1 octobre 2009

Souvenirs

Exercice #5 de La plume volage, déblocage de la créativité

Sarnia tendit la main vers son verre de scotch. La bougie trembla sur la table de chevet, le plâtre frissonna dans le visage de la poupée vêtue d'un simple sac de toile et de corde. Non, pas de lampe ce soir. Au bout du rouleau, la septuagénaire n'avait plus rien à cirer de l'étiquette.

Une boule monta dans la gorge de la doyenne. Les boîtes étalées sur le lit regorgeaient de manuels et de journaux défraîchis. Par-delà l'éventail qui avait jadis camouflé ses rougeurs de jeune fille, se trouvait l'antédiluvienne malette d'Hector. Son Hector.

Il y avait trop de pain sur la planche, trop de souvenirs à oublier. Sarnia déposa les derniers mots de sa plume sur sa carte d'adieu. Puis, décidée, elle s'empara de ses ciseaux et mit fin à ses tourments.

2 commentaires:

Gen a dit…

Re-Wow! Ok, j'ai besoin de pratique dans ce genre d'exercice.

J'aime particulièrement "le plâtre frissonna dans le visage de la poupée".

Là je vois en quoi l'exercice peut débloquer la créativité... C'est de phrases comme ça qu'on peut s'inspirer pour écrire une nouvelle ensuite...

Tu m'ouvres un nouvel univers Isa! Merci!

Isa Lauzon a dit…

À Gen : Tu vois, l'élément du plâtre et de la poupée, je ne l'aurais jamais écrit comme ça sans la contrainte. Tant mieux si cet exercice t'ouvre une nouvelle porte! Pour moi, ça a été une véritable révélation en atelier.

Et question de pratique, tous mes collègues d'ateliers y arrivent, que ce soit des dames à la retraite ou des adolescent au secondaire. Il n'y a pas de génie à chercher, juste insérer les mots l'un après l'autre. En général, environ à la moitié de l'histoire, je comprends de quoi je parle et comment ça doit finir. Avant, j'avance à tâtons. Et c'est comme ça à chaque fois.

Allez, j'espère que te rendras au bout de l'exercice! Au plaisir de te lire!