12 octobre 2009

La valeur d'un dix minutes


Dix minutes, est-ce suffisant?

Dix minutes, c'est parfois tout le temps dont un auteur (moi, en l'occurence) dispose pour écrire entre deux corvées, entre deux sorties, entre la maison et le boulot.

Dès lors, un choix s'impose à lui :
  1. (1) Écrire en sachant qu'il lui est impossible d'aller jusqu'au bout de son projet, avec pour conséquence inévitable une boule de frustration qui lui montera à la gorge toute la journée;

  2. (2) Gaspiller ce temps précieux en regardant la télévision ou en s'époussettant le nombril. Et attendre d'avoir une heure minimum à consacrer à ses projets.

En entrevue, Patrick Sénécal avouait que, plus souvent qu'à son tour, il avait privilégié la deuxième option. Tant qu'à entrer dans l'univers de son roman, autant que ça en vaille la peine! Toutefois, avec les années, il essaie d'apprivoiser la première option, question de profiter au maximum de l'inspiration que peut lui apporter une journée, si remplie soit-elle.

Moi, par manque de temps, j'ai adopté la première option. Un dix minutes inutilisé me rend complètement dingue. Peu importe que ce soit un billet pour mon blogue, quelques haïkus, un résumé pour une prochaine histoire ou simplement quelques phrases pour un projet en cours, il faut que j'écrive. Mon seul droit à la dérogation (hormis passer du temps avec ma petite famille, ce sera toujours une priorité!), c'est la lecture.

Dix minutes pour écrire ce billet. Dix minutes pour écrire six haïkus. Dix minutes pour lire une courte nouvelle. Dix minutes pour avancer un peu dans un projet. Dix minutes, c'est mieux que rien!

Et vous, option 1 ou option 2?

8 commentaires:

ClaudeL a dit…

J'ai la chance de me permettre option 3: j'ai tout mon temps. Mon problème c'est de m'astreindre à l'écriture publiable. Je me lève souvent à six heures le matin et je butine ici et là blogue, forum, commentaires. Il est neuf heures et je n'ai pas écrit une ligne publiable. Mais privilège de l'âge peut-être. À 26 ans, j'ai pris deux ans de congé sans solde... et là j'écrivais. Pendant 20 ans ensuite, j'étais comme toi: je grignotais du temps ici et là et je me suis contentée de publier les mots des autres.
Penser à Michel David qui n'a publié qu'une fois à la retraite! Et quelles publications, en quantité à tout le moins. L'important est d'entretenir la flamme, la frustration peut être un bon élément déclencheur.

Dame Sco' a dit…

En ce qui me concerne c'est un melting entre option 1 et 2 avec une grande préférence pour la 2 tout de même car je n'aime pas bâcler ce que j'écris mais bon quand on a deux monstres dans les pattes parfois c'est difficile de prendre son temps comme on le voudrait.

Gen a dit…

Quand je suis privée assez longtemps d'option 2, je réussis à utiliser l'option 1 à son maximum. Sinon, j'ai tendance à profiter des 10 minutes pour lire ou faire des plans, pas pour écrire réellement.

Rackham Le Rouge a dit…

L'option 2, version tard le soir avant de se coucher, ou version tôt le matin, levée avant tout le monde...Au choix !

10 minutes, tout dépend du contenu, de l'envie. Chacun fait comme il peut, mais il faut un minimum de concentration.

Vis t-on pour faire ce qu'on a envie de faire ou pour se taper les corvées ? That is ze question...( Je connais des foldingues du ménage qui pensent qu'elles n'ont PAS LE CHOIX ! )

Tu fais de ton mieux, ISA, de toutes façons. Comme chacun ^^

Pierre H.Charron a dit…

Moi je suis celui qui dit: Ok Chantal je descends À mon bureau pour dix minutes..et remonte un heure après ! je lui fais le coup tout le temps :) Alors, je suis de la deuxième catégorie, il faut que j'aie du temps devant moi pour écrire sinon je me sens pas bien disposé. Des fois l'écriture automatique me surprends mais ce n'est jamais pour mes projets en cours.

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : Ah! Claude, que j'ai hâte d'être rendue à la même étape que toi! Enfin, la retraite, c'est encore loin, mais l'option 3, c'est vraiment le summum! Avant, je croyais que je n'écrirais qu'à ma retraite, mais j'ai décidé de devancer l'échéance... Même si j'écris peu, au moins j'écris!

À Dame Sco' : C'est sûr que c'est difficile de faire ce qu'on veut quand on a de jeunes enfants. Mes dix minutes, je les utilise généralement pour travailler sur de courts projets, pas sur de longs textes qui demandent beaucoup de concentration.

À Gen : C'est certain que je ne m'embarque pas dans de longues envolées quand je n'ai que dix minutes. Mais c'est surprenant ce qu'on peut accomplir dans un aussi court laps de temps!

À Rackham : Ne t'inquiète pas pour moi, les corvées et le ménage ne gèrent pas ma vie! Je peux très bien aller me coucher avec une vaisselle qui traine et je n'ai aucun remords de conscience à profiter d'une belle journée, même si ma maison a l'air d'un champs de bataille... J'ai plusieurs amies, par contre, qui en sont réellement incapables. Pour ma part, ma pathologie, ce serait plutôt l'inverse : la paresse...

À Pierre : Ah! Je souffre de la même maladie que toi! Je vais voir mes messages, ce qui devrait me prendre cinq minutes au maximum, et une heure plus tard, je suis encore sur internet. Une vraie maladie... (qui me coupe du temps pour écrire, je sais!) Moi, ce qui me surprend, c'est qu'en atelier (dans mes bons jours), j'arrive à écrire une nouvelle d'une page en cinq minutes à peine! Il y a des minutes qui se perdent dans une journée...

Les Moufettes a dit…

Comme lorsque j'étais journaliste: j'écris dans ma tête. Alors lorsque vient le temps, il me faut davantage que 10 minutes pour «l'étendre».
Et pour l'autre option, si ça ne vient pas au moment juste avant le sommeil: le petit carnet!

Isa Lauzon a dit…

À François (Les Moufettes) : Ça, c'est un autre problème : quand ce n'est pas le moment, des tas d'idées se bousculent dans ma tête et si j'avais le temps de les mettre sur papier, ça sortirait tout seul. Sauf que quand je m'asseois, deux heures plus tard... c'est plus laborieux, car le moment de grâce est passé!

Le carnet, c'est bien, mais le dictaphone, c'est encore mieux! Rien de tel, en voiture, pour noter mes inspirations. Là, je peux saisir au vol les divagations de mon esprit volatile!