2 septembre 2009

Confession

M m'a mis la puce à l'oreille (voir son commentaire ici, le 19e en partant du haut) : tout bon consommateur de littérature devrait se faire un devoir de privilégier les auteurs de sa région.

(Avis : Dans le présent billet, je parle du Québec, mais si vous venez d'ailleurs, transposez ceci pour votre coin de pays!)

Avouons-le sans détours ni chichis : La plupart des auteurs québécois crèveraient de faim s'ils n'avaient pas un autre revenu que celui de leur plume. Alors il est primordial de les encourager si nous voulons qu'ils soient en mesure de nous pondre d'autres chefs-d'oeuvre!

J'arrête tout de suite votre imagination délirante. Non, je ne suis pas la nouvelle Mère Teresa. Oui, j'achète mon papier hygiénique chez le "méchant" Wal-Mart (surtout s'il est moins cher!). Oui, j'utilise une fois sur trois de vilains sacs en plastique lorsque je fais des courses (que voulez-vous, j'oublie souvent mes sacs réutilisables chez moi!).

Ceci étant révélé, je confesse un crime encore plus grave : jusqu'à récemment, je n'achetais guère de romans québécois. Pire encore, je ne lisais pratiquement que des livres empruntés à la bibliothèque. Que celui qui n'a jamais péché me jette la première pierre...

Je sais que plusieurs auteurs critiquent les bibliothèques, car elles leur occasionnent une perte de revenus considérable. En effet, pourquoi acheter lorsqu'on peut bénéficier du bouquin gratuitement?

Sauf que pour livres en bibliothèque, les droits d'auteur qui sont versés aux auteurs sont risibles. Pour en savoir davantage sur le droit de prêt public, c'est ici. Et pour Copibec, c'est ici (les infos sont une gracieuseté d'Audrey et de ClaudeL).

Bon, soyons réalistes maintenant. Je ne suis pas millionnaire et nous avons certainement ce point en commun. Alors faites comme moi : ciblez soigneusement vos auteurs favoris, québécois bien entendu, et encouragez-les. Et ne culpabilisez pas trop en pénétrant dans une bibliothèque publique. Ces lieux demeurent pour moi synonyme de savoir et de culture, de paix et de tranquillité.

Les bibliothèques ont par contre un énorme défaut... J'en parle dans mon prochain billet...

9 commentaires:

Audrey a dit…

Les conditions d'admissibilité pour recevoir un petit chèque du droit de prêt public sont ici :
http://plr-dpp.ca/DPP/admissibilite/default.aspx
Et effectivement, c'est dérisoire, j'ai lu un auteur sur son blogue qui disait toucher quelque chose comme 400 dollars par an pour la présence de ses deux bouquins. Perso, j'adore les bibliothèques parce que ça permet de découvrir plein d'auteurs et il faut dire ce qui est, les livres au Québec sont très chers alors il faut faire un choix, les livres ou la bouffe (oui, je lis autant que je mange, je suis boulimique de lecture ;-)) Ensuite quand j'ai vraiment un coup de coeur, j'achète le livre pour soutenir l'auteur.
En tant qu'auteure, c'est certain que je préfèrerais que tout le monde achète mon livre plutôt que de l'emprunter à la bibliothèque mais je me dis qu'au moins, je suis lue, je suis découverte et peut-être que pour mon deuxième ou troisième roman, ceux qui ont apprécié ma plume iront en librairie plutôt qu'en bibliothèque.

Dame Sco' a dit…

Mea culpa mais j'ai un faible pour l'odeur des livres neufs et en bibliothèque quand tu les empruntes, ils sont tous crayonnés à l'intérieur ça m'est arrivée plusieurs fois et ça sent pas la rose et ils sont souvent crados maintenant chacun comme il peut et comme il veut. Je ne suis vraiment pas fan des bibliothèques françaises.

ClaudeL a dit…

Je suis bien contente, en tant qu'auteure, qu'il y ait les bibliothèques. Ce sont de très bons acheteuses de livres. Et elles les gardent longtemps, elles, contrairement aux libraires. La preuve, essayez de trouver un de mes livres en librairie: impossible, tandis que dans les ryaons de certaines bibliothèques, quelques-uns de mes livres sont encore là. Et quand les gens me demandent où on peut se les procurer, c'est direct à la biblio.
Et en tant que lectrice, il y a des bibliothèques même dans mon village de 700 personnes. Croyez-vous qu'il y ait une librairie?
Quant au Droit public, ça dépend du nombre de livres publiés et répertoriés dans les bibliothèques. Mon père avait le maximum: dans les 4000$ par année. J'en reçois 1,000$ (je n'ai pas peur de le dire parce que je le déclare à l'impôt, hihihi!) C'est plus que mes droits d'auteur de mes divers éditeurs.
Il faut compteur aussi, aux deux ans, sur un chèque de Copibec. http://www.copibec.qc.ca/?action=pr_accueil

Alors les bibliothèques, c'est un gros oui pour les auteurs. Les municipales, les scolaires, toutes. C'est souvent par là que les jeunes commencent à aimer la lecture. Les librairies, c'est autre chose, surtout comme c'est rendu, souvent des grandes ou petites surfaces mais où les articles scolaires, les DVD prennent plus de place ou le devant. Les librairies indépendantes, ça va encore, mais les autres, non je n'aime plus. Et c'est là que je préfère encore une bibliothèque.

Lire québécois, là c'est vrai, on devrait tous s'y mettre sérieusement. Heureusement, les jeunes en entendent parler dès leur primaire, et bien avant si les parents y voient, tandis que "dans mon temps" on a connu notre premier auteur québécois, j'avais déjà 16 ans et une bonne habitude de lectures.... françaises. Tellement qu'on voulait tous aller en France sur les routes de... au café de Flore, etc.
Lire des blogues québécois, c'est déjà un début, hihiihi! Ce qu'on est en train de faire, non?

Gen a dit…

Lire québécois est effectivement quelque chose qui doit nous préoccuper. Règle générale, j'essaie de faire ma part en consacrant la moitié de mon mince "budget livres" aux auteurs d'ici.

Par contre, je trouve, comme ClaudeL, que les bibliothèques sont bien pratiques pour découvrir un auteur. J'aime essayer avant d'acheter, quoi!

Et puis, s'il faut se confesser de ne pas aider à faire vivre les auteurs québécois, j'ai une confession bien pire que celle d'Isa à faire : souvent, avec ma meilleure amie, on s'échange des bouquins. Aille! Je me sens criminelle là! Vous imaginez ça : personne ne touche un sous sur le fait que nous mettons nos livres en commun. Du piratage pré-informatique caractérisé!

Arrêtez-moi je suis une terroriste économique!!!
(lol! Je déconne, comme d'habitude)

ClaudeL a dit…

Hé la! Hola! c'est quoi cette autoflagellation ce matin. Lire c'est lire. Lisons bien lisons mal mais lisons! Et parlons-en. Nommons-les ces livres, d'où qu'ils viennent. À ce rythme, vous allez vous accuser de vous vêtir avec des vêtements fabriqués en Chine ou de les acheter au Village des Valeurs (qui soit dit en passant vend des "griffes" québécoises) ou pis, de mettre les vêtements de votre cousine!!! Faut pas être plus catholique que le pape.

Elisabeth a dit…

J'ajoute mon grain de sel en disant que plusieurs de mes lectrices qui ont emprunté mes livres dans une biblio les ont tellement aimés qu'elles les ont ensuite recommandés à des
ami(e)s qui eux les achètent. Alors dites-vous que même en fréquentant les biblio, vous rendez service aux auteures...

Isa Lauzon a dit…

Comme je vois, les avis sont partagés sur la question!

À Audrey : Merci pour l'info, je la rajoute dans mon billet! Je suis d'accord avec ta façon de voir les choses et oui, c'est vrai que les livres sont chers au Québec. Et j'aime tellement manger... je ne pourrais m'en priver, dévorer des livres, ça ne nourrit pas!

À Dame Sco' : Il faut dire que par chez vous, il y a beaucoup plus de population qu'ici, d'où peut-être une trop grande usure des livres. Personnellement, j'aime bien une nouvelle couverture, lustrée et craquante, mais les vieux bouquins ont du bon aussi. Ils ont de la personnalité, un vécu. Et ils sont gratos!

À ClaudeL : Alors finalement, l'idéal c'est de placer 2-3 livres dans plusieurs bibliothèques, après on encaisse un maximum de bénéfices... Hi! Hi! Copibec... Ah? Je ne le connaissais pas celui-là, je l'ajoute aussi à mon billet.

À Gen : Ouf! Finalement, je ne suis pas si pire que ça! À côté de toi, j'ai presque l'air d'une sainte... ;-)

À ClaudeL (prise 2) : Oh non! J'avais oublié d'en parler dans ma confession! Oui, j'achète des bidules qui viennent de la Chine! Une chance que je ne vais jamais au Village des valeurs, sinon mon compte serait bon!

À Elisabeth : Il est vrai que la bibliothèque peut nous aider à découvrir de nouveaux auteurs. Il m'est arrivé de lire le premier tome et de l'aimer tellement que j'ai acheté la série complète!

En conclusion, je continuerai de fréquenter sans trop de remords les bibliothèques publiques. Et dès que j'aurai un peu d'argent dans le fond des poches, zip! à la librairie pour le dépenser!

ClaudeL a dit…

Autre remarque: ce ne sont pas les auteurs qui "placent" 2-3- livres dans les bilbiothèques. Les auteurs n'ont rien à dire. Ce sont les bibliothèques qui achètent. Leurs critères? Je n'en ai aucune idée.

Et si Droit public se fie sur le nombre de livres que l'auteur a dans les bibliothèques pour fixer le montant du chèque envoyé aux auteurs, Copibec se fie sur le nombre de photocopies faites par les professeurs. Les écoles-cegep et universités paient x dollars par année pour faire des photocopies de livres. Mais quand tu publieras, tu verras bien.

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : Merci pour ces précisions! Quand le moment de l'après publication sera venu, je me familiariserai davantage avec tous ces concepts. Pour le moment, j'observe et j'apprends!