12 septembre 2009

Qu'en est-il du S-E-X-E?

Qu'est-ce qui fait tourner le monde selon vous? L'argent et... le sexe, bien entendu!

Audrey a parlé récemment de la complexité reliée à l'écriture de scènes de lit. Trop ou pas assez? Suggérer ou expliquer avec force de détails, quitte à se rapprocher de la pornographie?

Personnellement, en tant que femme-auteure, je préfère suggérer. Et en tant que lectrice, je préfère qu'il reste une petite place pour mon imagination.

Il s'agit là d'un trait caractéristique au lectorat féminin. Au niveau des hommes, pour ce que j'en sais, plus les images abondent et plus le Monsieur est content! Des amourettes à la Harlequin le feront bailler d'ennui. Tandis que nous, le sexe dit "faible", nous préférons en général - en général, je dis bien! - une atmosphère invitante, une étreinte qui s'annonce passionnée, des caresses appuyées, des sensations enivrantes... Nul besoin de nous mentionner la longueur de l'engin, le tour de poitrine de la fille et la couleur des poils de... Bon, vous avez compris!

Quant à la complexité de l'écriture, je ne sais pas. Avant, je me censurais de ce côté, car, étant mère de famille, je ne voulais pas que mes enfants puissent un jour rougir de mes oeuvres. J'ai dépassé ce stade récemment et j'explore de nouvelles avenues dans mes écrits.

Tout est question de limites personnelles je pense. Et puis, il faut tenir compte du contexte et du public-cible. Si l'adolescent est visé, il serait sage d'y aller en surface. Simple question de jugement. Toutefois, un lectorat adulte exigera probablement davantage qu'un tendre baiser!

8 commentaires:

Rackham Le Rouge a dit…

Je n'ai pas besoin de donner mon avis, il suffit de lire un de mes textes pour voir les limites que je me suis fixées :
Pas un seul mot grossier, et pourtant il s'en ai passé des choses sur mon bateau ou ailleurs !

Qu'en penses-tu, Isa ? De cette limite ?

Pierre H.Charron a dit…

Dans un roman catégorisé Adulte, un auteur peut laisser aller sa verve dans des territoires les plus pervers. Il trouvera son lectorat..ou le perdera. Il doit assumer.Pour ma part, je n'ai pas vraiment de tabou, malgré que le dernier Sénécal (Hell.com) me décoiffe quelque peu..et le mot est faible. Mais je savais avant d'entreprendre la lecture. Quant à la littérature pour les plus jeunes, l'éditeur doit faire preuve de jugement et rejoindre l'opinion de la majorité. Aujourd'hui les 13 + ont la couenne dur. Juste à voir les clip sur MuchMusic, ca fait passer le roman Lady Chatterley pour une histoire de Franfreluche. Et que dire de Google qui leur donne cent fois plus osé en quelques clics....
Le Sexe, à défaut d'être dans les ébats ;) Il anime toujours de très bons débats !

Gen a dit…

Je crois que Rackham a effectivement une bonne piste de solution : éviter les grossièretés.
Pierre présente aussi un élément capital : s'en tenir à ce que sont public peut prendre.

J'ajouterais une deux autres pistes : ne pas s'en tenir à la méchanique et ne pas décrire pour rien. La scène doit révéler quelque chose sur les personnages.

C'est vrai que, surtout pour les lecteurs masculins, il faut être assez explicite, mais je crois qu'il y a moyen de l'être en présentant les états d'âme et les sensations des personnages plus que les gestes posés...

Un exemple : combien de fois a-t-on lu que "la fille se sent excitée"? En vrai, une fille a chaud, elle a le réflexe de serrer les cuisses, elle ne sait plus ou regarder... et là seulement elle réalise : merde, ce gars/film/autre me fait de l'effet.

Mais bon, moi les descriptions me posent rarement problème... c'est plutôt dans l'action que je m'embrouille...

Dame Sco' a dit…

C'est également une des questions que je me suis posée récemment, tout est question de dosage finalement. Je préfère suggérer que détailler laissant au lecteur le soin d'imaginer ce qu'il veut.

Virginie a dit…

Et bien moi aussi je m'en pose des questions !
Je suis d'ailleurs rassurée de ne pas être la seule ou le seul !
Sur mon blog 2 j'aime bien me laisser aller à certaines fantaisies... Sans me fixer de limites, parce que finalement les limites s'imposent sans que je m'en aperçoive,parce que je n'aime pas la vulgarités ni les mots trop crus.... La langue française est bien riche et nous donne le choix !
Mais pour oser, pas simple... J'ai mis du temps et j'ai remarqué que certains de mes lecteurs ne pousse jamais la deuxième porte, et pourtant rien de choquant ni de répréhensible, mais ils sont peut-être étonné !
Je suis "arrivée" chez vous grâce à Jack et Sco' !
Bonne nuit et à bientôt !

Isa Lauzon a dit…

À Rackham : C'est vrai, tu n'utilises jamais des mots grossiers. Il s'en passe des belles sur ton navire, mais tout est raconté de si belle façon que la sensibilité des dames n'en est pas offusquée. Il suffit de voir l'étendue de ton fan club féminin pour comprendre que toi, tu as trouvé la bonne façon d'écrire l'érotisme...

À Pierre : Alors là! Te connaissant, si Hell.com te décoiffe... j'aime autant m'abstenir! Ce que tu dis à propos du public est vrai : on ne peut pas plaire à tout le monde, alors mieux vaut s'assumer dans ce qu'on désire exprimer, certains suivront, d'autres non... Ainsi va la vie!

À Gen : En effet, je suis d'accord : l'acte ne doit pas être gratuit, il doit faire évoluer l'histoire et nous en révéler davantage sur les personnages. Sinon, c'est du marketing et ça parait!

À Dame Sco' : Je trouve qu'à trop détailler, on en perd la magie du moment. Il faut trouver le juste milieu entre nunuche et porno, c'est tout!

À Virginie : Les fameuses limites... Je travaille à l'abolition des miennes (littéraires, j'entends!) depuis quelques semaines et les surprises sont au rendez-vous! Je sais par contre que certains de mes lecteurs habituels n'apprécieront pas mes derniers écrits. Dommage, mais je ne me censurerai pas pour autant! Merci de votre visite, à la prochaine!

Frédéric Raymond a dit…

Et bien... C'est sûr que je suis un gars, mais moi je suis un fervent sur sexe extrême dans la littérature. La littérature qui cible les adultes, évidemment. D'un autre côté, toute scène de sexe doit être justifiée. Dans mes texte, j'ai souvent eu à couper des scènes explicites (ou des scènes d'horreur) parce qu'elle n'avaient pas leur place, surtout parce qu'elles ne cadraient pas avec la psychologie des personnages. D'un autre côté le plaisir avec une scène de sexe c'est l'anticipation de la scène. Si un auteur se lance directement dans une scène graphique qui décrit "le vit engorgé qui pénètre avec vigueur l'orifice lubrifié de la femme qui [censuré]", alors la scène n'atteint pas vraiment son but. Si l'auteur suggèrent pendant un certain temps qu'il va peut-être se passer quelque chose et que ce moment arrive finalement après une attente toride, il sera vraiment efficace. C'est comme dans la vie, finalement...

Isa Lauzon a dit…

Alors là, Frédéric, tu marques un point. Dans la vie comme dans l'écrit, l'anticipation fait 90 % de la job!