4 août 2009

Quelques règles de base

Vous désirez améliorer votre plume? Commencez par appliquer les quelques règles de base suivantes, que j'ai glanées ici et là :

  • Gens, tout, ça, cela, on, choses, instrument, objet : sont des mots trop larges et indéfinis : à éviter le plus possible. (Dans les dialogues, ils sont tolérés, car ils font partie du langage populaire, mais il est préférable de les remplacer par des mots plus concrets)
  • « Mais » en début de phrase : n’a pas lieu d’être, car le «mais» marque un choix entre deux options, une opposition de deux idées. Exemple : « Je voudrais aller à la plage, mais il pleut ». (Encore là, dans certains dialogues, on peut l’employer)
  • Points de suspension : Ne jamais utiliser les points de suspension (…), car ils obligent le lecteur à utiliser son imagination pour combler les trous. C'est le travail de l'auteur d'expliquer sa vision. (bon, moi, je triche, j'en insère - rarement - dans des dialogues, pour marquer l'hésitation)
  • Demeurer constant. On ne peut pas passer du "je" au "il" au niveau du narrateur, tout comme on ne peut pas raconter l'histoire en passant sans raison du présent au passé. Constance, constance, constance.
  • Chaque nouveau paragraphe doit nommer la personne : on ne peut pas dire « il » ou « elle ». Dire son nom, ou la qualifier autrement (ex : Suzanne, la blonde, la brune, la jeune femme…)
  • Les dialogues : entrecoupez vos dialogues de courtes actions. Par exemple, le héros se gratte le menton, fronce les sourcils, ronge ses ongles, que sais-je? Un monologue interminable peut être ennuyant pour le lecteur, mettez-y un peu de vie, que diable!
  • Les points d'exclamation : Premièrement, un narrateur omniscient ("il") ne s'exclame jamais. Point à la ligne. Deuxièmement, et là je parle suite à une mauvaise expérience de lecture, ne saturez pas vos dialogues de points d'exclamation. Surtout s'ils sont superflus.

Bon, la leçon est terminée, vous pouvez ranger vos crayons... (oups! pas de points de suspension, j'oubliais!)

9 commentaires:

ClaudeL a dit…

En tout cas Gavalda n'a pas lu tes conseils avant d'écrire son dernier livre. Tellement de points de suspension (j'en ai compté jusqu'à 15 dans une page)que je n'ai jamais été capable de me rendre à la page 100.

Autre erreur que je vois souvent: le pronom qui commence une phrase doit être le sujet de la phrase précédente et non le complément. Exemple: "Jean parle à Carl. Il ne lui a pas dit grand-chose" Le "il", c'est Jean et non Carl. L'exemple a l'air facile, mais dans des phrases plus complexes, il arrive souvent que le pronom est le complément. Très difficile à suivre alors.
Merci Isabelle.

Rackham Le Rouge a dit…

Bien sûr Isa, en théorie, on a envie d'appliquer ces règles de bases, mais...
( Il y a toujours un mais surtout en avril ! )
...C'est par une approche personnelle de ponctuation, style de phrasé ou néologismes, que l'auteut arrive à vraiment poser son style.

Le bon en orthographe ou grammaire, qui fait comme il faut, c'est un peu court.

De plus, c'est en inventant sa méthode de travail qu'on devient cet auteur qui va laisser cette oeuvre impérissable !
Alors bon...

Besos Isa !
Jack

PS: J'ai réalisé des cours de BD pour une école à distance parisienne, où je développe cette idée de libre-arbitre pour une réalisation artistique. Tout en disant qu'il faut connaître les bases bien sûr...pour mieux les contourner !

ClaudeL a dit…

L'important, je crois, c'est que le texte soit bien compris. Qu'il n'y ait pas confusion. Que le lecteur n'ait pas à relire la phrase pour comprendre qui a fait quoi. Je suis assez d'accord avec Rackham (il aurait dû s'appeller Tintin, je ne passerais pas mon temps à chercher où ca le k ou le h!!!), le style et l'originalité sont importants. À chacun de voir!

tangomango a dit…

Isabelle, je reconnais bien ton grand coeur, toujours prête à aider les autres. Je ne serais pas surprise d'apprendre que tu débutes ton propre atelier d'écriture d'ici peu....

Rackham Le Rouge a dit…

Clin d'oeil à Claude :
J'ai pris Rackham car c'est un nom qui a de la gueule !
C'est très important les noms et patronymes dans les romans, ainsi que les titres.
D'ailleurs, je pense que notre amie Isabelle pourra consacrer un article à ce sujet ( si elle en a envie ).
Bonne soirée à tous.

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : la clarté et la précision sont des éléments essentiels selon moi. À noter : ce n'est pas parce ce genre d'"erreurs" se retrouve dans des romans que ça signifie que c'est correct!

À Rackham : Je suis d'accord avec toi, l'auteur doit laisser libre cours à sa créativité, quitte à enfreindre quelques règles. Le but au fond, c'est d'améliorer la qualité du texte, pas de se censurer. Mais au départ, je crois que certaines balises doivent être présentes afin d'éviter les irritants inutiles.

À Tangomango : Hum! J'ai encore beaucoup de croûtes à manger avant de dispenser des ateliers d'écriture! "L'ignorant croit qu'il sait tout, mais le sage sait qu'il ne connaît rien" (un proverbe que j'affectionne particulièrement). Côté générosité, bof! je me contente de distribuer une information qui m'a elle-même été dispensée généreusement, alors je dis plutôt : donnez au suivant!

À Rachkam (encore) : Le nom des personnages... L'une de mes faiblesses... Avant de faire un billet là-dessus, je vais commencer par intégrer la matìère! Je connais l'importance de bien choisir les noms afin qu'ils collent au personnage et le caractérisent, mais sans plus. Si tu as des informations à nous transmettre, par contre, sois le bienvenu!

Chantal Moreau a dit…

Je suis d'accord avec Isabelle à l'effet que dans l'écriture, au delà de l'instinct, il y a des règles à suivre. Une formation de base et une boite à outils pour mener à bien le projet d'écriture sont toujours utiles et appréciables. J'ai bien apprécié la lecon d'aujourd'hui, merci Isa!

Isa Lauzon a dit…

De rien Chantal!

Gen a dit…

Je suis d'accord avec tout le monde : il faut connaître les règles, mais il faut aussi savoir les enfreindre. C'est en trichant consciemment avec la langue qu'on arrive à donner une voix au texte. Il faut arriver à le faire non seulement dans les dialogues, mais aussi dans la narration. Là où ça devient compliqué, c'est de garder le ton constant malgré les dialogues...