16 octobre 2009

Peinture vs écriture

J'arrive tout juste d'une exposition à la Galerie d'art de Blainville. L'artiste-peintre France Larouche y expose ses oeuvres, des aquarelles splendides et riches en couleurs.

En discutant avec Mme Larouche, j'ai vérifié une fois de plus ma théorie sur le processus créatif. Que le médium soit la peinture ou l'écriture, la même base demeure : l'expression ultime de soi. Et ces domaines sont souvent connexes : je connais des auteurs qui peignent, car l'un n'empêche pas l'autre.

Je remarque toutefois une constante navrante : au début, de nombreux artistes se heurtent à l'incompréhension de leur entourage. Les commentaires "constructifs" abondent, chacun a son opinion sur ce qui devrait être représenté et encore, il faut se considérer chanceux si l'on a droit à autant d'égards. L'indifférence, si blessante, demeure la réaction la plus fréquente. En tout cas, à moi, elle a fait beaucoup de mal.

Et puis, vient le moment, inévitable et souhaitable, où l'opinion d'autrui perd de son importance. Quand l'artiste réussit à briser le mur de sa propre carapace, quand il s'exprime sans se soucier du qu'en dira-t-on, il transcende ses limites et crée des merveilles. Et si ses proches ne sont pas en mesure d'apprécier ses oeuvres, des étrangers, eux, y croiront. Et s'y intéresseront.

Les aquarelles de France Larouche m'ont émerveillée. Flamboyantes et éclatantes, elles dévoilent une personnalité assumée et lumineuse. La technique qu'elle emploie m'intrigue beaucoup. Imaginez : mouiller des deux côtés une toile de coton, pour ensuite y déposer des gouttes de peinture qui se disperseront... et en arriver à un résultat à la fois concret et flou, empli d'une fluidité qui invite à l'imagination. Vraiment divin!

Pour le moment, j'écris et je m'en tiens à cette voie d'expression, car c'est celle vers laquelle mon coeur me pousse en ce moment. Pourtant, un jour, j'aimerais explorer l'univers de la peinture. Laisser voguer mon pinceau sur un fleuve tantôt agité, tantôt tranquille, exprimer autrement les images qui peuplent ma tête surchargée...

4 commentaires:

ClaudeL a dit…

J'ai essayé deux fois: au crayon de couleurs ce fut comme quand on était petit: le tour en noir et l'intérieur en couleurs pas mélangées. Puis, une fois à l'huile. J'ai compris que ce n'était pas pour moi. Entourée d'artistes peintres et artisans, je préfère m'émerveiller de leurs créations.
Et être un peu envieuse parce que leur oeuvre prend forme en quelques heures ou quelques jours.
Quant à l'indifférence, je dirais plutôt qu'il y a indifférence sociale générale au sens où on croit à tort que la peinture n'est affaire que de musées ou que de riches. Et ne pas plaire à ses proches, attendez que la notoriété vienne, vous verrez qu'ils seront fiers de dire: "je la connais, une telle, c'est ma soeur, c'est ma cousine!"

Dame Sco' a dit…

La peinture c'est sympa aussi, j'aime beaucoup, j'en fais de façon épisodique mais c'est l'écriture qui reste mon principal moteur.

Gen a dit…

J'ai essayé la peinture un bout de temps (j'imagine mes histoires de façon très imagées, alors, évidemment, j'aurais aimé pouvoir les peindre directement). J'ai même pris des cours... Rien à faire : j'ai vraiment aucun talent!!! (et mon absence de sens de la perspective fait de moi un danger au volant)

Pour ce qui est de l'indifférence... J'aime mieux qu'on m'ignore plutôt que l'on me dise : "Ah, combien tu fais avec ça?" ou pire "Quand est-ce que tu vas publier pour vrai?" (ceci après que j'aie réalisé le rêve de ma vie en publiant une nouvelle... parlez-moi d'une douche froide!!!)

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : J'ai essayé la peinture sur bois et ce n'est vraiment pas pour moi. Trop encadré, trop rigide, trop imposé... ce qui va totalement à l'encontre de mon idée sur la créativité! Et pour les proches, c'est bien vrai! Dommage qu'il faille atteindre la notoriété pour obtenir des encouragement dont nous n'avons plus vraiment besoin...

À Dame Sco' : Je demeure persuadée que l'écriture demeurera mon moyen privilégié d'expression, mais je me vois très bien peindre des folies, sans prétention, juste pour le plaisir de me laisser aller. Ma fille a un chevalet, je crois que je vais lui emprunter!

À Gen : Franchement, je ne me vois pas apprendre des techniques compliquées, car j'ai bien peur, tout comme toi, de ne pas être un as du volant... Plutôt un style libre, sans aucune intention lucrative. Et pour la douche froide, moi aussi j'en ai eu! Deux prix littéraires, ce n'est pas assez, et des publications dans des revues, si ce projet se concrétise un jour, ce ne sera suffisant non plus. Travailler sur un roman, ce n'est rien, et le publier, ce ne sera pas grand chose. La même question reviendra toujours : combien ça paie? Je n'ai plus envie de mettre de l'énergie à expliquer ma passion aux gens. Comprenez, ne comprenez pas, peu importe. Moi, je sais ce que j'en retire!