14 mars 2010

Les yeux troubles et autres contes de la lune noire


Claude Bolduc


Une sélection des meilleures nouvelles d’épouvante de Claude Bolduc. Envoûtant, perturbant, percutant. Et encore, je ne vous dis pas tout!

J’ai lu ce recueil de nouvelles il y a plusieurs semaines déjà… et certaines me hantent encore.

Je n’ai pas envie de vous résumer chacune d’entre elles, non. Parce que je préfère vous laisser la surprise. Car moi, j’ai été surprise! Stupéfaite par l’imaginaire de l’auteur, par la maturité de sa plume et surtout, par son aisance à nous faire plonger dans les différents univers qu’il a créés.

Je retiens particulièrement « L’heure de bébé », qui m’a littéralement obsédée pendant deux jours. Je défie au passage les membres du lectorat masculin de demeurer impassibles à cette lecture… Délicieux!

« Le déterminateur » m’a emmenée dans les méandres d’un monde dépassé par sa propre surpopulation. Un monde où la collectivité doit primer sur l’individu, au risque de perdre toute humanité. Un contexte horrible, raconté sur un ton presque indifférent, ce qui apporte une dimension intrigante et déroutante à l’histoire.

J’ai bien aimé « Dis-moi que tu m’aimes ». Une descente aux enfers, les tourments liés à un amour trop intense. D’un côté, un amour passionnel, obsédant, qui occulte toute conscience et tout bon sens. Et de l’autre, les exigences démesurées d’un être égoïste à l’extrême…

Et que dire de « Les yeux troubles » : ma préférée! Toute en nuances, un jeu habile qui laisse planer le mystère jusqu’à la toute fin. La chute, grandiose, n’est révélée qu’à la toute dernière phrase. Très réussi et machiavélique à souhait.

Je recommande ce recueil à tous les amateurs d’épouvante, mais aussi à tous ceux qui ont envie de s’évader de leur train-train quotidien. Chose certaine, cette lecture ne vous laissera pas indifférents!


Si vous êtes trop curieux et que vous avez envie d'en apprendre davantage sur ce recueil, je vous invite à aller ici. Lisez jusqu'en bas, l'auteur a laissé un commentaire des plus intéressants sur sa méthode de travail...

18 commentaires:

Gen a dit…

Ça y est, je sais quoi acheter avec ma dernière carte-cadeau! :D

D'ailleurs, ta suggestion de "Jonctions impossibles" était excellente. J'ai adoré! :)

Isa Lauzon a dit…

À Gen : Avec ce recueil de Claude Bolduc, tu ne te tromperas pas! Et je suis bien contente pour "Jonctions impossibles". C'était spécial, hein? Du jamais vu (ou plutôt lu!) en ce qui me concerne.

Frédéric Raymond a dit…

L'heure de bébé est ma nouvelle préférée de Claude Bolduc. Une réussite totale.

claude b. a dit…

Il faut dire que Le Déterminateur, c'est dans le fond l'histoire d'un brave fonctionnaire.

Merci pour cette belle appréciation, Isa. Et comme qui dirait, j'espère que tu trouveras pire encore le recueil qui suit!

Isa Lauzon a dit…

À Frédéric : Tout à fait d'accord avec toi! Ce qui m'a surtout frappée, c'est l'évolution psychologique du personnage au fil des événements. Et dire qu'il en vient à aimer ça... Brrrr!!!

À Claude : Un brave fonctionnaire qui a mal aux pieds... Pauvre lui! Il fait presque pitié! :D Et pour le recueil qui suit... Héhé! On se donne rendez-vous au Boréal! Quelques titres à me suggérer?

claude b. a dit…

Dans cette veine-là, il n'y a qu'un autre recueil pour l'instant, Histoire d'un soir et autres épouvantes.

Quant à Boréal, je ne suis pas encore certain de pouvoir m'y rendre.

Isa Lauzon a dit…

À Claude B. : Je prends en note le titre, et je n'attendrai pas le Boréal pour en faire l'acquisition, vu qu'il n'est pas certain qu'on s'y voie. Snif!

claude b. a dit…

Il s'est passé quelque chose de bizarre avec L'Heure de bébé.

Alors que je suis d'une incommensurable lenteur quand j'écris, cette longue nouvelle (je crois me souvenir qu'elle fait dans les 65 000 signes)
a été écrite dans une véritable transe. En une dizaine de jours, le premier jet était complet.

À Frédéric: tu sembles avoir une bonne connaissance historique du genre. Tu aimerais peut-être Toujours plus bas, dans Histoire d'un soir.

Isa Lauzon a dit…

À Claude B. : En tant que lectrice, j'ai vécu un sentiment très fort en lisant l'Heure de bébé. J'ai lu cette nouvelle d'un trait, puis l'ai relue pour en apprécier les subtilités. Et l'ai relue encore il y a quelques jours. Ça coule tout seul et l'histoire est très puissante. J'ai bien hâte de lire Histoire d'un soir!

Frédéric Raymond a dit…

À Claude B.: Merci pour la suggestion mais, en fait, je l'ai déjà lu. Je m'étais tapé tes deux recueils bout à bout. J'avais bien aimé Toujours plus bas, mais, au moment de ma lecture, je n'avais pas encore lu Le peuple blanc de Machen. Je ne l'ai lu que par la suite, après t'avoir parlé à Boréal. J'aurais surement encore plus apprécié Toujours plus bas si j'avais lu le texte de Machen avant.

Isa Lauzon a dit…

À Frédéric : C'est bon à savoir, ça! Je note : Le peuple blanc de Machen... Parfait, je le lirai avant!

claude b. a dit…

Heureusement, pas besoin de connaître l'histoire de Machen (qui soit dit en passant est le papa spirituel de Lovecraft) pour lire Toujours plus bas. Elle est bien plus importante pour le protagoniste que pour le lecteur.

Isa Lauzon a dit…

À Claude B : Donc, pas nécessaire de lire Machen avant de lire Toujours plus bas? Je vais commencer par acheter Histoire d'un soir et je verrai ensuite si j'ai l'impression qu'il manque quelque chose à ma compréhension. D'après moi... sûrement pas!

claude b. a dit…

Pas besoin pantoute. Il suffit de savoir que le protagoniste, lui, l'a lu.

Frédéric Raymond a dit…

C'est vrai que ce n'est pas nécessaire (surtout que trouver une version papier de Le peuple blanc n'est pas évident), mais l'histoire gagne surement à savoir de quoi le personnage a peur. Et on peut mieux faire la relation entre ... on en reparlera quand tu l'auras lu! Je ne veux pas stooler de punchs.

Isa Lauzon a dit…

À Frédéric et Claude : Bon, c'est réglé, je ne me casserai pas le pompon pour trouver Le peuple blanc! Je suis certaine que la nouvelle de Claude me comblera amplement... ;)

claude b. a dit…

De la même façon que tu n'avais pas besoin de connaître Sheridan Le Fanu pour lire la nouvelle «Les Yeux troubles».

Isa Lauzon a dit…

À Claude : Ah bien! Me voilà convaincue! Je n'ai vraiment pas eu l'impression d'avoir manqué quelque chose en ne connaissant pas Sheridan Le Fanu!