25 août 2009

Irritants s'abstenir

J'entendais récemment le commentaire suivant d'une auteure : "Pour le lecteur moyen, l'histoire est l'élément le plus important. Il ne se soucie pas des fautes de français, de la qualité relevée de la langue, encore moins de la mise en page."

J'avoue que j'ai dû réprimer l'envie irrésistible d'abattre mon poing sur la table pour manifester mon désaccord.

Moi, la lectrice moyenne, je me soucie très fortement de ces éléments. Lorsque je dépense une fraction de ma paie durement gagnée (bon, pas si durement que ça tout de même!), je m'attends à ce que l'éditeur fasse preuve de considération à mon égard et d'un minimum de respect envers mon intelligence qui, si elle est tout à fait moyenne, n'en demeure pas moins exigeante.

Si je trouve des erreurs de typographie ou de français en quantité importante dans un bouquin, j'ai une opinion défavorable de l'éditeur et, désolée, de l'auteur aussi. Un caractère d'impression agréable facilitera ma lecture et me donnera envie de la poursuivre encore et encore.

Bref, ces éléments sont aussi importants pour moi que l'histoire elle-même. Oui, je suis une lectrice exigeante, mais je puise une telle joie dans la lecture que je ne souhaite pas la voir ternie par de tels irritants.

Mes oreilles outrées ont aussi entendu qu'il n'était pas nécessaire de soigner outre mesure le français d'un manuscrit, puisque l'éditeur allait s'en charger. Peut-être est-ce vrai pour un écrivain aguerri dont la maison d'édition attend impatiemment le prochain chef-d'oeuvre, mais pour la néophyte que je suis, il est préférable, je crois, de ne négliger aucun détail avant de soumettre un texte.

Mettez toutes les chances de votre côté! Et si vous ragez devant les subtilités de notre belle langue française, faites-vous aider!

10 commentaires:

Gen a dit…

Je suis d'accord avec toi Isa : étant une dévoreuse de bouquins, moi aussi je me sens flouée quand celui-ci est bourré de fautes ou mal imprimé.

De plus, j'ai de la difficulté à croire que quelqu'un qui ne maîtrise pas la langue (ou au moins la syntaxe) peut arriver à bien écrire une histoire. Il me semble que le maniement du médium est nécessaire pour bien exprimer les élans créatifs.

D'ailleurs, beaucoup d'éditeurs le disent : les manuscrits bourrés de faute prennent le chemin de la poubelle. Et j'ai du mal à croire que les auteurs établis se laisseraient aller à la paresse de présenter un manuscrit tout croche! Établis ou pas, ils ont leur fierté (j'espère).

Et puis, on n'est pas aux États-Unis, royaume des écrivains millionnaires capricieux. Nos auteurs doivent contenter leurs éditeurs s'ils veulent faire leur prochaine épicerie.

ClaudeL a dit…

C'est qui, c'est qui? Sûrement pas une auteure publiée?
Je me demande où elle achète ses légumes et si la mise en place des légumes, leur apparence et la qualité de la pelure de banane compte pour elle. Ou seul le goût du fruit compte!
Je voudrais enseigner encore et l'avoir comme élève, je lui en aurais remis un beau 30% sur son devoir.
Dire que Michelle Blanc, oui je la nomme, a écrit quelque chose de semblable en ce qui concerne les blogues: ce n'était pas important dand un blogue. J'ai cessé de la lire ce jour-là. Au stade où elle est rendue, avec le titre qu'elle se donne, je pense qu'elle pourrait avec un peu plus de rigueur et se faire corriger ses innombrables fautes d'orthographe.

Gen a dit…

Je vois qu'on s'entend entre ex-prof ;) Qui se ressemble...

Isa Lauzon a dit…

Mesdames, vous me réconfortez! Je commençais à me demander si c'était moi qui étais archi-pointilleuse et perfectionniste!

Quant à la personne en question, elle n'est pas la seule à m'avoir fait cette réflexion. C'est pourquoi je trouvais important d'en parler. Il s'agit malheureusement d'un mythe qui semble assez répandu et il faut que ça cesse!

Oui, la qualité du français est importante. Cette facilité n'est pas donnée à tout le monde, c'est vrai, mais il est primordial de donner le meilleur de nous-mêmes avant de présenter nos textes, quitte à se faire épauler.

Bon, fin de la montée de lait... ;-)

ClaudeL a dit…

Le principal c'est que ça devienne important pour quelqu'un, peu importe d'où on part. Si on sent l'effort de quelqu'un... Disons que certains partent de loin, mais on voit les progrès, alors je suis prête à passer par-dessus, tout comme j'espère que les autres passent par-dessus mon immense handicap avec les participes passé, surtout les pronominaux. Si quelqu'un passe de 2 à 4 c'est mieux que quelqu'un qui passe de 6 à 7, à mon point de vue d'ex-prof, hihihi! Et moi qui me considère disons à 7, quand je vois les corrections des réviseurs des maisons d'édition, je retourne très vite à 3!

Et surtout ne pas croire qu'on apprend à bien écrire à l'école. Pas qu'à l'école en tout cas. J'Étais loin d'être première de classe, bien dans la moyenne, même qu'en Belles-lettres (équivalent de la douzième, j'ai coulé en français, pas à cause des fautes, mais parce que je ne voulais pas disserter comme tout le monde, les religieuses m'ont trouvé un point après que mon père ait payé dix dollars pour une révision) Je me suis perfectionnée beaucoup plus tard, quand j'en ai eu besoin, quand j'ai commencé à enseigner. Il n'y a rien comme montrer aux autres pour apprendre.

Pat a dit…

Un directeur littéraire m'a déjà écrit que la maîtrise du français était nécessaire pour publier. Il se foutait un peu de l'histoire. Comment le lecteur peut-il aimer, s'identifier à des personnages ou sentir l'atmosphère si les mots, les phrases sont médiocres ou répétitifs?

Les auteurs réputés et aguerris sont souvent ceux et celles qui réécrivent le plus leurs textes avant de les soumettes à son Éditeur. C'est d'ailleurs le travail acharné qui a fait d'eux des écrivains publiés.

Isa Lauzon a dit…

À ClaudeL : Merci pour la tranche de vie! En effet, l'important, c'est de chercher à s'améliorer. Quand l'effort est là, toute ma sympathie est acquise et je suis la première à avouer que nul n'est parfait et surtout pas moi. Ce que je déplore, c'est le laxisme, le manque de travail et de finition.

À Pat : Oh! Nous avons ici l'envers de la médaille! Le directeur littéraire qui se fout de l'histoire, en autant que la langue française est de qualité... Bon, disons qu'on pourrait faire un juste milieu, non? L'histoire, tout autant que la langue, doivent être de qualité. Tous deux bien en équilibre sur la balance.

Pat a dit…

En fait, il se foutait de l'histoire si le français était de piètre qualité.

Audrey a dit…

Je suis d'accord, un livre bourré de fautes me rebutera tellement que je ne suis pas certaine que j'arriverais à le finir. J'ai failli m'arracher les cheveux quand je suis tombée sur deux coquilles dans mon roman ! C'est certain qu'il y a des risques qu'un texte, surtout long, conserve quelques fautes mais c'est la réputation d'une maison d'édition qui est en jeu pour moi. Si tous les livres d'une maison sont bourrés de faute, il est certain que je n'en acheterais plus.
Après, il y a également le comportement des aspirants auteurs qui pensent effectivement que l'orthographe et la grammaire sont secondaires. Ils risquent de tomber de haut en se frontant au milieu littéraire. Oui, la langue française est une langue très difficile, avec ses règles parfois abracadabrantes mais je ne peux pas concevoir qu'un écrivain veuille écrire sans aimer et connaitre sa langue. Comme tu l'as dit, personne n'est parfait, chacun fait des fautes mais il faut quand même essayer de faire attention quand on veut publier.

Isa Lauzon a dit…

À Pat : Wow! Ça dépasse mon entendement! J'ose espérer que tous les professionnels du milieu ne sont pas aussi intransigeants...

À Audrey : Ça, c'est l'une de mes plus grandes hantises : publier et découvrir ensuite des coquilles dans mes oeuvres! Si je me fie à ce que d'autres auteurs ont dit, il faut s'y attendre, c'est inévitable...