11 janvier 2010

Apprendre à lâcher prise

La première fois qu'un quidam a osé corriger l'un de mes manuscrits, je me suis sentie... contrariée, bousculée, envahie. Évidemment, je n'étais pas d'accord avec toutes les modification! Certaines apportaient un plus à mon texte, tandis que d'autres, à mon avis, l'amoindrissaient.

Au fil du temps et des révisions, je me suis assagie. J'ai compris que je n'aurais jamais le dernier mot dans ce domaine et que, franchement, c'était beaucoup mieux ainsi. Car si ma vision première peut être correcte, une révision subséquente, menée par un professionnel du milieu, apportera un nouveau souffle à mon récit. Les détails seront scrutés à la loupe et les inexactitudes seront corrigées.

Bref, la révision, tout comme la critique, ne doivent pas être perçues de façon négative, mais comme un apport extrêmement positif qui permettra une amélioration notable du résultat final.

C'est dans cet esprit d'ouverture que j'ai accueilli les modifications proposées par la revue Virages pour mon texte qui paraîtra dans le numéro 51. Quelques coupures de mots par-ci, quelques tournures de phrases par là, je n'ai pas riposté, je n'ai pas argumenté. Je ne me suis même pas sentie lésée. Pas du tout. Il faut croire que j'ai acquis de la maturité de ce côté!

Même la finale de l'histoire a été changée, ce qui amène une toute autre perspective. En fait, j'avais inséré quelques éléments de fantastique, ce qui n'était pas un bon choix pour la revue que je ciblais. Cette erreur de jugement a été corrigée par les responsables de la revue, qui ont retranché ce passage. Et vous savez quoi? Considérant les textes que j'ai parcourus dans les anciens numéros de Virages, je considère qu'ils ont bien fait! Ce nouveau texte cadrera bien mieux dans le portrait.

Voilà, je crois que j'ai finalement appris à lâcher prise. Lorsque mon texte est accepté et qu'il entre dans le système, je considère qu'il est comme un enfant : je le mets au monde, je l'aide à grandir, mais je ne suis pas la seule responsable de ses réussites. Il s'agit d'un travail d'équipe et en équipe, il faut savoir reconnaître les forces de chacun et les exploiter.

11 commentaires:

Frédéric Raymond a dit…

C'est une force quand on écrit de pouvoir accepter les commentaires des autres, quels qu'ils soient. Ils ne sont pas toujours bons. Ils ne sont pas toujours gentils. Alors il faut exercer son esprit critique. De l'autre côté, c'est difficile de critiquer le texte de quelqu'un qui est toujours sur la défensive et qui aime ses mots. J'ai déjà eu des collègues comme ça, et ça rend le travail beaucoup plus difficile.

Gen a dit…

Je me reconnais tellement dans ton texte! :)

C'est vrai que c'est dur de laisser quelqu'un corriger notre texte au début. Après, on se rend compte qu'on ne peut pas faire un texte parfait tout seul. Un inconnu l'aborde différemment et cela contribue à l'améliorer.

Mais je dois dire qu'il m'est arrivé d'argumenter sur certaines modifications qui me semblaient amoindrir le texte. Je l'ai toujours fait en disant "j'ai l'impression que dans le contexte, la tournure proposée est moins évocatrice que celle utilisée au départ... mais si vous y tenez, c'est ok" Et la plupart du temps, les modifications qui me mettaient vraiment mal à l'aise n'ont pas été effectuées.

ClaudeL a dit…

Différence entre critique et correction-révision. Critique pour moi, c'est après que le texte soit publié. Comme nos commentaires sur un livre lu. Ne donne plus grand-chose en fait.
Tandis que tout ce qui vient avant c'est de la correction, de la révision, des conseils. On peut écouter, discuter et finir bien souvent par accepter. Ce genre de correction-révision, je n'en ai jamais assez, je les cherche et pas si facile à trouver. Le degré d'acceptation va selon la qualité des recommandations.

Isa Lauzon a dit…

À Frédéric : Il ne faut pas se fermer aux conseils des autres. Rien de pire que quelqu'un qui argumente sans arrêt! Ça ne donne pas du tout envie de l'aider, c'est certain!

À Gen : J'argumenterais moi aussi si je jugeais que le réviseur en question ne possède pas sa matière. Si j'ai l'impression d'en savoir plus que lui, il y a un problème! En fait, dans ce cas-ci, pour Virages, j'ai proposé le changement d'un mot, un seul, car il avait été modifié et je jugeais que ça changeait le sens de l'histoire. On verra s'ils acceptent cette modification mineure.

À ClaudeL. : Bon, d'accord, je t'accorde ce point. La critique vient après que le texte soit publié! Et pour ta mention du "difficile à trouver", je t'offre mes services de réviseure amateure, si ça t'intéresse!

ClaudeL a dit…

Merci Isa pour l'offre. Même si je ne vois pas quand tu pourrais prendre le temps, c'est pas 10 pages dans mon cas, je joue dans les 250-300 en général!

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : Bien, tu sais, je continue d'épauler celle que j'appelais "ma cliente" (parce qu'elle souhaite demeurer anonyme) de temps à autre, et elle aussi, elle écrit des romans... T'inquiète pas pour moi, je trouve toujours le temps pour ce genre de choses. Alors je te réitère mon offre, elle est sérieuse et entièrement gratuite : si tu as besoin d'une lectrice, je suis là! Tu n'as qu'à m'envoyer un courriel, isabouquine@hotmail.com!

Keven a dit…

J'ai hâte de recevoir les améliorations suggérées pour mon texte dans Brèves, mais je suis serein: tout ce qui rendra ma nouvelle meilleure et ,par le fait même, l'auteur meilleur, est le bienvenu.

Isa Lauzon a dit…

À Keven : Parfait, tu as la bonne attitude! Je t'avouerai que je préfère généralement mon texte initial, et c'est normal je pense. Des fois, j'approuve de bon coeur les modifications et d'autres fois, je ne suis pas convaincue à 100 % de la nécessité de la correction, mais je me laisse guider. Après tout, je débute, j'ai beaucoup à apprendre!

ClaudeL a dit…

Bien, merci encore. Pour l'instant, j'ai un manuscrit inscrit à un concours avec possibilité de publication s'il gagne et l'autre n'en est qu'à ses balbutiements, alors tu as congé pour quelques saisons.

Frédéric Raymond a dit…

Ma douce est réviseure professionnelle (ben oui, je suis chanceux ;) ). Une chose que j'ai remarqué dans son travail c'est que souvent quand elle propose une modification, c'est parce qu'il y a un problème avec le texte. Parfois ce qu'elle propose n'est pas exactement ce que l'auteur veut dire mais, la plupart du temps, quand il y a un conflit comme ça, la solution c'est que l'auteur trouve une troisième formulation.

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : Offre d'une durée illimitée, alors ne te gêne pas!

À Frédéric : On peut dire que tu as bien choisi ta douce moitié, toi! Quoi de mieux pour joindre l'utile à l'agréable... ;) J'aime l'idée de la troisième formulation. En fait, ce n'est pas à la réviseure de trouver les mots justes. Elle doit soulever les lacunes et ensuite, l'auteur doit se retrousser les manches et trouver lui-même une meilleure façon de dévoiler sa pensée. Chacun son boulot!