27 septembre 2009

Péripéties à l'urgence

Vendredi en fin de journée. Le service de garde m'informe que ma fille vient de tomber du module de l'araignée (vous savez, celui avec plein de cordes qui cause tant d'accidents...).

À mon arrivée, son coude est enflé et elle ne peut déplier son bras sans une intense douleur. Fracture? Foulure? J'hésite à me précipiter à l'urgence de l'hôpital (urgence! quelle blague!), car j'ignore le temps d'attente. Cet été, il pouvait aller jusqu'à 30 heures, alors je m'attends à au moins 10 heures de calvaire.

Après une multitude de téléphones (tout est fermé!) et mûre réflexion, ma cocotte et moi décidons d'aller plutôt au sans rendez-vous de la clinique le lendemain matin. Le service y sera beaucoup plus rapide (entre 2 et 3 heures).

Le médecin de la polyclinique est extrêmement gentil et s'inquiète plus que moi de l'état du bras de ma fille. Il faut dire qu'à part un peu d'enflure et de douleur, le tout ne semble pas si mal. Je penche pour la foulure, mais lui sonne le signal d'alarme : il vote plutôt pour la fracture et m'envoie directement à la radiologie de l'hôpital.

Là, je commence vraiment à m'amuser. L'hôpital est en rénovation présentement et j'ai l'impression d'évoluer dans un labyrinthe. Une fois que nous avons contourné les barrières et les cônes (sommes-nous rendus à Beyrouth?), nous longeons un interminable abri qui nous mènera à l'entrée principale. Partout, des affiches nous rappellent que l'hygiène des mains est obligatoire. Le H1N1 cause tout un émoi ici! Un gardien nous accueille (ou plutôt, nous fustige du regard) et je dois désinfecter mes mains. Ma fille en est exemptée à cause de son bras.

Depuis les travaux de rénovation, je ne m'y retrouve plus dans ces couloirs interminables. Partout, les chantiers inachevés laissent une impression de chaos.

Arrivée à la radiologie, je me cogne le nez sur une porte verrouillée. Pourtant, selon l'écriteau, l'imagerie médicale devrait être ouverte en ce moment. Une dame passe de l'autre côté de la vitre et elle me voit, mais elle poursuit son chemin. Je me décide à frapper. La secrétaire, une dame au sourire fatigué, m'ouvre et me lance : "Vous auriez pu passer par l'autre couloir!" Ah? Désolée, j'ai suivi les panneaux et ils m'ont menée ici!

Quand je présente la requête du médecin, c'est le drame. Ma fille n'a pas consulté le médecin de l'urgence de l'hôpital, alors ça bouleverse les habitudes de la préposée. Tout devient compliqué. Impossible de faire sortir les radiographies sur papier. Au mieux, je peux les avoir sur CD (et en plus, c'est elle qui va devoir le graver, ouf!). Je ne sais même pas si le médecin a accès à un ordinateur et s'il pourra les lire. En clair, je fais exprès de déranger cette pauvre dame. Je ferais mieux selon elle de repasser par l'urgence de l'hôpital, question d'être en règle avec leur procédure...

Par miracle ou intervention divine, je conserve mon calme (et même mon sourire! je m'améliore en vieillissant, moi!) et j'obtiens le fameux CD.

De retour à la polyclinique, le gentil médecin n'arrive pas à lire les images avec son PC. Une incompatibilité de logiciel. Je me vois déjà attendre 15 heures à l'urgence de l'hôpital, mais il ne capitule pas aussi rapidement. Il enjoint sa secrétaire de remédier au problème. Elle appelle directement la compagnie (je vous rappelle que nous sommes samedi matin) et, après quelques complications, réussit à lire les images.

Les radiographies ne révèlent aucune fracture. Ouf! Le médecin me mentionne de ne pas me réjouir trop rapidement, car le coude est très enflé. Si des "plaquettes de croissance" sont fêlées, elles n'apparaîtront pas sur les radios.

Pour le moment, nous devons réduire l'enflure. Glace aux heures, écharpe de soutien et repos. Lundi, le merveilleux et formidable médecin verra ma cocotte à 10 h AM (j'ai un billet écrit de sa main pour passer entre deux rendez-vous) et il décidera alors de la suite.

Un grand merci à ce médecin et à sa secrétaire, qui ont pris le temps d'aller au bout de la démarche. Si vous êtes québécois, vous vous extasiez sûrement sur un tel dévouement. Si vous venez d'ailleurs, peut-être froncez-vous les sourcils devant notre beau et gratuit système de santé...

5 commentaires:

ClaudeL a dit…

À croire que les hôpitaux sont comme les routes ces mois-ci: chez nous aussi (à Buckingham je veux dire)rénovations, constructions, on ne sait plus où stationner et à l'intérieur, on ne se reconnaît plus. Quant au lavage de mains, ça fait au moins plus de quatre ans que les petites distributrices existent.
Enregistre, ça peut servir à un texte. Tout sert à un texte!!!

Elisabeth a dit…

Contente de voir qu'il n'y a pas que moi qui hausse les sourcils quand un médecin crie tout de suite au loup. C'est à croire que plus personne ne peut se faire de petits bobos, il faut toujours que ce soit gros... Pour l'hôpital, bienvenue dans mon merveilleux univers, ma chère. Rester zen est la règle de base, en toute circonstance (clin d'oeil). Un jour, quand j'aurai davantage de temps, je te raconterai des anecdotes incroyables sur notre merveilleux systèmes de santé...

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : Les distributrices font partie de notre paysage depuis plusieurs années, mais qui les utilise? Les gens comme moi, le genre de personnes qui se lavent les mains à la salle de bains et avant de manger. Pour les autres, un gardien de sécurité est peut-être nécessaire...

À Elisabeth : Toi, on peut dire que tu en auras fait le tour, de notre beau système de santé! Pour la "zenneteté", il y a longtemps que j'en ai compris les vertus. Le calme l'emportera toujours sur la colère. Par contre, quand il faut hausser légèrement le ton pour faire avancer les choses, je n'hésite pas à rafermir ma position. Mais un sourire fera davantage son chemin dans le coeur sec d'un fonctionnaire blasé...

Et pour les anecdodes, écris un livre là-dessus! Best-seller assuré!!!

Dame Sco' a dit…

T'inquiète pas c'est le même foutoir en France, voire même pire !

Isa Lauzon a dit…

À Dame Sco' : Bon, tant pis, je vais demeurer au Québec si ce n'est pas mieux ailleurs!