblables.

Je suis d'accord avec Isa: les démonstrations d'affection, peu importe entre qui, c'est affaire d'intimité. En revanceh, disons que je les accepte dans la toute la propriété, pas seulement dans la chambre à coucher!!

Pierre H.Charron a dit…

L'homosexualité est utilisé en outrance dans les téléromans et ca m'agace souvent.Par contre, lorsque qu'utilsé intelligemment et avec brio comme dans la série CA de Louis Morissette,là j'embarque les yeux fermés.Dans l'une des dernières épisodes, son personnage Sarah tente une activité sexuelle avec une escorte ..féminine et c'était joué avec une subtilité professionnelle cinq étoiles. C.A est un exemple de comment traiter la sexualité sans tomber dans les clichés. J'adore les textes de Morissette.
Cela dit, c'est pas parce qu'on écrit un état d'âme d'un tueur en série qu'on est disposé en tant qu'auteur au même idée..Donc , expérimente tes personnages comme il te semble Isabelle, ils n'en seront que plus véridict.

Gen a dit…

@ClaudeL : J'avais entendu parler de ce stratagème de Janette Bertrand, oui. Il ne m'étonne pas du tout : il faut une balance de comportements "féminins" (adaptation, compromis) et "masculins" (solidité, affrontement) pour faire un couple stable et équilibré, peu importe le sexe biologique de la personne qui les adopte.

@Isa : Oui, je seconde ClaudeL : donnons toute la maison aux couples... surtout ceux sans enfants :p hihihihihi

ClaudeL a dit…

Ben... euh... je n'ai peut-être pas donné le même sens au mot "effusion", je pensais qu'il était question de démonstration exagérée de marques d'affection en public.
Pas de problème à ce que des parents s'embrassent devant les enfants ou se fassent des petites tendresses, dans la cour arrière de leur maison. Le grand jeu, si c'est le sens que tu donnes à l'effusion... d'accord pour que ça reste dans la chambre, sans enfants. Et évidemment pas dans la rue.

Bon, je suis certaine qu'on est du même avis.

Gen a dit…

@ClaudeL : Je déconnais, évidemment, mais à peine : à voir certains ados s'embrasser en public, je ne pense pas que je trouverais ça sain que deux parents en fassent autant devant leurs enfants.

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL et Gen : J'ai bien rigolé en lisant vos commentaires! Évidemment, je n'ai absolument rien contre le fait que les couples se démontrent leur affection à la maison! Mes enfants sont habitués de voir leurs parents s'embrasser et se taquiner. Ce dont je voulais parler, c'est du fait que certains couples, surtout les ados, comme le dit Gen, exagèrent vraiment en public. Disons que leurs amygdales doivent être bien propres... ;D

Quant aux pièces de la maison, pour LA chose en question... Soupir! J'ai deux jeunes enfants, alors... Soupir!

Tiens, l'anecdote de Janette Bertrand me fait penser à un exercice très intéressant qu'un ou une auteur (je ne me rappelle plus qui) racontait avoir expérimenté : écrire une histoire avec des personnages masculins et féminins, pour ensuite changer tout ce beau monde de sexe. Ça change complètement la perspective! À tenter un jour, quand je serai en manque d'inspiration!