17 février 2010

Petit guide pour éviter les déceptions

Vous êtes triste parce qu'un éditeur vient de refuser l'un de vos textes? Vous ragez parce que, cette année encore, vous n'avez pas remporté le concours truc-machin-chouette, malgré tous les efforts que vous aviez mis pour aboutir à cette nouvelle sensationnelle, la meilleure qui ait jamais été écrite au monde?

Matante Isa va vous donner son petit truc bien à elle, qu'elle applique le plus souvent possible. Avec cette méthode, vous vous éviterez bien des déceptions! (Attention! Cette méthode s'applique surtout pour les courts textes. Pour les romans, elle n'est pas indiquée.)

1. Vous avez une super idée à soumettre pour un concours, ou encore à une revue, un fanzine, bref, peu importe. Vous trippez, ça va être la meilleure nouvelle du siècle, et même du millénaire. Étape idéale pour être euphorique, fantasque, à la limite de la folie.

2. Vous écrivez votre nouvelle. Tiens, ce n'est pas aussi facile que ça en avait l'air, mais vous vous accrochez. Votre idée est tellement bonne, ça en vaut la peine!

3. Vous réécrivez, vous réécrivez, parce que vous n'arrivez pas à atteindre le résultat que vous recherchez. À force de réécrire, ça s'améliore, alors vous êtes encouragé.

4. Vient le temps où vous ne pouvez plus voir votre texte en peinture. À force de le regarder sous toutes les coutures, il doit être presque parfait, non? (Ici, on peut insérer un 4 a), et demander de l'aide à des amis. Ils lui trouveront assurément quelques défauts à corriger, à ce fameux texte.)

5. Vous postez votre texte : là, deux choix :

A) vous le détestez, mais vous le postez quand même, parce que vous n'êtes pas le comité de sélection et on ne sait jamais quels seront leurs critères pour sélectionner le gagnant. Et puis, c'est bien connu, nous sommes les plus mauvais juges au monde pour juger nos propres oeuvres.

B) vous demeurez persuadé que votre texte est le meilleur au monde, vous êtes certain qu'il sera accepté.

6. (L'étape la plus difficile, accrochez-vous bien!) Une fois que c'est dans la poste, vous oubliez tout ça. Vous débutez un nouveau projet, sans regarder en arrière. Vous ne regardez pas sur internet quelle est la date de remise du prix ou de la publication. Vous n'y pensez pas, point final. Idéalement, vous vous dites que ça ne donnera rien, que vous avez juste écrit ce texte-là pour votre plaisir personnel. Aucune attente.

7. Au final, si rien n'aboutit : justement, c'était ce à quoi vous vous attendiez (ici, voyez-y une belle occasion de retravailler ce texte éventuellement). Et si on vous annonce que vous serez publié... WOW! Quelle belle surprise!

Avoir trop attentes, il n'y a rien de pire pour déprimer. Suivez les conseils de Matante Isa, ils ont fait leurs preuves.

D'ailleurs, je les ai suivis à la lettre pour ma nouvelle pour le concours Alibis. Elle a été postée ce matin, même si je doute fortement de ses chances. Tant pis, je l'ai écrite, elle est dans le système, et advienne que pourra! Maintenant, zoup! j'oublie ce projet, et je travaille sur les prochains.

6 commentaires:

Gen a dit…

Merci Evil Matante Isa ;)

Dans mon cas, le problème survient quelque part au cours de l'étape 7. Un moment donné, ma mémoire se réveille et se dit "Hé, qu'est-ce qu'il advient de..."

Il y a plein de truc sur le marché sensés augmenter la mémoire. Faudrait leur proposer d'en faire pour la diminuer... J'en commande toute de suite trois caisses!

Pierre H.Charron a dit…

Special Costco: Memory Burner Pills ,4L pour 39.99. Carte de UNEQ 19.99$ ;)

Gen a dit…

La réduction pour les membres de l'UNEQ... mdr! ;)

ClaudeL a dit…

Moi, je vous lis, Isa et les commentateurs et commentatrices, juste pour sourire dans une pause. Même que, tiens, je vais relire, c'est rafraîchissant.

Keven a dit…

Je suis totalement d'accord avec toi Isa, les textes qu'on a tendance à trop s'attacher nous déçoive davantage que ceux qu'on pu se détacher. Le petite surprise du «Hein? Il a été choisi, je n'y pensais même plus!» est tout simplement jouissive.

Isa Lauzon a dit…

À Gen : Ah! C'est sûr que ce n'est pas facile, mais crois-moi, ce détachement est salutaire. Quand tu écris, la situation est entre tes mains. Par contre, quand ton histoire est dans le système, le dénouement ne t'appartient plus. Ça passe ou ça casse, tout dépend de l'opinion que d'autres auront sur ton texte. Et ça, ce n'est pas de ton ressort, alors pourquoi se torturer avec ça?

À Pierre : Mdr pour l'UNEQ! Faut vraiment que j'aille me chercher ma carte, méchant rabais!!!

À ClaudeL : Tant mieux si ce billet a égayé ta journée! Je le voulais rigolo et pas trop sérieux, et il représente très bien l'idée que je me fais du processus. J'ajoute à ça que cette méthode découle de quelques déceptions bien senties, et que j'ai appris avec le temps à doser mon enthousiasme.

À Keven : En effet, rien n'égale le pur bonheur qu'on ressent à l'annonce de l'acceptation d'un texte! Et il faut toujours garder à l'esprit que tout ce qui est en cause, ce sont des mots, rien que des mots. Personne ne va mourir si notre texte est refusé. Ce n'est pas la fin du monde, on n'a qu'à le retravailler encore, ou bien tout simplement passer à autre chose. En cours de route, il y a toujours un apprentissage qui demeure, une expérience qui nous aidera pour le prochain projet. Rien n'est perdu.